GE^RE IX
APPAREILS ORTHOPÉDIQrES . OV RÉDtCTErjRS.
Appareils destines à redresser les parties du corps devie'es.
Indicatiojis. Plusieurs maladies réclament Teniploi des machines orthopédiques , la contracture des muscles et la déviation des os dans leur continuité' et dans leurs articulations, toutes maladies peu connues.
Lorsquun muscle est place' dans un relâchement momentané parla flexion d'un membre, il se raccourcit, par le seul fait de son élasticité , en proportion de son relâchement; mais il n'empêche pas qu'on étende ensuite le membre avec non moins de facilité qu'auparavant. Si au contraire celui-ci reste fléchi d'une manière permanente , il arrive au bout d'un certain temps que les muscles fléchisseurs n en permettent plus l'extension complète. Cette difficulté de l'extension est même toujours en proportion du temps que le membre est resté fléchi , et du degré de sa flexion.
La même chose arrive toutes les fois que les muscles ont été contractés d une manière permanente, et par conséquent raccourcis, soit par une cause, soit par une autre. Dans tous ces cas, les muscles paraissent évidemment plus courts : phénomène, au reste, qui n'a rien de bien merveilleux, puisque les parties 'vivantes ^ par suite des modifications quen éprouve la nutrition^ se rappetissent ou se développent , suivant qu'on les resserre ou qu'on les étende suivant même qu'on leur permet de se resserrer ou qu'on se borne à laisser le champ libre à leur accroissement. Ce raccour-
cissement des muscles, soii qu'il provienne de leur relâchement proloni,'ë, soit qu'il provienne d'une irritation nerveuse rhumatismale ou autre, qui les a entretenus dans un élat de contraction, voilà ce que l'on a quelquefois désigne sous le nom de contracture, et tel sera aussi le sens dans lequel nous emploierons celte expression. Eh bien, quelle que soit la cause de la contracture ou du raccourcissement d'un ou de plusieurs muscles, s'il n'y a pas actuellement de contre-indication , si ces organes ne se trouvent pas dans un elat d'irritation qui se refuse à ce qu'on les soumette à une extension douce, graduelle et continue, il y a indication de le faire , et une machine orthopédique peut remplir cet objet.
Etes-vous aussi appelé' à donner des soins à des malades dont les os sont déviés, soit dans leur conliguiié, soit dans leur continuité , soit dans ces deux points à la fois, comme on le voit communément dans les inflexions du rachis, dont les ligamens sont trop courts dans un sens et trop longs dans l'autre? Voilà encore l'emploi des machines orthopédiques indiqué, si d'ailleurs une irritation vive, une inflammation des parties, ou d'autres causes ne viennent le défendre.
Nous établissons ces règles en partie sur des phénomènes peu remarqués, quoique assez nombreux, et en partie sur les résultats de la thérapeutique , qui prouvent qu'une pression, qu'une extension mécanique, modifie les os; que ia cessation d'une pression habituelle sur les os , ou l'absence d'un organe qui les touche , leur permet de se développer du côté où se faisait la pression et où était l'organe. Arrêtons-nous un instant à ces phénomènes et à ces résultats, et d'abord aux faits qui prouvent l'influence d'une pression continue sur les os.
1° Par une pression long-temps continuée ou répétée sur le front de leurs enfans , dans l'inlenlion de les ren-
dre plus beaux, les Caraïbes parvenaient à le déprimer. On voit au muséum d'anatomie comparée, que l'activité de M. CuviER a prodigieusement agrandi , un crâne moulé sur la tête osseuse d'un Caraïbe qui ea offrait un exemple frappant.
2" D'autres peuplades , non moins barbares , ont coutume , les unes de déprimer la têle de leurs enfans , d'autres de la comprimer d'avant en arrière , ceux-ci pour leur aplatir le visage et les modeler à l'image de la lune. Tels £ont les Omaguas , qui habitaient sur le rivage du fleuve des Amazones, au moment où La Condamine en descendit, en 174>^5 le cours immense (1).
5° L'insensible pression que les joues exercent sur les os maxillaires supérieurs après la réunion d'un bec-delièvre , suffit quelquefois pour déterminer , même chez un sujet de vingt ans, le rapprochement des deux os séparés.
4° 11 n'existe aucune impression à la surface interne du crâne chez les jeunes sujets, où la surface du cerveau est encore lisse et uniforme; au contraire on voit se développer une multitude d'enfoncemens et de saillies étroites chez l'adulte, à mesure que la surface du cerveau devient inégale , anfractueuse , et qu'elle se couvre de reliefs séparés par des espaces linéaires. Ces enfoncemens sont en creux ce que les reliefs du cerveau sont en saillie; ils forment de même des circonvolutions ondoyantes; ils sont séparés par des saillies étroites, comme les circonvolutions cérébrales le sont par des anfractuosités qui ont fort peu de largeur, enfin ils correspondent exactement à ces circonvolutions qu'ils logent , et les crêtes qui les séparent sont reçues dans les sillons qui limitent chaque circonvolution.
(1) Voyage de La Condamine sur le Maragnon.
5° L'homme, qui marche seul debout parmi les animaux, et qui est le seul où les os iliaques aient à porter les viscères du ventre qui sont mous et arrondis, est aussi le seul où ces os soient larges et creuses à leur surface interne d'une fosse de réception. Jetez les yeux sur le bassin du. pongo tue' à Bornéo, et qui est dépose au muséum d'anatomie comparée; observez le squelette des plus g[ros animaux , du cerf, de l'e'Ian, du bœuf", du chameau, de la girale, du cheval, du rhinocéros, de l'hippopotame et de l'élëphant, vous leur trouverez, à cause de leur grande stature, les os des iles assez larges , mais jamais en proportion de la largeur de ceux de l'homme, et surtout jamais creuses d'une fosse de re'ceplion.
6° Dans les endroits où les tendons pressent les os, il se forme des gouttières qui les logent. Telles sont celles que l'on voit à l'exire'mitë inlërieure du radius; telle est celle du tibia pour le tendon du jambier postérieur.
'j" La seule présence des nerfs pathétiques contre la lame carre'e .de l'ethmoïde , du rameau milo-hyoïdien du dentaire inférieur en dedans de la mâchoire, des nerfs cervicaux sur les apophyses transverses des vertèbres correspondantes ; la seule présence des artères carotides internes sur le corps du sphénoïde, de la vertébrale sur l'atlas, de la sous-clavière sur la première côte , des artères et nerfs intercostaux en dedans des côtes, des nerfs et des vaisseaux obturateurs sous la branche horizontale du pubis, etc., paraît avoir déterminé le sillon auquel ils correspondent et qui les loge. L'action des anévrysmes sur les os , des fbngus de la dure-mère sur les os du crâne, pour être un peu différente n'en prouve pas moins l'influence des actions mécaniques.
8° La seule présence des muscles de l'omoplate dans
les fosses épineuses et sous-scapulaires, des muscles fessiers dans la fosse iliaque externe, est probablement aussi la cause des dépressions larges qui les reçoivent. Remarquez en effet qu'elles n'existent pas chez les très jeunes sujets, qu'alors la circonlërence de l'os n'a guère plus d'épaisseur que le milieu de leur largeur ; qu'elles ne se creusent qu'à mesure que les muscles se forment et prennent de l'épaisseur, et que le développement des bords de fos correspond précisément aux intervalles des muscles. Remarquez encore que la fosse sous-scapulaire est plus profonde que les fosses sus et souse'pineuses , et que l'omoplate éprouve pre'cise'ment de dedans en dehors de la part du muscle sous-scapulaire, repousse' par la saillie des côtes, une pression plus grande que la présence des muscles sus et sous-épineux, bridés par leur aponévrose d'enveloppe, ne lui en fait éprouver de dehors en dedans.
Ce qui me conduit surlout à penser que les dépressions qui n'existaient pas primitivement se sont probablement développées sous la seule influence du contact des parties molles qui y sont logées , c'est qu'il suffit qu'une partie soit hors de sa cavité pour que celle-ci s'oblitère : ainsi que la tête du fémur soit chassée de sa fosse par un accident et n'y rentre pas , qu'une dent soit arrachée de son alvéole, que l'œil le soit de son orbite, chacune des cavités qui les loge diminuera, se resserrera par le rapprochement de ses parois.
L'habitude qu'a le cordonnier d'appuyer sa forme en travaillant contre le sternum, v détermine souvent une dépression.
Voilà des faits qui prouvent l'influence d'une pression prolongée sur les os, voyons maintenant ceux qui peuvent faire apprécier l'influence de l'extension continuel le.
i" Lorsque dans une fausse ankylose une jointure a perdu ses niouvcinens et semble raide et inflexible à jamais , si chaque jour et à plusieurs reprises on fait eflfort pour la fléchir et pour l'étendre , on finira par y parvenir plus tôt ou plus tard. Il n'est pas douteux que dans ce cas les lii^amens et les muscles raccourcis ne s'alongenl peu à peu, et que la flexibilité qii'iis recouvrent alors ne vienne de leur alongement , comme leur rij^idilé était le résultat de leur raccourcissement.
2" Le soldat qui vieillit sous les drapeaux , et que la discipline a toujours tenu redressé, demeure droit et ne se courbe pas sous le poids des ans ; ou si on le voit céder, le phénomène est infiniment moins sensible que chez le vigneron , toujours incliné vers la terre.
o' L'enfant dont on s'eflTorce de redresser la jambe torse par une compression continue, bien combinée, finit par obtenir un membre droit , qui devient aussi plus robuste.
4° La jeune fille que l'on étend en deux sens opposés , par la télé, et par le bassin ou les flancs, commence ordinairement, au bout de peu de temps, à {grandir sensiblement , parce que la colonne vertébrale infléchie se dc'ploie et se redresse.
Quant aux faits qui démontrent que la cessation du contact des pariies molles avec les os leur permet de se développer du côté où ce contact les arrêtait , je les ai déjà ciiés pour prouver l'influence de la pression des parties molles sur les os; ce sont le resserrement de l'orbite, de l'alvéole, de la cavité cotyloïde , après que les pariies qui les remplissaient ont disparu.
Tous ces faits me portent à croire que l'on pourrait courber et redresser à volonté les membres des animaux, et ils me semblent prouver, avec la dernière évidence , que l'on a tout à espérer d'un effort mécanique
exerce sur les os d'une manière coniinue, dans des circonstances favorables, el que l'extension et la compression me'ihodique des os dévie's, soit dans leur conliguite' , soit dans leur continuité', est rationnellement indique'e toutes les ibis que l'elat ge'nc'ral du sujet ou une circonstance locale ne s'y oppose pas.
Ces laits sont le résultat des influences mécaniques sur la nutrition , qu'elles bornent ou e'tendeni suivant qu'elles pressent les ori^anes , les tiraillent , ou seulement laissent libre leur développement. Ils sont donc analogues à ce qui se passe dans les parties molles. Les anciens ne les comprenaient pas , eux qui croyaient que l'impression des parties molles sur les os était produite par un me'canisme analogue à celle d'un corps dur sur la cire; mais Bichat, qui niait l'influence des forces me'caniques sur les os , ne les entendait pas non plus. J'ai déjà indiqué l'influence de ces forces el le mécanisme de leur action dans mon Essai danaljse de classification naturelle et des phénomènes de la ane ( i ) .
Co-indications. Cependant nous devons avouer que l'emploi des machines n'est pas toujours la preniière ou la seule indication à remplir dans le redressement des os lorsqu'il doit être tenté. Il y a sûrement d'autres indications; mais elles ne nous sont pas connues, ou sont au moins fort obscures pour nous aujourd'hui. Aussi, ce point de pathologie réclame beaucoup de recherches, et surtout de recherches d'anatomie pathologique, et si nous hasardons quelques idées à ce sujet, c'est moins dans l'espoir de l'éclairer que dans le dessein d'y appeler l'attention des observateurs.
(i) Essai de classif. , etc., p. 58, 39. Paris, 1823. Chez Baillièue, rue de l'École-de-ftlédecine, n« i/j.
r On a coutume d'atirihuer louies les clevialions des os au racliilis, cl on entend par là leur raniollisscnient, sans que celte allcraiion soit constalëe au moment où les os se contournent. C'est une supposition grossière, admise parcequ'elle parait expliquer aisément la courbure des os sous le poicl,^ du corps , et parceque la maladie de la iemme SuPlOT a offert un exemple extraordinaire de courbure et de contorsion des membres, joint au ramollissement des os 5 mais alors ce ramollissement dont on veut parler , et d'après lequel on raisonne , est fort rare , et il est plus rare encore que ce soit une maladie simple. C'est une maladie ge'ne'rale très grave,accompagneed'une affection profonde delà moelle des os et des viscères , et dont on a peu d'exemples bien consiaiës. Aussi il ne suffit pas ({u'un individu soit bossu ou bancal pour qu'on puisse dire qu'il est rachitique, ni qu'il est ou a ète afFecte' d'un ramollissement des os ; ce diagnostic serait fort léger. Ce n'est [<as qu'on ne rencontre des enf'ans dont les os sont si flexibles, que l'on peut les courber avec assez de facilite ; mais lorsqu'alors ni le tronc , ni les membres ne sont courbe's , lorsque ces entans se portent d'ailleurs très bien , cet ëtat n'est pas celui dont on veut parler , ce n'est pas le rachitisme; et d'ailleui'S lorsqu'on n'a pas même cherche' à constater la flexibilité et le ramollissement des os chez les personnes dont le corps cl les membres se sont contournes, lorsque le sujet ne les a pas senti fle'chir dans les divers efforts qu'il a pu faire , on ne peut raisonnablement attribuer les déviations du corps au ramollisseuîent des os, et ce fait reste au moins douteux.
'2" A la supposition dont je viens de parler on en njoule une autre qui offre quelque chose de plus vrai. On dit que les os ramollis ou non ramollis, se courbent sous l'influence de certains muscles qui sont plus forts que
leurs antagonistes; que cet excès de force est dû à l'excès d'exercice pour les muscles les plus forts , et on en conclut qu il faut exercer les muscles les plus faibles et faire reposer les plus forts pour gue'rir le mal. Si Ton avait devine' juste , il est probable qu'on verrait moins de bossus et de boiteux. Aussi tout en pensant que le mal est dû à l'excès de l'action de certains muscles, aije peine à croire qu'il provienne d'une disproportion de force produite chez les muscles antagonistes par l'excès d'exercice de quelques uns. Que d'efforts le bras droit ne fait-il pas comparativement au bras gauche ! Eh bien, pre'cise'ment , dira -t- on peut-être! la colonne vertébrale est convexe à droite : soit, mais alors si les efforts continuellement disproportionne's du bras droit amènent un si faible re'sultat , comment se fait-il que l'excès d'action de certains muscles, qui est si souvent douteux, produise des inflexions aussi prononce'es et aussi rapides que celles dont nous sommes si fréquemment te'moins ? Comment se fait-il que les professions qui exercent les muscles d'une manière si inégale ne produisent pas plus souvent des de'viations? Comment se fait-il que les cultivateurs ne se courbent en avant , que lorsque la vieillesse vient ajouter son fardeau à l'excès d'action des flëchissetirs du tronc en avant ?
5° La de'viaiion des os est une maladie qui est le plus souvent précédée et accompagnée de la lésion du système nerveux , ou au moins d'un trouble manifeste dans ses phénomènes : par exemple, de mouvemens convulsifs de la face et des membres , d'accès d'épilepsie, de surdité ou de cécité passagère , de douleurs céphaliques ou rachidiennes , etc. A cela joignez que les individus dont le corps ou les membres sont déviés ont en général l'intelligence précoce et l'esprit plus développé.
Aussi les gens du monde disent-ils que les personnes marquées au B sont plus spirituelles que les autres.
Ces faits ne portenl-ils pas à croire qu'il existe souvent une affection chronique du système nerveux , qui excite les muscles à une contraction permanente, que c^est alors cet e'tat de contraction qui courbe les os , et qu'au moment où il existe l'emploi des antiplilogistiques, des révulsifs les plus énergiques, et proportiorine's d'ailleurs à l'état {i;ene'ral du sujet, pourrait être favora])le, et permettre d'en venir ensuite, ou bientôt en même temps, avec succès, aux bandages orthope'diques?
L'influence des forces mécaniques sur les os comme sur les parties molles n'indique-t-elle pas qu'il faut promptement recourir à ces moyens pour essayer graduellement et avec me'lhode leur emploi , lorsque l'irritation nerveuse, qui accompagne si souvent les déviations des os, estpasse'e; lorsque d'ailleurs ces de'vialions dans le rachis ne sont point le produit de la carie, et lorsque rien ne conlre-indique manilèstement l'essai des machines. Je dis manilèstement , parôeque la faiblesse d'un sujet, qui peut à peine respirer par suite de l'e'lroitesse de la poitrine de'vie'e, ne me semblepas, comme il peut le paraître à d'autres , un motif de ne pas essayer l'usage d'une machine exiensive ; ce n'est pour moi qu'une raison de le tenter avec plus de pre'cauiions. Enfin comme le poids du corps affaisse les cartilages intervertébraux , conime il agit sur le rachis de même que les forces me'caniques et tend à le courber , il me paraît encore indique' de soustraire la colonne verte'brale à cette influence lorsqu'elle est de'vie'e.
Je n'ai sans doute pas besoin de dire qu'il faut non seulement chercher à traiter la cause inconnue de la plupart des déviations des os , cette cause que l'on a quelquefois nomme'e vice rachitique , et qui pourrait
GENRE IX. APPVREILS ORTHOPÉDIQUES. /jQS
bien n'élre le plus souvent qu'une aireciion du système nerveux, mais que l'on cloil comballrc les complications de tout fifenre, les scrolVilcs , le scorbut, les afFeciions gastro-intestinales qui peuvent compliquer ces déviations.
De la coîistruction et de V application des machi^ nés orthopédiques. Ces nmcbines doivent toujours être construites de manière à pouvoir s'appliquer le plus exactement possible sur les points auxquels elles doivent s'adapter.
Il faut qu'elles s'appliquent à nos parties par des surfaces assez e'iendues pour que leur action ne soit pas trop fatigante, insupportable et dangereuse par la mortification de la peau et des chairs qu'elles pourraient déterminer si leur action se passait sur des surfaces trop e'troiies; mais cependant il faut prendre garde de donner trop de largeur aux pièces qui doivent porter sur le corps ou les membres ; le développement des parties pourrait en être gêné.
On doit les garnir mollement avec des coussins de peau semblables ii ceux que l'on emploie à garnir les brayers. Enfin, il faut les disposer de manière à ce que les mouvemcns en soient le moins gênes possible , et que le malade puisse , pendant qu'il porte le bandage, se livrer à des exercices Ibrtifians, e'minenmient utiles à la santé'.
Çhi doit les appliquer d'abord très lâches , et ne les faire agir que graduellement , pour les relâcher ou même les supprimer si l'on reconnaît bien manifestement l'inutilité ou le danger de leur usage. Quoicnic ce ne soit pas indispensable , on peut appliquer aux grandes machines une sorte de dynarnètre pour indiquer le degré de leur action. Si cependant, sans qu'on ait augmenté l'action de la machine , le malade, naturellement
/jqG classe II. BANDAGES MÉCANIQUES.
courageux, se plaignait sérieusement, il ne faudrait s'en rapporter ni au dynamèlre, ni à ce que la main pourrait apprendre de la tension du bandage , il faudrait le relâcher. Il faudra le taire «ncore toutes les fois qu'il se plaindra vivement, et souvent ne pas al tendre aussi long-temps.
Effets consécutifs. Les os devie's, soumis aux bandages orthopédiques , cèdent plus ou moins promptement , et changent de direction.
Le redressement, les inflexions considérables du rachis , amènent souvent l'amplialion de la poitrine , du ventre ei des viscères qu'il renferme; et, comme si cet e'iat de gêne était la cause du mal , on a vu plusieurs fois leurs fonctions alte're'es se rétablir, et la santé reparaître. Sans accorder une aveugle confiance aux cures merveilleuses de Levaciier, je crois volontiers qu'il a obtenu une partie des succès dont il parle , et je ne suis pas étonne que le redressement du rnchis dans un cas de déviation extrême ait rendu la respiration facile j et que la santé d'une malade cacochyme se soit améliorée. Ainsi , à part les exagérations de succès qui rentrent dans l'ordre ordinaire des illusions d'un auteur pour sa méthode, il ne reste rien d'incroyable dans les faits qu'il rapporte , rien qui permette de les présenter comme entièrement controuvés et imaginés par
le mensonge et la mauvaise foi (i).
ESPÈCE I"