‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 116 sur 160 · GENRE VIII · texte numérisé non relu

GENRE VIII

BANDAGES MÉCANIQUES BOCCLÉS.

Je les se'pare des bandages boucle's de la deuxièrne classe, parcequ'ils rentrent dans les machines , soit par l'altelle re'sistante de l'un , soit par le treuil de l'autre.

ESPÈCE I"

BANDAGE MÉCANIQTJE BOÏCLÉ DU GENOU.

Usages. 11 a etë propose' par Ravaton pour la fracture de la rotule (i).

Cet appareil est fort simple, et me'rite, sous ce rapport, de n'être pas oublié. Je ne le de'crirai pas scrupuleusement tel qu'il a e'te' propose', mais tel qu'il me parait devoir être fait.

11 se compose d'unepelitep!anchedeboisle'ger,longue d'environ trente centimètres (onze pouces) (P. XVI, 1 8, 36) , large de treize centimètres (cinq pouces) à peu près, e'paisse de trois à quatre centimètres (d'un pouce à un pouce et demi) dans toute son étendue. Celte planche doit être creuse'e en gouttière, suivant sa lon-

(i) Prat. moderne de chir. , t. iv, p. 3ii.

gueur, pour embrasser exaclement la parlie poste'rieurc cl les côtes du jarret (même P., :io, et 22, 3o et oa). Elle doit être plus creusée à sa face interne, vers ses ex- Iremilës , pour s'appliquer aisément aux formes de la cuisse au-dessus du jarret et à la parlie supe'rieure du mollet. Enfin, elle peut être creusée en travers à sa face externe , dans le milieu de sa longueur , ainsi qu'on le voit (même P. , 20, 5o) ; et c'est après ces excavations pratiquées qu'elle doit offrir les dimensions d'épaisseur dont j'ai parlé.

La surface interne de celte planche doit être garnie de laine et de peau , comme la surface interne d'un brayer , afin de ne pas fatiguer le sujet.

A sa surface externe, près des extrémités de la planche (même P., 18, 56), seront fixées en travers , et par l'une de leurs extrémités, deux courroies (même P., 19, 55) , dont le bout arrêlé portera une boucle qui reposera sur la planche près de l'un de ses bords (même P.,20,5/i). •

Il faut que ces courroies soient bien garnies , bien rembourrées à leur face interne, et assez longues pour pouvoir entourer d'un circulaire transversal, 1° la cuisse avec la planche du bandage au-dessus du genou, et 2° la jambe vers le milieu du mollet.

Outre celte première pièce et ses courroies, l'appareil de Ravaton se compose de deux demi-cercles métalliques (même P., 24, 5i , où ils sont dessinés un peu trop écartés). L'un d'eux est destiné à passer transversalement au-dessus de la rotule, ; n embrassant le genou de dedans en dehors et par-d.vant (même P., 24)7 l'autre est destiné à l'embrasser le la même manière, en passant par-dessous la roiuic (même P. , 5 1 ) ; et ils doivent être assez longs pour se réunir tous les deux par leurs extrémités en dehors des bords latéraux

GENRE VlII. BANDAGES MÉCANIQUES BOUCLÉS. 479 de la planche. Ils peuvent être distingues en supérieur et en inférieur, d'après la place qu'ils doivent occuper sur le genou. Le supérieur sera un peu plus long pour pouvoir porter à l'une de ses exire'mités une boucle (même P., 25) , et à l'autre une grande courroie, d'une longueur suffisante pour qu'ils puissent entourer ensemhle le genou (même P. , 26). Ils doivent être d'ailleurs arlicule's l'un avec l'autre par leurs deux bouts au moyen d'un clou à tête plate qui leur permette de se mouvoir autour, et de se rapprocher ou de s'e'carler par le milieu de l'anse qu'ils repre'sentent , jusqu'à former un cercle. Ces deux demi-cercles sont formes de deux lames de cuivre de deux travers de doigt de largeur, garnis à la manière des ressorts des brayers. Le supe'rieur doit pre'senter en outre deux petites courroies verticales (même P. , 27 ) , qui y seront cousues par une extre'mite', de manière à pendre de chaque côte de la rotule lorsque le bandage sera applique'.

Le demi-cercle infe'rieur doit offrir deux boucles à un ou deux travers de doigt du milieu de sa longueur (même P., 29) , pour recevoir les courroies (même P. , 27) du demi-cercle supe'rieur. Si on le juge à propos , on peut garnir ces courroies d'une peau douce à leur surface interne.

application. Faites coucher le malade; rapprochez et faites maintenir rapproches les fragmens e'carte's de la rotule, puis placez la planche derrière le jarret (même P. , 25, 3o) ; placez chacune de ses courroies , la supe'rieure autour de la partie inférieure de la cuisse (même P., 19, 20), l'infe'rleureaulour delà jambe (mêmeP.,55, 35) ; engagez leurs extrëmile's libres dans la boucle de l'extre'mité oppose'e (même P., 20, 54), et serrez ces courroies à un point suffisant pour affermir l'appareil sans entraver la circulation veineuse.

48o CLASSE II. BANDAGES MÉCANIQUES.

Placez ensuite les demi-cercles en travers au-devant du genou, de manière que le plus lon^ embrasse la base du liagmenl supe'rieur de la rotule (même P., 24) et l'infëricur le iragment opposé (même P. , 5i); portez alors la courroie du demi-cercle le plus long derrière le jarret, autour du genou, pour venir l'engager, la serrer et la fixer dans la boucle de i'exire'miie opposée (même P. , 25) du demi-cercle auquel elle tient.

Enfin, passez les petites courroies (même P., 27) du demi-cercle supérieur dans les boucles de l'infe'rieur (même P., 29); tirez-les et les arrêtez au point où vous jugez que le rapprochement des deux demi-cercles est suffisant pour assujettir les fragmens de la rotule l'un contre l'autre. Si vous n'aviez pas assez serre' auparavant la grande courroie du demi-cercle supérieur, il serait possible que le fragment supérieur remontât par-dessous. Prévenu de la possibilité de ce petit accident, qui vous forcerait à recommencer l'application des demicercles, vous devez l'éviter,

Effets et propriétés. Ravaton assure que ce bandage contient la fracture de la rotule avec plus de succès que les autres appareils. Il offre d'ailleurs les avantages de tous les bandages à courroies , il s'applique aisément et promptement, se relâche peu, se resserre facilement sans avoir besoin d'être levé et réappliqué, etc.

Il est certain, après tout, qu'il ne saurait produire plus souvent que celui du professeur BoYER, ou de tout autre pareil, une consolidation parfaite. Au reste une consolidation imparfaite n'empêche pas la jambe de marcher avec force et vitesse , 1° parceque l'aponévrose fémorale sur les côtés de la rotule transmet encore à la jambe les efforts des extenseurs ; 2° parceque les fibres charnues, d'abord trop longues, finissent réellement par devenir plus courtes , probablement à cause

GENRE VIII. BANDAGES MÉCANIQUES BOUCLÉS. Z).8 l que la nulrilioii étant alors renfermée clans clés limites plus étroites , elle se resserre ici comme elle s'e'tend au contraire lorsqu'on lient les parties alongëes.

M. BuRDiN le jeune m'a fait voir un homme de trente à quarante ans qui avait eu plusieurs années auparavant la rotule rompue en travers. Il y avait trois ou quatre doigts d'écartement entre les deux fragmens , et ne'anmoins les mouvemens d'extension de la jambe e'taient faciles et e'nergiques , au point que le sujet faisait sans peine sept ou huit lieues par jour.

En examinant de près son genou , j'observai que , outre la substance fibreuse peu épaisse qui liait les deux fragmens de la rotule l'un à l'autre, et qui devenait plus sensible par l'extension de la jambe , les parties extrarotuliennes du tendon du triceps fémoral confondues là avec l'aponévrose fémorale , s'étendaient visiblement aussi sur les côtés de la rotule, et qu'elles concouraient pour beaucoup à transmettre au tibia l'effort des extenseurs de la jambe.

Remarque sur l'appareil de M. Boyer. (( Nous employons depuis long-temps, dit ce chirurgien célèbre, un appareil moins simple dans sa construction que le bandage unissant des plaies en travers , mais plus sûr dans son action , et surtout beaucoup plus exact (i).»

Les pièces de cet appareil sont une gouttière de bois, deux courroies . cinq ou six liens de fil.

La gouttière, plus large par en haut que par en bas , doit s'étendre du milieu de la longueur de la cuisse audessous du mollet , pouvoir loger dans sa profondeur les deux tiers de l'épaisseur du membre , et être garnie mollement à l'intérieur. Ses bords présentent en dehors, vers le milieu de leur longueur, des clous à tête ronde.

(i) Ouv. cité, t. m. p. 34g.

Le membre se place clans la gouttière ; on en remplit les vides avec du colon ou de la charpie , ensuite , tandis qu'un aide tient rapproches les fra^^mens de la rotule, on attache les courroies aux clous de la gouttière, de façon que l'une embrasse par en haut l'os rompu, que l'autre l'embrasse par en bas , et que toutes deux de'cri vent* une courbe en sens inverse et se croisent par leurs extre'mite's.

ce Cet appareil, de l'utilité duquel nous avons de nombreuses preuves, dit l'auteur, a les avantages de laisser la re'gion de la fracture à de'couvert ; de se relâcher moins promptement qu'un appareil débandes; de permettre d'en augmenter l'action à volonté , et de rapprocher davantage les fragmens de la rotule en resserrant l'arc elliptique circonscrit autour de l'os par les deux courroies. »

ESPÈCE II

BANDAGE MECANIQUE BOI'CLÉ DU PIED ET DE LA JAMBE POUR LA nrPTVRE DU TENDON d' ACHILLE (l)

(pantoufle de J.-L. Petit).

Cet appareil, destiné à maintenir en contact les bouts du tendon d'Achille rompu, se compose, i° d'une pièce de cuir taillée en fronde à quatre chefs (P. XI, 12, 18); 2° d'un treuil (même P. , 1 3j ; 3° d'une pantoufle avec sa courroie (même P., 24, 25).

La pantoufle est une espèce de soulier (même P. , 24). Je voudrais qu'au lieu d'un talon plat l'inventeur lui eût donné un talon haut de six travers de doigt (dix à douze centimètres), comme je l'ai fait dessiner (même P., 2 5).

Au quartier et au-dessus du talon (même P. , 20) est fixée une courroie qui peut remonter aisément jusqu'au jarret (même P., i4).

(1) Disc, prélim. , 1. 1 , p. 22 , et Malad. des os, chap. de la rupt. des tendons , t. 11 , p. 296.

GENRE VIII. BANDAGES MÉCANIQUES BOUCLÉS. ^So La pièce en fronde (même P. , 12, 18) doit avoir une longueur un peu plus que suffisante pour entourer les trois quarts de la circonférence du membre inférieur audessus et au-dessous du genou , une largeur de seize centimètres (six pouces) , à peu près huit travers de doigt (même P. , 10,22). Comme les frondes , elle doit être fendue en deux chefs à chaque extre'mité jusque vers le milieu de sa longueur (même P., i5, 12, 18) , de manière qu'il n'y reste guère qu'un plein de trois ou quatre doigts de large (^même P. , 1 5). A la surface externe de chacun des deux chefs du même côté , seront cousues deux courroies (même P. , 6, 8, i5, 20), et aux chefs opposes quatre boucles de me'tal pour les recevoir (même P. ,7, 9, 17, 21). Cette pièce en fronde doit être très forte, et pour cela faite de deux lames de cuir ferme. Comme elle est destine'e à s'appliquer derrière le jarret par son plein , et de manière que ses chefs puissent se diriger fun au-dessus. Vautre au-dessous du genou , il en résulte qu'un de ses bords non divisé est supérieur (même P., 1 0) et fautre inférieur (même P., 21). Une bride de cuir doit être fixée sur la surface externe du plein que représente la fronde (même P., 19), et le treuil sera attaché au-dessus , plus près du bord supérieur (même P. , 12).

Le treuil (même P. , 1 5) est disposé comme tous les instrumens de ce genre. Son cylindre présente cependant cette particularité , qu'il offre à une extrémité un engrènement , un disque, garni de dentelures obliques (même P., i5). Ses appuis sont en métal. L'un d'eux porte un arrêt, ou valet, sur sa surface (même P. , 1 1) ; ce valet est traversé par un axe dans le milieu de sa largeur , et peut tourner comme une aiguille de montre autour de son pivot. Il est desliné à arrêter le mouvement rétrograde du cylindre lorsque la courroie est

^8/| CLASSE H. BANDAGES MÉCAMQLES.

tendue. Enfin le ircnil csi perce' d'un canal quadrilalère à son axe pour recevoir la clerqni le l'ail tourner. Les appuis du treuil doivent êlre fixe's solidement à la surface externe du plein près de son Jjord supérieur , de manière à ce que le bandage étant appliqué , le cylindre du treuil soit placé en travers derrière le jarret.

Application. Placez la pièce en fronde autour du genou , de manière que son plein porte derrière le jarret (même P., i5), et que ses courroies embrassent le membre transversalement au-dessus (même P. , 6, 8) et au-dessous du genou (même P. , 16, 20) ; mêliez la pantoufle au pied (même P. , 'iL\)\ relevez la courroie du talon ; engagez-la dans la bride de la pièce de cuir en fronde (même P., 19) , et puis attachez-la au crochet aplati que porte le cylindre du treuil , puis faitestourner celui-ci avec sa clet jusqu'à ce que la courroie enroulée autour renverse suffisamment le pied en arrière pour que les deux bonis du tendon d'Achille soient en conlacl immédiat. Cessez alors de tourner le treuil ; si le valet remplit bien ses fonctions, l'une de ses extrémités engagée dans l'engrenage empêchera le treuil d'obéir à la tension de la courroie et de revenir sur luimême.

Effets et propriétés. Cet appareil remplit parfaitement les indications pour lesquelles on l'emploie ; et la pantoufle portant un haut talon , comme je le propose , le malade pourra , sans aucun risque , marcher de bonne heure avec une béquille (P. XI).

Soins consécutifs. Ils regardent la manière de lever ou de desserrer l'appareil ; car, ne se relâchant pas , il exige à peine qu'on augmente l'action du treuil. Si donc le bandage agissait avec trop d'énergie, ou que, la guérison étant achevée, on pût l'enlever, pour le desserrer il faudrait retirer l'extrémité du volet engrenée dans les

dentelures du treuil, et alors celui-ci pouvant tourner dans tous les sens , on le relâcherait ou Fou en détacherait aisément la courroie,

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