RELEVEUR DE LA TETE
Lorsque le cou se fléchit en avant , et que la tête se porte avec excès dans ce sens , comme cela arrive
GENRE IX. APPAREILS ORTHOPÉDIQUES. 4 9g quelquefois chez un enfant qui s'approche trop près de son hvre ou de son cahier d'écriture , ii faut alors lui faire porter un col élastique ^ compose de fils de laiton fléchis en zigzag de bas en haut , et solidement cousus entre deux lames d étoffe bordées de peau toutes d«ax ensemble.
ESPÈCE IV
EÉDrCTEVR POSTÉRIZrR DE LA TÈTE.
Si la tête se trouvait fléchie jusque sur le sternum par suite d'une contracture musculaire, ou par suite de cicatrices vicieuses , on pourrait immédiatement , dans le premier cas , mais après avoir détruit les cicatrices dans le second, recourir au bandage extenseur élastique de la tête que nous avons décrit (p. 450) , et on en proportionnerait la puissance à la résistance qull aurait à vaincre,
ESPÈCE V
RiDrCTErK latéexx de la tête ( imaginé par M. Delacroix à la demande de îi. Dcbois ).
Cette machine est destinée à redresser la tête indinée latéralement. Elle se compose d'une lame de fer dorsale (P. XIX, 28 , 29 , 54, 35) ; d'un arc (mêny» P. , 52 ) ; d'une tige céphaiique (même P. , 1 , 3 , 4? 5 , 6, 22) ; d'une vis de rappel (même P. , 24) ; d'un béguin ( même P. , 9, 10, 11 ^ i5, etc.); de deux épaulettes (même P., 19, 5o, 5i, 20), et dune ceinture (même P., 56).
La lame de fer que je nomme dorsale doit correspondre au dos , à la hgne médiane ; elle a la forme d'un T, dont la branche transversale doit s'étendre jusque vers le milieu de la largeur de chacune des épaules (même P., 27, 28). La portion verticale du T qu'elle
torme doit descendre le long de la ligne me'diane du dos avec une largeur de quatre doigis ; elle doit éire enveloppée et bien, recouverte de maroquin , porter , i ' quatre boutons à sa face poste'rieure (même P. , 2ÎS, 26, 5o, 3 1) sur sa branche scapulaire, lesquels fixent les e'paulettes à coquilles (même P., 19, 20); 2° une bride pour donner passage à la ceinture (même P. , 07 ); 5" l'arc de cercle et ses dépendances (même P. , 32 , 55 , 29).
Varc est une portion de cercle , à la concavité duquel tient une sorte de manche ou de queue, ainsi que l'indique son nom (même P., 02) : il est aplati. Son bord convexe est tourné en bas , son bord concave en haut et ses extrémités en dehors. Il peut glisser d'un côté à l'autre sur la lame dorsale , en tournant autour d'un axe qui le traverse par sa queue (29). Il présente dans toute sa longueur une ouverture qui le traverse suivant son épaisseur, et donne passage à une vis portant un écrou dépression à oreille en dehors de l'arc de cercle (même P., 55). Cette vis est fixée sur la plaque dorsale. Elle est destinée à arrêter les mouvemens de l'arc au moyen de l'écrou de pression. La queue de cet arc se porte à deux travers de doigt au-dessus du bord supérieur de la pièce dorsale (même P., 21). Elle est divisée d avant en arrière, à son extrémité supérieure, en deux (P. XIII, F. vii, 2, 5, et P. XIX, 21). Elle est aplatie d'avant en arrière, et fixée sur la pièce transverse de la plaque dorsale par un écrou à fourchette (même P., 29), autour duquel l'arc peut se mouvoir de droite à gauche dans toute l'étendue de sa fente' (P. XIX, 52), lorsque l'écrou de pression ne le serre point contre la plaque dorsale , et lui permet de glisser dessus.
La branche céphaiique doit s'étendre de la partie la plus élevée du dos et de l'extrémité supérieure de la
GENRE IX. APPAREILS ORTHOPÉDIQUES. 5oi
queue de l'arc à une hauteur suffisanle |30ur se recourber au-dessus de la lêie sans la loucher (même P. XIX, 1, 3, 4) ^î 6). Elle porte cà son extre'milé mtërieure un écrou en quart de cercle (P. XIII, F. vil, 5, 6) qui peut entrer dans la fente de la queue de l'arc , ei dont la courbure se dirige d'avant en arrière (P. XIII , F. VII, 4, 5, 6). Il porte sur sa convexité, comme tous les e'croas de ce genre , une suite de sillons obliques parallèles (P. XIII, F. VU, 5). Cet e'crou est retenu dans la fente où il est place' par une goupille cylindrique (P. XIX, '21 , et P. XIII, F. VII, 2). A la faveur de cette disposition la branche recourbée peut se fléchir en avant ou en arrière. Son extre'mité supérieure est fendue , et présente une grande ouverture elliplique, munie de clous à téie ronde sur ses bords (P. XIX, 3, 4» 5, 6, etc.).
La vis de rappel (même P. , ^4) est une véritable vis sans fin ; elle est montée sous un pontet (P. XIII, F. vu, 9, 10), sorte d'arceau qui la retient, et s'élève comme un pont derrière la fente de la queue de l'arc de cercle.
Les filets de l'écrou en quart de cercle engrènent avec cette pièce, et dans les mouvemens de celle-là ils Bgissent sur l'écrou , tantôt le poussant dans un sens , tantôt le ramenant dans le sens opposé, précisément comme la vis sans fin de la P. XII (F. ix, 5). Ainsi la vis se meut-elle d'une certaine manière, l'écrou marche en arrière , et la branche céphalique se fléchit en avant ; se meut-elle en sens inverse, l'écrou se porte en avant en tournant autour de la goupille qui le maintient dans la fente de la queue de l'arc de cercle, et la branche céphalique se fléchit en arrière.
A chaque fois que l'écrou se meut, comme il tbrme l'extrémité inférieure delà branche recourbée, celle-ci se porte donc en avant ou en arrière , comme un levier du
premier genre; mais comme le bras de l'exlre'miie' supe'rieure, qui est le bras de la résistance, est fort long, au moins trente fois plus que le bras oppose' (P. XIII, F. VII, a, 6) , un mouvement d'arc de cercle d'un millimètre , imprime' à 1 ecrou par la vis , donne au moins trente millimètres de mouvement à l'extrémité supérieure.
Ainsi le réducteur latéral de la léte pouvant se porter un peu en avant ou en arrière, et, par le moyen de Tare à droite et à gauche , ij est évident que l'on peut s'en s,ervir pour redresser la tête inclinée.
ESPÈCE VI
bbdcctecr de la colonne vertébrale (inv&nté par M. Delacroix).
Machine à redresser le rachis. Elle se compose, i " d'un arbre; 2° d'une pièce scapulaire avec ses épaulettes ; 3" d'une pièce pelvienne ; 4° d'une pièce sacro-iliaque avec ses dépendances; 5" d'une branche céphalique ; 6° d'une sorte d'étrier qui doit y être suspendu , et embrasser la tête au moyen des coussins qui en dépendent.
lu arbre est une gouttière de cuivre ouverte en arrière (P. XX, 3o) , et qui est destinée à s'appliquer le long de la ligne médiane du dos et des lombes (même P., 29, 3o, 5i). Elle a le volume du pouce, et doit s'étendre depuis l'intervalle des épines de l'omoplate jusqu'à la dépression sacro-lombaire. Près de son extrémité supérieure elle est déployée en une lame de cinq travers de <loigt de longueur, de deux de largeur, et présente deux pontets par-derrière (même P., i4, 19).
On peut se les représenter comme deux anneaux métalliques attachés derrière la partie supérieure de l'arbre.
L'arbre offre, dans le tiers moyen de sa longueur, une
GENRE IX. APPAREILS ORTHOPÉDIQUES. 5o3
paillette à lunette (même P. , 26, 29). C'est une tige aplatie qui est fixe'e dans le fond de la gouttière par son extrémité' inférieure (même P., 29) , et qui par l'autre est libre, figurée en anneau (même P., 26), et s'éloigne du fond de la gouttière , en se portant en arrière par son élasticité.
Cette extrémité supérieure se réfléchit dans le même sens à angle droit, précisément au-dessous du pontet inférieur dont nous avons parlé tout à fheure (même P. , 25). Son ouverture annulaire a l'étendue de celle du pontet, et y fait suite en se portant un peu plus en arrière. Ce rapport , cette coïncidence imparfaite des deux ouvertures sont calculés.
L'arbre porte encore à son extrémité inférieure , figurée en tube (même P. , 3i) , un cylindre de cuivre qui en remplit le canal (42).
La pièce scapulaire (même P. ,20) destinée à s'appliquer transversalement derrière les épaules , est formée d'une lame méta?llique (même P., 20) de deux millimètres d'épaisseur environ. Cette lame, est percée de trous sur ses bords ; elle porte par-devant un coussin de cuir qui la déborde partout, et qui y est cousu le long de ses bords!(même P. , 23). Elle porte par-derrière et à son bord inférieur deux petits supports (même P., 22), qui s'unissent au moyen de deux vis avec les bords latéraux d'une pièce à coulisse (même P. , 1 5) : cette articulation permet au bord supérieur de la pièce scapulaire de se porler en avant par un mouvement de bascule , comme l'indique l'ombre de la figure (même P., 16).
La pièce à coulisse (même P., 1 5) forme une gouttière à fond plat, et embrasse par ses bords relevés d'un à deux millimètres les bords de l'élargissement de l'arbre à sa partie supérieure. Cette pièce y lient par une vis
5o4 CLASSE II. BANDAGES MÉCANIQUES.
passée à travers la fenle à coulisse de la parlie supérieure de l'arbre , et dont la icie glisse à volonté sur les bords de la lente qu'elle ne peut traverser elle-même. Il suit de là qu'outre son mouvement de bascule en avant, la pièce scapulaire peut se porter en haut et en bas.
Elle offre en arrière , sur sa surface , deux clous de chaque côle, au niveau de chacune des épaules (même P. , 18, 2l\, 21 , 27) , lesquels sont destines à attacher les extrëmite's des e'paulettes. Ces epaulettes sont deux coussins de soie minces , de deux travers de doiijt de large, et qui doivent embrasser les e'paules dans leur anse, comme le feraient deux bandes. Elles offrent une se'rie de trois ou quatre trous ou œillets à l'une de leurs extre'milés (même P. , 18, 21 ) pour qu'on puisse raccourcir ou alonger leur anse à volonté'.
hdi pièce peh'iejine est fort compliquée. Elle est formée d une pièce moyenne ou sacro-lombaire^ de deux pièces iliaques ou latérales y et de leurs pelotes.
La pièce sacro-lombaire est une bande re'gulièrement quadrilatère et alongée. Elle doit reposer transversalement sur la région sacro-lombaire. Sa surface antérieure est légèrement arrondie; la postérieure est plane, et unie par un pontet (même P., 37) avec le cylindre métallique attaché à l'extrémité inférieure de l'arbre (47)) cylindre qui peut y tourner librement et de tous côtés sur son axe. Sur cette pièce sont encore attachés, de chacun des côtés du pontet , un écrou (même P., v35, 09 , et P. XIII, F. V, 4, 7) qui se porte en dehors de Textrémité de la pièce que nous décrivons, et offre un trou taraudé qu'occupe une vis de pression (même F. , 7), qui peut y entrer d'arrière en avant , et agir sur la pièce iliaque (même F., 8). Nous désignerons cette vissons le nom de a)is de pression des pièces iliaques. La pièce sacro-lombaire (1*. XIX, 58, et P. XIII, F. v, 1), est
GENRE IX. APPAREILS ORTHOPÉDIQUES. 5ot)
unie en charnière par ses extrémités avec les pièces iliaques (même F. , 2 , g).
Ces dernières sent deux lames destine'es à embrasser d'arrière en avant et par en haut les crêtes iliaques (P. XX, 4o). Elles ont un travers de doigt de largeur, deux millimètres environ d'épaisseur , et sont contournées sur elles-mêmes , comme les côtes moyennes de la poitrine chez l'homme , en sorte qu'elles embrassent aisément d'abord en arrière puis en dessus la crête de l'os des îles. Ces pièces iliaques présentent à leur extrémité externe et antérieure deux élargissemens quadrilatères percés de deux fenêtres.
Chacune de ces pièces porte deux pelotes : l'une supérieure , l'autre intérieure (même P., /p) : la supérieure , et destinée à appuyer de haut en bas sur la crête de l'os des îles, près de l'épine antérieure et supérieure. Une plaque de cuivre, garnie d'un coussin de peau qui la déborde , est attachée en dedans et en dessous de l'extrémité antérieure des pièces iliaques au moyen d'une vis qui passe à travers l'une des fenêtres dont leur élargissement est percé. La tête de la vis est arrêtée à l'extérieur sur leurs bords > et peut se mouvoir en coulisse, et par suite, la pelote qui s'y trouve attachée. Cette disposition est cachée dans la figure de la P. XX par le coude du bras droit.
La pelote inférieure est précisément placée au-dessous de la précédente (même P., 5i). Elle est ovalaire, concave d'un bout à l'autre à sa surface interne; elle doit servir à presser légèrement de dehors en dedans , immédiatement au-dessous de la crête iliaque. Elle a la même structure que la précédente ; elle n'en diffère que par son articulation avec la branche qui la porte. Cette branche de la pelote s'étend verticalement depuis l'extrémité de la pièce iliaque , où elle est fixée par une vis,
5o6 CLASSE II. BANDAGES MÉCANIQUES.
jusqu'à deux ou trois travers de doigt au-dessous de la crête de l'os des îles (P. XX, 54). Elle est un peu oblique en bas et en arrière ; son exlre'mile' intérieure est traversée perpendiculairement de dehors en dedans par une vis qui s'avance horizontalement vers le bassin (même P., 55, et P. XIII, F. viii, 2,4)- Celte vis est terminée par une télé en forme de cône (P. XIII, F. VIII, 7), et celle tête est enfermée dans une sorte de boîle , formée par. une hapiieau méiallique , percé d'un trou (même F., 6) et appliqué sur la plaque de la pelole (P. XX, 'Su). Le cylindre de la vis passe par ce irou; mais sa tête ne peut en sortir parcequ'il est trop éiroii. Cependant la vis peut se fléchir et se mouvoir avec liberté dans tous les sens, absolument comme le ferait la lête du fémur dans sa cavilé, si ses mouvemens d'inclinaison et de rotation n'étaient bornés par le ligament inler- articulaire. Ce mode de jointure est connu sous le nom de charnièr'e à balle.
Ainsi disposées , les pièces iliaques peuvent être plus ou moins poussées et fléchies en avant et en dedans l'une vers l'autre , selon que l'on tourne plus ou moins les vis de pression de ces pièces (P. XX, 35, 39, P. XIII, F.v,6,7).
La pièce s acro- iliaque (P. XX, 4^? 49 )> abstraction faite de ses dépendances , a la figure d'un T renversé , dont la branche perpendiculaire ou verticale doii correspondre à la ligne médiane du sacrum , tandis que sa branche transversale doit se porter à droite et à gauche derrière les fesses.
La branche verticale a quatre travers de doigt de longueur environ. Elle est unie en haul par une charnière (P. XX, 40^^^'^ ^^ cylindre métallique (même P., 42, 5 "i ) engagé dans le canal de l'exirémilé intérieure de l'arbre (même P. , 3i) j où il est retenu par une vis de
GENRE IX. APPAREILS ORTHOPÉDIQUES. So']
pression (même P. , 32) quiemre perpendiculairement dans ce canal et aboutit à une entaille ou gorge circulaire qu'il pre'sente , et qui y forme une sorle de col. Une fois l'exirëmilé de la vis engagée dans cette gorge, la tête du cylindre étant arrêtée il ne peut plus redescendre, mais il peut tourner sur son axe dans tous les sens, à moins que l'on ne serre beaucoup la vis de pression.
La branche transversale de cette pièce (même P. , 49) porte à ses deux extre'mite's deux boîtes , ou curseurs (même P., 48, 5o), qui peuvent glisser dessus sa longueur, ou y être solidement arrête's par une vis de pression.
Ces boîtes ou curseurs sont percées d'un trou taraudé , dirigé d'arrière en avant. Une vis y est adaptée , et s'articule aussi avec une pelote circulaire (même P., 4^, 4") par une charnière à balle semblable aux précédentes. Cette pelote repose sur la fesse , en arrière et en dehors.
Au bas du pontet de la pièce sacro-lombaire , un écrou qui y tient se prolonge à un travers de doigt en arrière et au-dessous de la charnière qui unit la branche verticale de la pièce sacro-iliaque avec le cylindre de l'arbre (même P. , 44)- Dans son trou se meut d'arrière en avant une vis de pression (même P. , /|4) qui peut pousser et fléchit en avant la branche verticale de la pièce sacro-iliaque et cette pièce elle-même.
La branche céphalique (même P. , 1 , 3, 1 1 , 1 2, 28) a d'abord, vers son extrémité inférieure, la forme d'un cylindre droit, de huit travers de doigt de long environ (même P., 12, 28), garni en avant d'une suite de dents qui forment une crémaillère (même P., 28); au delà elle se courbe en faucille, et est aplatie de manière à présenter deux surfaces latérales et deux bords courbes , l'un concave, l'autre convexe (même P., 1 1 > i , 3). Tout
5o8 CLASSE II. BANDACES MÉCANIQUES.
près de l'exircmilé supérieure, elle porte sur ce dernier bord des e'chancrures (même P. , 5) dont nous verrons l'usage.
Uétrier (même P., 4? 5, 6, 7, 8) forme un demi-cercle, et est comme suspendu au-dessus de la tête qu'il embrasse entre ses deux cxiremilës. Il lient à la branche ce'phalique par le milieu de sa longueur, et au moyen d'un manche cylindrique (même P. , 4) q^ii le traverse de haut en bas , là où il est renflé en anneau pour recevoir ce manche (même P. , 5). Il tourne avec la plus grande facilite' de droite à gauche et vice versa autour de ce cylindre vertical. Le demi-cercle de l'étrier porte à chaque extre'mite' deux petits clous pour recevoir une bande occipitale (même P., 9), une poignée de repos , dont nous verrons plus tard l'usage (même P., 8), et enfin un crochet pour recevoir une mentonnière.
Le manche de l'étrier est percé au-dessus de la tête d'une fenêtre où passe l'exircmilé supérieure de la branche céphalique, garnie d'une suite d'échancrures (même P. , 3). A sa partie la plus élevée le cylindre porie une vis de pression (même P., 2) qui s'y meut de haut en bas, et aboutit aux entailles de l'extrémité supérieure de la branche céphalique. Celte vis peut , par son action , fixer d'une manière solide l'étrier sur la branche supérieure.
Les coussins extensifs de l'étrier sont disposés comme des bandes ; ils ont une longueur suffisante pour s'étendre d'une des extrémités de l'étrier à l'autre, en passant, l'im (P. XX, 10) par-dessous la mâchoire, l'autre (même P. , 9) par-dessous l'occipital, à la nuque. Ils sont percés d'œillets à leurs extrémités pour pouvoir s'attacher aux boulons de l'éuier.
Comme ils doivent offrir beaucoup de résistance ,
GENRE IX. APPARLILS ORTHOPÉDIQUES. ÔOg
il convient quils soient laits d'un mince coussin de toile , lari^e de deux travers de doigt, garni intérieurement d'une belle laine , comme le coussin du ressort des brayers, et enfin revêtus de soie. On peut les piquer pour en mieux dëierminer les formes.
yéppllcation. Le lecteur doit déjà concevoir comment s'applique et comment agit le réducteur de la colonne vertébrale ; néanmoins cette machine étant fort compliquée , je crois devoir y consacrer quelques mots.
Comme la tige supérieure se sépare aisément de la machine , et s'y adapte avec non moins de facilité, on commence par appliquer l'arbre seul par-derrière le dos. On l'applique de manière que les pièces iliaques embrassent la crête des os des îles jusqu'à leur épine antérieure. Si alors la branche scapulaire se trouve trop basse ou trop haute, on la lève ou on la baisse à la faveur de la coulisse que présente l'élargissement supérieur de l'arbre (P. XX, 19). On fixe celui-ci en mettant en jeu, d'arriè e en avant, les vis de pression (P. XX, 55 , 09) des pièces iliaques (54 , ^0). Celles-ci se fléchissent en avant par leur charnière (P. XX, 56, 58; P. XIII , F. V, 2, 9), et embrassent solidement le bassin jusqu'au-devant de l'épine antérieure et supérieure de l'ilium. A l'aide de la vis de pression (44) de la branche sacro-iliaque, on appliepie les pelotes de celle branche conlre les fesses ; on aiiache ensuite les épaulettes ; on iniroduit la crémaillère de la branche supérieure dans les ponlels de l'e trénùté ,-upérieure de l'arbre (P. XX, i4i i<5). Comme l'anneau de la paillette à lunettes (26) fait saillie en arrière et en bas du pontet inférieur (23) de l'extrémité supérieure de l'arbre , on appuie dessus avec le pouce pour faire correspondre son ouverture à celle du poniet, et alors on peut introduire la crémaillère de la branche supérieure dans l'anneau de la
paillette à lunettes; mais aussitôt que l'on cesse d'appuyer sur la paillette à lunettes , la partie antérieure du contour de son anneau s'engaije dans les crans de la crémaillère, la soutient et l'empêche de descendre davantage.
La branche céphalique placée, on engage son extrémité supérieure dans l'ouverture du manche de l'étrier (P. XX, 4)i que l'on fixe au moyen de sa vis de pression (2). Eofi.n on applique les coussins exlensifs sous le menton et Focciput, et on en attache les extrémités aux clous à tête ronde de l'étrier.
La machine appliquée , on pousse de bas en haut la crémaillère de la branche céphalique jusqu'à ce que l'on obtienne l'extension que l'on désire. Lorsqu'on cesse de faire monter la crémaillère, la paillette à lunettes l'empêche de descendre et la soutient au point où elle se trouve.
Propriétés, Le réducteur de la colonne est une machine extensive et contre -extensive. La branche céphalique , au moyen de l'étrier et des coussins extensifs de l'étrier, tire la tête directement en haut; mais comme elle prend son point d'appui sur la paillette à lunettes (P. XX, 25, 2g), et par son intermédiaire sur l'arbre qui tient lui-même à la branche pelvienne, elle repousse le bassin par en bas au moyen de cette branche. Ainsi la tête et le bassin sont tirés ou poussés en sens contraire par le réducteur de la colonne vertébrale.
Cependant la tête peut tourner aussi librement que d'habitude ; les épaulettes qui embrassent la naissance des membres supérieurs leur laissent une entière liberté. Le bassin , pressé de haut en bas , plutôt que dans sa circonférence , n'éprouve pas la moindre gêne dans son développement , et la jeune fille qui porte le réducteur ne court pas les risques de périr un jour dans
GENRE IX. APPAREILS ORTHOPÉDIQUES. 5ll
les douleurs de l'enfantement, par suite de l'étroitesse de la cavité du bassin.
Cette machine est d'ailleurs peu gênante ; elle n'empêche ni de marcher , ni même de courir. Elle permet les exercices les plus actifs, celui de l'escrime, par exemple, et j'ai vu, chez M. Delacroix, une jeune demoiselle tort intéressante, qui m'a assuré se livrer aisément à cet exercice malgré la machine extensive. M. Delacroix m'a dit de son côté avoir retiré des avantages remarquables du réducteur de la colonne vertébrale : par exemple, l'alongement assez rapide des personnes, par suite du redressement du tronc , et l'agrandissement de la poitrine, qui prenait plus d'ampleur. Je comparerai plus bas l'emploi de cette macliine avec celui des lits extensifs.
Remarque. On trouve dans les Mémoires de Vacadémie royale des sciences de Turin un article de M. Borella , chirurgien herniaire , sur un grand appareil extenseur de la colonne vertébrale (i). Cet appareil est fait avec infiniment moins d'art que la machine réductrice que je viens de décrire : il s'étend des pieds à l'aisselle, et se divise en deux parties, l'une supérieure, l'autre inférieure.
La partie inférieure est un appareil que l'auieur a employé contre la flexion permanente de la jambe , une espèce de brodequin; deux lames jambières et crurales garnies de coussins , disposées pour être fixées en dedans et en dehors de la jambe et de la cuisse par des courroies , et articulées de manière à laisser libre le jeu des articulations , telle est en abrégé la disposition de la partie inférieure du grand appareil de M. Bo- RELLA.
(i) Cenni d'orthopedia, t. xxti, p. i83, Torino, 1821.
La partie supérieure , plus complique'e , comprend , 1° un corset lace' par-derrière et par-devant; 2° un tuteur late'ral du tronc, qui s'ëtend de l'extre'miie' supe- rieure de la lame fémorale avec laquelle il s'articule , jusque sous l'aisselle; 5° un demi -cercle lombaire, qui embrasse très lâchement la partie postérieure du bassin , ses côtes , et se fixe sur les tuteurs latéraux ; 4" un arc convexe en arrière , qui, du demi-cercle lombaire auquel il tient d'une manière fixe sur le sacrum, s'élève jusqu'au-dessus du dos, et se prolonge par deux courroies au-dessus de chacune des épaules , et devant Faisselle , pour se fixer au-devant des tuteurs latéraux du tronc. Cet arc [porte , dans plusieurs points de sa longueur , des trous taraudés , véritables écrous , dont l'un reçoit une vis de pression.
A toutes ces pièces ajoutez un disque concave, garni d'un coussin , et destiné à s'appliquer sur la bosse des sujets à redresser. Ce disque reçoit , dans une petite cavité de sa surface convexe , la vis de pression dont je viens de parler, et au moyen de laquelle on peut comprimer une gibbosité, et faire concourir l'extension et la pression à effacer la courbure de la colonne vertébrale.
Cette machine exerce l'extension au moyen des tuteurs du tronc , qui prennent leur appui sur la partie inférieure de l'appareil et poussent les épaules en haut. Ce mode d'extension doit fatiguer beaucoup les aisselles, enfoncer la tête dans les épaules, et agir très peu sur la colonne vertébrale pour fétendre.
Le disque doit concourir, par une pression graduée, à s'opposer à l'accroissement de la gibbosité ; il doit même, en gênant la nutrition du côté où il exerce son action, concourir au redressement de la colonne, par le même mécanisme qu'un anévrysrae de l'aorte courbe
GENRE IX. APPAREILS ORTHOPÉDIQUES. 5l5
le siernam , soit qu'il l'use en même temps , soil qu'il ne l'use pas.
Enijn le grand appareil de M. Borell\ , quoique plus gênant que celui de M. Dalacroix , permet cependant au sujet de marcher et de se livrer à divers exercices.
ESPÈCE vu.
RÉDUCTEUR DU TRONC.
C'est une machine que M. Delacroix a construite pour redresser , par la compression , les personnes dont la poitrine est dëvie'e , saillante d'un côte' , et dont les épaules ne se tiennent pas à une égale hauteur.
Cette machine est compose'e d'une pièce pelvienne , d'un tuteur de chaque côte' , d'une pièce dorso-transversale , et de courroies ante'rieures et postérieures.
La pièce pelvienne est absolument semblable à celle de la machine pre'ce'demment décrite pour redresser la colonne vertébrale.
Le tuteur est formé d'une lame me'tallique , d'une traverse , d'une vis , d'un tube , d'un ressort à boudin , d'une crosse et de garnitures.
La lame métallique est verticalement e'tendue de chacune des pièces latérales de la pièce pelvienne jusque près de l'aisselle. Elle est fendue de dehors en dedans et de haut en bas dans ses trois quarts supe'rieurs , comme le serait une fourche à deux dents. Son extrémité inférieure est unie avec les pièces latérales par un nœud de compas.
La traverse est une pièce métallique, unie avec la lame précédente de chaque côté de sa fente vers le milieu de sa hauteur. Elle est renflée au niveau de la fente , et là percée d'un canal vertical.
5l4 CLASSE II. BAND.VOES MÉCANIQUES.
La vis remplit ce canal , et entre par son exlre'mitë supérieure clans le tube.
Le tube est fixe' dans la fente de la lame métallique , imme'dialement au-dessus de la traverse.
Le ressort à boudin le remplit et y est place' au-dessus de la vis , qui s'introduit par l'extrémité' inférieure du tube dans sa cavité,
La crosse est un demi-cercle métallique , comme celui qui s'observe à la partie supérieure des béquilles ; il est matelassé et rembourré convenablement. Une tige verticale, descendant du milieu de sa convexité, pénètre dans le tube et presse de haut en bas le ressort à boudin, que la vis peut presser de bas en haut, faire monter dans ce tube , et dont elle peut par là augmenter l'action.
Du cuir et un coussin garnissent le tuteur en dedans.
Les courroies vont de l'un à l'autre tuteur , pardevant et par-derrière.
La pièce dorso-transversale est formée de deux lames élastiques fixées aux lames métalliques du tuteur, et étendues l'une vers l'autre par-derrière les épaules lorsque le bandage est appliqué. L'une de ces lames porte à son extrémité un pontet, sorte de pont métallique sous lequel l'autre peut s'engager. Le pontet est traversé par une vis de pression , qui peut arrêter l'une sur l'autre , par la pression , les deux lames engagées en quelque sorte l'une dans l'autre. Ces deux lames sont d'ailleurs matelassées convenablement.
S'il en est besoin , on peut attacher , tant après les lames transversales qu'après les tuteurs , une plaque métallique compressive , garnie mollement en dedans, pour presser sur un point ou sur un autre.
Cette machine embrassant les crêtes iliaques de la
GENRE IX. APPAREILS ORTHOPÉDIQUES. 5l5
même manière que le re'ducteur de la colonne verte'brale , lorsqu'elle est fixée, on peut pousser les e'paules en haut, et presser le bassin de haut en bas en faisant monter les vis des tuteurs. Au moyen des lames transversales et des plaques compressives, on peut encore exercer sur les parties saillantes de la poitrine une pression plus ou moins considérable. Au lieu de ces plaques , on pourrait en avoir qui seraient mises en action par une vis de pression , comme dans le grand appareil de M. Borella que nous avons décrit plus haut (p. 5i i).
ESPÈCE VIII
béductetjr de la main renversée (de l'invention de M. Delacroix).
Usages. Cette machine peut être mise en usage pour étendre et redresser la main renverse'e en dedans , soit par la contracture, soit par le raccourcissement des muscles, soit par une autre cause.
Disposition. Une plaque anti-brachiale avec sa courroie , une plaque carpienne avec sa courroie , une lame élastique, un e'crou à bascule , un levier à chaînette, une sorte d'ëtrier avec une queue, telles sont les pièces qui constituent celte machine.
La plaque anti-brachiale , destine'e à s'appliquer sur la tace dorsale de l'avant-bras (P. XIX, 38) , est forme'e d'une lame de métal revêtue de peau. A l'un de ses bords latéraux est fixée une courroie , par un bouton à tête plaie (même P., 4^}; cette courroie doit être assez longue pour pouvoir entourer le bras et venir s'attacher sur le bord opposé de la plaque à un autre clou à têle plate (même P., 4i)*
La plaque carpienne , que je nomme ainsi parcequ'elle doit s'appuyer derrière le poignet (même P. ,
bl6 CL\SSR II. BANDAGES .MÉCANIQUES.
/|.>, Cl P. XIII, F. I, 1 , 4» i4i »6), est faite comme la prëce'dente, mais elle porie sur la surface plusieurs pièces que noffre pas la première, ainsi qu'on va le voir. Elle peut aussi avoir une courroie pour entourer le poignet; l'appareil n'en est que plus solide.
La lame élastique (P. XIX, f^-i) est en acier; elle est un peu courbée sur sa longueur ; sa convexité' doit appuyer sur Tavant-bras, dessus lequel elle sera étendue d'une plaque à l'autre. L'une de ses exlre'mite's, qui doit être lourne'e vers le coude , s'articule par un clou à tête plaie avec la plaque brachiale (même P., Sg); l'autre exlre'miié est engagée sous une large bride d'acier ou pontet (même P., 47? et P. XIII, F. i, lo, i5). Ce pontet, fortement attache' par ses côtes à la plaque carpienne, donne passage à. une vis dépression (P. XIII, 12) qui peut, en prenant un appui dans son ouverture taraudée, comme dans celle d'un e'crou, presser la lame ëlasti((ue sur la plaque carpienne où elle glisse sous la bride que lui forme le ponlet. Il re'sulte de celle disposition que l'on peut à volonté éloigner ou rapprocher les plaques carpiennes l'une de l'autre.
XJécroiL en bascule (P. XIX, 44? 4^ j 4^» 49» et P. XIII , F. 1 , 2 , 6 , 8 , 1 I , 1 7) est lui-même composé d'une pièce qu'on nomme la lunette , de l'écrou proprement dit , du collier de l'écrou , des vis de suspension , et de la vis de l'écrou.
La lunette (P. XIX, 45 ; P. XIII, F. t, 8) est percée dans la direction de la lame élastique, en sorte que son trou en regarde les deux extrémités.
L'écrou proprement dit (P. XIX, 44 , P- XIII , F. I , F. Il) est un écrou cylindrique un peu long, qui traverse le irou de la lunetle sans le remplir entièrement, et qui peut à la fois s'y mouvoir en bascule et tourner sur son axe. Ce mouvcmeni, d'abord inconcevable, est
dù à un mécanisme forl inge'nieux qui en donne aisément la ihe'orie.
Cet e'crou csL formé d'une pièce de cuivre cylindrique, alonge'e, creusée à son axe d'un canal taraude', et à sa surface externe, dans toute sa circonfe'rence, d'un enfoncement ou sillon circulaire , qui lui forme une sorte de col; d'un anneau (P. XIII, F. ii, 6, 7) qui l'embrasse au niveau du col, de même que le ferait un collier, et qui pre'sente deux petites fossettes en deux points opposç's (même F., 7).
La première pièce (même F., 2 , 10) peut bien se mouvoir autour de son axe dans l'anneau que lui forme la seconde, mais elle ne peut pas plus en sortir que la tête ne pourrait sortir d'un collier qui embrasserait le cou exactement. Il lui arrive ce qui arrive à un doigt engage' dans un anneau trop e'troit; il peut tourner dans la bague, mais, trop volumineux au niveau de l'articulation de la première phalange avec la seconde, il ne peut sortir de l'anneau : et dans ce cas le doigt peut offrir les deux mouvemens de i'ëcrou en bascule ; il peut se mouvoir sur son axe dans l'anneau , et en bascule entre deux doigts qui tiendraient l'anneau par deux points oppose's de sa circonfe'rence.
Les vis de suspension (même P. , F. i, 7,9) sont deux petites vis qui traversent les deux parties latérales de la lunette, entrent par deux sens opposés dans son trou, et aboutissent aux deux fossettes que l'anneau ou collier de l'écrou présente en deux sens opposés , sur sa circonférence,
L'écrou en bascule, relenu dans le trou delà lunette par les deux pointes de ces vis , ne peut ni avancer ni reculer, mais il peut s'y mouvoir en bascule et à la fois tourner autour de son axe.
La vis de l'écrou (même P. , F. i, ir, 2, 1 1) est une
5l8 CLASSE II. BANDAGES MÉCANIQUES.
vis assez longue qui traverse 1 ecrou par son exirémiie' supe'rieure , et qui présente à son exiremiié intérieure deux mors traversés par une vis en charnière (même F. , i5 , 1 7 ). La \'is de i'écrou avance ou recule sur la largeur de la lame , suivant les mouvemens que l'on imprime à I'écrou.
Le levier à chaînette (même P. , F. 1 7, 1 9) est une pièce courbée à angle droit et formée de deux parties: l'une, désignée sous le nom de chaînette , s'articule avec les mors de la vis, au moyen de la vis cbai-nière qui traverse ses mors (même P., F. i, 17, 1 5, F. il, 1 5, 1 4) ; elle ressemble un peu à une maille de cbaîne de montre, et c'est ce qui a mérité à ce levier coudé le nom de levier à chaînette. La seconde partie a un travers de doigt ou deux de longueur, et s'avance au-delà de la plaque carpienne (même P. , F. I, 19, 20) ; l'angle par lequel elle se continue avec la précédente est reçu dans la tente de l'extrémité inférieure de la lame élastique, et s'y unit par une charnière.
Il résulte de la disposition coudée du levier à chaînette, que, lorsque I'écrou à bascule entraîne sa vis vers rextrémité supérieure de la lame élastique , l'étrier s'élève au-dessus du niveau de la lame carpienne, et renverse la main en arrière. L'effet contraire arrive lorsqu'on fait tourner I'écrou en sens contraire. Mais comme dans ces divers mouvemens la chaînette tantôt s'incline sur la lame élastique, et tantôt s'élève, lavis de I'écrou, aux mors de laquelle se trouve attachée la chaîmlte, tantôt s'élève, tantôt s'abaisse, et faii mouvoir I'écrou en i)ascule, dans sa lunette, sur les extrémités de ses vis de suspension.
Vé trier comprend une pièce formée d'un demi-cercle, une |)ièce qui unit transversalement les deux exirémilés du demi -cercle, et une queue de fer qui unit l'étrier à la bascule.
La queue de l'ëlrier est une lame de fer qui doit s'e'tendre depuis la bascule jusqu'à l'e'tiier le long du dos de la main. Cette lame est unie à la bascule par un nœud de compas (P. XIX, 5o, et P. XIII, F, i, 21), et à l'ëtrier au moyen d'une fenêtre que traverse la vis de l'e'trier i-etenue par un ëcrou (P. XIX, 53, 56). Elle peut tourner autour de l'axe du nœud de compas, et elle permet à l'ëtrier des mouvemens e'tendus, en sorte qu'il y a une très grande mobilité dans toutes les pièces.
Le demi-cercle de rëlrier est fait en acier (même p., 62 5 54)- La pièce transversale de l'ëtrier est un cylindre garni de peau à l'extérieur (même P, XIX, 55), et creuse d'un canal que traverse un axe fixe par deux vis aux extrëmitës du demi-cercle (même P. 57).
Application. La main à redresser et à étendre s'engage dans l'ëtrier ; on applique surl'avant-bras la plaque anti-brachiale, et on la fixe au moyen de sa courroie. On attache de même la plaque carpienne, si on le juge à propos, et, faisant tourner l'ëcrou de manière à faire remonter sa vis vers l'avant-bras, on renverse la chaînette du côte de la lame élastique , jusqu'à ce que la main soit flëcliie en arrière au point que l'on désire.
Soins consécutifs. Ils consistent à augmenter graduellement chaque jour l'action du réducteur de la main, jusqu'à ce que la main soit ramenée à sa direction et à sa disposition ordinaires; cependant, lorsqu'il en résulte des douleurs par trop pénibles , il faut céder , et relâcher un peu la machine.
ESPÈCE IX
uïiDDCTEUR DU PIED (boiliiiK de M. Delacroix).
Usages. Elle sert à redresser les pieds bots. Indications. Comme le pied bot le phis commun , et que l'on observe presque exclusivement, est celui
f)20 CLASSE II. BANDAGES MÉCANIQUES.
dans lequel le bord interne du pied csi soulevé' , rexiernc abaisse' au point que le sujet marclic dessus, la pointe du pied tournée en dedans, la malle'ole externe en arrière et l'interne en avant et en dedans, les indications à remplir sont de relever le bord externe, d'abaisser l'interne et le talon , qui est tiré en dedans et en haut par les jumeaux et le solëaire, enfin de relever la pointe du pied, et de la diriger en dehors, afin qu'elle soit vis-à-vis la partie antérieure du tibia , et non vis-à-vis la malléole interne. Ces indications ont été assez bien saisies par ScARPA (i).
Disposition. La bottine de M. Delacroix se compose d'une jarretière (P. XIX, 80, 8 1 , 82) , d'un brodequin lacé (même P., 1 00, 1 07, etc.) , d'un étrier (même P., 110, 110), d'une ou deux lames jambières et de leurs dépendances (même P. , 78 , 84, 79 -, 8") ).
haj'ar^retière (même P., 80, S 1 , 82) doit être formée par une lame demi-circulaire de métal, qui embrasse la jambe par-devant et sur les côtés au-dessous du genou. Cette lame est revêtue en dedans d'un coussin; à l'une de ses extrémités est fixée une courroie (même P., 85) , garnie aussi en dedans, et qui peut entourer la jambe comme une jarretière et s'attacher par un clou sur l'extrémité opposée.
he brodequin (même P., 100, 107, etc.) est fait comme les brodequins ordinaires. Comme eux il peut lacer en-dessus et au-devant delà jambe (mêmeP., 100). 11 en diffère cependant en ce qu'il offre une échancrure au-dessus du talon (même P., 101,1 of\), et porte entre deux semelles de cuir une semelle d'acier, dont la forme ne peut point souffrir d'altération de la part du pied.
(1) Mcm. .'^iir la lor-iion congénitale du pied. p. i3j. Paris, i8o4j daiH los Mùm. de cliir. pral.
Uétrier (même P., iio, ii5) est une pièce qui peut exister d'un seul côté ou des deux côtes de la bottine. Elle est ainsi appele'e parcequ'elle s'étend d'un côté du pied entre les lames de la semelle, et sous le pied, qu'elle soutient, comme le fait l'éirier d'un homme à cheval. Elle en diffère néanmoins en ce qu'au lieu de s'étendre d'un côté à l'autre sous le pied, elle n'en traverse toute la largeur que lorsqu'elle est réunie à celle du coté opposé, parceque chacune en particulier n'en traverse que la moitié. Chacune de ses pièces diffère encore de l'étrier en ce qu'elle ne s'élève point au-delà des bords du pied , et ne va point se réunir à l'autre sur le dos de cette partie ; mais, comme i'étrier, elles présentent toutes deux un angle droit en se recourbant sous le pied. Leur portion inférieitre oti horizontale est large , et doit correspondre au talon et à une partie de la plante. Elle est fixée à la lame d'acier de la semelle , comme un crampon. La portion verticale qui s'élève sur les côtés de l'articulation du pied est étroite, plus épaisse, et ofifre d'un côté une vis de rappel (même P., 1 09, et P. XIII, F. X, 11, 12) avec une bascule (même F. , 7 , 8) , et de l'autre une coulisse (même P., 11 5, et P. XIII, F. m, 11, i5, i5^ 16).
L'étrier, du coté de la bascule, s'unit avec cette pièce au moyen d'une charnière ou d'une goupille (P. XIX - 108, 111, P. XIII, F. X, 9, 10).
La bascule est une lame métallique épaisse. Elle est dirigée verticalement sur l'un des côtés de l'articulation du pied (P. XIX, 108, m, et P. XIII, F., X, 11,12). Ses bords regardent l'un en avant , l'autre eu arrière. Elle est en bas percée d'avant en arrière d'un bord à l'autre , et s'articule par ce trou, et au moyen d'une goupille , (P. XIII, F., X, 9, 10) avec l'extrémité fendue de la pièce verticale de Téirier (même F., i5). Son extrémité
intérieure (même F. , i5) est encore percée de dedans en dehors par un iix)u à vis , qui reçoit rexlremite libre de la vis de pression fixée à l'éirier (même F., i i 12). Son exire'milé supérieure est tendue d'avant en arrière (même F., -y , 8), pour recevoir l'cxlrêmite de la lame jambière (même F., 6). Celte pièce peut basculer de dedans en dehors sur l'êlrier.
La coulisse (P. XIIÏ, F., m, 9, 1 1) est une pièce qui peut glisser de haut en bas dans le cadre que lui forme la portion verticale de l'êlrier (même P. , i6), et y être arrête'e par une vis de pression (même P. , 14)»
La lame jambière (P. XL\, 84, 86, 85, 87, P. XIII, F., m, x, i) peut, comme l'êlrier, exister d'un seul côlé ou des deux , selon le besoin. C'est une lame d'acier qui doit remonter verticalement du bout de la portion verticale de l'êlrier jusqu'au clou de la jarretière. Elle est garnie à sa face interne en peau ou en cuir ; elle porte sur l'externe un ressort coude et infléchi (P. XIX, 86, 95, 95), fixé par une vis d'arrêt (même P., ^^^ 89), et de plus un barillet avec une chaînette qui tient au ressort (même P., 102 , io3 et P. XIII. F., Ili, x, 2, 5, Zj, 5).
Le ressort infléchi est semblable à ceux des batteries de fusil (même P., 86, 93, 87, 95); il est inflécbi comme le delta, (^, des Grecs. 11 a deux branches d'inégale longueur qui divergent par en bas. La plus courte est fixée sur la lame jambière par une vis (même P., 88 , 89 ) qui la traverse tout près de son extrémité. Celle-ci est percée d'avant en arrière pour recevoir une vis de rappel ( même l\ , 90 , 91 ). La grande branche est fendue à son extrémité dans le même sens, et ses deux bords sont traversés par une goupille qui 1 unil à l'extrémilé postérieure de la chaînelle qu'elle lire sans cesse en arrière (même P., 97, 99), de manière
à faire basculer le pied eu avant , et à porter sa pointe en haut et le talon en bas.
Le barillet est une poulie fixée d'une manière immobile sur la bascule (P. XIX, 96, 98, et P. XIII, F., m, X, 4, 5). ^
La chaînette est une petite chaîne flexible, Ibrme'e, comme une chaîne de montre , d'une suite de petites pièces me'talliques articule'es par des rivures (P. XlII , F., III, X, 2, 5). Elle est fixée en avant , autour de la circonférence du barillet , par son extrémité ante'rieure (même F., 2), et est enroulée dessus, de bas en haut et d'avant en arrière. Son extrémité postérieure tient en haut à l'extrémité inrerieure de la grande branche du ressort coudé.
Application. Avant de mettre la bottine il faut redresser le pied , en le ramenant avec précaution à sa rectitude naturelle. On l'y introduit en lui faisant autant que possible garder la direction qu'il avait, et on ne lace le brodequin que lorsqu'on est sur que le pied n'y est point renversé. Mais comme il serait absolument impossible d'y parvenir avec celte bottine, si le pied était tourné en dedans, au point que le bord externe reposât sur le sol , il faudrait nécessairement avoir recours à un autre appareil réducteur. Scarpa, qui a imaginé une bottine avec laquelle celle de M.Delacroix n'est pas sans analogie dans sa manière d'agir, a bien senti la difficulté dont je viens de parler. Aussi a-t-il fait construire un appareil particulier pour commencer le redressement du pied, qu'il achève au moyen d'une bottine.
Ainsi, dans les renversemens extrêmes du pied en dedans , il faudrait ou employer le premier appareil réduciif du professeur de Pavie , ou en faire construire un plus simple qui agît d'une manière analogiie pour la premièi^e période de la cure.
5a4 CLASSE II. BANDAGES MLCANIQUES.
Effets et propriétés de la bottine réductrice de M. Delacroix. Le brodequin lient le pied solide , le ressori leud à en relever la poinle , el ce ressort agit avec d'autant plus d'énergie que sa vis de rappel (P. XIX, 90, 91) pousse davantage en arrière l'extrémité inférieure de sa branche postérieure, en la taisant tourner autour de sa vis d'arrêt (même P., 88, 89). On peut se borner à tenir le pied horizontal ; mais on peut aussi, au moyen de la coulisse et de la vis de rappel de l'élrier , le renverser à volonté, soit en dedans, soit en dehors, pour l'arrêter du côté de la coulisse au moyen de la vis dépression qu'elle présente (P. XIII, F. m, i4)- Cette bottine remplit donc aisément , par sa construction savante , toutes les indications désirables pour un pied médiocrement dévié en dedans.
M. Delpech (1) et M. Borella (2) ont aussi imaginé une bottine réductrice pour la guérison des pieds bols.