‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 120 sur 160 · GENRE X · texte numérisé non relu

GENRE X

DES LITé.

Les lits sont des appareils destinés au repos ; lorsqu'on ne les emploie pas dans d'autres intentions , ce sont des liis de repos , et leur disposition est du ressort de l'hygiène. Les lits qui servent au contraire , 1° à redresser un bossu , 2° à soulever un malade sans le déranger , pour qu'il puisse , par exemple , obéir à ses besoins sans se communiquer le moindre mouvement , et 5° ceux qui sont en usage dans les hôpitaux, forment trois sous-genres très ditïérens, que l'on peut, je crois, nommer, \"\\is orthopédiques ^ 2° Viia tV immobilité ^ et 5° lits àliôpital, pour les distinguer les uns des autres.

(i) Chir. cliniq, de Monlpellier, Mbih. sui- les pieds Lois , p. 147. — (2) Mém. de l'acad. de Bologne, t. xxvi. p. i65.

I" SOUS-GENRE

LITS ORTHOPEDIQrES.

Nous rapporlons à ces lits ceux que l'on met en usa'^e pour redresser la colonne vertébrale diversement infléchie , et l'on peut en compter , je pense , quatre espèces : les lits orthopédiques non extensifs et ejctensifs , les lits extensifs oscillatoires , et les lits extensifs et compressifs.

ESPÈCE I"

LITS yO>' ESTE>"5IF5.

On a probablement imagine l'emploi de ces appareils dans Fespoir que, le malade étant couché, le poids de son corps ne pourrait plus produire ni augmenter la déviation des vertèbres , que l'on supposait céder par suite de leur ramollissement. Telle a été, je crois, l'idée de 1 indication que ion a cru avoir à remplir, ^lais, vous l'avez vu plus haut (p. 49 1 — 12), il est fort douteux que les os se dévient par suite de leur ramollissement , et si l'on ne peut le nier, il n'est pas plus possible de Taffirmer.

Disposition des lits non extensifs. 1° Les uns consistent dans un plan horizontal couvert d'un coussin ou d'un matelas , ferme et élastique, sur lequel la personne doit se coucher et rester couchée.

2° D'autres ont leur fond plus ou moins incliné. Si c'est dans l'espérance que le poids des parties inférieures exercera une traction sur les parties supérieures qui résisteront , il faut convenir que cette espérance est conçue bien légèrement.

5° D'autres, et j'en ai vu un semblable imaginé par !M. Delacroix, offrent un plan incliné en planches nues; une suite longitudinale de talonnières ou crans propres à recevoir les talons ; des poignées à droite et à

gauche; à un mètre et demi (un peu plus de quatre pieds) au-dessus du lit, une tige de Lois inclinée, qui s'eiend longitudinalement de la lete aux pieds, et porte un curseur qui roule avec la plus grande facilite d'un bout à l'autre de la lige. Au curseur est fixe un lien suspenseur et une ceinture.

M. Delacroix destine ces lits ou mieux ce plan incline' à exercer les personnes qui doivent y rester e'tendues. Il les y fait coucher , les entoure de la ceinture par le miheu du corps, attache le lien suspenseur, et le raccourcit au point qu'il soulève un peu le sujet à l'endroit de l'application de la ceinture. Le bossu est ensuite oblige de descendre et de remonter continuellement et alternativement le plan incline' , en s'aidant des pieds appuyés par les talons dans les talonnières , et des mains appuyées sur les poigne'es late'rales.

ESPÈCE II

LITS EXTENSIFS.

Disposition des lits extensifs. Ces lits difîerent des prëcëdens par des appareils d'extension places à la tête et aux pieds.

Ces appareils extensifs se composent, i" ceux-là d'un treuil \ ceux de Wurlzbourg , de ressorts ; celui de M. Maisonabe, de poids, places ou agissant comme le treuil ou les ressorts à la tête et aux pieds du lit ; 2" de cordons extenseurs passant quelquefois sur des poulies de réflexion , et se dirigeant, les uns de la têie et les autres des pieds du lit, vers la tête ou le bassin du sujet ; 5° d'un casque, d'un bonnet ou d'un collier pour tirer la tête ; 4° d'une ceinture desline'e à embrasser le tronc au-dessus du bassin, pour le tirer en sens inverse de la lêie, étendre et redresser peu à peu le rachis.

Le lit de M. Maisonabe porte en outre un dynamètre, qui indique le degré d'action des poids qui agissent sur les cordons extenseurs. Si cette addition, à laquelle l'auteur attache beaucoup d'importance, n'est pas utile, au moins elle ne peut devenir nuisible, à moins qu'elle ne fasse ne'gliger de prendre les précautions nécessaires pour s'assurer de l'action de la machine, ou que le chirurgien croie pouvoir rester sourd aux cris du patient lorsque le dynaraètre n'indique qu'une tension peu e'nergique.

Le lit dont je parle offre encore la facilité de raccourcir et de tendre à volonté un des cordons extensifs de la ceinture plus que l'autre, et par suite d'agir davantage sur une hanche qui serait plus élevée que celle du côté opposé.

Emploi des lits extensifs. Le malade s'y couche horizontalement sur le dos. La ceinture du corps doit être placée immédiatement au-dessus du bassin et non autour ; elle pourrait en arrêter le développement , résultat funeste à prévenir, surtout chez une jeune fille, si l'on veut qu'elle ne coure pas les risques de périr un jour dans les douleurs de l'enfantement.

Le bonnet , le casque ou le collier , placés à la léte la mâchoire embrasse'e d'une manière fixe, le treuil les ressorts ou les poids sont mis en jeu, et la personne soumise à leur action d'une manière continue. On insiste là-dessus : le supplice ne doit pas avoir d'interruption. Que le malade s'arme donc de tout son courage , car il doit être tenu immobile dans cet état de torture pendant six , huit , dis , quinze mois , ou même davantage encore.

Soins consécutifs et simultanés à Vemploi des lits extensifs. Ils consistent à surveiller l'action de la machine pour la relâcher , si elle agit avec trop d'énergie.

Quelques uns font concourir au traitement l'usage des hains de vapeurs, ou des bains liquides et du massage. Avant les expe'riences de M. Magendie sur l'imbibilion des tissus, on pouvait croire ces moyens impuissans et inutiles pour ramollir ou relâcher les ligamens de la colonne vertébrale ; mais aujourd'hui il serait intempestif de l'affirmer , car si les expériences que je viens de rappeler ne prouvent pas precise'ment l'utilité des bains> elles de'monlrent encore bien moins leur inutilité.

Effets de remploi des lits extensifs. Ces lits alongent d'abord rapidement les sujets , qui grandissent quelquefois de plusieurs pouces dans le premier mois ; mais l'effet devient ensuite de moins en moins sensible, au point qu'on est obligé de continuer le traitement pendant plusieurs mois et même plusieurs années, après quoi le succès n'est pas toujours très satisfaisant.

Lorsqu'on sait combien la position la plus commode est fatigante à garder quand on est couché ; lorsqu'on sait combien elle est insupportable pour un homme dont la cuisse ou la jambe est cassée , il est difficile de penser qu'une jeune personne puisse supporter sans fatigue de rester toujours immobile sur le dos, étendue sur un coussin assez ferme, et tiraillée à la fois par la tête et par les pieds. Le vif intérêt qu'elle doit raisonnablement attacher à n'être pas contrefaite peut lui donner le courage de dissimuler les fatigues d'un traitement qui effraie mon imagination , je l'avoue , mais il ne doit pas autoriser le médecin à abuser de sa patience et de sa résignation.

Effets consécutifs. Sans m'arrêter aux funestes effets que peut amener l'emploi mal dirigé d'un lit extensif, je me bornerai à dire que le redressement obtenu par ce moyen n'est par toujours durable, probablement parceque la cause de la déviation du rachis subsiste encore.

GENRE X. DES LITS. S 2g

ESPÈCE III

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