‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 121 sur 160 · LIT A EXTENSION OSCILLATOIRE DE M. LAFOND · texte numérisé non relu

LIT A EXTENSION OSCILLATOIRE DE M. LAFOND

M. Lafond, dit M. Thillaye (i), partant de l'idée qu'une extension permanents est nuisible par la gêne qu'elle cause ; que Ton ne peut la continuer longtemps; qu'en condamnant les muscles au repos elle en amène la faiblesse et l'atrophie : ce chirurgien pensant d'ailleurs] que des alternatives d'action et de repos sont au contraire plus favorables , et facilitent la nutrition par les mouvemens le'gers qu'elles impriment aux parties vivantes , a construit le lit dont nous allons entretenir très brièvement le lecteur , en nous arrêtant cependant à ce qu'il a de particulier.

Ce lit offre à la tête un casque avec un lacs extenseur. Une ceinture tient aux pieds au moyen de deux lacs fixe's chacun à l'une des exlre'mite's d'une barre rae'tallique commune , de laquelle part un lacs extenseur qui est arrêté au-delà du pied du lit, autour d'une poulie , comme nous le verrons tout à l'heure. Audelà du pied de*ce lit, et par-derrière les panneaux, se voit un treuil qui va horizontalement d'un côte' à l'autre. Il est fixe' par les appuis dans lesquels il tourne. Ce treuil porte vers le milieu de sa longueur , et par conse'quent vers le milieu de la largeur des panneaux du pied du lit , une poulie à peu près elhptique , autour de laquelle est passe un cordon qui traverse de dehors en dedans les panneaux du pied du lit par une mortaise, et lient aux cordons extenseurs au moyen de la barre commune dont j'ai parle. Le treuil pre'sente en outre , à l'une de ses extre'mite's, une roue dentée qui engrène avec celle d'un tournebroche à poids, placé au pied du lit.

(i) Arch. génér. de méd. , t. x, p. 284.

Les moyens exiensifs se placent sur le sujet, comme ceux (les lits pre'cëdens. Une fois appli(|ues, on remonte les poi(!s (kl touinebioclie et on le met en jeu. Les poids, en descendani , ionl tourner le treuil par son engrenage; et alors, comme la poulie elliplic]ue , dont le cordon extenseur embrasse la circonicrcnce , tourne aussi , le cordon est tantôt plus, tantôt moins éloigne de l'axe, et tantôt miîme il reste un moment stationnai re , ainsi ce lit produit, par un mécanisme simple et inge'nieux, une extension qui, alternativement, s accroît, decro't, et reste statioimaire. INëanmoins il est, au total, trop complicjue', et il vaudrait mieux avoir pris pour son moteur, au lieu de poids, un bon et fort ressort à pendule, comme celui de la P. XIV^, F. IV.

Effets et propriétés. Le lit cjue nous venons de de'crire peut à volonté tenir les sujets dans une extension permanente , car l'ëtat stationnaire ou le minimum (\q?> oscillations peut (Jire un ëtat d'extension. On peut, en arrêtant le cours des oscillations, rendre l'extension uniforme ; mais il a e'te' re'ellement imaj;;in{î pour produire une extension variable qui agit encore à son minimum. Celte proprie'te' yjcut-elle (Jire avantageuse , et le lit de M. Lafond est-il prcîfërable aux autres, et particulièrement à celui de M. Maisonabe ? Nous pensons, comme M. Thillaye, que l'expérience seule peut résoudre la question.

ESPÈCE I V

LITS EXTENSIFS ET COMPKESSIFS.

Je rapporte à ces lits ceu\ du docteur Leythof, me'decin à Lubcck , et de M. Humblrt , cbirurgien à Morlaix. On peut voir par la note que M. Mérat a communiquée à M. de Ferussac , sur la thérapeutique

du docteur LeYthof (i) , et par la notice que 'Sï. Fo- DERÉ a publiée sur la me'ihode de ]tl. Hlmbert , que ces deux praticiens ëtendeai et compriaienl tout à la fois la colonne verlëbrale déviée pour en opérer Is redressement. Ils ibnl aussi concourir des bains au succès du traitement , et de plus ?>!. HoiEERT a recours à 1 emploi du massage sur la gibbosité.

Si Ton s'en rapporte à la personne qui a tait connaître à !M. Mérat les procédés de JM. Leythof, cq raédecin a obtenu des résultats merveilleux. Cependant qu'on ne croie pas que ce soit en peu de jours, car il y a des malades qui ne sortent qu an bout de cinq ans , encore quelques uns sonl-ils obligés de porter un corset approprié pendant un certain temps (2).

Remarque. Outre les lits que nous venons d'indiquer, on a imaginé des fauteuils mécaniques fort ingénieux, où le tronc des sujets est aussi soumis à une extension permanente. ÎNous ne les décrirons .point , parcequ'ils nous semblent inutiles. En effet , ils ne soustraient quimnarfailement le raclais au poids du corps , condamnent à une trop grande immobilité , et ne valent pas le réducteur du racbis, qui n'est pas plus coûteux , lors même que , construits comme ceux de JM. Lafond , ils permettent au sujet de se flécbir, de se redresser et de tourner la tête.

COMCLUSIO.XS DE l' AUTEUR SUR LES 5I0YE.\S ORTHOPÉ- DIQUES EMPLOYÉS AU REDRESSEMENT DES BOSSUS.

Le lecteur a dû observer que trois genres de machines ont éié proposés pour redresser les bossus : 1° des réducteurs de la colonne vertébrale et du tronc

(1) Joura. de M. depERrssAC, juin 1825. p. i56. — (2} Journ. comp. du Dict. des se. méd. , mai 1824.

(p. 5o2 et 5 12); 2'' des lits non extensif's et extensif's; et 3° des fauteuils extensifs , que je n'ai fait que mentionner en remarque il n'y a qu'un instant.

Considérant que les réducteurs de la colonne verle'brale et du tronc , en s'appliquant au corps , laissent libre de marcher et même de se livrer au violent exercice de l'escrime, mais qu'ils abandonnent le corps à une partie de son poids, et ne soustraient pas entièrement le rachis à celte influence , qui concourt plus ou moins à la de'vialion ; considérant que les lits au contraire le soustraient complètement à cette influence, et favorisent par le de'cubitus l'alongement et le redressement du corps; que les lits non extensifs, en permettant au sujet de changer de position , ne causent qu'une fatigue me'diocre ; mais que les lits extensifs en particulier condamnent ie corps à une immobiHté absolue et très fatigante pour un temps fort long, plusieurs mois ou plusieurs années ; considérant que cette immobilité prolongée , jointe à la distension du corps , doit être un affreux supplice qui révolte l'imagination ; que les fauteuils extensifs n'ont ni les avantages du réducteur du rachis, sous le rapport de la mobilité, ni ceux des lits extensifs , sous le rapport de la position , et qu'ils participent au contraire aux inconvéniens de l'un parcequ'ils ne soustraient pas la colonne vertébrale à 1 influence du corps, et aux inconvéniens des autres parcequ'ils ne permettent qu'un exercice insufîisanl; considérant enfin que l'usage des bains ne peut qu'être utile , nous pensons qu'après avoir combattu, ou même, que tout en traitant les scrofules, le scorbut, etc., qui compliquent si souvent la déviation du tronc , et faffection nerveuse, qui peut-être la-détermine très fréquemment , on doit avoir recours aux machines orthopédiques. Mais si la déviation est peu considérable et la

personne peu fortime'e , on peut essayer , pendant un ou deux mois , de la faire coucher nuit et jour sur un lit ferme et élastique , et de la faire tenir sur un plan de bois incline lorsqu'elle prendra un bain; si, au bout de ce temps , il n'y a pas d' amélioration suffisante pour espe'rer par ces moyens économiques une gue'rison parfaite, il faut alors appliquer pendant le jour le re'ducteur de la colonne vertébrale. C est même ce qu'il y a de mieux à faire dès le de'but , si la personne est riche.

Lorsquela de'viation est poussée très loin, il ne fautpas se borner à ces moyens ; il me semble convenable alors, soit de placer les sujets pendant le jour dans un lit à extension permanente ou oscillatoire , et de cesser l'extension pendant la nuit, afin qu'ils puissent se reposer de la fatigue de la journée; soit de les soumettre à l'extension pendant la nuit au moyen d'un lit, et pendant le jour au moyen du réducteur de la colonne vertébrale.

Comme les bains et le massage relâchent les parties vivantes , soit qu'ils agissent mécaniquement, soit qu'en engourdissant en quelque sorte les propriétés de la vie dans les parties ils amènent le relâchement de la contraction vitale lente , que l'analyse démontre dans tous les tissus vivans , il est convenable de faire concourir ces moyens au traitement.

Enfin , comme la cause qui a produit la déviation peut subsister encore, comme d'ailleurs plusieurs autres peuvent en ralentir la guérison par la complication qu'elles apportent au mal , il faut faire concourir au traitement mécanique une thérapeutique appropriée.

Tels sont les principes auxquels m'ont amené de longues méditations sur l'influence des puissances mécaniques appliquées à l'économie vivante et aux os en particulier. J'ai cité plus haut , vous le savez , les faits qui répandent la lumière sur celte influence et qui peu-

vent seuls fournir une base raisonnable aux me'lhodes orlliopccliqiics ; el. je m'e'ionne, je l'avonc, (juc les conse'quences qui de'couleni nalurellemeni cle ces faits n'aient point encore e'ie aperçues, et qu'on ne s'aj)puic pas sur ces faits à l'instant même où Ton s'eilorce de renouveler l'application des puissances me'caniques au traitement des déviations variées du système osseux.

II* SOUS-GENRE

LITS d'immobilité.

Nous de'signons ainsi des lits desline's à soulever un malade de dessus ses matelas, soit pour qu'il puisse aller à la selle , soit pour qu'on puisse le panser parderrière le dos , les lombes ou le bassin , sans le déranger de dessus sa couche et sans lui communiquer le moindre mouvement particulier.

Ces lits doivent avoir un cadre à sangles qui puisse entrer dans une couchelle et en occuper toute la longueur et toute la largeur. Ce cadre est formé d'un cadre de bois solide et de sangles étendues en travers d'un côte' à l'autre : il est destine à reposer sur le matelas couvert de son drap. 11 serait convenable qu'il portât du côté de la tête un pupitre à deux plans inclinés analogue à celui de l'appareil a plans inclinés de M. Delpech (P. XII, 7, 9, 10, 20, 2.5. F XII ). Ce pupitre serait destiné à soutenir à la hauteur voulue la tête du malade.

8i l'on a affaire à une ancienne couchette qui présente un ciel de lit et quatre montans ou piliers réunis par des barres de bois transversales, quatre poulies de réflexion doivent être iixées au dedans et en haut des montans de la tête du lit, et deux autres en dedans et en haut des montans opposés; un treuil doit être monté en travers par-derrière les piliers de la tête du lit ; qua-

tre cordes attachées aux quatre angles du cadre à sangles , s'élèvent de là vers les poulies de reflexion correspondantes , passent par-dessus pour se réfléchir , celles de la léle directement vers le treuil , celles des pieds , d'abord vers les deux poulies de la tête qui restent libres , et de là vers le treuil, où elles sont arrêtées solidement avec les précédentes et dans le même sens. Le lit ainsi disposé , un drap et des couverlures étendues sur le cadre à sangles en achèvent la préparation.

Des draps particuhers peuvent bien recouvrir les sangles en plusieurs endroits, mais il faut que l'intervalle des sangles qui doit correspondre à l'anus reste toujours libre , et que le malade y porte immédiatement et à nu, pour lui permettre d'aller à la selle, ou que l'on puisse y panser une plaie sans le déranger.

Si la couchette du malade n'a ni montans, ni ciel, ou il faut soulever le cadre sanglé au moyen d'un moufle à trois ou quatre poulies inférieures , comme celle de la P. XII (F. m), ou bien il faui élever autour de la couchette une machine à quatre piliers réunis en haut, soit par un cadre , soit par quatre barres de bois. Si l'on se sert d'un moufle, il faut la fixer au plafond de l'apioartement, suspendre le cadre à sangles à la chape nsobile par quaire cordes, et amener ensuite le bout de la corde en dehors du lit ou à la droile du malade par une poulie de réflexion, alm que l'on puisse aisément le soulever â volonté avec son cadre à sangles et ses couvertures, ou qu'il puisse se soulever lui-même.

Si Ton a une charpente à quatre montans , on peut y adapter des poulies de réflexion et un treuil, comme dans les anciennes couchettes.

Ces divers lits permettent, comme il est facile de le concevoir, de soulever un malade plus ou moins haut avec ses couvertures , et le cadre à sangles sur

lequel il repose soit pour glisser sous lui un bassin et recevoir ses excrëmens , soit pour le panser parderrière le dos ou les lombes sans lui communiquer le moindre mouvement. Il suffit en clFel de tirer sur la corde du moufle ou de tourner le treuil. On peut même, si le malade va involontairement ù la garderobe, tenir le cadre à sangles suspendu au-dessus du matelas d'une quantité' suffisante pour pouvoir glisser un bassin entre le malade et le matelas. Enfin au moyen d'un moufle , dont la corde dirigée par une poulie de re'flexion penderait à sa porte'e, le malade pourrait se soulever lui-même. (V. p. 070.)

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