SUR LES ÉPOQUES DE LHISTOIRE
Lorsque nous promenons les yeux sur le vaste champ des temps passe's , les hommes , les e'vènemens extraordinaires , frappent et arrêtent d'abord notre attention comme le feraient les monumens, les hauts édifices d'une -ville sur laquelle planeraient nos regards. Ces hommes , ces e'vènemens , ont paru diviser naturellement l'histoire en plusieurs époques ; cependant , en y regardant avec plus d'attention , il est , je crois , facile de remarquer qu'elle se partage d'une manière plus naturelle encore d'après l'ensemble de ces évènemens , d'après les lumières ou le caractère plus ou moins général des peuples ; que , par exemple, plusieurs nations ont eu tour à tour un temps de gloire dans les sciences et les arts, coïncidant avec une grande puissance politique ; et qu'il y a eu aussi des temps d'une barbarie à peu près universelle, coïncidant avec l'abaissement des peuples civilisés. Nous faisons ces réflexions préliminaires sur les véritables époques de l'histoire générale , parceque ce sont aussi celles de l'histoire des sciences , et parceque les évènemens politiques ont la plus grande influence sur l'esprit et les mœurs des nations. En effet, jetez les yeux sur les siècles qui nous ont précédés; vous verrez, là où l'homme n'est pas abruti par le despotisme des institutions , les scien-
538 HISTORIQUE DKS BANDAGES.
ces et les arts prclcr toujours leurs lumières et leurs secours à la puissance politique; vous verrez la guerre entre deux peuples, à peu près e'galenient eclaire's , ne pas entraver, ([uelquefois même obliger les sciences à des elforls qui hâtent leurs progrès ; vous les verrez fleurir après la victoire chez les peuples civilise's; et, par la loi des contraires , le triomphe des barbares sur ces derniers obscurcir ou e'toulTer les lumières.
On trouve la preuve de ces diverses propositions , soit dans l'histoire ge'ne'rale de l'esprit humain, soit dans l'histoire de la chirurgie, soit même dans l'histoire de quelques unes de ses parties.
L'application méthodique des bandages a e'té autrelois appele'e déligatioii. Je conserverai ce mot pour éviter d'eu employer plusieurs.
PREMIÈRE ÉPOQUE. — Temps fabuleuoc et héroïques. Des e'vènemens inouïs, extraordinaires, qui paraissent n'être que des fables et des allégories astronomiques invenie'es par Vimaginalion des prêtres païens pour obscurcir et cacher aux yeux des profanes la vérité de l'histoire , ces évènemens embellis par les charmes de la poésie qui se nourrit de merveilleux, voilà le caractère de celte e'poque. Le berceau des sciences et des arts qui y prirent naissance reste enveloppe d'obscurités impénétrables, et cela s'applique surtout à la médecine , à la chirurgie et à l'art de la déligaiion eu parlicuher , dont on tait remonter le commencement jusqu'à CCS teuips reculés. Il en est de même de 1 origine du plus grand nombre des arts ; et comment en serait-il autrement ? Les historiens ue naissent que de la civilisation, la civilisation naît de Tindustrie, et chez les
peuples barbares où les ans industriels comraencenl à poindre, on ne trouve encore que des couleurs, des magiciens, des jongleurs, des sorciers, des fripons de divers genres, qui abusent la niultiiude crédule et s'abusent eux-mêmes les uns les autres par le merveilleux qu ils répandent sur les faits les plus communs. Ils se trompent eux-mêmes , parceque les faits extraordinaires qu'ils inventent ils les croient possibles. A cette pe'riode de l'esprit humain les peuples pourraient - ils avoir des historiens pour observer attentivement et raconter fidèlement leurs progrès et leurs inventions utiles ? ils ne viendront, ces historiens , que long-temps après , et alors ils ne trouveront plus que des traditions confuses ou merveilleuses, dont la plupart même seront déjà éteintes par le mépris dans lequel elles seront peu à peu tombées. Néanmoins , et malgré l'absurdité de pareilles traditions , les historiens de la médecine n'ont pas craint de rapporter au centaure Chiron l'art de préparer et d'appliquer les bandages.
C'est avec d'aussi bonnes raisons qu'on lui fait honneur de linveniion de la chirurgie. PePiCY caressait follement cette opinion; et ce chirurgien , le plus superbe qu'on ait peut-être jamais vu, trouvait dans un conte la noblesse d'origine qu'il désirait à son an. Jusqu'à lui on avait pensé que le centaure tirait son nom de ce qu'il pratiquait la chirurgie. Si l'étymologie de Chiron, qui signifie chirurgien , autorisait à le croire , le caractère fabuleux du centaure rendait la supposition très hasardeuse. Cependant Percy alla plus loin : il injagina de dire que le mot chirurgie venait du nom même du centaure, et qu'il signifiait art de CuiRON. d'spyov et deysictov, œuvre de Chiron (i). Percy était trop instruit pour
(i) Dict. des se. méd. , art, déligntion.
ignorer que les Grecs employaient le mot yeipoupyia, d'où est venu notre mot chirurgie , non seulement pour exprimer l'action manuelle du médecin, mais encore toute opération mécanique re'gle'e; que le mot yeipoupY^j; se disait aussi d'un artiste en gene'ral et d'un chirurgien en particulier; que le verbe /siooupysco signifiait non seulement opérer sur l'homme pour le traiter , mais encore faire un travail mécanique quelconque , toucher d'un mstrument de musique, etc. ; qu'enfin les Grecs avaient, pour exprimer la même idée ou des idées à peu près semblables , une multitude de mots analogues dérivés de /£tp, tels que /2tpoT£/via, etc. D'ailleurs il serait bien singulier, il faut en convenir, que le hasard eiit donné au centaure un nom qui a tant de rapport avec la nature des opérations qu'on lui suppose avoir pratiquées; et il serait bien plus bizarre encore que les mots yeipo-jfyia, j^etpoupyo;, yetpoupysw , et tant d^autres pareils, qui trouvent une étymologie si naturelle dans /elp, main, l'pyov , opération , â'pyco , travailler , n'eussent été inventés qu'après l'existence du centaure et tirés de son nom. Finissons là-dessus : l'existence de Chiron , comme homme, est très douteuse. Les rapports qu'il conserve dans la sphère astronomique des anciens avec Escu- LAPE , Hercule , etc. , qui en ont entretenu avec lui sur la terre , suivant les fables de l'antiquité, portent à penser que son histoire pourrait bien n'être qu'une allégorie astronomique dans le goût des temps héroïques. Ne serait-il pas encore possible que le nom de Chiron n'eût été imaginé que pour personnifier la chirurgie, ou n'eût été appliqué au centaure que pour honorer et célébrer l'importance et futilité de cet art , en lui créant en quelque sorte un dieu?
Les arts indispensables à Thomme naissent aussitôt que la nécessité s'en fait sentir. Les blessures que les
CONSIDÉRATIONS PRÉLDUV AIRES. 54 1
peuples barbares se font à la chasse ou à la guerre les obligeant à les panser , la dëligation doit être aussi ancienne que le monde. Si cependant on s'accorde à rejeter de son domaine ces opérations primitives où l'homme n'est guidé que par la raison , je ne mentionnerai point ici, à Texemple de Leclerc ii et d'autres, les noms d'HERCULE . Thésée , Télamon , Teucer , Achille, etc. , comme avant des premiers exercé la chirurgie chez les Grecs. On peut aimer à citer des noms qui rappellent à l'imagination de grtinds et majestueux tableaux , mais lorsque Thistorien, déchirant le Yoile de la poésie , n y recherche que la vérité , toutes ]es illusions se dissipent , et il est forcé de reconnaître que ces savans médecins étaient de beaucoup inférieurs à nos herboristes , ou même au mai^chand d'épiceries qui prépare un biscuit ou des bonbons yermifuges.
Cependant si nous ne trouvons rien qui atteste que la chirurgie ou 1 art des pansemens ait été pratiqué avec principes chez les Grecs pendant les temps fabuleux , nous avons la conviction qu à cette époque les Egvptiens appliquaient les bandes avec beaucoup d'art au corps de 1 homme: et quand même HÉRODOTE 'a'i ne nous en aurait rien appris , leurs momies nous en oflfriraient une preuve irrécusable. Cependant je dois dire que tous ces cadavres que Ion a amenés à différentes époques d'Egvpte en Europe ne yieiment pas des anciens Egvptiens : c'étaient souvent des momies très nouvelles , que lArabe cupide avait fait préparer pour abuser de la confiance crédule des Européens (5).
(i) Hiît. de la méd. j part, i, ch. x. Amsterdam, ijaô. — (a) Liv. II, ErxERPE . trad. par Larcheb. — (3} Bibliolh. choisie dé méd. . par PLA>'QrE , art. sépulture, p. liô.
On cherche en vain dans les historiens de l'Asie des renseiijnemens sur l'aride panser les blessures. Xé.\o- PHON parle bien en plusieurs endroits de sa CfvopécUe des chirurgiens que Cyrus avait le soin de re'unirdans son armée, mais il ne dit absolument rien de leur art.
Peut-on répcier, avec Plrcy , i\\i\\npanseur , chez les Hébreux , ëlail ordinairement un homme distini,'ué, puissant et respectable ( i ) ? Peut-on tirer cette conse'cpience d'un passage de la vision menaçante du prophèle IsAÏE ? Le peuple de Dieu sera frappé d'une dissolution entière ; il sera accablé de maux; il se nonnnera un chef, et celui-ci s'écriera : (( Gardez-vous de m'élire prince du peuple ; je ne suis point un panseur , no7i sum deligaior plagarnm (2).» ]Ne serait-il pas possible que ces expressions, prises au figuré, voulussent dire je n'ai pas la puissance de vous soutenir dans vos malheurs/
DEUXIÈME ÉPOQUE. — Chrojiolorje des olympiades. Beaujc temps de la Grèce. Cette époque s'ouvre au moment où Ipiiitls , roi d'Elide , rétablit les jeux olympiques , vers 'j'-jQ ans avant l'ère chrétienne. Là commence une chronologie assez claire et assez régulière , non seulement pour la Grèce, mais aussi pour l'Italie. Elle comprend les guerres de Cyrus, l'invasion du grand roi chez les Scythes d'Europe, qui, se passant entre des nations peu éclairées , n'eurent aucune influence sur l'esprit humain. Elle comprend ensuite l'irruption de ces mêmes Perses chez les Grecs, le triomphe des Hellènes , qui, en agrandissant leur puissance politique, favorisa singulièrement les progrès des sciences et des arts ; enfin l'asservissement de la Grèce à la bataille de Chéronée , vers 345 avant l'ère vulgaire.
(i) Dict. des se. méd., art. déligat. — (2) Isaïe, c. ih, v, 7.
A celte brillante époque pullulèrent de toutes paris, sur le sol de l'HcUënie, les philosophes, les hliëraleurs, les arlistes les plus disiingaés de l'aniiquiië ; ei la médecine , sortant peu à peu des temples d'EscuLAPE où elle se tenait cachée aux yeux de la multiiude , la chirurgie et ladëligation en particulier, rëvëlèreni publiquement leurs principes dans plusieurs des hvres hippocraJiques, et surlout dans celui de V Officine du chirurgien, dans celui des Fractures , et dans celui des Articles. Que l'on ailribue les deux derniers de ces ouvrages remarquables à Hippocrate i, ou à Kippo- CRATE II , le plus cëlèbre de la famille des Asclépiades, on ne dissipera jamais la mystërieuse obscurité dont les prëdëcesseurs dHiPPOCRATfi i environnèrent à dessein leur docirine ; et pour dire toute notre pensëe sur ces ouvrages , nous trouvons que l'art y est beaucoup trop avance pour être le rësullat des observations d'un seul homme. En effet, ils attestent en plusieurs endroits des connaissances d'anatomie et d'anatomie pathologique, qu'une suite d'observateurs exerçant leur art dans le mystère, à l'ombre des temples, sous la protection d'un dieu, ont bien pu acquérir, maîgrë les prëjuoës qui s'ëlevaient contre les dissections et l'examen des cadavres , mais qui n'ëtaient accessibles , ni pour Hippocrate I , ni pour Hippocrate ii , dans un temps où la pratique de la mëdecine ëlait devenue publique. D'ailleurs les Hippocrate ne se donnent jamais comme les auteurs de la découverte des faits qui ont servi de fondement à ces ouvrages , et ils n'eurent point chez leurs contemporains la réputation que des découvertes de cette importance leur eussent justement acquise. Ainsi HéPvODOTE, Thucydide et Xénophon, historiens contemporains, ne nous apprennent rien de ces médecins , et ce que nous savons d'HiPPOCRATE ii , c'est par
des écrivains bien postérieurs , par SoRANUS , Galien, 6t d'aulres qui vécurent encore plus tard , dans un temps où les historiens manquaient des traditions positives et mulliplic'es que nous fournit l'imprimerie. Nous croyons donc que les principes de ces livres précieux sont de'duils des faits nombreux que les Asclépiades avaient recueillis depuis long-temps , et qui se trouvaient inscrits sur les tablettes votives des temples d'Es- CULAPE ; que le fond de ces ouvrages n'appartient ni à HiPPOCRAïE I , ni à Hippocrate II , et qu'ils n'en sont tout au plus que les re'dacteurs. Quoique nous ayons en ge'ne'ral la même opinion des meilleurs ouvrages hippocratiques , nous les rapporterons toujours à Hippocrate II (i) pour la commodité des citations, parcequ'il paraît avoir re'digé les meilleurs, et qu'enfin il a observe, raisonné , pratiqué , d'après la méthode de ces livres , méthode logique d'autant plus honorable pour les Asclépiades et Hippocrate , que presque tous les philosophes de l'antiquité , à l'exception d'ARiSTOTE , s'abandonnèrent sans réserve aux suppositions de l'esprit.
TROISIÈME ÉPOQUE. — Conquête de l'Orient^ gloîj^e d\4lexandrie. Dans cette période, qui s'étend jusque vers 24 ans avant l'ère chrétienne, la liberté de la Grèce, enchaînée par Philippe , essaie vainement de profiter de la jeunesse d'ALEXANDRE pour rompre ses fers ; la Perse devient la proie du conquérant macédonien ; la mort tranche le fil de ses jours, et ses officiers se partagent ses vastes étals. Héritiers du goût de leur maître pour les sciences, et forts d'une partie de sa puissance, les Ptolémées fondent l'école d'Alexandrie. Enfin, les armées de Rome, grossies par la victoire, débordent sur
(1) Tiaducl. des OEuvr. d'HipPOCRATE. Toulouse, 1801.
CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES. S/p
l'Orient, qu'elles engloutissent dans l'empire , et préparent une ère nouvelle.
L'e'cole d'Alexandrie , qui brille dans l'antiquité' comme un phare e'clalant, rendit aux sciences positives, par la direction se'vère des e'tudes, des services peut-être plus re'els que toutes les e'coles grecques. L'anatomie lui doit d'importantes de'couvertes , la chirurgie de nouvelles opérations ; et beaucoup de nouveaux bandages j furent inventes. Ainsi c'est alors que Glaucias, qui vivait vers 2 '-5 ans ; Amyntas de Rhodes, vers 264 ans; PÉRiGÈ?iES, vers 2 5o ans; Sostrate, vers 240 ans; Apollonius de Tyr , vers 120 ans avant 1ère vulgaire, tous cite's par Galien, imaginèrent de nouveaux bandages qui cependant, il faut l'avouer, sont généralement trop compliques et peu solides.
QUATRIÈME ÉPOQUE. — Rome savaute. Dans la quatrième époque, qui commence 24 ans avant l'ère chrétienne , à l'avènement d'OcTAVE au trône, et s'étend jusqu'à 107 ans après Jésus-Christ, en comprenant l'histoire des empereurs jusqu'à la fondation de l'empire d'Orient , les lumières des sciences et des arts convergent de la Grèce et d'Alexandrie à Rome . devenue maîtresse du monde , qu'elles vont illustrer à son tour. Ainsi jusqu'à présent nous avons vu la victoire des peuples civilisés marcher environnée des gloires de tous les genres. Si ie siècle d' Auguste se distingue par-dessus tous les autres dans la littérature, les siècles suivans ont vu les sciences et les arts prendre plus d'éclat. Parmi les hommes qui y firent parler à la chirurgie le langage de la raison , nommons d'abord A. Cornélius Celsus ou Celse , que nous aurons souvent à citer plus bas , et dont la médecine n'est . au sentiment de quelques uns, qu'une faible partie d'un grand ouvrage encyclopédique. On y retrouve une
parlie des appareils d'HrppociUTE (i). Cet auteur vivait dans les premières années de l'ère chrétienne. Citons encore Soranus et Hkliodore , dont les livres sur les bandages nous seraient inconnus, si Galien ne nous les eût conserves (2). Citons enfm Galien lui-même, qui florissait en 160, peu après eux, et qui a publie' un traiië particulier sur ces bandages (5).
cinquième époque. — Décadence de Vesprit humain. Au moment où des essaims de barbares tondirent du nord sur le midi de l'Europe, l'horizon des sciences s'obscurcit , et les te'nèbres de l'ignorance s'e'paissirent chaque jour davantage. Ou ne trouve , dans l'histoire médicale de ces temps-là, que des compilateurs d'Hip- POCRATE, de CeLSE, d'ARCHIGÈNES, de G/iMEN , etc. Parmi eux s'en rencontrent cependant quelques uns d'assez distingue's pour mériler d'être cites en chirurgie : tels est Oribase , qui a compose' , entre autres ouvrages , un livre sur les lacs , où il a décrit quelques bandages et appareils qui se rapportent à noire objet (4).
SIXIÈME ÉPOQUE. — Temps des Arabes. La gloire des Arabes, qui commence en 622, avec l'he'gire , est encore une période de compilations , et trop souvent de compilations sans originalité. Néanmoins on doit aux sectateurs de l'islamisme la conservation d'une foule d'ouvrages des siècles passés; ils firent même ce qu'ils purent pour recueillir le feu sacré des sciences qui devait se rallumer dans des âges plus heureux.
Comme les lumières ne s'éteignirent jamais entièrement en Grèce , on y retrouve de temps en temps des
(1) Medicina lihri octo. Amsteloclami , 171 j; ou traduct. de NiNisis. Paris, ijD^^i- — (a) Galen'. , cdonte Chartier, t. xu, defasciis, p. 5o5 et 5i8. Lutcliœ, 1G49. — (5)Galen., defasdis y Id. , p. 469- — (4) De lar/ueis, in Galen. , Id. , 555.
cojSSIDÉrations préliminaires. 547
écrivains qui ne se bornent pas uniquement à reproduire les anciens. Tel est Paul D'EGI^•E , que nous pourrons citer plus bas , parcequ'il a e'crit sur la chirurgie en ge'nëral (i).
SEPTIÈ.ME ÉPOQUE. — Croisades. L'e'poque des croisades , qui commence en 1 096 , put appauvrir les nobles , tirer le liers-e'tat de l'avilissement , et préparer ainsi de grands ëvènemens , mais elle ne produisit rien qui se rapporte à notre objet.
HUITIÈME ÉPOQUE. — Renaissance des lettres. Temps de découvei-tes. Pendant que l'allemand GuT- TEMBERG inventait Timprimerie en i438, et Schoeffer la gravure en l45o; que Colomb découvrait l'Amérique en 1492, et que Vasco de Gama parvenait aux Indes orientales eu 149S; que l'on imaginait en Europe de fonder des académies , et de publier régulièrement des journaux , etc. , etc. ;. la chirurgie , participant à ce mouvement favorable, et sans analogue dans l'antiquité , mettait au jour une multitude d'ouvrages qui contribuèrent peu à peu à lenrichir et à en changer la face , mais nous n'en citerons que les principaux. Mentionnons d'abord ceux des arabisles , de Roger de Parme , de Guillaume de Salicet , de Lanfraxc , ainsi appelés de ce qu'ils copièrent les Arabes; mentionnons ensuite la grande chirurgie de maître Guy de Chau- LIAC, restituée par L. Joubert (2), livre plein d'érudition , dont nous parlerons souvent par la suite , parceque c'est un des ouvrages capitaux pour le temps où il a paru , et que nous voulons en général nous borner aux principaux auteurs. IMaître Jean Tagault, qui publia en i345 des Institutions de chirurgie dont nous
(1) De re medicâ^ in lib. sept. Venet. i528. — (2) Rouen,
tirerons peu de chose , n'a guère fait que traduire GuY DE Chauliac en bon latin ( i).
L'humanité doit à Ambroise Paré de Laval un éternel souvenir. Il naquit en 1609, suivant Sprengel, et mourut vers iSqc C'est un des hommes les plus remarquables de son siècle , et il mérite à tous égards le surnom de père de la chirurgie française. Il a consacré un article assez court aux bandages en général (2) , mais il les a ensuite décrits eu particulier dans divers articles de son ouvrage. Son élève , Jacques Guil- LEMEAU , a suivi son maître à cet égard. (3). Nous devons à JÉRÔME Fabrice d'Aquapendente, si célèbre par ses grandes découvertes en anatomie , un excellent ouvrage de chirurgie que nous n'avons pas négligé de consulter , et qui parut pour la première fois , je crois , en 1617, à Venise (4). H y a décrit une multitude de bandages en divers endroits. En ce temps-là , en 1619, Jacques Démarque publia un Traité particulier sur les bandages , où il suit en général la doctrine des anciens (5). On trouvera dans V Histoire de Vanatomie et de la chirurgie^ par M. Portal, l'analyse d'un autre traité du même auteur sur les bandages (6) : je n'en dirai rien ; je n'ai pu me le procurer. Samuel Formy s'est attaché à corriger et augmenter l'ouvrage de Demarque (7). On trouve dans les Centuries de Fabrice DE HlLDEN , plusieurs bandages ou appareils de son invention qu'il a employés avec succès.
V Arsenal de chirurgie de Jean Scultet , publié à
(1) Trad. franc. Rouen, i645. — (2) OEuv. de A. Paré, liv. XIV, p. 58. Paris, ib'aS. — (5) OEuv. de chir. , p. 720. Rouen, 16/19. — (4) OEuv. chirurg. L3'on , 1666. — (5) Méthodiq. introd. ;'i la chir. , augmentée d'un sommaire des bandes et bandages. Lyon , 1677. — (6) T. 11, p. 628. Paris, 1770. — (7) Traité chir. des bandes , etc. Montpellier, i65i.
Ulm , en i655, après la mort de l'auteur, nous pre'sente la figure et l'explication d'un assez grand nombre de bandages et d'appareils. Il mérite d'autant plus d'être consulte, qu'il donne une idée des appareils qui e'taient en usage en Allemagne dans le cours du 17*^ siècle. Nous ne citerons que la traduction française , le seul exemplaire que nous posse'dions de cet ouvrage (1). Nous devons encore un Traité des bandages avec figures àDENYS FouRNiER (2).Delavauguion a publie' vers la fin du 17^ siècle, en 1696 , un Traité complet des opérations de chirurgie , dans lequel on trouve disperse'e çà et là l'histoire des bandages et appareils de pansemens. \j' Appareil commode de Leclerc , me'decin du roi , qu'on a , je crois , mal à propos confondu avec le savant historien de la me'decine, est un petit ouvrage original , commode pour les élèves par l'arrangement ingénieux des figures.
Pierre Dionis, qui vivait aussi à la fin du 17^ siècle, a décrit un grand nombre de bandages et d'appareils dans ses Opérations de chirurgie (5) , qu'il publia pour la première fois en 1 707. Ses descriptions sont trop succinctes , et les figures qui les accompagnent généralement mauvaises. Il a décrit et figuré, à l'occasion de chacune des opérations , les pièces d'appareil nécessaires au pansement. Le Traité (\Vie LalrEiXT Verduc publia en 1712 sur les bandages pour guérir les fraclures et les luxations, est un ouvrage à peu près complet sur les bandages , et on y trouve des choses fort instructives. La Pathologie de J.-B. Verduc , son fils , qu'une mort prématurée enleva à la science , contient , à la fin du premier volume , un traité des bandages que j'aurai occasion de citer par la suite.
(1) L'Arsenal de chirur. Lyon, 1675. — (2) Explicat. des band. ,etc. Paris, 1678. — (3) Cours d'opérat. Paris, 1701.
Laurent Ueister, célèbre chirurgien d'Allemagne, qui florissait en 1720, s'esi beaucoup occupe des bandages. Il en a donne' un grand nombre de figures , malheureusement très mauvaises , dans ses Institutions de chirurgie, qui parurent en 1719. Plusieurs pages de son introduction et toute sa troisième partie sont même consacrées à l'exposition gene'rale et particulière des appareils de pansement et des bandages (1).
On doit à Jean-Louis Petit, contemporain de Heis- TER, et le plus illustre des chirurgiens français de son temps, un grand nombre de bandages, d'appareils et de machines, publie's, soit parmi les Mémoires de l'académie des sciences , soit dans son Ouvrage sur les maladies des os, soit dans son Traité posthume des maladies chirurgicales.
Vers le milieu du 18^ siècle, en 1741 et 49? parut le Traité des bandages de F.-Michel Disdier, et, sans nom d'auteur , un Manuel de bandages , qui est encore un des moins mauvais ouvrages que je connaisse en ce genre. Il existe à la bibliothèque de la Faculté. Le Traité des bandages de Sue , publie pour la seconde fois en 1761 , ne peut mériter la préférence sur le manuel dont je parle que parcequ'il est plus complet ; il traite en effet des brayers , des pessaires , et d'autres choses qu'ordinairement les ouvrages particuliers sur les bandages n'indiquent même pas.
Benjamin Bell a consacré le 47" chapitre de son Cours complet de chirurgie théorique et prati" que ( 2) , à l'exposition générale des bandages et à la description particulière de quelques uns. Ses planches sont extrêmement mauvaises.
(1) Inslit. de chir. , traduc. de Paul. Avignon, 1770. — (») Trad. de l'anglais par Bosqullo». Paris, 1796.
NEUVIÈME ÉPOQUE. — Révolutions politiques. Per- Jectionnement des sciences et des arts. Celle période est celle où nous vivons. Compare'e à la pre'ce'clente elle me paraît être , au moins pour les sciences , phnôt une e'poque de perfeciionnement qu'une époque de découvertes. Tel est en particulier le genre de mérite de la plupart de nos meilleurs ouvrages de médecine et de chirurgie \ telle est aussi la nature des modifications que la chirurgie française a tout récemment apportée à l'art de la'déligation. Parmi les auteurs qui ont principalement concouru à ce perfeciionnement , je dois citer d'abord Dessault (i), puis MM. BoYER (2) et Riche- RAND (3) ; ils n'ont pas traité des bandages en général , mais ils en ont décrit en particulier dans une foule d'articles de leurs ouvrages de chirurgie.
Le Traité des bandages de J.-B.-J. Thillaye a pu être utile aux commençans ; mais il est trop incomplet pour rester un ouvrage classique. Enfin on trouve dans le Dictionnaire de Samuel Cooper , et dans le Nou-veau dictionnaire de médecine , un article sur les bandages en général , qui est intéressant par les fines remarques de pratique dont il est semé. Le dernier est du professeur J.-N. Marjolin.
historique de la charpie.
On en fait usage depuis un temps immémorial dans le traitement des plaies et des ulcères; car on ne voit guère ce que les Grecs et les Latins désigneraient sous les noms particuliers de pro;; (Galien, Paul d'Egine) de [7.oTov; (Eustathe (4) de imv'h'^ (QuiN-
(i) OEuv. chirurgie, etc. — (2) Traité des malad. chir. , etc. — (3) Nosograph. chirurgie. Piiris;, i8i5. — (4) Lexic. grœcolalin. , apud G. Leimariuivi , i583.
TUS Calaber) de linamentum ^ de linieum carptum^ de linteum vulnerarium^ si ce n'esl une sorte de charpie. Ils en faisaient avec le chanvre prépare', pexa cannabis ^ avec le lin Xivov(xotov, dont les Latins ont fait Unamentum , probablement. Percy est porte à croire qu'il y avait chez les contemporains J'Hippocrate -, comme il y en a de nos jours chez quelques uns de nos voisins, des fabricans et marchands de charpie , de bandages, etc. , sous la de'nominalion d'£t/.pToç (i); comme je n'ai rien trouve en faveur de cette idée , et comme d'ailleurs Hippocrate et Galien ont donne' ce nom à de la charpie qu'on introduit impre'^nëe d'un me'dicament liquide dans les plaies et dans les fistules, j'avoue que je ne puis partager cette opinion. Il paraît que les anciens employaient la charpie à peu près sous les mêmes formes que nous le faisons. Ils en composaient de petits coussins pulvilli ; des tentes turujidœ , linamenta obvoluta et longa ; des tampons , auxquels ils donnaient assurément des noms peu décens, ob priapi ojel mentulœ fovmain^ comme le remarque Percy. Ils se servaient aussi de la charpie râpée, linamentiim rasile^ et d'étoupes, stupa cannabina.
Si l'on en juge d'après les mots grecs ûirox.sooclaiov et :7po(7/.£^a}.atov , oreiller, coussin, et surtout d'après la traduction que les Latins en ont faite par le mot plumaceolus , d'où est venu plumasseau, on est porté à croire qu'ils firent usage de coussins de plume dans le pansement des plaies ; et cette opinion n'est pas invraisemblable.
Si cependant il est douteux qu'on employât autrefois la plume dans le pansement des plaies proprement
(i) Dict. des se. méd., ait, charpie.
dites , il ne Test pas que la laine grasse ,' Teponge et des feuilles de plantes imbibe'es de vinaigre, que nous n'appliquons point sur les plaies, n'aient e'të souvent mises en usage de cette manière par ks anciens. On en trouve des preuves à chaque page dans les livres hippocraliques (i) , et dans la partie me'dicale de V Encjclopédie de Celse ''2'. L'epouge e'tait destinée à absorber les fluides des plaies. Au rapport de Dioxis (5), on a même applique' sur les solutions de continuité' une espèce de champignons.
Du temps des arabistes on faisait un grand usage de Tëtoupade ; c était un mélange d ëtoupes et de blanc d'œuf, et Guy de Chauliac lui-même en recommande à chaque instant l'usage. Il prétend aussi « qu'on a invente de faire les plumasseaux d'e'toupes de chanvre , principalement bien peignées et nettes , d'autant qu'il y avait de l'ennui quand il les fallait renouveler (4). » Ainsi de son temps on faisait encore des plumasseaux avec du chanvre bien peigne. On les faisait aussi quelquefois de laine ou de coton ; plusieurs appliquaient « des drapeaux mollets , doubles ou triples , ou une e'ponge accommodée. Les tentes à modifier les plaies étaient faites de charpie, ou d'un vieux drapeau doux mesmement (5). )) On s'en servait, ainsi que d'e'ponge ou de racine de gentiane , pour dilater forifice des plaies sinueuses. Néanmoins Paré s'est récrié contre l'usage des tentes introduites dans les plaies ; elles entretiennent la suppuration qui cesse quand on les relire , et laissent la cicatrisation fermer la solution de continuité (6).
(1) Liv. des plaies, t. iv, § m, xi , etc. — (2) Liv. v, ch. xxYi, § xxni, etc. — (5) Cours, etc. , p. 37. — (4) Traité m , doct. I. , chap. i , pag^. 220. — (5) p. 234- — (6) Liv. ix, chap. Vj p. 326.
DiONiS a consacré deux anicles particuliers à la charpie , aux plumasseaux et. aux tentes, qu'il a d'ailleurs fait figurer (i). On y trouve aussi décrites et représentées les lentes de linge que les anciens employaient quelquefois à la place des tentes de charpie: elles étaient tomes renflées en lete à leur extrémité extérieure, afin qu'en plongeant dans les plaies pénétrantes de la poitrine et de l'abdomen , elles ne pussent pas y pénétrer et s'y égarer. C'était pour prévenir cet accident, dont on a des exemples , qu'on les liait d'un long fil audessous de leur tête. L. Heister a rendu un compte exact de ces motifs dans sa Chirurgie (2). Il n'a d'ailleurs fait que recopier les figures de DiONis sur la charpie et ses préparations (5). On ne trouve peutêtre rien de mieux dans les auteurs que ce que Lecleuc a écrit sur la préparation de la charpie , des plumasseaux , des bourdonnels et des tentes (4). H est entré à cet égard dans des détails fort iniéressans.
Les académiciens Pjbrac, Fabre, etc. (5), ont cherché à déterminer les cas nombreux où la charpie sèche est préférable pour les plaies à la charpie couverte d'origuens, desquels on faisait un si grand usage avant que l'académie de chirurgie n'ait amené leur proscription. Belloste s'est récrié avec raison contre l'introduction des bourdonnels dans les plaies. Terras, au contraire, a composé trois longs mémoires sur les propriétés et l'usage de la charpie : c'est trop pour ne rien dire de neuf ei d'imporlant (6). A l'exemple des membres de l'académie de chirurgie, il proscrit l'emploi des on-
(j) Cours, etc. , p. 57 et 29. — (2) Ouv. cité , Infrod. , § 56. — (5) Introd. , pi. 2. — {{) Appar. , p. 3i et suiv. — (5) Méin. de l'acad. roy. de cliir. , t. iv, p. 174» c* P^'X» *• " » p. 4^2- — C^^) Ancion Journ. de rnéd. , t. iJi:u, p. 2G2, t. vs.ir,
p. 59, t. LXXIIV, p. 252.
guens sur la charpie, mais il recommande celui du ce'rai frais. Je préfère encore ce que Lombard a dit sur ce sujet , malgré ses dégoûtantes et ridicules déclamations (i). Il a très bien décrit les effets de la charpie râpée sur les plaies. Percy a traité cette matière avec plus d'érudition que de profondeur (2).
L'usage des tampons de charpie pour arrêter une héraorrhagie du nez , du rectum , du vagin ou du périnée , après la taille , est une opération qui n'est pas nouvelle; mais, jusqu'à J.-L. Petit, on se bornait à bourrer de charpie les cavités d'où Ton voyait couler le sang. Ce grand chirurgien a rendu le pansement plus méthodique et plus sûr. «Je forme , dit-il (3) , un tampon de figure oblongue , je passe en croix deux gros fils sur l'un des bouts, je les réunis à l'autre extrémité, et pour les assujettir dans cette situation, je passe circulairement quelques brins de charpie fort longs , depuis un bout jusqu'à l'autre, en sorte que les quatre fils réunis forment un cordon qui doit avoir au moins huit à dix pouces de longueur » Après avoir introduit ce tampon, J -L. Petit en prend un autre à travers lequel il passe le cordon du premier qu'il tient ferme et tire à lui , tandis qu'avec l'autre main il pousse le tampon extérieur , comme s'il voulait le faire entrer dans le fondement; alors le tampon intérieur se raccourcit, presse l'intestin du centre à la circonférence , et l'hémorrhagie s'arrête. Le bout du fil est ensuite replié sur îe tampon extérieur , couvert de compresses et d'un bandage en T. Le lecteur lira avec le plus grand intérêt les observations qui prouvent l'avantage de ce genre de tara-
(i) Introd. somm. sur l'art des pansemens, art. charp., tentes. — (2) Dict. des se. méd. . art. charpie. — (5) Traité des malad. chir., etc., t. 11, p. 126. Paris, 1790.
ponnement. Cet ingénieux moyen a etë depuis appliqué, avec de légères modifications , au tamponnement des iosses nasales, du pe'iinëe , etc., comme on le voit par ce que j'en ai dit plus haut (p. 20 et suiv.).
Malgré tout ce que l'on a écrit sur la charpie , ses propriétés ont été jusqu'ici mal décrites , sa préparation et celle des plumasseaux fort mal exposées , sous le prétexte banal que la pratique seule peut en enseigner les détails. J'ai taché de remplir cette lacune.
Remarque. A la place des tentes, les anciens ont mis en usage des canules d'airain ou d'argent pertuisées , dit Guv DE Chauliac , pour donner issue à la suppuration des plaies profondes (1). Paré en décrit de semblables pour les fistules du thorax : il les désigne sous le nom de tentes canulées^ et en donne un dessin (2). Fabrice d'Aquapendente en parle aussi (5) , et Scul- TET en a fait représenter qui portent des rebords qu'il appelle des tziVej" (4). Préconisées par DiONis (5), elles sont encore indiquées et figurées par Heister (6) à la circonférence de l'extrémité externe.
historique des compresses.
Les compresses ont été employées du moment que l'on a eu du linge à sa disposition, mais les plus anciennes règles sur leur usage appartiennent aux ouvrages hippocraiiques. L'auteur dit en effet , au livre du Laboratoire du chirurgien , que les linges des pansemens doivent être demi-usés , doux , légers , propres , suffisamment larges, sans ourlets ni durillons (7). La
(1) Traité ni , doct. I, chap. I , p. 224. — (2) Liy. x, ch. xxin, p. 590. — (5) Part, i, lir. 11, chap. 8. — (4) Tabl. i3. — (5) Cours, p. 28. — (6) Iiitrod. , S 5;, t. 1, p. 27 et pi. 2.
-(7)Sx,x..
HISTORIQUE DES SPARADPxAPS. 557
longueur des compresses sera celle de l'espace occupé par le bandage ; leur largeur, de trois ou quatre doigts ; leur épaisseur, de trois ou quatre |)lîs; leur nombre, suffisant pour cerner la partie, de manière qu'elles ne la dépassent point et la couvrent (i).
Du temps d'Hippocrate on leur dorinait, comme nous faisons , des formes très varie'es : on les employait à peu près aux mêmes usages , et depuis cette époque reculée l'art n'a pas éprouvé de changement important à cet égard. On en a fait généralement en linge , .mais on en a fait aussi avec de la laine et du coton. Les peuplades sauvages les remplacent fréquemment par des feuilles d'arbres.