‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 127 sur 160 · HISTORIQUE DES SONDES OESOPHAGIENNES · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DES SONDES OESOPHAGIENNES

On trouve dans Arëtëe un passage où il recommande de porter les aliments liquides dans la gorge avec un long instrument qu'il appelle aucTilr.. Peyri- LHE traduit cette expression par un long tuyau , tout en avouant qu il n'est pas moins difficile d'en imaginer la forme que la manière de 1 employer (i). Si Ton s'en rapportait au savant historien , on serait porte' à penser que le médecin de Cappadoce a recommandé Temploi d'une canule ; mais nous ne croyons pas que le mot {jL-j^Tilr, , puisse se traduire par le mot tuyau ; il signifie bouchée de pain creusée en cuillère et destinée à puiser des liquides, ou même cuillère, car EuSTATHE l'a employé comme synonvme de a-j^rcov , qui na pas. d'autre signification.

Il paraît que du temps même de GuY de Chauliac les sondes œsophagiennes u'étaient pas connues. En effet, outre quil n'en parle point, il regarde les plaies de l'œsophage comme incurables , parceque « le passage de la viande et du breuvage empêche la consolidation (2). )) Et il recommande a qu'elles soient cousues , et traitées avec poudre et vin , et autres remèdes (5) , )) suivant l'usage de cette époque , où Ton prodiguait les médicamens , et surtout les liqueurs spiritueuses, dans le traitement des plaies et des ulcères. Paré propose les mêmes moyens , et parle des blessures de l'œsophage comme n'en ayant jamais traité (4). Nous sommes encore moins satisfaits de la thérapeutique de Fabrice d'Acquapendente ; il veut aussi uque

(ijHist. delachirur., t. n,p. iS;. Paris, 1780. — (2) Traict. m, doct. I, cb. I, p. 211. — (5) Ici. , doct. n, ch. iv,. p. 296. ■— (4) LÎY. X, ch. 3tix, p. 584-

l'on réunisse la plaie par une vraie suture ou par des agrafes , en sorte ne'anmoins que les Lords de la plaie ne se touchent pas toul-à-fait, etc. , (i). ^)

Dëlavauguion déclare mortelles les plaies de l'œsophage, et ne propose pas d'autre moyen de consolation pour le blesse' (2). Heister n'a que des idées peu arrêtées à leur e'gard, car il croit que lorsqu'elles sont légères elles peuvent guérir quelquefois; mais il n'ajoute rien aux conseils de ses devanciers (3). Les sondes œsophagiennes sont d'invention moderne , et le professeur RiCHERAND est du petit nombre des auteurs qui ont recommandé avec raison leur usage dans les plaies du pharynx et de l'œsophage pour pouvoir nourrir le malade (4)- Il n'a pas dit, et il n'était pas nécessaire dédire, qu'il faudrait les retirer si elles devenaient fatigantes pour l'œsophage. Pour moi , si je n'ai point indiqué leur usage dans les plaies de l'œsophage lorsque je m'en suis occupé (p. 92) dans la partie dogmatique, c'est que je ne me suis pas proposé d'énumérer exactement tous les cas de l'emploi des objets dont j'ai parlé dans cet ouvrage.

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