BANDAGES LOCOMOTEURS
Ces bandages sont essentiellement modernes , et la plupart sont dus à M. Delacroix, ainsi que l'on a pu le voir dans la partie dogmatique.
Parmi les livres hippocratiques, il n'en est pas qui donne une plus hante idée de la chirurgie des Grecs , que le Traité des fractures. On y acquiert aussi la conviction que la do.:irine de ce livre n'est point particulière à son auteur. Je dois en donner l'analyse.
(1) T. XIX, f. 4- — ('j) Méin. de l'acad. roy. des se. 1718. — (3) Ici. , 1731. — (4) Pari. 1 , ch. ix et x^ pi. G et i5. — (5) T. I, ch. II, pi. iir, p. i5. — (G) PI. 7, f. 5. — (7) Abhaudlungeii aus dom gebiété der geeaimnelen akologie, pi. i, 2, 3, etc. Prague, iSaS.
6oa HISTORIQUE des bandages.
Dans la fracture tic i'avani-bras , on commence par appliquer une première bande, en montant, à partir de la fracture ; ensuite une seconde , en descendant, à partir du même point ; puis des compresses enduites de ce'rat , et d'aulres bandes ( i ). Si le bandage est bien applique', il y aura le lendemain une petite enflure à la main , oiSr,u.y~irjv . Si le bandage allait bien les jours pre'cëdens, on doit le serrer un peu plus le troisième , au moyen d'une nouvelle bande, en commençant toujours par l'endroit malade, afin d'en éloigner les humeurs ichoreuses. Au septième jour, tout se trouvant dans le relâchement, on met les éclisses ou attelles, par-dessus le bandage, et on les entoure avec d'autres bandes. Ces éclisses doivent être un peu plus épaisses vis-à-vis, l'endroit de la fracture. Lorsque les os sont bien contenus, qu'il n'y a pas lieu à soupçonner quelque ulcération, on ne touche au bandage qu'après le vingtième jour (2). On doit enfin fléchir et suspendre, très également, la main et tout l'avant-bras avec une large écharpe (5) , parceque la Jleœion est la position naturelle de ce membre (4). L'auteur trace les mêmes règles pour les fractures de l'humérus (5) ; et ensuite, par un vice de méthode commun chez les anciens, il passe à l'histoire d'un certain nombre de luxations, pour revenir , quelques pages plus bas, aux fractures.
Dans celles de la jambe, le bandage doit être appliqué sur le membre étendu, parceque rejciension lui est naturelle. On applique les bandes comme à l'avantbras, et l'on place la jauibe sur un coussin de loile ou de peau. Les boîtes pour placer la jambe cassée ne sont pas nécessaires, mais quand on y a recours, elles
(1) IIiPPOCHATE. Traité tirs fracl., § v, p. ôo/i. — (2) Itl. , S VI. - (3) hl, § xui. - (4) Id. , S XV. - (5) Id. , § VII.
HISTORIQUE DES BANDAGES MÉCANIQUES. 6o3
doivent être matelassées ; au septième , au neuvième ou au onzième jour , on emploiera les e'clisses (i).
Dans les fractures du fémur, on applique les bandes suivant les mêmes principes qu'à l'avant-bras. En outre, on comprend l'articulation du fémur avec le bassin dans le bandage , on évite que les éclisses ne portent sur la peau ou sur les saillies des os (2}, et on doit empêcher toute Jleoc ion dit genou: il faut toujours tenir le jarret tendu ; c'est à quoi peut servir une boîte qui va depuis la cuisse jusque sous le pied, surtout si l'on assujettit le genou par une bande (3). Si le talon n'est pas soutenu dans les fractures de la jambe, la crêie du tibia deviendra convexe j et concave, s'il est trop élevé (4).
Dans les fractures avec plaie, on peut appliquer, comme le font quelques uns , d'abord des compresses, ou delà laine grasse, trempée dans du vin, pour raccommoder ensuite le membre et mettre plus tard le bandage (5). Il y en a qui appliquent les bandes audessus et au-dessous , laissant un espace vide à l'endroit de la plaie , pour qu'elle puisse se rafraîchir. Cette manière est mauvaise (6). Lorsqu'on s'attend à voir un fragment d'os se séparer, on prend des compresses assez longues pour faire à peu près deux fois le tour du membre ; on les applique par le milieu de leur longueur , pour en conduire séparément les bouts de chaque côté de la plaie, vers l'endroit opposé (j). Ce bandage d'HiProCRATE est manifestement analogue à celui de Scultet.
Attacher le pied du malade aux pieds du lit n'est pas un moyen de tenir la jambe dans l'extension : cela
CO Id., S XVI.— (2)/^., §srni.— (5) Id., $ xix.— (4)/J., S XX.— (5) Id. , § xxu.— (6) Id. , § xxuj.— (7) M. , g xxiv.
6o4 HISTORIQUE DES BANDAGES,
n'empêche point le reste du corps de s'approcher du lac extensit". Il vaut mieux employer ^Jcux bourrelets , dispose's en cerceaux, que l'on applique immédiatement au-dessous du genou et au-dessus des nialle'oles , et que l'on tient écartes avec des baions (i).
Lorsque les os casse's Ibnl saillie par la plaie , on doit tenter de les repousser au moyen de leviers de fer (2). Si l'on ne parvient à repousser les fragmens dans la plaie, et qu'ils incommodent, il faut les scier; sinon on peut les laisser se se'parer d'eux-mêmes (3).
Je ne citerai rien de plus des livres hippocratiques sur les fractures. Ce que je viens d'en extraire me semble suffisant pour donner une ide'e de la doctrine qu'ils renferment. J'aurais craint, d'ailleurs, de manquer mon but en cherchant à être plus court, et d'avoir trop à citer des auteurs postérieurs qui s'en sont tenus trop long-temps à redire ce que je viens de rappeler.
Celse n'apporte pas de modifications importantes aux appareils d'HiPPOCP.ATE , et reste beaucoup au-dessous de son modèle. Il applique d'abord quatre bandes autour de la fracture, avec des compresses , et une cinquième bande au troisième jour (4). Il lait placer une semelle au bout inférieur de la boîte destinée aux fractures de la cuisse, et prolonge cette boîle, par en haut, jusque sous la hanche (5). Outre les moyens d'HlPPOCRATE,GuY DE Chauliac parle encore de berceaux ou de suspensoires pour tenir les membres plus fermement ; de canons lies d'une cordelette (6); de sousienemeiis ou appujemeiis de paille; d'attelles enjploye'es jusqu'au nombre de six ou sept dans les fractures de la cuisse (7). Dans
(1) Id. , § XXV. — (2) hL, § xxvn. — (3) Id.j % xxviii. —(4) Lil). VIII , c. VIII , § I. — (5) Id. , § V. — (G) Traité v, doct. I, cIk I. — (7) Jd. , ch. VII.
HISTORIQUE DES BANDAGES MÉCANIQUES. 6o5 cette fracture, en particulier, l'auteur faisait l'extension continuelle du membre, au moyen d'un poids qui lirait sur le pied, par le moyen d'un cordon réfléchi sur une poulie. Du temps de Paré, on commençait toujours par appliquer les bandes d'HipPOCRATE, puis de petites attelles d'un demi-pied, par exemple, pour la jambe, ensuite des fanons, ou torches de paille, dans lesquelles on mettait un petit bâton, que l'on enveloppait dans un linceul; enfin on fixait le tout avec des rubans. Tel fut l'appareil que maistre Richard Hubert appliqua sur la jambe fracturée du ce'lèbre Paré (i). Fabrice d'Acquapendente explique avec admiration les effets des bandes d'RippoCRATE , et suit de point en point sa doctrine. Quelques chirurgiens de son temps se servaient de cartons ; il les rejette : d'autres employaient de petits ais tout nus , qu'on nomme astelles ; il vaut mieux les envelopper d'e'toupes : d'autres avaient recours à des lames souples et minces (2). On trouve dans Scultet la description et la figure des bandes d'HiPPOCRATE; mais elles y sont perfore'es de trous qui doivent correspondre à la plaie, afin que l'on puisse la panser sans rien de'ranger (5). Il a aussi décrit et figure' l'appareil (4) à bandeietles séparées , dent il a re'ellement enrichi la chirurgie", car si les Grecs s'en sont servis autrefois , il faut convenir qu'il e'tait oublie'. Vers ce tempslà , on nommait hjpodesmides ou sous-bandes, celles qui s'appliquaient d'abord sur la peau, et épidesmides ou sus-bandes, celles que l'on mettait par-dessus les compresses (5).
On reconnaît encore les principes des livres hippo-
(1) Liv. XY. cb. xxui. — (2) Pari. 11, ch. cxi. — (5) PI. 27. — {[\) PI. 3o. — (5) Verduc , Traité des band. , t. i, p. 588.
6o6 HISTORIQUE DES BANDAGES.
crati(pies dans les appareils de 1 raclures décrits par L. Heister. Il emploie à peu près le même nombre de bandes , les applique à peu près de la même manière. Il place le long du membre des compresses plices longiludinalcment , et par-dessus des attelles qu'il maintient avec des liens. Dans les fractures du membre inférieur, il ajouie à cet appareil deux fanons avec une pièce de linge dans les bords de laquelle ils sont enroules comme nos attelles dans les bords du porte-attelles. Lorsqu'il s'agit d'une fracture oblique de la cuisse, il pratique l'exiension au moyen d'une serviette passe'e dans le pli de la cuisse, fixée eu haut et en dehors de l'aine, au bord du lit , tandis que le pied reste lui-même attache' au pied du lit au moyen d'un lac que l'on applique alternativement au-dessus du genou et des malléoles , pour moins fatiguer le malade. ( i ) Sue suit en partie Heister, en partie J.-L Petit; il conseille de placer des coussins entre les fanons , comme nous en plaçons actuellement sous nos attelles. Ce serait ici le cas de parler des appareils de Pott , si je ne les avais décrits dans la partie dogmatique. Benjamin Bell, qui suit la mc'thode de son illustre compatriote , nous a aussi fait connaître les larges et minces fanons de certains chirurgiens anglais , ceux de Sharp ; une machine à extension, imaginée encore par Goock pour les fractures de la cuisse; l'espèce de hamac invente' par James Rae d'Edimbourg , et perfectionne' par son fils , pour soutenir la jambe suspendue et fle'chie à angle droit à peu près , sur la cuisse. (9)
Il me resterait à faire connaître les modifications apporte'es par les chirurgiens français, surtout par De-
(i)Part. I, liv. n,ch,i, gxxxi, xxxvi , otpart. m , ch. viet VII. — (2) Ch. XXXIX, et pi. 70, 71, 72, 75, t. VI.
SAULT , à la disposition des appareils de fractures, si je n'en avais parle' plus haut avec trop de détails pour y revenir. Je ne puis à ce sujet m'empéclier de faire une réflexion, c'est que les modifications les mieux calculées n'aboutissent à rien de re'el quand elles sont fondées sur des suppositions. Il nous arrive trop souvent d'en proposer de ce genre , de les de'fendre avec chaleur , d'en faire d'immuables principes, lorsque dans la réalité elles ne l'emportent en rien sur celles que l'on veut remplacer. Ainsi , pour en prendre quelques exemples dans les appareils dont nous venons de nous occuper, les uns veulent que dans les fractures de la cuisse l'on tienne le membre droit étendu , d'autres qu'on le tienne fléchi, et tous guérissent leurs malades à peu près de la même manière. Parmi les premiers, les uns veulent une extension directe sur le pied, d'autres tirent obliquement en bas et en dehors, et l'expérience n'a pas constaté que les derniers tussent moins heureux que les premiers. Parmi les partisans de la flexion, les uns couchent le membre sur son côté externe, d'autres ne l'y couchent pas, et les résultats sont encore les mêmes. Il y a plus , j'ai entendu dire à Béclard qu'une vieille femme de son hôpital , qui ne voulut souffrir aucun appareil, n'en guérit pas moins d'une fracture du col du fémur comme on en guérit habituellement. Qu'on se persuade donc bien que les procédés et les méthodes les mieux calculés ne sont pas toujours fondés , et que des expériences comparatives peuvent seules faire connaître leur valeur.
HISTORIQUE DES BANDAGES MECANIQUES BOUCtÉs.
En laissant parmi les bandages orthopédiques les appareils mécaniques bouclés qui servent à redresser les parties déviées , parmi les compresseurs ceux qui
6o8 HISTORIQUE DES BANDAGES.
sont destines à comprimer les vaisseaux, il reste peu de Landaises mc'caniqucs boucle's, et ils sont assez peu anciens : tel est, par exemple, celui que MoNRO portait pendant le jour, vers la lin de la cure, pour c'viler de rompre de nouveau le tendon d'Achille, déjà consolidé par le moyen de sa sandale bouclée (i).
Les égaremens de l'esprit humain dans l'ignorance sont incroyables à l'esprithumain plus éclaire'. Qui pourrait imaginer aujourd'hui la méthode de la saccade que des chirurgiens de la Grèce mirent autrefois en usafi[e pour redresser les difformités du rachis ! Hippocrate dit bien que l'on ne voit employer ce moyen que par les médecins qui aiment les choses d'éclat; qu'il n'a jamais eu le courage d'y avoir recours ; mais il ne le proscrit pas avec l'horreur qu'il doit inspirer : que disje ! il indique même comment il faut en faire usage si l'on veut l'employer. «On attachera, dit-il, le bossu le long d'une échelle, par les pieds ^ les genoux, les cuisses , les flancs, la poitrine , le cou , le front ; la tête sera dirigée en haut ou en bas, suivant la position de la gibbosité; les bras seront fixés au corps; l'échelle portée sur une tour élevée , ou le faîte de la maison, pour la précipiter du haut de l'édifice sur la terre qui doit être ferme; » mais comme elle est soutenue par des cordes, il ajoute : «ceux qui la tiennent suspendue doivent la lâcher également, subitement , de manière qu'elle tombe perpendiculairement à terre. Voilà , dit-il en finissant , ce qu'il y a à faire, si l'on veut ('onner la saccade sur l'échelle; en tout art il est honte ix de faire beaucoup de bruit , avec de grands appareils , et de chercher à faire
(i) B. Bell , ch. xxxvi, scct. vii, t. v, p. 80 et pi. 68.
parler de soi pour n'opërer rien de bon (i). Helas! combien de gens qui devraient profiler de celte leçon.
Revenant un peu plus bas aux courbures de l'e'pine et à leur redressement , l'auteur du Traité des Articles indique d'autres moyens dy reme'dier : an couche le patient, le dos en l'air , sur une poutre garnie de couvertures ; on le parfume après lui avoir donné un bain, on entoure la poitrine d'une large courroie immédiatement au-dessous des aisselles , et on en ramène les chefs vers la tête ou on les fixe à un billot qui peut servir de levier; on place d'autres courroies audessus des genoux , des malléoles , des flancs , on les ramène du côte' des pieds pour les fixer à un autre billot, et on se sert de ces deux leviers pour e'tendre le sujet. Cependant le rae'decin pétrit et presse la gibbosite' pour la redresser. On peut même y faire asseoir ou monter un homme. Un autre moyen très efficace à employer de coticert avec les pre'ce'dens , c'est de coucher le patient le long d'un mur, d'engager le bout d'une planche de tilleul dans une rainure de la muraille , pratiquée au-dessous du niveau de la gibbosite , et de ramener doucement cette planche en bas sur la courbure du rachis défendu par un coussin de cuir (2}. La confiance avec laquelle l'auteur propose cette opération absurde, prouve qu'il ne l'a point employée, et qu'il écrit sous l'influence des préjugés. Cette observation critique, que Ton peut appliquer à tous les savans de l'antiquité ne paraît avoir encore firappé personne.
HiPPOCRATE a en outre parlé du traitement des pieds bots. On doit redresser les jambes aux malléoles, faire rentrer en dedans ce qui se porte en dehors. On fy as-
(1) Traité des art. , § xxi, t. i, p. SgS. — (2) d. , g xxif , t. 1, p. 481.
6lO HISTORIQUE DES BANDAGES MÉCANIQUES, sujettit avec des emplâtres et de larges bandes. On a une semelle de cuir ou de plomb que l'on applique par - dessus le bandage. On coud ensemble les bords des bandes (i). Les Arabes n'étaient pas plus babiles que les Grecs. Le conseil d'AvicÈNE , dit Guy de CiiAULiAC , est qu'après le bain et les embrocalions , la bosse soit traitée et réduite avec les mains... , puis soit emplatre'e, et que par-dessus on mette du plomb ou une attelle.... et soit bandée...: finalement , si les susdites choses ne suffisent , soit cautérisé d'un cautère t'ait en cercle, comme l'enseigne Albucasis (2).
Aux courbures de la colonne vertébrale, Paré oppose des corsets de fer délié , troués afin qu'ils ne pèsent pas tant, et changés souventes fois si la malade croît encore (5). Il a recours aux bandages, aux compresses et aux bottines de cuir bouilli , ouvertes seulement pardevant , pour la guérison des pieds bots (4). 11 est aisé de voir, à la lecture d'HEiSTER, qu'il n'a jamais redressé un seul bossu. Cependant il propose avec confiance de comprimer la gibbosité ou de faire porter la croix imaginée par quelques chirurgiens (5). On n'a pas lieu d'être plus satisfait de sa méthode de redresser les pieds bots ; il ne propose d'autres moyens que les bottines de Paré, ou de Fabrice de Hilden; il conseille même de ne rien faire dans la plupart des cas, parcequ il arrive souvent que les jambes et les pieds lorlus se redressent d'eux-mêmes (6).
En 1 74 1 ) Nicolas Andry publia son Orthopédie (7), où on lira toujours avec intérêt les livres 11 et m : ce-
(1) Traité des art., § XXXII, 1. 1, p. 426. — (2) Traité vu, doct. II, ch. m, p. 55G. — (5) Liv. xxni, ch. viii, p. 898. — (4) Id.t ch. IV, p. 900. — (5) Part. 11, sect. iv, ch. ex. — (6) Part, ii, sect. VI, ch. CLXXVU. — (7) Orthopédie, etc. Paris, X'^^i.
HISTORIQUE DE3 BANDAGES ORTHOPÉDIQUES. 6ll pendant nous devons avouer que l'on y rencontre parfois des idées ridicules. S'il a bien me'ritë de la physiologie par les observations fines qu'il y a faites sur les différentes attitudes de l'homme, maigre qu'il y ait quelques erreurs ; et de l'hygiène par les conseils rationnels qu'il y a donne's pour prévenir les déviations du tronc et pour les corriger quand elles commencent ; les corsets qu'il propose pour effacer la gibbosité, et les tractions qu'il recommande pour rétablir les formes d'un pied équin, prouvent qu'il ne connut jamais l'influence de l'action prolongée des forces mécaniques sur les os. Il a d'ailleurs parlé d'une foule de maladies étrangères à son sujet. C'est réellement à Levacher (i) que l'on doit la première machine extensive qui ait été proposée pour redresser la colonne vertébrale.
La nouvelle Orthopédie de M. Desbordeaux (2) n'a eu d'influence sensible sur un art qui est cependant encore à son berceau. M. Boyer a donné un bon extrait des moyens proposés par Andry pour corriger les difformités'du cou du tronc et, des épaules, et a proposé quelques moyens d'exercice qu'il a imaginés pour fortifier particulièrement certains muscles (5). L'article orthopédie du Dictionnaire des sciences médicales n'offre rien de nouveau. Les travaux multipliés des Anglais (4), les essais que l'on fait en Allemagne et en France pour redresser les courbures de la colonne vertébrale , présagent une ère nouvelle pour l'orthopédie.
Lits orthopédiques. Depuis qu'ANDRY (5) a con-
(1) Mém. de l'acad. de chir., t. iv, p. 95. — (2) Nouv. Orthopédie, etc. Paris, i8o5. — (5) T. iv, p. 578, cb. xxii. de certaines difformités , etc. — (4) Journ. de M. Ferbssac, Bullel. des 6C. méd.jjuin, p. 167, i58. —(5) Orthopédie, liv. 11, 5 XVIII, p. i36.
6 12 HISTORIQUE DES BANDAGES MÉCANIQUES, seillc de faire coucher sur un lit icrmc sans oreiller les enians dont le racliis se courbe, on a imaginé en Angleterre les lits orthopédiques non extensifs , qui y sont en usage aujourd'hui, et en Allemagne, les lits mécaniques que l'on y emploie déjà depuis assez long-lemps. Ces liis, importés en France depuis quelques années, font dans le monde un grand bruit , qui ne répond pas encore à la cupidité du charlatanisme. Cette importation est une grande histoire que l'on peut lire dans le premier numéro du journal de M. Matsonare.
Lits d'immobilité. Les anciens qui n'avaient pas de liis d'immobilité aussi perfectionnés que les noires en avaient assez senti le besoin pour en imaginer qui remplissent le même usage à peu près. Dans le traitement des fractures, pour plus grande cautelie, dit GuY DE CiiAULlAC, le romain les situait en un lit étroit et percé , afin qu'il puisse aller à selle sans se lever du siège, etc. (i). En 1741 , Lecat (2) en fit construire un analogue à ceux que nous avons recommandés p. 554, et dans le même temps, en 1742 ? GuÉRiN en présenta un à l'académie de chirurgie (5). Aujourd'hui M. Daujon en fabrique de semblables.
Lits d'hôpital. INos lits d'hôpitaux sont probablement plus anciens encore. En effet, Guy de Chauliac, qui en parle déjà , ne les dit point nouveaux (4)-
(1) Traité v, doct. i, ch. vu, p. 596.' — (2) Bibliolh. choisie de Planque, art. plaie ^ t. x, p. 553. — (3) T. lu, p. 17. — (/|) Ici., ch. I, p. 584.