‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 130 sur 160 · CONTENTIFS ÉLASTIQUES DES SONDES ET BANDAGES A RESSORTS SPIRAUX · texte numérisé non relu

CONTENTIFS ÉLASTIQUES DES SONDES ET BANDAGES A RESSORTS SPIRAUX

Ces bandages sont d'invention moderne.

fllSTORIQUE DES BRAYERS.

L'emploi du bandage herniaire remonte très loin dans l'antiquité', jusqu'à l'e'cole d'Alexandrie probablement; car Celse , qui en recommande l'usage chez les enlans très jeunes , n'en parle point comme d'un moyen nou-

(1) Dict. des se, méd. , art. corset. — (2) Hippocrate, Traité des plaies de tête. Celse, liv. vin,ch. vi. — (3) Liv. x, ch. XXII. — (4) Liv. xxiii, ch. X,

596 HISTORIQUE DES nANDAGES MÉCANIQUES.

veau. (.(Ac ^ si cui parvulo puero intcstinum descendit, ante scalpellam expcrienda 'vinctura est;fascia ejus rei.causafit , cui itno loco pila assiita est ex pajnii'uUs facta, qiiœ ad vepellendum intesiinum ipsi illi siihjicitiir : deiude relicjaafasciœ pars arcle circumdaiur {\) . » Le lecteur doit remarquer aussi qu'à celte époque le bandage, très simple, consistait en une bande à laquelle tenait une pelote compressive. Les banda cistes de nos jours en préparent encore d'analogues pour les enfans.

Guy de Chauliac n'en connaissait probablement pas d'autre, et l'employait en même temps qu'un emplâtre astringent, qui. est xva. vrai galimatias pharmaceutique, ainsi que tous , ou presque tous les remèdes anciens . (( Après l'emplâlre fait, qu'il (le malade) soit bandé avec un brayer , arlifîcielicment fait de linge plie' en trois , avec un petit écusson , selon la grandeur de l'aine, et qu'il soit étroitement bande. Si le brayer rc'corcbait , soit défendu avec linge et coton et onguent blanc (2). » Dans ces temps recule's , une communauté de boursiers avait obtenu , de l'ignorance de nos rois , le privilège de construire seule les bandages herniaires. Les statuts de la communauté contiennent, au rapport de Juville (5), les ordonnances de Philippe de Valois, en 1542; de Charles YT,en 1098 et i4i4> ^^ Tjouis Xïî, en i5i4; de Charles L\ , en i574? ^1^^., constatant le privilège qui lui était accordé.

On trouve des figures de brayer dans PaRÉ (4) , et il rapporte une observation curieuse de guérison de hernie, par le brayer, chez JeanMoret, prélre de Saint- André-des-Arts. Le bandage fut porté l'espace de quatre

(1) Lih. vu, c. XX. — (a) Ti'ail. vi, docl. n, c. vu, p. Î264. — (5) Traité dcr? band. hcrn. , p. 2. — (4) Liv. viii , c. xv.

IIIâTORiQUE DES BANDAGES IISRINIAIRES. 697

OU cinq ans. Le prêtre e'tant mort un peu plus tard, Paré en fit l'ouverture. «Je proteste à mon Dieu, ditil , que trouvai autour du trou de la production du péritoine une substance adipeuse, de la grosseur d'un petit estent", infiltrée et atlachëe si fort audit endroit, qu'à bien grande difficulté la pouvais de'tacher sans dilace'rer et rompre les parties adjacentes (i)- « H ajoute : « Semblablement j'ai connu quelques uns qui avaient porte' le brayer par longues anne'es, sans autre chose, être entièrement guaris!... Ces choses nous montrent qu'il ne faut se hâter d'ôter les couillons aux pauvres garçonso m Je cite ces naïves conséquences des observations du père de la chirurgie française , parcequ' elles ont contribue' beaucoup à répandre généralement l'usage du brayer , et à préserver l'homme des procédés barbares de cautérisation de l'anneau inguinal, d'arrachement du testicule ou de ligature de son cordon, que notre ancienne chirurgie mettait en usage dans l'espoir de guérir les hernies.

On en trouve la preuve dans Fabrice d'Acquapen- DENTE , qui écrivit peu de temps après , et qui recommande aussi l'usage dubrayer, lequel se fait de linge plié, de bois ou de fer (2). 11 raconte que le sieur Horace DE NoRCiA, opérateur très expert en celle matière, lui dit que fopération de la hernie devenait fort rare ; que quelques années auparavant il en taillait ordinairement plus de deux cents par an, mais qu'à présent il n'en taillait pas seulement vingt , parceque la plupart guérissent en portant un bra^î^er avec un médicament astringent (3).

Au rapport de Blegny , dont la plume de DiONis a

(1) Id. — (3) Part. II , clî. LXXïii, p. 7'i7 , 738. —(3) Id. p. 75o.

gS HISTORIQUE DES BANDAGES MÉCANIQUES, justement llëlri la concluiic, les chirurgiens de son temps avaient abandonné la tabricaiion des bandages herniaires à des opérateurs, à des faiseurs de brayers, à des femmes, à d'autres personnes non moins ignorantes ( 1 ) ; et il y avait alors deux sortes de brayers , les uns étaient en acier , les autres en fil de fer , disposés sous la forme d'une bande large d'un doigt , et assez longue pour ceindre les deux tiers du tour du corps; la queue se terminait en dehors de la cuisse opposée à la hernie. La platine avait la figure d'un écussond'armoirie, et portait un coussinet. On garnissait la ceinture et on formait le coussinet avec le canevas, la toile et le cuir de mouton , remplis de laine cardée, de colon, de crin de cheval, ou de bourre, suivant que l'on voulait rendre le bandage plus ou moins dur. Blegny reproche à ces brayers, \° de manquer de souplesse; 2° de se déplacer par les mouvemens du corps ; 5° d'élre trop pesans , trop durs et si gros que les sujets qui les portent ne peuvent coucher avec, etc.; cependant il avoue que ceux de fil de fer sont un peu plus légers que les autres. ÎSéanmoins il a cru devoir en imaginer un autre , qu il nomme brajer à ressort. Il choisit une longue branche de fil de fer, la contourna en spirale à son extrémité pour en faire une espèce de ressort à boudin de trois pouces de long ; il fléchit ce ressort à angle droit , de manière qu'il piît appuyer sur la hernie, par son extrémité; il courba le corps et la queue du fer pour qu'il embrassât le bassin, et le garnit convenablement en y ajoutant même, en dedans de sa courbure , le bandage que nous avons décrit sous le nom de T de l'aine. Il plaçait ce brayer

(1) L'aride guérir les hernies. Paris, 1G76, avertissem. , p. 12<

après avoir fait coucher le malade , et en employait un semblable pour l'exomphale (i).

Dans la seconde édition de son ouvrage , qui a paru en iGgô, Blegny a publié les figures de beaucoup d'autres bandages , et ses nouvelles recherches sur ce sujet. 11 modifia encore la structure de la pelote; il V plaça des écrous avec des vis de pression, des ressorts d acier, des arcs-boutans, des charnières, etc.; modifications que Ion a depuis abandonnées; et proposa de faire la ceinture en acier battu à froid et flexible comme le fil de fer de son premier brayer. Il est probable qu'il tenoiî. son fer à bandage d'un nomme' Delisle . qui s'acquit une réputation dans la fabrication de ces fers , et qu'il cite lui-même honorablement. A cette époque, J.-B. ^ ERDUC recommandait aussi lusaçre des bravers d acier ; 2. Leclerc n'a décrit et désigné que des brayers de fil de ter (3) .

Arnaud, qui répandit un si grand jour sur les hernies, n'a cependant pas fait subir de changemens bienimportans aux bandagesherniaires.il recommande des bravers construits avec un mélange d'acier et de fer doux, afin quils aient assez de souplesse pour pouvoir être, au besoin, tournés avec la main. Le fer doit se mouler sur la circoniérence du bassin. La forme de la pelote doit varier suivant remboupoint du sujet, la saillie du pubis , la forme, l'espèce de la hernie, etc. ; le point d appui doit éire ferme et solide. Il bldme et rejette les bandages composés d'une pelote à ressort; des bandages dont le fer était fracturé par plusieurs charnières; les bandages élastiques , que la main ne peut tourner juste au corps sans les casser, et surioiu les bandages souples, dé-

(1) Ou T. cité, part. II, éect. ch. m, p. 182. — (2) Ch.5i, t. II, p. 921 (5) P. 202 , pi. 56.

600 HISTORIQUE DES BANDAGES MÉCANIQUES, pourvus de ter , à moins qu'ils ne soient destines aux hernies du nombril ou du venlre: encore, dans certains cas , faut-il se servir d'une double ceinture de ièr, de l'invention de la demoiselle GuiTON (i).

Lebrayer élastique deDELAUNAY, de'pourvu de la seconde pelote (2) , nous a conduit directement aux brayers que nous posse'dons aujourd'hui. Suret en a propose un pour la hernie ombilicale , qui est réellement trop compliqué (5). Les bandages à ressorts de pendule, imaginés, peu de temps après, par l'horloger Blackey , n'eurent qu'un moment de vogue.

Si Camper a fait un étalage inutile de géométrie dans la description de son bandage (4), JuviLLE a iait preuve de plus d'impertinence que de raison et de modestie dans la critique qu'il en a publiée dans son Traité des bandages herniaires (5). Cependant on trouvera autre chose que des ])rétentions ridicules dans l'ouvrage de ce dernier auteur : il y a d'excellentes figures , et j'estime particulièrement son brayer simple; mais je fais peu de cas de son brayer double à crémaillères , et de son bandage pour l'cxomphalc , qui est une modification de celui de Suret. A juger de l'élasticité des brayers des Anglais , d'après la courbe de ceux qui ont servi aux ligures de B. Bell (6), on est porté à croire qu'ils n'en avaient pas assez pour le but qu'ils doivent remplir. Depuis la publication de ces ouvrages, ceuxdeScARPA, de Lawrence, sur les hernies; de M. Lafond, sur les bandages herniaires, n'ont pas peu contribué au perfeclionncment de ces utiles machines.

(1) Traité des hern. , part. 1, sect. n, ch. xvii, t. i, p. i58. Paris, 1749' — ('■*) ^^^^- <^^ l'acad. de chir., p. 5iG. — (3) Id., t. 11, p. i32. — (4) Méin. de l'acad. de chir. , l. v, p. 5i5. — (5) Traité, etc. , p. G8. Paris, 1786.— (G) T. i, p. 8.

HISTORIQUE DES COMPRESSEURS. 6oi

Ce sont des appareils peu anciens. Scultet en a décrit et fait figurer un pour comprimer l'artère du carpe (i). J. - L. Petit fit connaître son tourniquet en 1 '17 18 (2), et son compresseur du moignon en l'^oi (5). Il employa fort heureusement ce dernier appareil, pour arrêter, par la compression directe, l'iie'morrhagie de l'artère fe'morale bëanle, dans le fond de la plaie d'une amputation, et trop enfoncée pour pouvoir y être saisie par une ligature.

Depuis que J .-L. Petit a invente son tourniquet, on lui a fait subir une mulùtude de modifications : on peut voir de ces nouveaux tourniquets dans L. Heis- TER (4); dans Sandifort, qui a décrit celui de Dahl; dans B. Bell (5) , qui a proposé en outre un compresseur de son invenùon, pour la temporale (6); mais surtout dans l'ouvrage allemand de Jules -Vincent Krombholz, sur Vacologle (7).

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