COUSSINS ET COUSSINETS
proches sont lies ensemble. Elle doit être d'une coasisiance variée , selon l'emploi que Ton veut en faire.
Usasres. On peut la mcltrc en usage pour contenir le fondement qui tend à sortir, linlesiin qui tend à se renverser par un anus artificiel ; pour fermer et comprimer l'ouverture fistuleuse de celui-ci; pour comprimer aussi, soit un clapier peu profbnde'ment creuse, suit un vaisseau où l'on veut suspendre le cours du sang. Ainsi avez-vous à comprimer farlère intercostale, lësëe dans une plaie de poitrine, introduisez dans la blessure, entre deux côtes voisines, le linge qui doit former la pelote; laiies-en une sorte de gousset; bourrez-le ensuite de charpie; tirez-en les angles en dehors, à la manière de Desault, et cette simple pelote comprimera l'artère intercostale blessée, et arrêtera une hemorrhagie qui , aux yeux d'un faiseur d mstrumens , réclamerait une machine compliquée comme celle de Bellocq (i).
DES COUSSINS ou COUSSINETS.
Ils sont connus encore sous le nom de sachets et de j'emplissages. Ce sont des sacs de toile étroits et longs (P. IV , F. XI v). Leur largeur est au plus de huit centimètres (près de trois pouces); leur longueur varie selon le membre sur lequel ils doivent être appliqués. Ces petits sacs sont faits en toile, mais le tissu doit en être un peu lâche et peu usé. Ils sont remplis aux trois quarts ou aux deux tiers , et le plus ordinairement de balles d'avoine, quelquefois de son, plus rarement de plumes, de laine onde crin. Les premiers sont les meilleurs, parceque les balles d'avoine sont élastiques , inaltérables par la chaleur du lit et l'humidité; et enfin, surtout , parcequ'elles se déplacent et se laissent facilc-
(i)V. Mém. del'Ac. dechir.,t. ii, p. 88,in-8\ Paris, iSig.
64 PREMIÈRES PIÈCES d'aPPAREIL.
ment ramasser ci diriger où l'on veut dans les coussins. Usages. Place's entre un membre fracture' et une attelle, qui est une sorte de rèi^le de Lois ou d'autre matière, ils se moulent exactement sur les saillies et les enfoncemens du premier , le défendent de la pression de la seconde , qui pourrait , sinon le meurtrir , du moins le fatiguer. En re'partissant également l'action de l'allelle sur tout le membre, ils favorisent celte action et en assurent le succès. C'est là leur usage le plus fréquent.
On se sert aussi de petits coussins pour renfermer des topiques médicamenteux. Quelquefois on a employé avec avantage contre le goitre et des engorgemens lymphatiques du cou, de semblables sacheis rempli. :rune partie d'hydrochlorate d'ammoniaque, de deux parties de chaux éteinte, et de quatre parties de farine de tan. On a aussi mis en usage contre les hernies un sachet de linge rempli aux deux tiers de fleur de tan, trempé dans du vin chaud, et renouvelé tous les jours.
Il paraît que ce moyen , secondé de l'action d'un bandage, a queltjuefois guéri des enfans dans un temps fort court, un mois par exemple.
Il paraît encore que cet astringent resserre tellement la peau et toutes les enveloppes de la hernie , qu'il diminue singulièrement la grosseur des hernies volumineuses , et qui ne sont réductibles qu'en partie. Mais s'il agit si favorablement sous un rapport, il faut avouer qu'il peut déterminer un érysipèle ou des furoncles par l'irritation qu'il cause à la peau.
Préparation. Les coussins peuvent être préparés par des mains étrangères à la pratique de la cbirurgie. La couturière les fera plus proprement que le meilleur opérateur, et il suflira à ce dernier d'en surveiller le remplissage.