‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 4 sur 160 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

droite ou sur celle de gauche qui y correspond, si c'est devant ou derrière que se fait l'application de telle ou telle partie d'un bandage; tantôt de ce que l'auteur recommande de faire une circonvolution, sans dire s'il faut la ftiire transversale, oblique ou verticale, comme cela est possible pour la tête, et en partie possible pour beaucoup d'autres points du corps; tantôt enfin de l'imperfeclion et je puis dire de la grossièreté des figures , qui sont insuffisantes pour expliquer aux yeux ce que la description seule ne peut faire comprendre à l'esprit.

J'ai dit tout à l'heure que l'obscurité des auteurs provenait quelquefois du manque de détails, j'ai fliit tant d'efforts pour ne pas tomber dans la même faute, que ces détails pourront bien paraître ennuyeux à ceux qui savent ; mais mon excuse est toute prête ; je les ai écrits pour ceux qui ne savent pas. D'ailleur?, je dois le dire dans l'intérêt des élèves, on n'apprend jamais bien dans les ouvrages superficiels et dépourvus de ces détails qu'ont peut appeler profonds , parceçu^ils mènent jusqu'aux Jbndemens des choses. Cependant ces détails exigeaient par leur nature une application d'esprit si soutenue dans la description, que plusieurs fautes sont échappées ù mon attention fatiguée. J'ai corrigé les plus graves dans mon Errata.

Je n'ai rien iiégligé non plus pour enrichir mon ouvrage de belles et exactes figures. Pour concilier les règles de la composition du dessin avec les figures de bandages que je voulais faire dessiner, j'ai choisi ceux qui me paraissaient le mieux s'arranger les uns avec les autres dans la position dont j'avais besoin. Quant à l'exécution, je l'ai confiée à un peintre habile, M. Bbaugard ïniL, élève de Girodet , et l'un des dessinateurs les plus distingués de la capitale. Les connaisseurs trouveront une grâce enchanteresse dans les figures des pi. 5,6, 8, i i-i4> 17, i8et 20; dans presque toutes la mélancolie qui sied si bien à la souffrance ; dans celles des pi. 5, 6, 7 , 8, 9, 10, 16, 19, un dessin large, hardi, et cependant pur et exact; dans celles des pi. 8,9, 10 et 16, des formes modelées avec un naturel difïicileà surpasser. Néanmoins nous devons l'avouefjetM.Teii. s'en est aperçu lui-même, pressé par d'autres travaux d'une plus grande importance, plusieurs inexactitudes lui sont échappées dans la rapidité de l'exécnjlion (i).

(1) La grandeur des planches a été calculée de manière que si l'on vou-

PtlÉFACE. XI

III. On a coutume de se laisser entraîner à des suppositions très hasardées sur l'action des pièces d'appareils , et des bandages que l'on applique au corps de l'homme ; on accumule des raisons en faveur d'un moyen que l'on adopte, on les accumule contre celui que l'on refuse ; on admet sans preuve manifeste, mais d'après des analogies illusoires, que l'action d'un ban^ dage ou d'un appareil a une grande influence en bien ou en mal ; on raisonne admirablement , on élève le système le mieux fondé en apparence ; mais si la critique y jette un regard sévère , elle ne trouve souvent à l'édifice qu'une subtile supposition pour base. Tels sont les beaux calculs des auteurs sur la grande influence d'une circonvolution de bande qui n'en a réellement aucune ; tels sont encore ces calculs sur l'influence de quelques centimètres de plus ou de moins dans la longueur du ressort d'un brayer , sur la nécessisé de con tenir solidement les fractures de la cuisse ; tels sont les calculs d'ANDRT sur les attitudes et les exercices propres à redresser un bossu. Nous avons apporté la plus grande attention à ne pas donner trop d'importance à des choses qui n'ont aucune influence évidente, et que l'on peut quelquefois varier de mille manières sans qu'il en résulte aucun désavantage.

IV. Pour simplifier notre sujet aux yeux de l'élève, nous avons rejeté tous les bandages compliqués que nous avons cru pouvoir remplacer par de plus simples; nous avons tâché de ramener à des principes faciles à retenir la largeur et la longueur des bandes; nous avons remplacé la nomenclature des anciens par une nomenclature plus rationnelle, et leur classification arbitraire par une classification naturelle tirée de Vessence même du sujet, de la disposition des bandages et non de leurs usages ou de leur situation, qui ne sont que des caractères relatifs.

Nous avons ramené à six longueurs fondamentales, la longueur dos bandes variée à l'infini et sans motifs dans tous les 45Hifrages , parcequ'il importe peu que ces longueurs soient augmentées ou diminuées de quelque chose, et qu'il importe beaucoup d'en réduire le nombre pour que l'élève puisse les retenir aisément ou même puisse en quelque sorte classer sous ce rapport tous les bandages dans son esprit. Nous avons

lait les relier à la fin du volume, on le pourrait sans être obligé d'en pliei la figure.

Page 1