XII PREFACE
exprimé ces longueurs en nombres ronds par les nouvelles mesures, et ensuite par les anciennes, indiquées entre parenthèse , mais sans fractions, pour ne pas compliquer la chose. En voici au reste ie tableau approximatif et comparatif.
PDgUCUlS.
Mèlifs (
Aunet
Pouce».
Nous avons aussi ramené les largeurs des bandes à quatre largeurs fondamentales, savoir, un, deux, trois ou quatre travers de doigt. Nous n'avons pas pris ici de mesures plus précisesj,parcequ'elles sontinutiles et que nous n'en pouvions trouver de plus simples.
Nous avons exposé nos principes de nomenclature aux pages 1 52 et 1 58 en parlant des bandages en général ; nous y avons aussi donné le plan de notre classification, et nous n'en reproduirons rien ici; mais comme il y a des personnes qui ne reconnaissent les avantages des ces méthodes ni pour la science ni même pour les élèves , et qui les proscrivent d'une manière générale (3), il est indispensable de prouver en peu de mots que les classifications ne sont pas seulement utiles, mais qu'elles sont si naturelles, qu'il n'y a pas de science, et je pourrais dire qu'il n'est rien que l'homme apprenne ou qu'il enseigne sans classification.
Les classifications sont des méthodes par lesquelles ou rapproche sous un même nom des choses analogues, et sous des
(i) Le mètre vaut 3 pieds ii lignes.
(2) L'aune de Paris vaut 44 pouces.
(5) Pareille proscription fut lancée par un anonyme contre les classifications, dans le Journal universel des sciences médicales, en février i8a4> à l'occasion de la classification des maladies que j'ai publiée dans mes Recherches d'anatomie, de physiologie et de pathologie. Gomme il avait ap- ' porté un ton fort tranchant dans toutes ses remarques , je crus d'abord fau'il avait par 'devers lui des raisons qu'il n'avait pas daigné dire ; mais je vis bientôt qu'il n'en avait point. En effet, je désirai les connaître , je voulus répondre dans le journal même où j'avais été attaqué, et alors mon adversaire souffrit que M. Rkgnault , rédacteur en chef de ce jour-
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noms particuliers des choses différentes ; ainsi le premier qui a imaginé les noms communs plante, arbre, animal, homme, etc,, et ensuite des noms propres ou des phrases pour les distinguer, celui-là a fait une classification, et qui existe dans toutes nos langues, quoiqu'elle ne soit pas annoncée pour telle. On pourrait appeler tacites ces classifications qui existent réellement sans être proclamées.
Ces méthodes sont si naturelles^, que l'esprit humain ne saurait se passer des noms communs ou génériques. Aussi les langues vulgaires comme les langues savantes sont-elles composées d'une multitude de ces noms généraux et particuliers que l'homme a évidemment inventés pour exprimer les analogies et les différences qui l'avaient frappé dans les êtres. Ce n'est pas seulement parmi les substantifs que l'on trouve des noms communs; les adjectifs qui expriment la même qualité, les verbes la même action , les adverbes la même modification , les prépositions les mêmes rapports dans des choses différentes , sont encore des mots généraux. Or, si de tout temps l'homme a partout imaginé des expressions de la même nature, s'il s'en sert partout avec un entraînement instinctif en particularisant par des termes propres ou par des phrases distinctives ce qu'il veut spécifier , qu'en conclure? Que le vulgaire, comme le savant , classe irrésistiblement les choses à mesure qu'il arrive à les connaître , et que ce serait bien peu comprendre l'esprit humain que de regarder comme un amusement inutile et frivole une méthode sans laquelle il ne pourrait exprimer ses pensées; c'est déjà dire sans laquelle il n'aurait pu rien apprendre; mais démontrons cette autre proposition.
L'homme ne connaît les choses que par leurs analogies et leur différence, dont les plus saillantes font précisément
nal, mît entre nous deux ce qu'il appelle son impartialité, et me désignât fort honnêtement d'ailleurs les articles auxquels il me permettait de répondre. J'eus beau dire que la défense me semblait devoir être libre comme l'attaque , M. le rédacteur persista dans son impartialité, et l'expérience m'apprit ce qu'il entendait par cette expression. Il y a des hommes dont les honnêtes gens ne comprennent pas d'abord le langage. Cependant la loi, un peu plus impartiale que M. Regnadlt , me donnait le droit de répondre , aussi en aurais-je profité , si je n'avais su trouver ici l'occasion d'accorder à M. Regnaclt et à son cher protégé l'honorable citation que je leur dois.