GENRE VIL
PLEIW.
Je l'ai déjà dit, j'appelle ainsi ces bandages , de ce qu'ils sont faits avec des pièces de linge entières el sans division; je n'ai d'ailleurs rien de ge'ne'ral à en dire.
ESPÈCE I"
PLEIN TRUKGTJLAiRE DE II TETE (mouchoir en triangle).
Ce bandage est ainsi appelé de la forme de la pièce de linge qui sert à le former.
Usages. On s'en sert pour maintenir un topique sur la tête, ou seulement des premières pièces d'appareil, comme de la charpie pour une blessure, etc. ; on l'emploie encore habituellement comme un bonnet.
Pièce du bandage. Une pièce de linge, un mouchoir, de huit décimètres carre's ( à peu près trois quarts d'aune).
Préparation du bandage. Pliez un mouchoir en triangle ; l'un des trois bords sera plus grand que l'autre : ce sera celui qui correspondra à la diagonale du linge. Des trois angles , l'un, plus large , sera un angle droit; les deux autres, plus pointus, seront aigus (comme ces dispositions se retrouveront dans toutes les pièces de linge plie'es en triangle, nous emploierons les mêmes dénominations dans tous ces cas sans en faire de nouveau la remarque ) ; posez-le ensuite sur la tête de manière que le grand bord soit tourné en avant , que les deux angles aigus pendent sur les côtés de la tête, et l'angle droit par-derrière.
Application. Saisissez la pièce avec les deux mains, les quatre doigts par-dessous, le pouce par-dessus, et près de la partie moyenne du grand bord; conduisez alors
le grand bord de chaque côlé sur les sourcils ei sur une partie des oreilles jusqu'à la nuque; là, faites passer les angles laie'raux l'un sur l'autre, et entrecroisez-les par-dessus l'angle postérieur; elTacez très exactement les plis qui se forment en grand nombre, amenez sur le front les deux angles latéraux, puis fîxez-les l'un sur l'autre avec des e'pingles, ou en les nouant ensemble; enfin élargissez et étendez le plus possible l'angle postérieur, afin qu'il ne blesse point la léle lorsque le malade s'appuiera en arrière pour reposer.
Effets et propriété s. Ce bandage simple, d'un usage journalier comme vêtement, nemanquepas de solifité.
Re.aiarque. Cependant lorsque le malade ne peut reposer que sur le dos , que les plis inévitables que forme ce bandage par-derrière le gênent, il faut l'appliquer d'une manière inverse , tourner en arrière son grand bord, l'angle droit en avant (P. VIII, 2), les deux angles aigus sur les côtés, comme dans le cas précédent; les croiser en avant sur l'angle antérieur, les porter sur les côtés de la tête pour les y fixer, ou les nouer tout simplement en avant ou près de la tempe , soit en enlaçant entre eux l'angle antérieur, soit en le fixant sous leur nœud, comme on le voit P. VIII, 2. Ainsi appliqué, ce bandage serre moins, est moins solide; mais il est si simple que tout le monde peut le réappliquer au besoin. Au reste, dans les cas un peu graves , il faut lui préférer la fronde du crâne à six chefs, ou bandage des pauvres, dont je ne larderai pas beaucoup à parler.
ESPÈCE II
PLEiw QtADRiLATÎîRE DE LA TÊTE (grand couvrc-chef).
Sorte de coilFe très ingénieuse.
Usage. On peut s'en servir pour contenir des pièces
GENRE Vil. BANDAGES PLEINS. 265
d'appareil et un topique sur la léte; il est très propre à préserver du froid en hiver, pendant les voyages : sous ce rapport, il est préférable à nos bonnets.
Pièce du bandage. Une pièce de linge , comme une serviette ou un mouchoir , longue d'un mètre environ (presque une aune), et un peu moins large que longue. Faire avec un mouchoir ou une serviette, sans division ni couture , une coiffe qui embrasse la tête dans toute sa circonférence et du vertex au menton , serait, je suis persuade', un problème assez difEcile à re'soudre pour bien des personnes, même intelligentes. Ce problème est re'solu dans Tinvention du grand couvrechef.
Préparation du bandage. Pliez la pièce de linge suivant sa longueur , de manière que l'un de ses deux grands bords dépasse l'autre de trois ou quatre travers de doigt : ces deux bords devant être tourne's en avant dans l'application du bandage, nous les nommerons antérieurs; pliez-la ensuite transversalement en deux parties e'gales pour avoir le milieu de sa longueur.
Application. Saisissez le bandage par ses bords longitudinaux avec les deux mains , entre le pouce tourné en haut et les quatre derniers doigts qui lui seront opposés et tournés en bas; saisissez-le enfin de manière que le bord qui dépasse l'autre soit zV?/è'/7C«/' à ce dernier; portez la pièce de linge sur la tête , en dirigeant transversalement ses deux extrémités à droite et à gauche; appliquez-l'y sans la promener; que le milieu de sa longueur corresponde à la ligne médiane du crâne, et que le bordjànférieur tombe sur la racine du nez. Le bandage recouvrira alors la tête du malade comme le ferait un V(M e; en avant se montreront les deux l)ords longitudinaux antérieurs , dont Tun débordera Tauire; deux angles simples superposés, mais inégalement
264 CLASSE I. BANDAGES PROPREMENT DITS, avances, yjendronl avi-dcssous des oreilles el des joues, et un angle double, forme' à l'eudroil de la plicalure du linge , tombera derrière les oreilles de chaque côte': les premiers seront antérieurs, les seconds poster leurs.
Attachez par un nœud sous le menton les deux angles du bord supe'rieur (P. VII, 4) j en embrassant ceux du bord inférieur; tirez ensuite ces derniers en avant jusqu'à ce qu'ils soient assez saillans pour pouvoir, en les renversant en arrière, les fixer à la nuque quand il en sera teinps. Auparavant, relevez et renversez davant en arrière le bord inférieur et ante'rieur par-dessus le bord supe'rieur ante'rieur qui est moins avance' , et maintenez-le ainsi retroussé (même P., i , i , i )' en portant ses angles à la nuque (même P., 2, 2, 2, 2), pour les y nouer ensemble ou les y fixer avec des épingles. Le bandage arrêté, il faut en efïhcer les plis sur le front, les tempes et les joues, afin que leur pression gêne le moins possible.
Cependant il reste encore en arrière les deux angles postérieurs qui pendent au-dessous des oreilles , comme celui qui est dessiné P. VII, 5. Les auteurs les font relever au-dessus de ces organes, sur les côtés de la tête, pour les y fixer. Je préfère les relever et les engager entre le nœud fait sous la mâchoire et la mâchoire même, comme on le voit d'un côté (même P., 3, 5). Il en résulte alors une sorte de cravate assez épaisse. On peut observer que la Planche VII représente, sous les n"* 5, 3, un de ces angles postérieurs déjà relevé et arrangé en cravate, et sous le n" 5 , celui du côté oppoa|| qui est encore pendant.
Le lecteur comprend maintenant comment ce bandage, exrêmement ingénieux, forme réellement un bonnet, et un bonnet analogue à ceux que les femmes attachent à la nuque cl sous le mciuon.
Effets et propriétés. Ce bandage, très solide, embrasse le crâne avec beaucoup d'exactitude , et peut non seulement contenir des pièces d'appareil , des topiques sur la léte, avec autant de succès qu aucun autre; il peut encore, je le répète, garantir du froid beaucoup plus souvent que nos bonnets. Voilà ses qualite's.
Mais , par cela même , ces qualités sont des défauts dans certains cas. En eô'et , de quelque manière qu'on l'applique, il est toujours f^ligant, échauffant, et quelquefois insupportable, ::i la te.npérature de l'atmosphère est élevée , si une maladie de la tête appelle dans celte partie un surcroît de cûaieîîi' ave^ le sang.
De semblables aéfauts ne suiHraient pas pour légitimer sa proscription dans ces csi-, s'il ne pouvait être remplacé par d'autres avec arsntage. Mais comme cela est toujours possible , et cciUme , outre les défauts que je viens de 'signaler, il est encore long à exécuter, et assez complique , ^e crois qu'on peut , dans les circonstances indiquées , ie remplacer par le plein triangulaire , ou par la fronae du crâne à six chefs , que je décrirai plus loin.
Je ne finirai pas sans faire observer que si , en terminant le plein quadrilatère, on relève ses angles postérieurs sur les côtés de ia tête , on rend encore le bandage plus échauffant; que le nœud sous-maxillaire et les angles qui le forment étant roulés en corde fatiguent beaucoup le dessous du menton, et que c'est précisément cet inconvénient, que j'ai reconnu après avoir appliqué le bandage sur moi-même pendant une nuit, qui m'a conduit à engager entre la mâchoire et le nœud sousmaxillaire les angles postérieurs du bandage retroussés.
ESPÈCE III
PLEIN Dc BRAS (écharpe).
Ce bandnij'e esi formé par une large pièce de linge ou un mouchoir qui embrasse taniôl le cou, ianlôl la poitrine obliquement, et soutient l'avant-bras , quelquelois le bras , en même temps qu'elle en borne les mouf vemenls.
Il y en a plusieurs varie'le's.
l'«VAKIÉTB. GRAND PLEIN QUADBILATÈBB DD BRAS ET DE Lk FOITBII^E.
Indication. On préférera cette variété aux autres, excepté à celle qui la suit immédiatement dans cet ouvrage , lorsqu'il sera nécessaire d'empêcher le bras , et le coude en particulier, de s'écarter du tronc, comme dans les fractures de la clavicule, la luxation de l'extrémité scapulaire de cet os, etc.; lorsque l'avant-bras sera mieux dans une flexion à angle droit et dans une position horizontale que dans une hexion à angle aigu et dans une situation obli(jue ; lorsque l'atmosphère sera froide, et que le malade ne pourra se couvrir commodément la main , elle-même malade, etc.
Pièce du bandage. Prenez une pièce de liîige longue d un mèire (près d'une au. le), plus ou moins d'ailleurs suivant la stature du sujel , large d'un tiers au moins.
J pplication. Entourez la poitrine immédiatement au-dessous du sein avec un des longs bords de la pièce de linge, et nouez-en les extrémités derrière le dos ou uu peu en dehors de la ligne médiane , au côté opposé au membre malade; relevez ensuite la pièce de linge de n>anière à embrasser tout le membre supérieur allée té , puis allez nouer autour du cou les extrémités du bord supérieur du plein.
GENRE Vn. BANDAGES PLEINS. 267
Je n'ai pas besoin de dire que les nœuds du bandage ne devront jamais porter sur ia peau, mais sur les vêtemens.
EJfets et propriétés. Si le }3andage est bien fait, il enveloppera régulièrement tout le bras, le tiendra mollement suspendu dans une sorte de bourse, où il sera d'ailleurs très chaudement, sans pouvoir se séparer du corps.
2^ TAEIÉTB. GEASD PLEI:* TEIAXGCLAIRE Dr BEAS ET DE LA POITBINB.
Usages. On peut l'employer dans les mêmes circonstances que le précédent.
Pièce du bandage. Une pièce de linge longue d'un mètre (près d'une aune), d'une largeur égale à sa longueur, et piiée diagonalement en triangle.
Application. Portez le grand bord de la pièce audessous des mamelles , eniourez-en la poitrine et nouez les angles par-derrière et un peu en dehors du dos, sur le côié opposé au bras affecté; relevez ensuite les angles de la pièce qui pendent en bas , et attachez-les avec une ou deux épingles sur l'épaule du côté malade. Il en résultera encore une sorte de bourse où le membre restera suspendu.
Effets et propriétés. Ce bandage est peut-être plus chaud que le précédent, parceque la pièce de linge qui lefornie est doublée surelle-même. Il semblera probablement bien moins solide, parcequ'au lieu d'être fixé au-^ tour du cou par un nœud , il n'est attaché que par une ou deux épingles. Il est sans doute incontestable qu'il l'est moins , mais on peut s'assurer sur soi-m-ême qu'il lestbeaucoup encore, et toujours assez pour supporter le bras. 11 doit cette solidité à l'appui qu il prend autour de ia poitrine, et à ce que l'attache supérieure n'a presque rien à soutenir, si peu même, que le bras reste en-
core suspendu dans la bourse que le bandage forme
par en bas, lorsque ses angles supérieurs sont dëiachës.
3» VABIKTK. — GBAND PLEIN OBLIQUE DU BRAS ET DB ti POITEIKl
(grande echarpe de quelques auteurs).
Indications. On peut l'employer dans les cas où il est important que le bras ne s'ëcarle pas du corps.
Pièce du bandage. Une pièce de linge longue et large d'un mètre (près d'une aune), et plièe en triangle. Application. Portez le grand bord de la pièce sous l'avanl-bras, fléchi à angle droit, ou mieux, à angle aigu au-devant de la poitrine, pour çae îe plein embrasse ce membre et le soutienne plus solidement; que l'angle droit de la pièce de linge corresponde au coude; ensuite relevez obliquemen^ les deuï angîes aig-.us du bandage, l'un par-devant le bras, l'avant-braa e^. la poitrine, l'autre par-derrière le bras et le doc jusqu'au-dessus de l'e'paule du cote sain , pour les nouer ensemble sur cette région, soit par-devant, soit par -derrière, mais en ayant toujours soin d'ailleui-s de ae'tèndre la peau de la pression du nœud du bandage et du bandage luimême.
Ejfet et propriétés. Il soutient bien le bras et l'avant-bras. On peut, en îe déployant jusque sous la main , y appuyer celle-ci , et en le déployant jusque sous le coude, faire reposer cette partie dans l'anse qu'il pre'sente.
Cette dernière position est souvent gênante, parcequ'alors le coude fait trop baisser la main, et que celte partie a besoin d'être tenue e'ieve'c, principalement dans les inflammations qui peuvent l'affecler. Souvent même la main se trouve mieux de ne pas rester enfermée dans le bandage.
GENRE VII. BANDAGES PLEINS. âÔg