‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 105 sur 266 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

MISGHNÂ^

t. A partir de quel moment récite-t-on la prière du schéma F.a. du soir? Depuis Tinstant auquel les sacerdotes rentrent au temple pour manger de la troumd ou oblation, jusqu'à la fin de la première veille. C'est Tavis de R. Eliézer; les (autres) sages disent jusqu'à minuit, et R. Gamaliel dit : jusqu'au lever de l'aurore.

2. Voici un fait (à l'appui de cet avis) : Ses fils, revenant une fois d'un festin (potatio) après minuit, lui dirent : Nous n'avons pas encore récité le schéma'. Il leur répondit : Si l'aurore n'est pas encore levée, vous êtes obligé de faire ladite prière.

3. Non-seulement pour ce sujet, mais pour tout ce que les sages ont limité par l'heure de minuit, il est permis légalement de l'accomplir jusqu'à l'aurore.

4. La combustion des graisses ou de membres de certains sacrifices, ainsi que la consommation de tout ce qui a la journée pour limite, peut également être accomplie jusqu'à l'aurore. Pourquoi alors dit>K)n jusqu'à minuit, pour éloigner l'homme du péché (par une limite anticipée) ?

' Pour les notes explicatives sur la Mischnâ , voir I" partie.

GUEMARA.

De quelle source le tana ^ déduit-il f obligation de lire le schéma* f pour quel motif commencer par la forme intenrogative : tr A partir de quel instant lu et pourquoi commencer par le schéma' du soir? Pourquoi ne pas nous renseigner d*abord sur le schéma' du matin? C*est que le tana fonde l'obligation de cette lecture sur le verset où il est écrit : En te couchant et en te levant (Deutéronome, vi, 7); et il nous apprend que Theure de dire le schéma' au coucher compte depuis rinstant auquel les sacerdotes rentrent chez eux pour manger les oblations; ou bien encore, si Ton aime mieux, on peut dire que le tana, pour commencer par le soir, s'est fondé sur ce passage du récit de la création du monde, qui s'exprime ainsi (Genèse i, 5) : Il fut soir, il fut matin, un jour (et dans cette énumération, il est d'abord question du soir). S'il en est ainsi, pourquoi enseigne-t-on la règle suivante à la fin de la Mischnâ^l Le matin (y est-il dit), on récite deux bénédictions avant le schéma' et une après, et le soir deux bénédictions avant et deux après; pourquoi ne pas commencer aussi par le soir? C'est que le tana a commencé par exposer ce qui concerne le schéma* du soir, puis il a passé à celui du matin; et après avoir enseigné tout ce qui concerne le matin, il est revenu sur certains détails qui concernent le soir.

Mar' dit (dans cette Misehnd) : «r Depuis l'heure à laquelle les sacerdotes mangent l'oblation.'» Et depuis quelle heure la mangent-ils ? Depuis l'apparition des étoiles. Alors pourquoi ne pas dire de suite : depuis l'apparition des étoiles ? C'est que cette expression a pour but de nous apprendre encore autre chose : les sacerdotes ne doivent manger de l'oblation qu'après la vue des étoiles^; et nous apprenons par là que si le sacrifice expiatoire n'est pas en- 4;ore offert, ce retard ne forme pas un obstacle à la consommation. Ainsi nous lisons (dans le Pentateuque) : Lorsque le soleil vient, il est pur (Lévitique, xxii, 7). Tant que le soleil n'est pas couché, il est défendu au sacerdote de manger les oblations^; mais (dès que le soleil est couché), quoique le sacrifice expiatoire ne soit pas encore offert, le sacerdote peut en manger (il est considéré comme entièrement purifié). Mais d'où sait-on que ces mots le soleil vient veulent dire que le soleil se couche ? Peutrétre cette expression signifie-t-elle que le soleil se lève, en se .rapportant au jour suivant, et les mots U est pur

* Chaque auteur ou collaborateur de * Mischnâ, 6* partie, tr. Kelim, ch. i, la Mischnâ s'appelle tana, pluriel tanaîm, S 5 ; tr. Negdim, ch. xiv, S 3.

comme les divers rabbins de la Guemara * Commentaire Torath-Cohanimy sec- '

reçoivent le nom générique d^amoraïm. tion Emor, ch. iv, S 5; Talmud, tr. Fe-

* N" 7 de ce même chapitre. baméth, fol. 7/i\ ^ I^ maître 011 le préopinant.

Page 1