‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 106 sur 266 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

s'appliqueraient à l'homme qui, après avoir fait son sacrifice (et non pas auparavant) , pourrait manger des obiations. Rabba fils du R. Schila répond ceci : F. a\ Si le mot pur ( nnoi) devait se rapporter à i*homme, il eût été expriipé au futur: Ilsepurijiera; par conséquent, de ce que ce mot est au présent, il résulte qu'il s'applique au jour (cela veut dire : dès que le jour est fini, au même moment, l'homme est pur); d'après le dicton vulgaire, le soleil arrive et le jour s'éteint. Cette réponse de Rabba fils de Schila n'est pas parvenue aux rabbins d'Occident (Palestine ou Jérusalem): ils ont donc fait aussi une obr jection : comment le terme Uvient (k3i), disent-ils, s'applique-t-il au soleil et le mot pur au jour même? Peut-être s'agit-il là (comme on l'a déjà supposé) de l'arrivée de la lumière solaire au matin, et le mot pur s'applique-t-il à rhomme. Ils ont ensuite expliqué ce verset à l'aide de la Berattha^; car on y lit que l'apparition des étoiles sert d'indice dans cette occasion, et on en conclut qu'il s'agit du coucher du soleil.

(c A partir du moment auquel les sacerdotes rentrent pour manger des obiations. 1)

Il a été fait une objection à cette limite indiquée par la Mischnâ; car on a appris ailleurs : A partir de quel instant lit-on le schéma' du soir? Depuis le moment où le pauvre rentre manger son pain avec du sel, jusqu'à l'instant où il cesse son modeste repas. La fin de cet intervalle est certainement en contradiction avec la Mischnâ (selon laquelle la durée de la récitation du schéma" est beaucoup plus longue). Est - ce que le commencement ne la contredit pas également? Non, les limites données par l'exemple du pauvre et celui du sacerdote sont conformes^. On a fait une autre objection : Quand commence-t-on la lecture du schéma' du soir ? Lorsque les hommes rentrent pour prendre le repas du vendredi soir ; tel est l'avis de R. Méir. Les autres sages disent : c'est à partir du moment où les sacerdotes sont purs pour manger des obiations. (Or, si les sages s'expriment ainsi pour manifester une opinion contraire, il paraîtrait que leur limite ne s accorde pas avec la précédente. Comment donc expliquer cette contradiction ?) C'est que le signe matériel de cet instant est la vue des étoiles. Si ce signe n'est pas manifestement indiqué dans la Rible, il y est du moins fait allusion par ces mots (Néhéinie, iv, 31) : Nous travaUUons et la moitié cF entre nous veillaient^ la lance à la ntoîn, depuis le

' Le passage nommé beraïtha contient Talmud, et on les reconnaît au mot inides propositions ajoutées subséquemment tial tania ou tanou rabbanan, à la Mischnâ , sans pourtant y avoir été ' Elles ont lieu toutes deux au coniinsérées. Elles sont disséminées dans le niencement de l'apparition des étoiles.

22â TRAITÉ DES BERAKHOTH.

koer de Vaurore juiqu^à la tartie des iUnlee; puis il est dit: La nuUf noue devions veilier^ et le jour, travailler. Qa*indique ce nouveau verset? Ceci : si Ton supposait qu^dës le coucher du soleil il fait nuit, on opposerait à cette hypothèse Tusage de ceux qui travaillent bien plus tard, ou de ceux qui commencent avant le jour. On nous a donc fait entendre ces mots : La nuit servait à veSler et le jour à travailler (ainsi les limites du j4hr et de la nuit sont définies par la sortie des étoiles et le lever de l'aurore; et comme le travail avait lieu jusqu'à la sortie des étoiles, cela indique la fin du jour). On peut donc admettre que rinstant du repas des pauvres et de celui des hommes ordinaires est conforme. Mais si Ton admet que le repas des pauvres et celui des sacerdotes ont aussi lieu au même instant, l'avis des sages (qui donnent pour limite le repas du sacerdote) ne se confondrait-il pas avec celui de R. Méir (qui assigne pour limite celui des hommes ordinaires) ? Ou bien faut-il supposer que l'heure du repas du pauvre se distingue de celle du sacerdote? Non, ils ont tous deux la même heure, tandis que celle des pauvres et celle des hommes ordinaires ne sont pas les mêmes. Mais celle du pauvre et celle du sacerdote sont-elles bien pareilles? N'y a-t-il pas en ce cas une objection à tirer de l'enseignement suivant? A partir de quel instant, est-il dit, commence la lecture du schéma' le soir? Depuis l'instant auquel le sabbat se trouve sanctifié, la veille au soir (* à l'issue du jour); c'est l'avis de R. Éliézer;R.Josué dit: Depuis l'instant auquel les sacerdotes sont purifiés pour manger des oblations; R. Meir dit : Depuis l'instant auquel les sacerdotes prennent le bain de purification pour manger de ces oblations; R. Juda lui objecta (que cette limite n'est guère possible), car les sacerdotes (impurs) doivent prendre leur bain pendant qu'il fait encore jour ^ ; R. Hanina dit : Depuis l'instant auquel le pauvre rentre pour manger son pain avec du sel; R. Achaï ou R. Acha dit : Depuis l'instant auquel la plupart des hommes rentrent pour s'attabler. Or, si l'on admet que la limite du pauvre et celle du sacerdote sont pareilles, l'avis de Hanina (qui donne à cette lecture la limite du pauvre) n'est-il pas semblable k celui de R. Josué (qui indique la limite des sacerdotes)? Non, et cela prouve que ces deux limites représentent des mesures différentes. Laquelle des deux est postérieure à l'autre? Il parait que c'est celle du pauvre, car si celle-ci était moins tardive, l'avis de R. Hanina (qui l'admet comme limite) se confondrait avec celui de R. Éliézer^; il est donc bien prouvé que celle-ci est postérieure.

On vient de dire : «rR. Juda objecta à R. Meir (que cette limite du sacerdote n'est guère possible), car les sacerdotes (impurs) prennent leur bain

' Ud peu plus loin, le Talmud explique * L'instant fixé par lui est celui du

de quelle manière R. Meir a i*épondu à repas des sacerdotes. cette objection.

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