CHAPITRE PREMIER
deux (à quoi bon alors les explications relatives aux deux cas précédents) ? Cest que, s'il y en a deux, leurs paroles seront inscrites dans le livre des souvenirs, ce qui na pas lieu pour une seule. Si ce point est admis, pourquoi parler du cas où ils sont trois ? Cest qu'on aurait pu croire qu'au sein du tribunal établi seulement pour la paix la Providence ne réside pas; c'est pourquoi on nous apprend que l'exercice de la justice est autant aimé de Dieu que rétude de la Loi. S'il en est ainsi pour trois, pourquoi parler du cas où ils sont dix? C'est que, pour une réunion de dix, qui forment l'assemblée, l'Eternel va au-devant d'elle; mais, pour trois, rEtemel se manifeste seulement lorsqu'ils sont assis ensemble.
Le même auteur dit aussi : Qu'est-ce qui semble prouver que Dieu porte des phylactères? C'est qu'il est dit (Isaïe, lxiii, 8) : L Etemel jure par sa droite et par la force de son bras. Or, l'expression par sa droite représente la Loi , puisqu'il est dit (Deutéronome,xx\iii,9) :A sa droite se trouve le feu de Loi pour eux; et les termes par la force de son bras indiquent les phylactères, comme il est dit : Dieu donne la force à son peuple (Psaume xxix, 1 1), ce qui pour Israël est symbolisé par les tephilin, en verlu de ce verset (Deutéronome, xxviii, lo) : Tous les peuples de la terre verront que le nom de V Etemel a été désigné par toi, et ils te craindront. Ce signe qui doit inspirer la crainte, c'est, selon R. Éliézer le Grand, les phylactères de la tête. Mais, demanda R. Nahman bar-Isaac à R. Hiya bar-Abin, que peut-il être écrit dans les phylactères que porte le Maître de l'univers (ils ne sauraient conlenir, comme ceux des hommes, le devoir de l'adorer)? On y trouve ce verset (I Chroniques , xvii , 21): Y a-t-U une seule nation sur la terre qui ressemble à ton peuple d Israël? Mais convient-il de glorifier Dieu par les louanges d'Israël? Oui, comme il est dit (Deutéronome, xxvi, 17) : Tu as reconnu aun jourdhui rEtemel ; puis il est dit : Et Dieu fa reconnu en ce jour. Ainsi rÉternel a dit à Israël : Vous m'avez préféré à tout ce monde, et moi je vous ai distingués entre tous les peuples de l'univers ; votre profession de foi est formulée dans ce verset : Écoute Israël, f Etemel est notre Dieu, V Étemel est un [ibid. vi, &) , et moi je vous choisis entre tous, ainsi qu'il est dit au verset précité : Y a-t-ilune seule nation sur la terre qui ressemble à ton peuple d Israël? Tel est en somme, dit R. Acha, fils deRaba, à R. Asché, le verset qui se trouve dans l'une des quatre cases des tephilin. Quels versets peut-il y avoir dans les autres cases? Les suivants, répondit-il : Quelle est la grande nation, etc. (Deutéronome, vi, 9)? £t y Or-t'U une grande nation... (ibid.)l Heureux, Israël... {Und. xxxiii, 99). Où Dieu éprouve-t'il. . . (ibid. iv, 3)? Pour te placer à la tête, etc. {ibid. xxvi, 19). S'il en était ainsi , qu'on mit chacun de ces versets dans une case spéciale, n'en faudrait-il pas plus de quatre? Non, en réunissant les deux premiers versets dans une case, ou en les disposant tous dans les phylactères du bras qui n'ont F. 6' qu'une case.
Rabin bar-R. Ada dit encore au nom de R. Isaac : Si un individu a pris Thabitude de se rendre à la synagogue et quil n'y aille pas un jour, Dieu lui demande compte de sa négligence, ainsi quil est dit (Isaîe, l, lo) : Qud en parmi voua celui qui craint Dieu, qui écoute la voix de son serviteur^ qui parcourt fer ténèbres sans clarté? Cestrà-dire, si c'est pour un devoir religieux qu'il marche, il verra clair, même dans les ténèbres; mais non pour un sujet profane. Et U se fiera au mm de V Etemel {ibid.). Pourquoi ajoute-t-on ces mots? Pour en faire un reproche à ceux qui n'éprouvent pas cette confiance.
R. Yochanan dit : Si rÉtemel , en pénétrant dans une synagogue, n'y trouye pas dix individus réunis pour la prière, il est irrité de ce défaut d'assiduité, en vertu de ce verset {Und. ù) : Pourquoi suisse venu s^il n'y a personne f Toi appelé et personne ne ma répondu. R. Helbo dit au nom de R. Houna : Celui qui se fixe une place déterminée pour la prière sera secouru par le Dieu d'Abraham; et s'il meurt, on dira de lui que c'était un homme modeste et pieux, digne disciple de notre patriarche Abraham. Et comment sait-on qu'Abraham avait agi ainsi? C'est qu'il est dit (Genèse, xix, 97) : Abraham se leva de grand matin et se rendit à remplacement ou il s'était arrêté. Or, Varrét désigne implicitement la prière, comme il est dit : Pinehas se leva et pria (Psaume cvi, 3o ). R. Helbo dit aussi au nom de R. Houna, qu'en sortant du temple on ne doit pas faire de grands pas comme si l'on avait hâte de le quitter. Toutefois, dit Abayé, cette recommandation n'a lieu que pour la sortie; mais, pour arriver, on doit au* contraire se dépécher, comme il est dit : Courons pour connaître Dieu (Hosée, vi, 3). R. Zeira dit : En principe, lorsque je voyais les rabbins courir le samedi pour se rendre au sermon , je me disais qu'ils transgressent ainsi la solennité du jour ^ ; mais je me suis mis moi-même à courir dès que j'ai appris l'avis de R. Tanhoum au nom de R. Josué ben-Lévi, selon lequel l'honmie doit se hâter pour écouter les enseignements religieux, même le samedi, ainsi qu'il est écrit (Hosée, XI , 10) : Ils courent voir V Etemel comme un lion enjureur, etc.R. Zeira dit que la récompense de ceux qui suivent ce cours est due plutdt pour la couine que pour l'audition (dont maintes fois on ne conserve rien dans la mémoire); de même, selon Abayé, la récompense pour assister aux cours du samedi avant les fêtes est due pour la gêne qu'on éprouve dans cette foule d'auditeurs ; selon Rabba , celle d'une bonne leçon est due pour la peine qu'on s'est donnée de comprendre; celle d'une visite à des gens en deuil a pour cause, selon R. Papa, le silence qu'on s'est imposé; le principal mérite d'un jeûne réside, selon Mar Zoutra, dans la charité qu'on fait en ce jour, et celui d'une oraison funèbre réside, selon R. Schescheth, dans le ton lamentable qu'on loi
* On dit au traité Schabbath , foi. 1 1 3 , qu'on ne doit pas se fatiguer par la course en co jour.