‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 131 sur 266 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

fait sortir les enfants d'Israël du pays d'Egypte, Mais on dira : Vive Dieu qui a fait remonter et qui a ramené la postérité d Israël du Nord et de tous les pays où ils avaient été exilés. Cela ue veut pas dire, répliquèrent les sages, que le fait de la sortie d'Egypte sera annule, mais seulement que la domination étrangère est le principal exil, tandiâ que la sortie d'Egypte n'en est que l'accessoire. Ainsi il est dit : On ne t'appellera plus Jacob ^ mais ton nom sera Israël (Genèse, xxxv, lo); on ne veut pas dire par là que le nom de Jacob sera anéanti, mais il sera ajouté à celui d'Israël, qui sera le principal. De même il est écrit (Isaïe, xlui, i8) : Vous ne vous souvenez plus des choses passées , vous ne considérez plus ce qui s'est passé autrefois. La première partie de ce verset se rapporte à la domination étrangère, et la seconde à l'esclavage d'Egypte. Je vais faire une chose nouvelle , est-il dit ensuite, qui va éclore maintenant; ceci, dit R. Joseph, fait allusion à la guerre de"* Goget Magog. Pour mieux faire comprendre ce sujet, on l'a expliqué par un mythe : Un homme , en suivant son chemin , rencontre un loup ; il échappe à ce danger et commence à raconter une histoire de loup. Puis il rencontre un lion auquel il échappe; il oublie alors l'histoire du loup pour raconter une histoire de lion. Enfin il rencontre un serpent auquel il échappe; il oublie les deux précédentes histoires pour raconter celle du serpent. Il en est de même pour Israël ; les dernières tribulations ont fait oublier les premières.

Abram est le même nom qu'Abraham, c'est-à-dire qu'il était d'abord le père d'Aram, puis il est devenu le chef de toute la terre. Saraï ou Sara est le même nom; elle était d'abord maîtresse de sa nation, puis princesse sur tout le monde. Bar-Kapara a enseigné qu'en nommant Abraham du terme abrégé d'Abram, on transgresse le commandement suivant :Ton nom sera Abraham (Genèse, xvi, 5). Selon R. Éliézer,on transgresse même la défense négative, exprimée en ces mots : On ne t'appellera pas Abram. S'il en est ainsi , la même loi s'exerce-t-elle au sujet de Sarah? Dieu l'a prescrit à Abraham en ces termes : Tu n'appelleras plus ta femme Saraï, mais Sara. La même défense a-t-elle aussi lieu pour Jacob? Non, car la Bible même se sert encore de ce nom, comme il est écrit : Dieu dit à Israël dans les visions de la nuit , et il dit Jacob , Jacob {ibid. xlvi, û ). Mais, objecta R. Yossé bar-Abin ou R. Yossé bar-Zebida, n'est- il pas dit : Tu es r Etemel Dieu qui as choisi Abram (Néhémie, ix , 7) ? Ceci, fut-il répondu, est différent, en ce que le prophète loue TEternel d'avoir choisi Abram dès le principe (avant qu'il soit Abraham).

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274 THAITE DES BERAKHOTH.

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