CHAPITRE PREMIER
riiomnie dil ilaiis la prière de T'amû/a les formules «r Dieu saint,)) trroi qui aime la justice et Tëquitë; )? mais aux dix jours de pénitence entre le jour de Tan et le jeûne de Kippour, on dit «rroi saint?) et crroi équitable.)) R. Eliézer dit qu*au besoin la formule ordinaire suffit, selon ce verset (Isaïe, v, 16): VEtemel Sebaoth s'est élevé par F équité, et le Dieu saint a été sanctifié par la justice. Or quand est-il élevé par Téquité? Pendant ces dix jours, et cependant on le nomme, dans le même verset, Dieu saint (cela prouve qu'on peut dire celte formule). En somme, que doit-on dire? Selon R. Joseph, «rDieu saint?) et rroi qui aime la justice et Téquité;?) selon Rabba <r]e roi saint?) et «tle roi de réquité,)) dernier avis qui sert de règle.
Le même auteur dit encore : Si Ton peut implorer la miséricorde en faveur de son prochain et qu on ne le fasse pas, on est un malfaiteur, comme il est dit (I Samuel, xii, sS) : Quant à moi, loin de mot de commettre envers Dieu le péché de cesser mes prières en votre faveur. S'il s'agit, dit Rabba, d'un talmudiste, on doit implorer pour lui. Pourquoi? Est-ce parce qu'il est dit (I Samuel, xxii, 8) : Personne de vous n^est touché de mon état et ne révèle rien à mes oreilles f Ici , c'est différent, parce qu'il s'agit d'un roi. C'est donc de ce verset qu'on le déduit : Et moi, lorsqu'ils souffraient , je revêtais un sac; f affligeais mon âme par le jeûne; je priais toujours pour eux dans mon cœur (Psaume xxxv, 1 3).
II dit enfin : Celui qui, après avoir commis un péché, en a honte, reçoit le pardon de tous ses péchés, comme il est dit (Ezéchiel, xvi, 63) : Afin que tu l'en souviennes et que tu sois honteuse et que tu naies plus la hardiesse d'ouvrir la bouche, à cause de ta confusion, après que f aurai été apaisé envers toi, pour tout ce que tu auras fait, dit le Seigneur, F Etemel. Toutefois, comme ce verset parle de ia honte publique, il se peut qu'il ne prouve rien. En voici donc un autre qui sert d'appui (I Samuel , xxvui, ib): Et Samuel dit à Saûl : Pourquoi as-tu troublé mon repos , en me faisant monter? Et Saul répondit : Je suis trèsnnquiet, car les Philistins me font la guerre, et Dieu s'est retiré de moi, et il ne m'a plus répondu, ni par les prophètes, ni par les songes; c'est pourquoi je fai appelé, afin que tu me fasses entendre ce que f aurai à faire. Là on ne mentionne pas l'oracle par les Ourim et Tummim; c'est que le roi avait ruiné Nob, la ville des prêtres. Comment savaitil que le ciel l'avait abandonné? C'est qu'il est écrit {ibid. 19): Et SevMtel dit à Saul: Demain, tu seras avec tes fis chez moi, c'est-à-dire, selon R. Yochanan, dans mon enceinte ^ Les rabbins se fondent sur ce verset (II Samuel, xxi, 6) : Et nous les pendrons devant F Etemel, au coteau de Saûl, F élu de F Etemel. Une voix céleste se fit entendre et répéta ces derniers mots : Il est Félu de FÉtemel {sur le point de mourir).
R. Abahou ben-Zoutarti dil pour R. Juda bar-Zebida : On avait voulu d'abord
' Tr. Eroubin, fp!. 53''.
introduire la section de Balak dans la lecture du 8chema\ et on ne Ta pas fait pour ne pas fatiguerle public. Et pourquoi avait-on eu en principe Fidëe de Ty placer? Est-ce parce qu'il y est dit (Nombres, xxiii, as): Dieu qui les délivra de V Egypte? S'il en est ainsi, qu'on lise la section du prêt à intérêt, ou celle qui est relative aux poids, où il est aussi question de la sortie d'Egypte. C'est, selon R. Yossë bar-Abin, en vertu de ce verset {ibid. xxiv, 9) : // s^ agenouille, se couche conune le lion et la lionne; qui le ferait lever! Pourquoi alors ne pas dire ce verset seul, sans rien y ajouter? C'est qu'on a enseigné qu'il faut diviser les sections comme l'a fait Moïse, et ne pas agir autrement ^ Pourquoi a-t-on institue la lecture de la section des tsitsith (franges, Nombres, xv) ? C'est, dit R. Juda bar-Habiba. parce qu'on y trouve mentionnés cinq sujets : le précepte des teitsith, la sortie d'Egypte, le joug céleste, l'hérésie, la pensée du mal, l'idolâtrie. On y trouve bien l'indication des trois premiers sujets : 1*^ dans les mots vous le verrez et vous vous souviendrez de tous les préceptes divins (89); ^^ ils se feront des tsitsith (38); 3^ je vous ai tiré de V Egypte pour que je sois votre Dieu; je suis F Étemel votre Dieu (Ui). Mais où est-il question de l'hérésie, de la pensée du mal et de l'idolâtrie? Lorsqu'il est dit : après votre cosur\ on fait allusion à l'hérésie, comme il est dit (Psaume xiv, 1) : U impie s est dit en son cceur quil n'y a pas de Dieu. Les mots vers vos yeux font allusion à la pensée du mal, conformément à ce verset (Juges, XIV, 3) : Samson dit à son pire de lui choisir celle-ci pour sa femme y car elle plaisait à ses yeux; et enfin l'expression vous les suivez indique (par l'identité des termes njî) la pensée de l'idolâtrie, selon ce verset {^id. viii, ii) : Ils se livrèrent aux idoles de Baal.
9 (5). On rappelle dans la prière du soir la sortie d'Egypte (Nombres, xv, 87). R. Eliézer ben-Azariâ dit : Je suis presque un septuagénaire , et je n'ai pu parvenir à faire réciter à la nuit la Sortie d'Egypte^ que lorsque Ben-Zôma l'eut déduite de ces paroles (Deutéronome, xvi, 2) : Souviens-toi de Tinstant où tu es sorti du pays £ Egypte y tous les jours de ta vie. Les jours de ta vie représentent le jour (en général) ; l'addition du mot tous indique aussi les nuits. Selon les sages, les^oiir* de ta vie représentent la vie actuelle, et le mot tous comprend les jours du Messie.
On a enseigné que Ben-Zôma disait aux sages : Au temps du Messie, Israël n'aura plus lieu de rappeler la sortie d'Egypte , parce qu'il est dit ( Jérémie , xxiii , 7) : Voici, les jours viennent, dit F Etemel, oi Fort ne dira plus : Vive Dieu qui a
' Tr. Taanith, fol. af; tr. }feghil/â, fol. 5 a'.