‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 133 sur 266 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

lement qu il faut s'appliquer à la lecture, ce qui a eu lieu effectivement, sans * qu'il soit indispensable de songer au sens du schéma* ^ et Ton en excepte celui qui parcourt le texte pour en corriger les fautes (et ne le litpas oiliciellement).

La lecture d'office du schéma* ^^ selon renseignement des rabbins, doit se faire d'après le texte original (en hébreu). C'est l'avis de Rabbi; mais selon les sages, elle peut se faire en toute langue. Le premier se fonde sur l'expression rm : Que ces préceptes soient (Deutéronome,yi, 6), c'est-à-dire qu'ils conservent leur forme primitive. Les sages, au contraire, invoquent eu faveur de leur avis le terme schema\ entends, c'est-à-dire quelle que soit la langue qu'on comprend. Quant à Rabbi, il applique ce terme à une autre règle, à savoir qu'il faut que l'oreille perçoive ce que disent les lèvres , ce qui n'est pas exigible selon les sages. Ceux-ci, de leur côte, se fondent sur l'expression qu'Us soient pour interdire la lecture au rebours ; tandis que Rabbi conclut cette interdiction de ce qu'il est dit (rces motST) (et non : les mots, c'est-à-dire dans ce même ordre), ce dont les sages ne déduisent rien. Il paratt que, selon Rabbi, toute la Loi peut se dire en une langue quelconque; sans quoi, si elle ne pouvait se dire qu'en hébreu, à quoi bon serait-il dit (spécialement pour le schéma*) : Qu'ils soient (tels)? Il a fallu cette recommandation pour qu'on ne déduise pas l'inverse du terme entends (en une langue quelconque). De même, il semble que, selon les rabbins, toute la Loi ne doit être dite qu'en hébreu ; sans quoi, si elle pouvait être récitée en une langue quelconque, qu'y a-t-il à déduire (spécialement) du terme entends? Il en faut conclure qu'il n'y a pas lieu d'attribuer à l'expression qu'ils soient l'avis de Rabbi (que l'audition importe lo plus). *

Les sages ont donc enseigné ceci : On déduit des mots quils soient qu'il ne faut pas lire à rebours, et de l'expression ces préceptes sur ton cœur, que l'attention soutenue est seulement exigible jusqu'à ces mots. C'est l'avis de R. Eliézer. Selon R. Akiba, elle est exigible pour toute la section, en vertu de ces mots que je (ord&nne aujourd'hui (c'est-à-dire ci-après). Et Raba, petit-fils de Hana, F. \Z dit au nom de R. Yochanan que cet avis sert de règle. Selon d'autres, cet énoncé de Raba se rapporte à ce qui suit; car on a enseigné que celui qui lit \e schéma* doit y appliquer son attention. Selon R. Acha, au nom de R. Juda, il suffit d'appliquer l'attention au premier chapitre. Et c'est ce dernier avis qui est confirmé par Rabba. On a enseigné, en outre : Les mots qu'iU soient indiquent qu'il ne faut pas lire à rebours; jusqu'aux mots sur ton cœur, il faut,, selon R. Zoutra, appliquer son attention; mais, quant à la suite, il suffit de la lire. C'est l'inverse, selon R. Josias : la simple lecture suffit jusqu'à ce point, et l'attention est exigible à partir de là^. Pourquoi selon le premier avis suffit-il

' Ce qui est contraire à ropinion de * On admet Thypothèse que Tun des

Rabba (tr. Rosch-hascliand , fol. q 8' ) , selon deux actes , soit Tattention , soit la lecture , lequel c'est inulilo. suffit et dispense de Taulrc.

iS.

de lire ia suite? Est-ce parce qu'il est dit (dans la seconde section, Deutéronome, xi, 19): Vous leur apprendrez à en parler? Mais n est-il pas dit aussi, dans la première section (¥1,7): Tu en parleras (donc ces mots ne sauraient indiquer que renonciation suffit)? En effet, on veut dire que le premier chapitre exige à la fois l'attention et la lecture, et que celle-ci suffit seule pour la suite. Les deux sont exigibles pour la première section , en vertu de ces mots : Sur ton ccBur (par la pensée) , tu en parleras; et si la même idée est exprimée dans la seconde section, elle fait allusion, selon R.Isaac, à la position des phylactères du bras droit (qu'on doit attacher à Tavant-bras), en face du cœur^ Il faut interpréter de même Tavis précité de R. Josias : pour le premier chapitre il exige les deux actes, en se fondant sur ce même verset; et, pour le second, Tapplicalion de l'attention suffit; car, selon lui, la même idée qui s'y trouve exprimée se rapporte à l'étude de la Loi, c'est-à-dire l'Éternel nous reconmiande d'enseigner la Loi aux enfants, afin qu'ils. sachent la lire.

Le premier verset du schéma^ selon un autre enseignement, exige toute l'attention; c'est l'avis de R. Meir, confirmé par Raba. Symachos nous apprend que celui qui s'arrête longtemps^ sur le mot inH (unique) jouira d'une longue vie; il faut appuyer, dit Acha bar-Jacob, sur la dernière lettre , et ne pas omettre le n du milieu, dit R. Asché. R. Jérémie, se trouvant devant R. Chiya bar-Aba, remarqua qu'il s'arrêtait trop longtemps; il suffit, lui dit-il, que tu embrasses par la pensée le ciel, la terre et les quatre points cardinaux (où Dieu, partout présent, est unique).

Selon R. Nathan bar-Mar Oukba, au nom de R. Juda, il faut se tenir debout jusqu'aux mots sur ton cœur inclusivement; mais selon R. Yochanan, il faut se tenir dans cette position respectueuse pendant toute la première section. Il se conforme en cela à l'approbation analogue qu'il avait déjà exprimée ailleurs.

Le premier verset seul du schéma' constituait, dit-on, toute la récitation faite par R. Juda Hanaci. Quand, demanda Rab à R. Chiya, ce R. Juda faisait-il la prière (puisque dès l'aurore il était occupé à instruire ses disciples)? C'est, grand prince ^. lui répondit-il, pendant qu'il se couvrait le visage de ses mains. Achevait-il plus tard cette récitation dont il* n'avait dit que le premier verset ? Non, d'après Bar-Kapara, et oui, d'après R. Simon bar-Rabbi. Le premier dit à l'autre : A mon avis , on s'explique que Rabbi ait fait répéter à ses élèves le passage contenant le récit de la sortie d'Egypte (ne l'ayant pas dit lui-même); mais à quoi bon cette répétition d'après ton avis? — Pour rappeler ce fait en temps opportun, répondit-il.

* Pour méditer sur l'unité de Dieu. ' Sur ce terme, voir Schabbatk,î. Sô**

* Commentaire de Sj^i sur We-etha- el 29'; tr. Natir, fol. 59'. nan, 35; tr. Menahoth , fol. oiV'.

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