‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 134 sur 266 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Selon R. lia» fils de R. Samuel bar>Marata, au nom de Rab, celui qui, après avoir récité le premier verset du 8ch€ma\esl surpris par le sommeil, a pourtant accompli le devoir. R. Nachman recommandait £t son serviteur Daru de le tenir éveillé, au risque de le tourmenter, pour le premier verset, mais pas davantage. Cest ainsi qu'agissait aussi le père de R.Joseph, nommé Raba (qui par faiblesse succombait au sommeil). On ne doit pas réciter le schema\ dit R. Joseph, lorsqu'on est couché sur le dos. Mais est-il méjne permis de dormir ainsi? R. Josué ben-Lévi n a-t-il pas maudit celui qui restait dans cette posture orjjueilleuse? C'est vrai, réponditr-on; aussi doit-on se pencher un peu de côté, tandis que pour le 8chema\ cette légère inclinaison ne suffit pas; on n'a fait d'exception à cette règle qu'en faveur de R. Yochanan, eu égard à sa corpulence.

rr Entre les sections on salue, etc. r

Dans quel cas peut-on alors répondre? Ce ne saurait être pour rendre honneur, puisque, en ce cas, il faut même adresser le premier le salut; donc, on s'informe de la santé de celui que l'on veut honorer, et l'on répond à chacun. Comment alors expliquer la fin de la Mischnâ? «r Au milieu, dit-elle, on s'informe en cas de danger, et l'on répond, -n Ce ne saurait être dans le même cas qu'il est prescrit de répondre, puisqu'alors il faut même s'informer le premier. Donc, c'est en cas d'honneur à rendre que l'on répond au milieu d'une section. Mais alors n'est-ce pas le même avis que celui de R. Juda? D'après son avis, est-il dit, on s'informe au milieu, en cas de danger, et l'on répond à celui que l'on veut honorer; entre les sections, on adresse le salut pour rendre honneur, et l'on répond à chacun (pourquoi alors ce second avis, si les deux sont conformes?). En effet, la phrase est elliptique et il faut la compléter ainsi : entre les sections, on adresse le salut pour rendre honneur, et à plus forte raison on répond; au milieu, on adresse le salut en cas de danger, et k plus forte raison on répond. Tel est l'avis de R. Meir. R. Juda exprime l'opinion précitée. On a F. i&'. enseigné de même que si, pendant la lecture du schéma^ on rencontre son maître ou un supérieur, on lui adresse le salut entre les sections pour lui rendre honneur, et à plus forte raison on répond; au milieu , on adresse le salut en cas de danger, et à plus forte raison on répond. Tel est l'avis de R. Meir. Selon R. Juda, on salue au milieu, en cas de danger, et l'on répond pour faire honneur; entre les sections, on salue celui qu'on veut honorer et l'on répond à chacun. Achi, qui étudiait chez R. Hiya, lui demanda : Peut^on s'interrompre pour le salut, au milieu de la lecture du hallel ou du récit d'Esther? Doit-on conclure l'affirmative par voie d'à fortiori du schema\ et dire : puisque pour celui-ci, quoique proscrit parla Loi de Moïse, il est permis de s'interrompre,

à plus forte raison est-ce permis pour des préceptes rabbiniques? ou bien la proclamation des miracles divins, faite par Tune de ces deux lectures, estelle supérieure^ au point de ne pas autoriser l'interruption? On peut s'interrompre, lui répondit- il. Aux jours de fête, dit Rabah, où Ton dit le hallel au complet^, on peut s'interrompre entre les sections, non au milieu d'elles; et aux jours où on ne le dit qu'incomplètement, on peut s'interrompre même au milieu. Est-ce bien vrai? Rab bar-Scheba n'est-il pas arrivé chez Rebina en un tel jour, sans que Rebina se soit interrompu? Cest qu'il était supérieur au nouveau venu (et n'avait pas besoin de s'arrêter pour lui).

Aschian, qui étudiait chez R. Amé, lui demanda : Peut-on un jour déjeune goûter aux mets, pour savoir s'ils sont bien cuits? Faut-il considérer que la nourriture seule est interdite en ce jour, et qu'on n'enfreint pas cette défense? Ou bien la jouissance qui a lieu en ce cas est-elle aussi interdite? — On peut y goûter, répondit^il, sans que le jeûne soit interrompu pour cela. On a enseigné cela également ailleurs , en disant que le goûter n'exige pas de bénédiction préalable, pourvu que, disent R. Amé et R. Assé, cela ne dépasse pas une certaine mesure (hug).

Rab dit que si l'on salue son prochain avant d'avoir prié Dieu, il semble qu'on l'adore au-dessus de tout, ainsi qu'il est dit (Isaïe, ii, 99) : Ne mus arrêtez^ à Thomme dont le Muffie est dans les narines; car nD3 que peut-^m en faire? Or le mot nD3 , que, peut se traduire autel; et, ajoute Samuel , tu le considères comme un autel, au lieu de Dieu. Mais, objecta R. Schescheth, n'est-il pas dit qu'entre les sections on peut saluer et répondre? C'est, répliqua R. Aba, lorsqu'on se rencontre à la porte. Si, dit R. Yona au nom de R. Zeira, on se livre aux besoins de la vie avant la prière, cela équivaut à la même idolâtrie, ou du moins c'est un acte interdit, comme manque de respect. Ceci est conforme à l'avis de R. Idibar-Abin, qui l'interdit au nom de R. Isaac bar-Aschian, en vertu de ce verset (Psaume lxxxv, lU) : La justice (ici la prière) passera d^ abord devant &a, puis il se mettra en route. Le même rabbin dit que si l'on ne sort qu'après avoir prié. Dieu vous soutiendra dans les affaires profanes, en vertu du verset précité.

R. Yona dit encore au nom de R. Zeira ^, que celui qui pendant sept jours n'a pas eu de songe passe pour impie, selon ce verset (Proverbes, xix, 98), ainsi interprété : Celui qui passe sept nuits sans être visité (par un rêve) est un impie. R. Acha, fils de R. Hiyabar-Raba, dit au contraire, au nom deR. Hiya et de R. Yochanan, que ce verset fait allusion à ceci : Celui qui pour se ras-

' Talnind Babli, traité Schahhaih^ et aux Néoménies , on omet les psaumes fol. «2 3**. cxv et ex VI en partie.

' A partir dn IroisièmejourrlcPAqnes ^ Cf. plus loin, fol. fi 5*".

Page 1