CHAPITRE VIII. /i
rendraient-^iles pas impure la coupe (pourquoi supposer riniermédiaire du liquide)? Cesl que les mains sont impures au second degrés et elles ne peuvent communiquer Timpuretë au troisième degré pour des choses profanes que par les liquides ^ Selon Hillei, on mélange la coupe avant de se laver les mains; car si on le faisait après, il serait h craindre que Thumiditë des mains ne devint impure aux parois du verre, et Ton ne dit pas que le verre rend directement impures les mains, car un vase ne rend pas le corps impur, et le liquide qui s'y trouve ne devient pas impur, car il s'agit d'un vase dont l'humidité a rendu seulement impur l'extérieur, et non l'intérieur, comme on l'a enseigné^: Si, par l'humidité, l'extérieur d'un vase est devenu impur, l'intérieur, lé bord, l'anse et le pied ne sont pas impurs pour cela ; mais lorsque l'intérieur est de- F- &3\ venu impur, le tout l'est également; sur quoi roule la discussion ? Selon Schammaï, il n'est pas permis de se servir d'un vase dont l'extérieur seul est impur, de crainte que les gouttes, en rejaillissant, ne rendent les parois humides et ne propagent ainsi l'impureté; mais on ne craint pas que l'humidité rende le vase impur. Selon Hillei, il est permis de se servir d'un vase dont l'extérieur est devenu humide par un liquide; car, dit-il, il n'y a guère de gouttes qui rejaillissent sur le verre, mais il est à craindre que l'humidité des mains ne devienne impure par les parois (donc il faut se laver après le mélange). Selon une autre explication , il est bon que l'ablution des mains précède immédiatement le repas. A quoi bon celte raison nouvelle? C'est que l'école de Hillei dit à celle de Schammaï : D'après vous qui défendez l'usage d'un vase dont Texte* rieur est impur par un liquide, à cause de la crainte del'eRet des gouttes, il vaut encore mieux suivre notre avis, selon lequel immédiatement avant le repas doit avoir lieu l'ablution (et alors notre crainte se trouve écartée).
(T Schammaï dit : On essuie, eicn
Lies rabbins ont enseigné cette explication : Selon Schammaï, on s'essuie les mains h la serviette qu'on met sur la table; car si on la remettait sur le sopha, il y aurait à craindre que l'humidité de la serviette ne reçût l'impureté du sopha, et qu'en s'essuyant les mains, elles ne devinssent impures. On ne suppose pas que le sopha rende impure la serviette, parce qu'un meuble ne peut rendre impur un autre objet^, et le sopha ne peut rendre l'homme impur,
* Mischné, 6* partie; tr. Taharéth, * Mischnâ, 6* portic, traité KeUm,
rh. II , S 3. Les mains impures sont le ch. xxv, S 6.
i" d^ré, les liquides qu'ils touclient for- ' Tr. Pesahim, fol. ly^lr. Haifkigd,
nient le a" degré, susceptible de rendre fol. îîîo'. k»s vases impui*s au 3' dogrë.
parce qu'un objet ne peut rendre Thoinme impur. Selon Hillel , on la dépose sur le sopha; car si c'était sur la table, il y aurait à craindre que par celle-ci l'humidité de la serviette ne devint impure et ne rendit impurs à son tour les mets. Mais pourquoi alors ne pas dire que la table rend les mets impurs? C'est qu'il s'agit d'une table impure au second degré; or ce degré ne peut transmettre l'impureté au troisième degré pour des choses profanes que par des liquides. Quelle est donc la base de la discussion? Selon Schammaï, il n'est pas permis de se servir d'une telle table, de crainte qu'on n'y mange de l'oblatiou sacerdotale ^; selon Hillel , il est permis de s'en servir, et une telle crainte ne peut s'appliquer à ceux qui mangent de l'obiation, parce qu'ils prennent des précautions. Selon une autre raison, l'ablution des mains pour le profane n'est pas prescrite par la Loi. Qu'entend-on par là? Voici ce que Hillel dit à Schammaï: Si vous croyez qu'on éprouve cette crainte pour les mets et non pour les mains, il vaut pourtant mieux déposer la serviette sur le sopha, car l'ablution des mains pour le profane n'étant pas prescrite par la Loi , il vaut mieux s'exposer à susciter l'impureté des mains que celle des mets, interdite par un texte de la Loi.
fr Selon Schammaï, on balaye, etcv
Les rabbins ont enseigné l'explication suivante : Selon Schammaï, on balaye la chambre, puis on lave les mains, car si on se lavait d'abord, on détériorerait les restes des mets (en les mouillant); aussi, par ce motif, l'ablution n'a pas lieu au préalable. Selon Hillel, elle a lieu en premier, car si le servant est instruit, il a soin de retirer d'avance les morceaux de la grandeur d'une olive (pour ne pas les mouiller) et il ne laisse que des miettes. Ceci est conforme à l'avis de R. Yochanan, qui dit'-^ qu'on peut détruire des restes inférieurs à l'équivalent d'une olive. Quel est l'objet de la discussion? Selon Hillel, il n'est pas permis d'avoir à son service un ignorant (il n'y a donc pas k craindre pour les restes d'une certaine valeur); selon Schammaï, c'est permis (et la crainte subsiste). R. Yossé bar-R. Hanina dit au nom de R. Houna qu'on suit comme règle l'avis de Hillel pour tout ce chapitre, excepté pour ce dernier point, oiî l'avis de Schammaï prédomine; R. Oschia dit, au contraire, que même en cela on suit l'avis de Hillel.
^ Afin de pouvoir toucher à de tels terdite en ce cas, sous peine de rendre objets sacrés , la pureté doit être excessive , loblation ill^ale. pt même l'impureté au 3* degré est in- ' Tr. Schabbath, fol. i'j3\