‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 214 sur 266 · CHAPITRE VIII. fiàl · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. fiàl

ffSchammaï dit : Lumière, action de grâces, etc^

Comme R. Houna bar-Juda se trouvait chez Raba , il vit que celui-ci bénissait en premier lieu les ëpices. Mais, lui dit-il, Schammaïet Hillel ne sont-ils pas d'accord pour bénir la lumière avant tout, comme l'enseigne la Mischnâ? Oui, rëpondit'il, c'est là Tordre, selon R. Meir ; mais selon R. Juda, ils admettent tous deux que l'action de grâces doit être récitée en premier lieu et la formule de séparation à la fm ; ils ne sont en désaccord qu'au sujet de la lumière et des épîces : selon Schammaï, on bénit la lumière d'abord; selon HilleP, les épices ont la priorité (et j'agis de même). Aussi R. Yochanan dit-il qu'on a l'habitude d'agir comme Hillel, selon l'explication de R. Juda.

(rSchaoïmaï dit : Qui a créé, etc.iî

Raba dit : Tout le monde admet unanimement que par le terme qui a créé on entend le passé; ils ne sont en désaccord que sur l'expression U crée. Selon Schammaï, elle indique l'idée de création au futur; selon Hillel, c'est aussi le passé. Mais, objecta R. Joseph, n'est-il pas écrit : Il/arme la lumière et crée les ténèbres (Isaïe, XLV, 7), ou il forme les fnontagnes et crée le vent (Amos, iv, i3), ou il crée les deux et les étend (Isaïe, xui, 5)? Tout cela n'est-ce pas aussi appliqué au passé? En effet, dit-il , ils reconnaissent unanimement que les expressions U a créé ou U crée s'appliquent au passé; ils ne sont en désaccord que sur le singulier ou le pluriel du mot lumière: selon Schammaï, elle n'a qu'un éclat; selon Hillel, elle a plusieurs couleurs (la flanmie est à la fois rouge, blanche et verte ) ; il faut donc employer le pluriel. On a de même enseigné que Hillel opposa son avis k celui de Schammaï, par la raison que la lumière a plusieurs couleurs.

ff On ne bénit pas la lumière, etc. n

Cette défense se comprend pour la lumière (d'un idolâtre) , parce qu'il n'y a pas eu pour elle le repos du samedi; mais quelle est la raison pour laquelle leurs épices sont interdites? C'est que, répond R. Juda au nom de Rab, il s'agit de celles des Cuthéens, qu'on suppose d'ordinaire destinées aux idoles. Mais, comme il est dit plus loin qu'il ne faut prononcer la bénédiction ni sur la lumière, ni sur les épices des idoles, nen résulte-t-il pas qu'au commencement il ne s'agit pas d'objets d'idolâtrie? La fin, répond R. Hanina de Soura, est l'explication du commencement, c'est-à-dire, on ne doit bénir ni la lumière, ni les épices des Cuthéens, parce ([ne le plus souvent elles soni consacrées a ridniâlrie.

àà2 TRAITÉ DES BERAKHOTH.

1/68 rabbins enseignent : On bënit seulement la lumière qui a cesse de brûler le samedi, et non celle qui a brûië en ce jour sans interruption. Qu'entendon par ce dernier cas ? Est-^ce à dire qu'il s'agit de cas où elle n'a pas cesse de F. 5S\ brûler, même pour un travail permis? Mais ne dit-on pas qu'on bénit la lumière d'un malade ou de sa garde? On entend par la, dit R. Nahman baivlsaac, la cessation de tout travail interdit. On enseigne de même que sur la lumière d'une lanterne qui a continué à brûler toute la journée, on peut dire le samedi soir la bénédiction ^

Ifs enseignent aussi : Si un Cuthéen allume sa lumière à celle d'un Israélite (à l'arrivée de la nuit du samedi), ou si l'inverse a lieu , on dit la bénédiction; mais on ne la dit pas sur une lumière de Cu(héen allumée à celle d'un autre Cuthéen. Pourquoi pas en ce dernier cas? Si c'est parce que cette lumière n'a pas eu le repos sabbatique , ce ne devrait pas être non plus permis pour le cas précédent, lorsque l'Israélite l'a allumée à celle du Cuthéen, car elle n'a pas non plus eu de repos. Et il n'y a pas à dire que l'objet interdit est parti, que c'est un autre, né entre les mains d'un Israélite (et que pour cela c'est permis), car on a en^igné : 11 est défendu (le samedi) de porter une flamme sur la voie publique (où la flamme est née par le vent); pourquoi? L'objet qu'il y a laissé (la flamme) n'est pourtant pas celui qu'il en a emporté^. En effet, ou reconnaît que la défense subsiste (pour la lumière allumée à celle d'uu Cuthéen); mais ce qui est permis plus haut, c'est de bénir l'objet ajouté (la lumière nouvelle, adhérente; à ce qui n'est pas encore consumé). S'il en est ainsi, pou rquoi« interdit-on l'usage d'une lumière allumée par un Cuthéen à celle d'un autre Cuthéen? ( N'y a-t-il pas eu naissance d'une lumière autorisée?) C'est vrai; mais il y a à craindre que le Cuthéen ne l'ait allumée au jour et que cette première ne soit restée dans son état primitif (la formule de séparation ne saurait alors être dite sur celte lumière, qui n'est pas nouvelle). Les rabbins ont enseigné aussi : Si, en sortant du village (le samedi soir) , on voit do la lumière et que la plupart des gens soient Cuthéens, il n'est |)as permis de réciter la bénédiction , mais seulement au cas où la plupart sont des Israélites. IS'y a-t-il pas là une contradiction? On dit d'abord qu'en cas de majorité de Cuthéens il n'e^t pas permis de dire la bénédiction; donc c'est permis s'ils forment seulement la moitié; puis on dit que c'est seulement permis si la majorité est israélite ; il parait donc que la moitié ne suffit pas? Le fait est que s'il y a seulement la moitié, cela suffit pour bénir la lumière; mais romme on avait parlé au commencement d'une majorité de Cuthéens, on emploie un

* A la condition, dit Raschi, qu'elle lait un transport complet, cesl-îi-dire n'ait pas été allumée pendant le samedi. porter d'une habitation dans la rue. Voir ^ Pourque cette défense eût lieu, il fal- Ir. Bctsa, fol. 3 9*.

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