CHAPITRE IX. /l/i
miracle I n Et comme Mar fils de Rebina , en marchant dans la plaine d'Araboth , mourait de soif, il découvrit par miracle une source dont il but; une autre fois, parcourant le marché de Mehoza, il fut attaqué par un chameau enragé; mais à ce moment une brèche s'ouvrit dans le mur voisin, où il put se réfugier, et quand il arrivait à Araboth ou au marché de Mehoza, il bénissait le souvenir de ces miracles (n'en résulte-t-il pas qu on bénit aussi les miracles particuliers?). On répondit ceci: Pour les miracles publics, chacun dit la prière; et pour les miracles particuliers, celui-là seul que cela intéresse la récite.
Les rabbins ont enseigné : Quand on voit l'emplacement du passage de la mer Rouge ou du passage du Jourdain (sous Josué), le passage du canal d'Arnon ou les pierres d'Ëlgabisch à la descente de Beth-Horon (Josué, x, 11), ou la pierre que Og, roi de Bassan, a voulu lancer contre Israël, ou la pierre sur laquelle Moïse était assis pendant que Josué livrait la guerre à Amalek, ou la statue de la femme de Lot, ou le mur de Jéricho effondré sur place, à la vue de tout cela, il faut rendre grâce à Dieu. Or, on connaît le miracle de la mer Rouge par ce verset : Les Itraéliles passèrent au milieu de la mer à pied sec (Exode, XIV, 39), et celui du Jourdain par ces mots: Les prêtres porteurs de Porche sainte se tinrent à sec au milieu du Jourdain; tout Israël passait à sec jusquà ce que le peuple eût cessé de traverser le Jourdain (Josué, m, 17). Mais le passage du canal d'Arnon est-il aussi un miracle? Oui, puisqu'il est dit : Cest pourquoi on mentionne dans le livre des guerres du Seigneur : Eth waheb à Soupha (Nombres, xxi, i/i), ce qu'on explique ainsi : Il y avait deux lépreux ^ qui se promenaient à la lisière (*]1d) du camp d'Israël. Lorsque les Israélites durent pendant leur voyage traverser une vallée, les Émorites vinrent se creuser des F. sïV cavités pour s'y placer en embuscade, en se disant: Lorsque les Israélites passeront, nous les tuerons; mais ils ignoraient que l'arche sainte, en marchant au devant d'Israël, nivelait les montagnes à leur usage; quand elle passa, les montagnes se joignirent et ceux qui s'y étaient embusqués périrent, au point que leur sang coula dans l'Amon. Lorsque Eth et Waheb arrivèrent là, ils virent que le sang de leurs ennemis coulait du flanc des montagnes , et en firent part à leurs frères; Israël se mit alors à entonner un cantique, comme il est écrit {ibid. i5) : Ze cours ^ des terreurs qui tend vers le Ueu où est situé Hor, en s' appuyant aux frontières deMoah. Qu'ont de particulier les pierres d'Elgabisch? Ce sont des pierres qui sont restées debout à cause d'un homme {V^H 33) et
' Le premier se nommait riN , le second talmudique , en lui donnant le sens de ren-
am- verser, indique que les montagnes s'en-
' IjC mot IVH . employé ici , est de- tre-choquèrent. tourné de son sens primitif, et IVxégète
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sont tombées de même, tr Elles sont restées debout pour un homme, n pour Moïse , dont il est dit : L'homme Mom était très-modeste ( Nombres , xii , 3 ) , et il es t écrit : Les tonnerres et la grêle cessèrent , et Une tomba plus de pluie à terre (Exode » IX, 33); (relies sont tombées pour un homme, v savoir, pour Josué, dont il est dit : Prends^ toiJosué hen-Noun^ un homme qui a de V esprit (Nombres, xxtu, 18) , et il est dit : // arrioa qu'enfuyant devant Israël ils se trouvèrent à la des-cente de Beth-Horon et Dieu jeta sur eux de grande pierres ( Josué , x , 11).
Au sujet de la pierre qu Og, roi de Bassan, voulut jeter sur Israël, voici ce qu'on raconte : De combien d*espace, disait Og, se composait le camp d'Israël ? De trois parasanges ; je veux donc aller arracher un roc de cette étendue et le jeter sur leur camp, pour les tuer. Il alla Tarracher et le transporta sur la tête. Mais Dieu survint, y mit des sauterelles ^ qui percèrent une ouverture dans le rocher, au point qu il tomba sur le cou d'Og. Lorsqu'il voulut le retirer, ses dents s'allongèrent d'un côté et de l'autre, et il ne put l'enlever; c'est pourquoi il est dit : Tu as brisé les dents des impies (Psaume ui, 8 ). C'est conforme à l'avis de Resch Lakisch, qui explique ainsi ce verset^ : Il ne faut pas y lire les mots tu as brisé ^ mais tu les as fait grandir' (en les allongeant). Quelle était la stature de Moïse? Dix coudées (il avait atteint la longueur du tabernacle en l'érigeant). Il prit une hache de dix coudées, fit un saut d'autant, blessa à la cheville Og (qui en chancela) et le tua. — Quant à la pierre sur laquelle Moïse était assis, il est dit : Comme les mains de Moïse s'appesantissaient, ils prirent une pierre qu'ils placèrent près de lui, et il s^assit sur elle (Exode, xvii, is). De la fenune de Lot il est dit : Sa femme regarda en arrière et elle fut changée en statue de sel (Genèse, xix, a6). — Le mur de Jéricho a été englouti par la terre , comme il est dit : Le mur tomba sous eUe (Josué, vi, 90). Or, pour tous ces sujets, il y a eu miracle; mais pour la femme de Lot, n'y a-t-il pas eu punition et ne convient-il pas plutôt de dire : «rBéni soit le juge de la vérité t) (formule de malheur) que d'exprimer des louanges et des grâces? En effet, on enseigne que pour Lot et sa femme on récite deux bénédictions. Pour la femme on dit: «rSoil. béni le juge de la vérité;» pour Lot, on dit: trBéni soit celui qui se souvient des justes.» Aussi R. Yochanan dit-il : Même au moment de sa colère. Dieu se souvient des justes, comme il est dit : Lorsque Dieu détruisit les viUes du dimtrict, U se soiwint d^ Abraham et renvoya Lot du sein de la destruction , etc. (Genèse, XIX, 19). — Comment difr-on que le mur de Jéricho a été engloutît Ne s'est-il pas effondré, comme il est dit (Josué, vi, 9o) -.Lorsque le peuple enfen-
' Raschi traduit cette expression par lieu de lire rnyo • il faut lire n33'^t^ > te
fourmi. les a agrandis. C'est une allitération trop
' Traité M^hillâ, foi. i5^ tr. Séta, évidente pour qu'il soit nécessaire dV
fol. is**. insister.
^ Il y a dans le texte taimudiquc : nu