CHAPITRE II
au nom de Rab, dirent : Cet avis est adopté comme règle, car il a été énoncé au nom de R. Juda, qui le tenait de R. Yosé le Galiléen. R. Yochanan, au nom de R. Simou ben-Yehoçadak , ajoute quil en est de même pour la lecture du HaUeU et de la MeffhiUâ (histoire d'Esther, lue à la fête de ce jour). Aba bar- R. Houna et R. Hisda se trouvaient assis ensemble; ils dirent à ce même propos qu il en est encore ainsi lorsqu'on fait sonner le schophar (au nouvel an). Us se sont rendus à la salle d'étude de Rab et ils ont entendu dire par R. Houna, au nom de Rabbi, que si même Ton a entendu les neuf sonneries du schophar dans Tespace de neuf heures du jour (soit chaque son à une heuro d'intervalle) , le devoir de l'audition est considéré comme accompli. R. Zeira dit: Lorsque j'étais àRabylone, je m'en suis informé, et je l'ai appris en descendant ici (à Jérusalem). R. Yosé, au nom de R. Yochanan, dit qu'il est permis même d'avoir entendu ces sons pendant tout le cours de la journée, pourvu que l'ordre des sonneries ait été observé^. R. Yosé fait une question : S'il se trouve, dit-il, deux auditeurs, dont l'un doit entendre (d'après cet ordre) un coup droite sec (n^^'^pn) du commencement, et l'autre un coup pareil pour la fin, le même son peut-il servir d'audition aux deux personnes à la fois? (Le Talmud n'a pas résolu la question.) De même, demande R. Éliézerben- R. Hanina : Si, dans la lecture du schéma' et de ses bénédictions, ou du schéma' sans les bénédictions, ou des bénédictions sans le schema\ on s'est interrompu un quart d'heure; puis, après avoir repris la lecture, s'il y a eu une nouvelle interruption aussi longue, est-elle jugée d'après le temps que met cette personne pour le lire^, ou esi^Ue considérée à l'égal des autres hommes? (Sa lecture est-elle non avenue, et doit-elle être reprise?) R. Matna répond : Il parait qu'on compte d'après le temps qu'y met ce lecteur. R. Abahou demanda àR. Yochanan : Si, étant en train de réciter ieschema\ il m'arrive dépasser près d'un emplacement sali, et que par suite je m'interrompe, puis-je, sans manquer à mes devoirs, me contenter de continuer? Mon fils, lui répondît Abahou, si tu t'interromps pendant l'espace de temps nécessaire pour lire le tout, ton devoir n'est pas accompli. R. Éliézer est allé voir R. Simon bar-Abba , qui était malade. Celui-ci lui adressa une question : Si, par suite de ma faiblesse, il m'arrive de sommeiller au milieu de la lecture du schema\ suis-je dispensé d'une nouvelle lecture? Oui, lui répondit-il. R. Jérémie demanda à R. Zeira : Est--ce que R. Éliézer a décidé ce cas de cette façon, parce qu'il sait que R. Simon bar-Aba est un scrupuleux observateur des prescriptions divines (et
* Voir ci-dessus , p. â3, note i. * Selon la MischnA placée en tête de
• Voici cet ordre : i* ny^pD (un coup ce chapitre, l'interruption n'annule pas le droit, sec); a* n:mn (arrondi); 3* nou- devoir accompli.
velle n3r»pr.
30 TRAITÉ DES BERAKMOTH.
qu il y applique son attention même dans son état maladif) , ou bien a-t-il cru devoir faire une exception en faveur de sa faiblesse particulière? C'est d'une façon explicite (përemptoire) , rëpondit-il, que R. Éliëzer a jugé le cas (par conséquent y si cela arrive même à un homme sain de se trouver dans un état de somnolence, il n'a pas besoin de recommencer). C'est un point qui a été mis en discussion. R. Eliézer dit que cette lecture suflSt; R. Yochanan est d'un avis contraire. Toutefois, la discussion ne porte que sur la lecture du 8chema\ pour laquelle l'interruption est admissible, parce qu'il se compose de sections (qui ne se suivent pas dans le Pentateuque). Mais, pour la lecture du Halkl et de l'histoire d'Esther, R. Eliézer se range à l'avis de son contradicteur. On a enseigné : Celui qui s'interrompt pour s'informer de la santé de son maître ou de celui qui est plus instruit que lui a le droit d agir comme il l'entend. Cela prouve que l'on doit rendre les honneurs à celui qui est supérieur par le savoir. On le voit encore par ce qui suit : Si quelqu'un déchire ses vêtements à la nouvelle d'un décès (conformément à la prescription l^ale) et que celui qu'on croyait mort revienne un instant à la vie, puis meure enfin , il n'est pas besoin d'opérer une seconde lacération , si ce décès définitif a eu lieu de suite ; mais il en faut une seconde s'il s'est passé un intervalle de temps depuis la fausse nouvelle. Qu'appelle-tr-on : de suite ? Le temps d'émettre une parole. Mais, quelle est cette durée? R. Simon, au nom de R. Josué ben-Lévi, dit : C'est le temps qui s'écoule à présenter les salutations (courtes) à son prochain. Abba bar-bar-Cana dit, au nom de R. Yochanan : C'est le temps que met à présenter les saluts à son maitre un disciple qui dise (en trois mots) : tr Salut à toi, mon maitre I?) R. Yochanan s'appuyait (en marchant) sur R. Jacob bar- Idi; dès que R. Eliézer l'aperçut, il se cacha ^. Voiià deux offenses, dit R. Yochanan, que me fait ce Babylonien : D'abord, il ne me salue pas; ensuite, il cite une de mes opinions sans me nommer. Tel est, lui répondit-on, l'usage chez eux, que l'inférieur ne salue pas son supérieur; ils appliquent ainsi le verset : Les garçons m'ont vu et tU se sont cachés (Job, xxix ,8). Comme ces deux rabbins continuaient leur route, ils virent une salle d'étude. Ici, dit R. Jacob (pour le consoler), s'asseyait R. Meir lorsqu'il exposait le sujet d'étude; il a annoncé un enseignement au nom de R. Ismaël, mais il en a répété un au nom de R. Akiba sans le nommer. C'est que, répondit R. Yochanan, tout le monde sait que R. Meir était son disciple. •^— De même (pour toi), lui répliqua-t-îK tout le monde sait que R. Eliézer est ton disciple. D'ailleurs , peut-on rester impassible devant une idole maudite? — Quoi, répondit R. Yochanan, veuxtu lui accorder cet honneur (de te détourner) ? Passe devant et ferme les yeux. — Donc, ajouta R. Jacob (si c'est faire honneur de se détourner), R. Eliézer a
* Même série, tr. Schekalim, ch. u, $ 7 (fol. 4 7).