‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 25 sur 266 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

bieu fait de ne pas passer devant toi. — 0 Jacob bar-Idi , répliqua R. Yohanan , tu sais satisfaire chacun.

Mais R. Yochanan désirait qu on énonçât les opinions au nom de leurs auteurs. C'est aussi la faveur que sollicitait David : Je veux $éjoumer dans te$ tentes éternellement (Psaume lxi, 5). R. Pinhas et R. Jérémie, au nom de R. Yochanan, ajoutèrent cette explication : Est-ce qu'il est jamais entré dans la pensée de David de vivre éternellement; non certes. David demandait seulement comme honneur futur que ses paroles fussent répétées en son nom dans les synagogues et les maisons d'étude. Quelle jouissance cela lui procurera-t-il ? Lévi bar-Nezira dit : Lorsque, après sa mort, on répète les paroles d'un homme, ses lèvres s'agitent en même temps dans la tombe. D'où sait-on cela ? De ce qu'un verset dit : Il remue les livres de ceux qui sommeillent (Cantique viii, lo), comme, dans la cuve, le vin coule tout seul de la graine. R. Hanina bar-Papaï et R. Simon l'expliquent également : l'un dit qu'il lui semble boire du vin aromatisé; l'autre dit qu'il lui semble boire du vieux vin, dont le bon goût reste encore dans la bouche, bien après qu'on l'a bu ^

Il n'y a pas de génération qui n'ait ses railleurs. Que faisaient les moqueurs du temps de David ? Ils se rendaient devant ses fenêtres et ils disaient ironiquement : David, quand le temple sera-t-il construit? Quand irons-nous dans la maison du Seigneur? Et le roi répondait : Quoique vous ayez l'intention de m'irriter, je vous jure que mon cœur est joyeux. C'est aussi ce qui est dit : Je me réjouis en entendant dire que nous nous rendrons dans la maison du Seigneur (Psaume cxxii, i).

Sur les mois : // arrivera que tes jours seront remplis (II Samuel, vu, la), R. Samuel bar-Nahmeni s'est exprimé ainsi : Le Très-Saint a dit à David : Je le compterai des jours pleins, et non défectueux. Mais ton fils Salomon construira ma maison, non pour y offrir des sacrifices, car je leur préfère ce que tu fais: l'exercice de la justice et de l'équité. Et ce qui le prouve, c'est ce verset : La pratique de la justice est préférable, devant Dieu, au sacrifice (Proverbes, x\i, 3).

cf Et entre les chapitres , etc. n

Pour quelles causes (insuffisamment déterminées dans la Mischnâ) doit-on répondre aux saluts^ ? Est-ce seulement en cas de danger, ou même pour rendre

' Comp. Talmud Babli , tr. Synkédrin, les sections du schéma ou des bénédic-

foL 90*. tions qui raccompagnent, et celle d'une

' Cette question du Talmud s'adresse interruption au milieu de ces prières

aux deux suppositions émises par la elles-mêmes. Miaebaà: celle d'une interruption entre

honneur à quelqu'un? On peut le décider d'après ceci : Au milieu des chapitres , est-il dit, on donne (le premier) le salut en cas de danger et Ton y répond, selon R. Meir ; cela prouve donc que, dans Tintervalle des sections, on donne le salut, et (à plus forte raison) le rend-on pour faire honneur (sans quoi, la seconde hypothèse n aurait pas besoin d*étre exprimée). De même (on explique par Tin verse la seconde supposition) : Au niilieu, est-il dit, on adresse le salut en cas de crainte, et Ton y répond, selon R. Meir; or, en quel cas peut-on répondre? Est-ce en cas de danger seulement, ou même pour un honneur à rendre? La suite résout le doute : R. Juda dit : tr Au milieu , on adresse le salut en cas de danger, mais Ton y répond même pour rendre seulement un honneur t» (il va sans dire qu'on répond en cas de danger, puisqu'en ce cas on doit commencer à donner le salut) ; cela prouve que, pour l'hypothèse de R. Meir (au milieu), on adresse le salut en cas de danger et Ton n'y répond que pour la même cause (car, s'il était permis de répondre, au milieu, même pour rendre honneur, son avis serait semblable à celui deR. Juda). Jusqu'à présent nous n'avons parlé que du milieu de la section (dans la supposition que cela veut dire: entre un verset et l'autre). Mais en est-il de même pour le milieu des versets? R. Jérémie faisait en ce cas des signes (mais ne parlait pas). R. Yona répondait verbalement, parce que, selon R. Houna et R. Joseph, on déduit cette permission des mots : tu parleras, D3, contenus dans le schéma'; ces mots indiquent qu'au milieu même du verset on peut parler (lorsque c'est indispensable).

2. Voici ce qu on appelle les interstices des chapitres : entre la première et la seconde bénédiction, entre la seconde et le schéma, entre chacune des trois sections du schéma, entre celui-ci et la bénédiction suivante; R. Juda défend l'interruption entre la troisième section et la bénédiction qui suit.

R. Levy dit que R. Juda a pour but de rapprocher ainsi les derniers mots de cette section : je suis VÉtemel, votre Dieu, du premier mot suivant : vérité, conformément au verset : FEtemel Dieu de vérité (Jérémie, x, lo).

3. Pourquoi, demande R. Josué ben-Korha, les sections sontelles ainsi disposées ^^ Pour qu'on fasse d'abord profession de foi, puis acte d'adhésion aux préceptes de la loi. Le passage (des 'Nombres) qui forme la troisième section (quoique antérieur) est

* Pourquoi ne pas dire en dernier lieu celles qui, dans la Bible, sont postérieures?

Page 1