‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 243 sur 266 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

pourquoi? Parce que c était pour proclamer ie principe de l'existence de Dieu , mis en danger. A ce même propos, on a enseigné que Hillel l'Ancien disait : Pendant que les sages recueillent (leur science), propage-la; mais lorsqu'ils la propagent, recueille-toi dans Tisolement. Si tu vois que la génération aime la Loi, propagc^-la, comme il est dit : // y en a qui en prodiguant leur bien en ont encore du superflu (Proverbes, xi , 9&) ; mais si la génération ne Taime pas, recueîUe-la chez toi, selon ces mots : Au moment d^agir pour Dieu, déchirez la Loi (pour la préserver, il vaut mieux en restreindre la propagation).

Bar-Kappara a enseigné : Quand une chose est à bon marché, il faut se hâter d*en acheter et de Tamasser (avant qu'elle renchérisse); et dans un endroit où il n'y a pas d'homme méritoire , il faut s'efforcer de le devenir ^ On peut en conclure, dit Âbayé, qu'on doit s'effacer, s'il y a déjà des hommes distingués^; et il est nécessaire de le dire, quoique cela paraisse naturel, pour le cas où tous deux sont de valeur égale ^. BaivKappara expliqua ce qu'on appelle un chapitre sommaire dont dépend le contenu essentiel de la Loi. C'est le verset {ibid. m, 7) : Dans toutes les voies, reamnais^le; il (aplanira le chemin; c'est-à'dire, selon Raba, on peut même transgresser un précepte légal dans l'intérêt de la religion (comme fit Élie). Bar-Kappara dit aussi qu'on doit toujours apprendre à son fils un métier propre et facile; par exempte, dit R. Hisda, le travail de broderie. On ne doit jamais augmenter, dit aussi Rabbi, le nombre des amis dans sa maison , comme il est dit [ibid. xvui , 9&) : Cest un danger JFaooir beaucoup iamis^. Il enseigne encore qu'on ne doit pas nommer d'inspecteur de la maison , car, si Putiphar n'avait pas nommé Joseph à cette fonction , il ne lui serait rien arrivé. Enfin il explique pourquoi le chapitre du nazireat suit immédiatement celui de la femme soupçonnée d'adultère^. C'est pour dire que, si Ton reconnaît la faute d'une femme, on fera bien de s'abstenir de vin. Hiskia, fils de R. Pamath, dit au nom de R. Yochanan : Le chapitre du soupçon d'adultère suit immédiatement celui des oblations et des dîmes, pour dire que, si Ton ne donne pas ces prélèvements au sacerdote, on finira (comme punition) par avoir besoin de recourir à lui pour éprouver l'innocence de sa femme ; cela se déduit de ce que, immédiatement après ces mots : A chacun doivent revenir les parts consacrées .(Nombres, v, 10), viennent ceux-ci : Lorsque la femme de quelqu'unse sera débauchée, puis : U homme mènera sa femme, etc. en outre, il finira par avoir besoin de lui oflrir un sacrifice à l'issue de la cérémonie; aussi est-il

* Comp. Maximes des pères, ou il M(A^ trairement au sens habituel de ce verch. II, S5. set, avoir le sens de : être exposé à une

* Dans ce cas, le second savant doit ruine.

céder le pas au premier et ne pas ensei- * Le vin est parfois cause de Tadul-

gner. 1ère. Comp. tr. Nazir, fol. 3*, et tr. Sota,

^ Le terme yynnn*? pourrait, con- fol. 3'.

dit : Le9 objets $acris de ehaatn lui uj^ifartieiidrofU. Si on les donne régulièrement, dit R. Nahman barJsaac, on finira par s'enrichir, comme il est dit (Nombres, Vj io) : Ce que F homme donnera au sacerdaie lui appartiendra^ c'est-à-dire ie donataire aura beaucoup d'argent^.

R. Honna ben-Berachia dit, au nom de R. Éliézer Hakapar : Celui qui associe le nom divin à ses douleurs verra sa nourriture se doubler, selon ces mots (Job, xxu , 95 ) : 'S'î^ arriœ que k Tout-Puissant soit noumi dans tes souffiraness, tu auras des monceaux d! argent. R. Samuel bar-Nahmeni déduit de ces derniers moto (nisyin) que Tentretien vous arrivera cmnme Foiseau arrive en volant (^13^). R. Tabi dit, au nom de R. Yoschia : Celui qui néglige Tëtude de la Loi n aura pas la force de subsister au jour de la souffrance, comme il est dit (Proverbes, xxiv, lo) : Si tu te montres faible ^ ta force sera réduite au jour de ^oppression. R. Amé bar-Matnë, ou Samuel, déduit du terme ySiiUe que la n^ligence est condamnable, eût-elle lieu pour un seul précepte.

R. Saphra dit que R. Abahou racontait ceci : Lorsque Hanina, neveu de R. Yosua , descendit dans le lieu de la captivité ( Babylone ) , il ajoutait aux années le mois emboibmique et fixait les néoménies hors de la Palestine^. On envoya près de lui deux savants disciples, R. Yossé ben-Kipar et le petit-fils de Zacharie ben-Keboutal. En les voyant, il leur demanda pourquoi ik étaient venus? Pour nous instruire, répondirent-ils. D fit alors publier cette proclamation : Ces hommes sont des gens considérables de la génération ; eux et leurs ancêtres ont eu des fonctions au temple, comme on Ta appris^ : Zacharie ben- Keboutal disait avoir lu souvent le livre de Danid. Cependant, lorsqu'il commençait à déclarer une chose impure, ils la disaient pure; lorsqu'il interdisait un cas, ils le permettaient. 11 se plaignit alors d'eux, en disant que c'étaient des gens faux, sans valeur. — *Tu as déjà construit, lui dirent-ils, notre renom, et tu ne peux le détruire; tu as âevé un mur que tu ne peux plus renverser. — Pourquoi^donc, leur demanda-t-il, déclarez-vous pur ce que je traite d'impur, et permettez-vous ce que je défends? — C'est que, lui répondirent41s, tu fixes hors de Palestine les néoménies et les mois embolismiques. — Mais, leur dit-il, Akiba ben-Joseph n'en a-t-il pas fait autant?---^ R. Akiba, répondirentils, était une exception , et il n'a pas laissé son semblable en Palestine (lorsqu'il alla à Babylone). — Moi non plus, dit-il, je n'ai pas laissé mon semblable en Palestine! — Les agneaux que tu y as laissés, répondirent-ils, ont grandi; ils sont devenus des béliers, munis de cornes, qui nous ont envoyés vers toi, pour F.63\ que nous te disions en leur nom : Si tu veux nous écouter, c'est bien; sinon, tu seras mis en anathème; de plus, dites à nos frères de la captivité, s'ils veulent

' Soit qu'il invoque sa miséricorde, * C'est interdit ordioairemoit.

soit qu'il bénisse également ie mal. ' Voir tr. Yéma, foi. i8\

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