CHAPITRE IX. /i
tr On ne doit pas pénétrer sar ie mont Moria avec une canne , etc. t
Quappelle-t-on kapandriaf G est yTéfonà Raba, le passage , comme son Dom rindique. Selon R. Hana bar-Ada, au nom de R. Sama, fils de R. Mari, cela signifie : Au lieu de faire le tour des maisons {admek^^hna adre) , je vais y entrer et les traverser. B. Nahman dit, au nom de Kabbah bar-Abouah : Si Ton entre dans une synagogue sans avoir Tintention d'en faire un lieu de passage (mais pour prier), on peut ensuite passer par le cètë opposé. R. Abahou le permet seulement si c'était un chemin dès le principe (avant la construction de la synagogue). R. Helbo dit aussi, au nom de R. Houna : Si Ton entre dans la synagogue pour prier, il est permis d'en faire un passage, comme il est dit (Ézéchiel, xlvi, 9) : Lorsque le peuple de la terre se présente devant F Étemel aux jours de fête.
(r A plus forte raison esl-il défendu d'y cracher, t»
R«Bibi dit au nom de R. Josué ben-Lévi : Celui qui de nos jours ferait cela sur la montagne du temple semblerait se cracher au visage lui-même , comme il est dit (I Rois, ix, 3) : Mes yeux et mon coeur y seront chaque jour. Raba dit que c'est permis dans la synagogue, par comparaison avec les sandales; de même que celles-ci, quoique interdites au temple , peuvent être mises quand on va à la synagogue, il en est de même de l'expectoration. R. Papa, ou selon d'autres Rebina, ou encore R. Ada bar-Matna demandèrent à Raba : Pourquoi, au lieu de comparer cela aux sanddes, ne pas le comparer à la règle du passagie ^ (également interdit de part et d'autre) ? Il lui répondit : Le préopinant le conclut de la règle relative aux sandales, et tu voudrais le déduire de cdie du passage. Et d'où ? De ce qu'on a enseigné qu'on ne doit pénétrer sur la montagne sainte, ni la canne à la main, ni les sandales aux pieds, ni avec de l'argent enveloppé dans un drap ou dans sa ceinture rejetée derrière soi, ni en fiiire un lieu de passage, ni y cracher, par a fortiori de l'usage des sandales; comme pour les sandales , qui ne sont pas une marque de mépris , la Loi a dit : Beiire les sandale» du pied (Exode, ni, &), à plus forte raison n'en estril pas de même pour Fexpectoration , qui est un signe de méf»îs? R. Jossé bar-Juda dit que cette déduction n'est pas nécessaire, puisqu'il est dit(Eslher, iv, 9) : On ne paunaà entrer à la porte du roi dans im vêtement de sae^ on peut en conclure que si le sac, qui n'a rien d'abject, est défendu en présence d'un roi humain, à bien plus forte raison est-il défendu de conunettre un acte de mépris devant le Roi des rois. Moi, répliqua-t-il , je suis de l'avis suivant : On conclut ausM
' Gomp. tr. MeghilUy M, 88\
bien la règle la plus sëvère d'après Tavis relatif aux sandales que d'après celui F. 63' qui est relatif au passage; c est-à-dire que pour la montagne sainte, où il est défendu de mettre des sandales, on conclut par a fortiori de ce dernier avis la défense d'expectoration; tandis que pour la synagogue, 6ù il est permis de mettre des sandales, on ne déduit pas la règle d'expectoration de ce dernier point,' selon lequel ce serait permis, mais de la loi du passage, pour montrer que cest défendu. Au contraire, selon Rabba, il en est conune de la maison d'un particulier : on n'aime pas à en faire un lieu de passage, tandis qu'on ne se plaint pas de ce que l'on y crache ou que Ion y porte des sandales; de même ces deux choses ne sont pas interdites dans la synagogue, mais il est défendu d'en faire un passage.
cf Toutes les fins de bénédiction au temple, etc. ■»
Pourquoi tout cela? Parce qu'au temple on ne répond pas amen^\ et comment le sait-on? C'est qu'il est dit (Néhémie, ix, 5) : Levezr^mtu j béniêsez votre Dieu d^un mande à r autre; puis : Ils ont béni ton nom glorieux , Mevé au-deseus de toute bénédiction et de toute louange. Est-ce à dire que toutes les bénédictions ont le même commencement? C'est pourquoi il est dit : // est élevé ai^-dessus de toute bénédiction, c'est-à-dire que pour chacune on le loue séparément'.
(f On a établi l'usage de s'informer de la santé du prochain, etc. t»
A quoi bon un autre verset à l'appui? C'est que si l'on pensait que Boas a invoqué le nom divin de son propre gré ( sans qu'il y ait lieu d'en faire une règle) , on rappellerait ces mots : Que Dieu soit avec toi, 6 héros (Juges, vi, i s); et si l'on croit qu'au sujet de Gédéon l'on s'est exprimé ainsi parce que c'était un ange (un message divin, et qu'il n'y a rien à en conclure), on cite ce verset (Proverbes, xxui, 99): Ne méprise pas tamkrede ce qu^eUe est vieille (conformetoi à l'enseignement de Boas), selon ces mots (Psaume cxix, 196) : Au moment d^agir pour Dieu, déchirez vos lois. Or, dit Raba, le commencement de ce verset en explique la fin, comme la fin en explique le commencement : c'està-dire, il y avait des moments où il appartenait à Dieu d'agir, d'exécuter sa justice et de punir; pourquoi? Parce que sa loi avait été détruite; de même à l'inverse, on a bien fait parfois d'agir contrairement aux prescriptions légales';
* Gomp. tr. Taanith, fol, 17**; tr. Sota, ^ C'est ce que fit, par exemple, Élie, fol. 6o\ ^ en sacrifiant sur un autel du mont Car-
* Gomp. plus haut, fol. 60', et tr. Syn- mel, 1 Rois, xviii, ce qui est dâendn en hédririy fol. 70'. temps ordinaire.