‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 29 sur 266 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

R. Matna dit également que cest uu avis de ce docteur. En effet, R. Yossah (un homonyme bien postérieur au premier) dit : Il ne faut pas croire que ce qui fait le sujet de la contestation entre les rabbins et R. Yossé . ce soit le mot schema\ qui veut dire : écoute, entend» , et que pour tous les autres commandements ce soit inuUle; on vient nous dire, au contraire, que lauteur de cet avis, selon R. Matna, est R. Yossé; cela démontre qu'il en est du schéma" comme de tous les autres commandements. Pourquoi? Cest que R. Yossé se fonde sur ce verset (Exode, XV, 96): Tu prêieras^ roreile à ses cominandements (en général); les oreilles doivent entendre ce que ta bouche prononce. Mais alors, dit R. Hisda, quen est-il iu sourd et que fait-il (lorsqu'il récite)? Il opère du moins un mouvement des lèvres (ce qui suffit, faute de mieux). Il a en sa faveur Tavis. exprimé dans la Mischnâ par R. Juda. R. Yossah dit : On peut en conclure que R. Hisda reconnaît que Topinion anonyme qui interdit les oblations faites par un sourd ^ est de R. Yossé. En effet, R. Hanina dit, au nom de R. Hisda, que c'est son avis. R. Yossé bar-R. Roun dit qu'il en est forcément ainsi, car lorsqu'on fait la première énumération des cinq personnes qui ne doivent pas prélever l'oblation, on n'y compte pas le sourd. Donc, on suppose, sauf avis contraire, que cela lui est permis; c'est R. Yossé qui l'interdit. Mais, objecterat-on, cela va sans dire, puisque l'oblation , même déjà prélevée, ne peut servir. Non, cela ne \a pas sans dire, car le sourd ne compte pas non plus dans la dernière énumération des cinq personnes auxquelles c'est défendu : finalement, il faut dire que l'interdiction du sourd a été faite par R. Yossé.

Voici la liste des mots du scliemà* à la lecture desquels il faut s'appliquer (pour ne pas les confondre, à cause de la consonnance de la lettre finale du premier mot avec l'initiale du mot suivant) : par exemple "las*? V^ , «sur ton cœur; — sur votre cœur: — de l'herbe dans ton champ; — vous périrez bientôt; — à l'angle du vêtement un fil; — vous de la terre. ?) R. Hanina, au nom deR. Aha, ajoute à cette nomenclature l'expression que Dieu a promis par serment^ y n ::2V2. R. Samuel bar-Hanina ajoute encore, au nom de R. Oschia (la formule de la première

* Pourbien comprendre cette déduction, il faut avoir sous les yeux la Mischnâ suivante, qui se trouve au traité Troumoth (oblations dues aux prêtres, eh. i, S 1 ; comp. Babli, même traité, fol. 10'): ffll y a cinq individus qui ne peuvent prélever la dîme, sous peine d'accomplir un acte insuffisant; ce sont : le sourd, le fou, l'enfant, celui qui prélève ce qui ne lui appartient pas, et l'étranger qui prélève Foblation sur les biens d'un israélile . même

avec l'autorisation du propriétaire. Le sourd, qui parle sans entendre, ne doit rien prélever; mais si cet acte est fait, il est valable. Partout ailleurs , en parlant des sourds , il est question de sourds-muets. » On voit que cet avis ne porte pas de nom d'auteur, et qu'on peut par analogie l'appliquer à R. Yossé.

* Curieuse observation philologique :

on pouvait déjà confondre conmie son y etiV.

bénédiction du matin): rrqui forme ia lumière et crëe les ténèbres ^,i> pour qu'on ne dise pas : qui forme la lumière et crée Téclat du jour. R. Haggaï, au nom de R. Aba bar-Zabda, ajoute aussi les mots : là ils t'ont chanté, pour qu'on ne dise pas : ils t'ont hué là ^. R. Lévi R. Abdima de Hipa, au nom de R. Lévi bar-5îsi, dit : Il faut faire sonner le T du mot liSTn ', afin que vous vous sùtweniez (dans la trpisième section du schéma*). R. Yona, au nom de R. Hisda, dit qu'il faut prononcer de même les mots que sa grâce est éternelle (Psaume cxxxvi).

On a enseigné qu'il ne faut pas faire officier par les gens des localités dites Hipa, Baïsan, ou Tiba, car ils prononcent la lettre n comme n. et le 2^ comme X (même observation philologique que plus haut); ce n'est permis que s'ils ont • une prononciation correcte.

«Celui qui lit à rebours n'a pas accompli sou devoir. tî

R. Yonà dit, au nom de R. Nahman bar-Ada, ou, selon R. Yossé, au nom

de Nahman Saba : L'expression biblique vr\^ qu'ils soient (Deutéronome, iv, 6) indique que les mots doivent rester dans leur ordre. Il en est de même pour la lecture du HaUel * et de l'histoire d'Esther. Pour cette dernière, cela se comprend; car il y est dit expressément: selon récrit (Esther, viii, 9); mais qu'est-ce qui le prouve pour le HaUel? C'est qu'il y est dit (Psaume cxiii, 3 ) : Depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, le nom de F Éternel est célébré {de même (|ue l'inverse ne peut pas avoir lieu pour le soleil , de même il ne faut pasintervertir l'ordre des mots). Quelle en est la conséquence à déduire? C'est, répond R. Aban, que la suite a aussi un ordre manifeste : le chapitre Lorsque Israël sortit d'Egypte (Psaume cxiv), se rapporte au passé; puis, ce n'est pas en notre faveur, Eternel (Psaume cxv), s'applique aux générations actuelles; puis, j'ràn^ que VEternel exauce ma voix (Psaume cxvi), se rapporte à l'époque du Messie. Le verset Amenez la victime couronnée de myrtes (Ibid. 97 ) a trait aux guerres de Gog et Magog (troubles qui doivent précéder la venue du Messie), et le suivant : Tu es mon Dieu, et je veux te rendre grâce, s'adresse à l'avenir.

R. Acha, au nom de R. Josué ben-Lévi, dit que celui qui a établi cette prière (V'amida) l'a réglée ainsi ^ : les trois premières bénédictions et les trois dernières ont pour but de célébrer Dieu. Les bénédictions médiates se rapportent aux besoins des hommes : «r Favorise-nous du don de la sagesse, ou : tu nous as favorisés de fo don;i? rr agrée notre repentir, ou : tu as agréé notre repentir ;i^

' Iniitatiuu d'isuïe, \lv, 7. Compar. Wfin denepas lire nDC;n, wiw^ere^

|)oiu*lesdétails, Habli, même traité, fol. 1 1 ■» . payés.

* Pour éviter la confusion de» deux h * Voir ci-dessus, p. m h , note >i .

da^is le mot *?Sl, louer. ^ Kt cet ordre df»il être observé.

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