CHAPITRE IL
dit : Celui qui veut agir très-bien les plaee sur son cœur dans un petit sac, conformément à ce verset (Psaume x?i, 8) : Tai toujours F Étemel devant mes regards. Là (à Babylone) on a enseigné : Il ne faut pas se vêtir de tephUin si Ton n'est pas comme Elisée, Thomme aux ailes (c'est-à-dire, en cas de danger, comme lors de ce fait célèbre : un ordre romain interdit une fois de les porter; un magistrat passç; le rabbin qui avait des tephilin l'aperçoit, les prend aussitôt à la main; et, questionné par le Romain sur Tobjet qu il portait, il lui répond que ce sont des ailes de pigeon ^; en effet, un miracle survint, opéra cette métamorphose et sauva le pieux rabbin , qui avait failli être victime de son dévouement à la religion).
R. Zeira, au nom de R. Abba bar-Jérémie, dit : H est interdit de commettre une impureté dans un cimetière, et à^elui qui agirait ainsi s'applique ce verset (Proverbes, xvii, 5) : Celui qui se moque du pauvre blasphème son Créateur. R. Hiya-Raba et R. Yonathan marchaient devant la bière de R. Simon bar-Yossé bar-Lekonia, et R. Yonathan sauta par-dessus des tombes. R. Hiya-Raba lui dit : Les morts doivent se dire maintenant que demain nous serons auprès d'eux et qu'ils pourront nous faire souffrir à leur tour. Mais, lui répliqua-t-il, est-ce que ces sages ont quelque connaissance? N'est-il pas écrit (Ecclésiaste, IX, 5) : Les morts ne savent rien? — Tu sais lire la Bible, lui fut-il répondu, mais non l'interpréter. Or, les vivants savent qu^ils mourront (dit le même verset) : ce sont les sages qui, même après leur mort, sont considérés comme vivants. Et les morts qui ne savent rien, ce sont les impies, qui, durant leur vie, sont déjà considérés comme morts. Comment le sait-on? Par ce verset (Ézéchiel, xviii, Sa): Je ne désire pas la mort du mort. Peut-on dire que celui qui est mort meure encore? Il s'agit donc des impies, qui durant leur vie même s'appellent morU. Et comment sait-on que les justes se nomment vivants, même lorsqu'ils sont morts? Par ce verset (Deutéronome, xxiv, i) : VÉiernel lui dit : Voici le pays que f ai promis par sermetU à Abraham, à Isaac et à Jacob, en disant. Pourquoi ajouter IDX*? (en disant)? C'est que Dieu lui a ordonné d'aller dire^ aux patriarches (au Paradis) : ^Toutes les conditions que j'ai faites avec vous, je les remplirai après vous, envers vos iih.-n
Si dans un exemplaire du Pentateuque on a joint les lettres, il est pourtant suffisant selon les uns (pour le devoir de la lecture), et non selon d'autn^s. K. Idi , au nom de R. Simon ou de R. Yochanan , dit : Celui qui prétend qu'il sufTit suppose les lettres attachées par le bas (ce qui gêne peu), et celui qui déclare cette écriture jointe inexacte parle du cas où les lettres se touchent du haut ; il n'y a doute et discussion qu'au cas où les lettres tiennent au milieu des finales (qui sont longues; ce serait alors illisible).
^ Babli, tr. Schahhalh, fol. i3o'. ~ ^ Ils parleni donc après la moH.
Le même a enseigne quon ne doit pas prier sur un endroit élevé, parce qu'il est écrit, selon R. Abba, fils de R. Papi : «Des profondeurs, je finvoque, Eternel?) (Psaume cxxx, i). Il dit encore quon ne doit pas se mettre à prier lorsqu'on éprouve des besoins, parce qu il est dit : Prépare^i, Israël, à ie rendre vers ton Dieu (Amos, iv, la). R. Alexandre dît que ce verset : Garde tes pas quand tu te rends à la maison du Seigneur (Ecclésiaste, ly, 17), indique qull faut prendre soin d'être dans un état complet de propreté. Selon R. lacob bar-Abaî, ce verset indique qu'il faut, en se rendant au temple, se tenir propre et pur. R. Aba interprète ainsi le verset : Que ta source soit bénie (Proverbes, v, 18), que ton approche d^un tombeau ne soit pas entachée. R. Berachia explique ainsi le verset : // est un temps pour naître et un pour mourir (Ecclésiaste, m, 3); heureux celui qui , en mourant» est aussi pur qu'en naissant, car il meurt alors sans tache.
4 (3). Si quelqu'un récite le schéma tellement bas qu'il ne s'entende pas lui-même ^ il a pourtant accompli le devoir; selon R. Yossé, cela ne suffit pas. S'il récite incorrectement, il n'est pas nécessaire de recommencer, selon R. Yossé; mais il le faut, selon R. Juda. Celui qui récite à rebours n'est pas dispensé d'une nouvelle lecture , et celui qui se ti'ompe dans sa récitation doit reprendre à partir de l'endroit où il s'est trompé.
Rab dit qu'en pratique on adopte comme règle Ta vis de chacun en ce qu'il a de moins sévère. D'après vous (gens de Babylone) , que nous enseigne là votre ma{tre Rab? N'est-ce pas une règle fixe que si un anonyme émet un avis contraire à R. Yossé, le premier a la prépondérance? Ou encore, si R. Yossé discute l'avis de R. Juda, ce dernier prédomine>t-il? A quoi bon alors Rab ditil qu'on s^uit l'avis de chacun en ce qu'il a de moins grave? C'est que, ayant entendu dire que R. Hiya avait enseigné cet avis au nom de R. Meir (de sorte que ce n'est plus celui d'un anonyme], il a fallu préciser quelle est la règle a suivre pour ce cas contesté.
On a enseigné : ffSi quelqu'un dit la prière {'amida) trop bas pour pouvoir s'entendre lui même, on considère pourtant le devoir comme accompli, t) D'après qui a-t-il fallu enseigner cela? D'après R. Yossé ^ Or, quel est ce R. Yossé? C'est celui qui professe dans la xMischnâ une opinion contraire à l'anonyme.
* Puisque, d après fanonyme de la dii*e qu'il en est de même, selon lui, pour Mischnâ, c'est un devoir suffisant mémo i'^amida^ qui est moins grave, pour la lecture du schéma . Il va donc sans