CHAPITRE Iir
1. Lors d'un décès, et aussi longtemps que le mort «est pas enterré, ils (les proches parents) sont dispensés de la lecture du schéma et de la mise des phylactères. Quant aux porteurs, ainsi que leurs remplaçants et leurs adjoints, soit quils se trouvent devant le cercueil, soit qu'ils le suivent^, si Ton a besoin d'eux, ils sont dispensés de réciter le schéma ; sinon, ils y sont obligés. Dans l'un et l'autre cas, ils sont dispensés de la prière d' amûfa.
Nous avons enseigné qu'au premier jour de deuil, ils (les proches parents) ne mettent pas les phylactères; le second jour, ils y sont obligés. Mais, quand des étrangers arrivent (pour les consoler) , il faut les retirer : c'est Tavis de R. Eléazar.
R. Yéhoschouah dit que, le premier et le deuxième jour, on ne met pas les phylactères, et que, le troisième, il faut les mettre sans plus les âter. S'il en est ainsi (que le second jour encore on ne les mette pas) , à quoi bon la Mischnà enseigne-t-elle qu'on est dispensé de mettre les phylactères seulement quand le mort n'est pas enterré? C'est vrai; mais, de même qu'on a mentionné la dispense du schéma' (en présence du mort), de même on a parié de la dispense des phylactères, quoiqu'elle s'étende jusqu'au deuxième jour.
R. Zéra et R. Jérémie soutiennent, au nom de Rab , qu'on adopte la règle de R. Eléazar, concernant la mise des phylactères (le deuxième jour), et celle de R. Yéhoschouah (de ne pas les dter à la vue des étrangers, si on les a). R. Zéra demande alors : Quand on a mis les phylactères le second jour, comme le veut R. Eléazar, ne faut-il pas les garder (à l'arrivée des étrangers), comme
' Traduit par M. L. Hollœnderski. h tour de le porter, considérant cet acte
* Des groupes étaient postes sur le pas- comme une œuvre pie. snge du mort, et ils se chargeaient tour
U ' TRAITÉ DES BERAKHOTH.
ie veut R. Yéhoschouah? Oui, dit R. José, fils de Boun; si Ton a mis les phylactères le second jour, selon Tavis de R. Ëléazar, il faut ne plus les ôter (à Tarrivée des étrangers), selon R. Yéhoschouah. Puisqu^ii en est ainsi, on peut conclure que la règle est comme le veut R. Ëléazar pour la mise.
R. Boun explique Tavis de la Mischnâ (pourquoi on est dispensé de réciter le schéma* et de mettre des théphiUns) et il dit : Il est écrit (dans le Penta- (euque) : ff Tu te rappelleras (en mettant les théphtlins et en récitant le schéma*) de la sortie d'Egypte tous les^ jours de ta vie.?? Cela veut dire, selon lui, que, les jours où Ton s'occupe des vivants (des choses de ce monde terrestre) , il faut mettre les théphtlins et réciter le schéma*; mais, les jours où Ton s'occupe des morts (de Tenterrcment), on en est dispensé. Celui qui veut être sévère pour lui-même à ce sujet (et prier même le premier jour de deuil) doit en être empêché. Est-ce pour l'honneur du mort (qui est encore présent), ou bien pour qu'il s'occupe (personnellement) de l'enterrement? — Qu'importe? Quelle différence y a-t-il entre ces deux motifs ? Cest que , s'il se trouvait des hommes qui pussent s'occuper des devoirs funéraires, il pourrait réciter les prières ; or, il vaut mieux admettre que c'est pour honorer le mort. C'est donc interdit de toutes façons. Ce n'est pas à dire que le motif réel soit pour qu'il puisse s'occuper de l'enterrement, attendu que, même aux jours de fête où l'on n'enterre pas, il est dispensé des préceptes, tels que le hulab^ et ie schophar (donc le motif de cette défense est l'égard dû aux morts). De même, d'après R. 'Hanina, il est permis d'aller, les samedis et fêtes, au delà de la limite sabbatique pour le service de la fiancée ou du mort, afin d'apporter le cercueil, les vêtements mortuaires, les flûtes de deuil, — comme aux jours de travail, — ainsi que pour amener des pleureuses (cela prouve encore que, même aux jours où l'on n'enterre pas les morts, il faut montrer le respect qui leur est dû).
A quelle époque doivent-ils (les proches parents) renverser les sièges (en signe de deuil)? — Aussitôt que le mort a été emporté de la maison, selon R. Éléazar. R. Yéhoschouah soutient (qu'on doitle faire) lorsqu'on couvre la bière. Quand R. Gamaliel mourut et qu'on l'emporta de sa maison , R. Éléazar ordonna à ses disciples de renverser les sièges, et, après qu'on eut fermé la bière, R. Yéhoschouah donna aussi cet ordre. Les disciples répondirent alors à ce dernier : Nous l'avons déjà fait sur l'ordre de l'ancien (R. Éléazar).
La veille du samedi on redresse les sièges, et le samedi soir, on les renverse de nouveau.
Nous avons enseigné que les hommes en deuil doivent plier leurs sophas; R. Simon, fils d'Éléazar, dit qu'il suffit d'en relâcher les courroies (parce qu'alors ils ne sont pas aussi agréables et le deuil est constaté). R. José, au nom
' Voir, pins haut. p. 99, n. 1, et plus loin, p. 10/i. 11. f.