CHAPITRE III
de R. Yéhoschouah, fils de Lévi, soutient Tavis de R. Simon. R. Jacob, fils d'A'ha, au nom de R. José, dit : Pour un lit auquel sont appliquées de longues tiges ^ il suffit de les dter (parce qu alors on est sur la dure).
Ces deux espèces de lits diffèrent un peu. R. Jérémie les explique ainsi : Celui auquel des courroies sont attachées par-dessus est un mitta, tandis que le dargash a ses courroies en dessous (au bas). Mais n*avons-nous pas appris ^ que le rnitta et le arssi (une autre espèce de lit) deviennent susceptibles d'impureté, quand ils sont polis avec de la peau de poisson (pour les adoucir) ? Si ces lits ont des courroies au-dessous, pourquoi les polir? (Donc le mitta est poui*vu de courroies!) R. Éléazar répond que cette Mischnâ parle des lits de kithrine , qui doivent être polis puisqu'ils ont des trous (pour y passer les courroies).
Pourquoi renverse-t-on les sièges? — R. Krispa l'explique au nom de R. Yo'hanan , en rappelant un verset de Job ( ii , & ) : tr Ils s'assirent avec lui à terre . v et non sur la terre. Cela prouve que les sièges étaient renversés ou penchés à terre. Rar Kapara en donne une autre explication : Dieu, dit-il, vous a donné une forme à son image ^ maintenant renversée (morte) en punition de vos péchés; en conséquence, renversez aussi votre couche. Selon d'autres, bar-Kapara dit ceci : Vous devez tourner votre couche (le lit) qui a donné l'origine a l'homme. — R. Jonas et R. José, au nom de R. Simon, fils de Lakisch, s'expliquent également : l'un dit que l'homme en deuil doit se reposer sur le lit renversé, parce que ce changement de position (du lit) doit, lorsqu'il s'éveille, lui rappeler qu'il est aiSigé ; l'autre dit que son propre changement (son incommodité) l'éveille forcément et lui rappelle (qu'il est en deuil).
L'homme en deuil, aussi longtemps que le mort n'est pas enterré, doit prendre ses repas chez un voisin, et, s'il n'a pas de voisins, il mangera dans ane autre chambre (de sa demeure); à défaut de celle-ci, il fera une séparation (entre lui et le mort); mais, dans l'impossibilité de la faire, il doit se tourner, au moins pour manger, vers le mur opposé. Dans tous les cas, il faut être frugal. Il ne doit pas manger de viande ni boire de vin, ni s'étendre sur un sopha pour manger. II est exclu de la bénédiction collective après le repas. Et s'il fait cette bénédiction (à haute voix) — ce qu'il ne doit pas faire, — les autres ne répondront pas : Amen. Et quand ceux-ci la font, il ne doit pas répondre non plus : Amen.
Toutes ces dispositions ne sont applicables qu'aux jours de la semaine et non pas au samedi.
R. Simon, fils de Gamaliel, dit : Puisqu'il est permis (à l'homme en deuil)
' Quatre battants aux coins de lit , sur ^ Mischnâ , vi* partie . traité KeUim
lesquels on mettait une planche qui ser- (ch. xvi, S i). vait à supporter le (apis. ^ fipnpse, i, îi6.
5G TRAITÉ DES BERAKHOTH.
de prendre ses repas le samedi (comme à l*ordinaire), il est donc obligé aussi d^accomplir tous les devoirs religieux qui sont attachés à ce jour, car, si cette règle est faite en faveur de son existence temporelle, il doit en être à plus forte raison de même pour ce qui regarde la vie religieuse. R. Yéhouda, fils de Pazzi , au nom de R. Yéhoschouah, Gis de Lévi, est du même avis.
Après avoir remis le mort à la congrégation funéraire ou seulement aux porteurs du cercueil, il est permis (aux hommes en deuil) de manger et de boire. Par exemple, quand R. Yossé mourut, R. Yé'hia, fils de Vava, fournit le premier repas aux hommes en deuil ; il leur donna de la viande à manger et du vin à boire. A la mort de R. *Haïa bar-Abba, R. Samuel, fils de R. Isaac, fit de même; et à la mort de ce dernier, c'est R. Zéïra qui fournit le (premier) repas aux abéUm (afiligés), en leur donnant à manger des lentilles, et il leur dit : J'agis selon la coutume ^ — R. Zéïra, avant sa mort, ordonna que les hommes en deuil ne mangeassent pas du tout le premier jour; mais le lendemain ils pourraient se nourrir de leurs propres biens ^. — Lorsque R. Isaac, fils de Rab, se trouva à Tuba, un malheur le frappa. R. Mané et R. Youdan vinrent lui rendro la visite de condoléance et ils burent chez lui du bon vin qui les mit en gaieté. Le lendemain, quand ils renouvelèrent cette visite, R. Isaac leur dit : Était-il convenable de boire tant devin chez un ahelfll ne vous manquait hier que de vous mettre à danser. On boit chez Yabel dix verres de vin : deux avant le repas, cinq pendant le repas et trois à la fin. Ces Irois derniers verres sont ainsi répartis : Tun, en faisant la bénédiction; le second, en signe de charité; le dernier, à la consolation des affligés. — Quand R. Gamaliel mourut, on ajouta à ce nombre encore trois verres : Tun, en rhonneur du 'hazan (officiant); le second, en Phonneur du chef de la synagogue, et le troisième à la mémoire du défunt'. Mais, quand le Bethr-Dme (le synode) vit qu on s'enivrait de plus en plus, il défendit de boire les trois verres additionnels et ne laissa subsister que l'ancien usage (des dix coupes).
Un disciple qui est cohen (descendant de la famille du grand prêtre Aaron) doit-il se profaner^ en s'occupant du service funéraire de son maitre, pour lui rendre honneur? L'exemple suivant peut servir de réponse. — Quand le beaupère et maftre du R. Yanaï Zéïri mourut, celui-ci (qui était cohen) adressa cette question à R. José, et reçut une réponse négative. — R. A'hi l'entendit
^ Dans le traité du Talmud Baba-Ba- gens en deuil, ou ils leur envoyaient des
thra, nous trouvons Texplication de cet mets. L envoi des mets est encore pratiqué
usage : de même que la lentille, dit-on, parmi les Juifs pieux de nos joiu^. n'a pas (comme les autres fèves) de co- ' Usage tombé en désuétude chez les
tylédon, ainsi TaiSigé est muet. Juife et qui s'est répandu ailleurs.
' D*après un ancien usage, les amis, * Lévitique.
les proches vois'ns invitaient au repas les