‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 47 sur 266 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

leur disait: Quand vous allez à un repas, ne vous mettez jamais à table, s il est midi, avant d'avoir fait la prière de mineka (de crainte que le repas ne se prolonge trop, et que Ton ne laisse, soit la semaine, soit le samedi, dépasser rheure de la prière). Mais quelle est Theure rigoureuse de la prière de minehaf Onze heures moins un quart ^ Nous apprenons en effet ^ que le sacrifice quotidien du soir était égorgé à la moitié de la huitième heure (ah. j/a du soir) et déposé sur Tautel a la moitié de la neuvième heure (3 h. i/s du soir), excepté la veille de Pâque, oi!k on l'avançait d'une heure (à cause de Tagneau pascal). On voit donc que l'heure de la prière de mincha commence tôt, et cela explique la recommandation de R. Yéhoschoua. R. Jérémie objecte ceci : Vous dites ici que le temps de dire le mmAa est de deux heures et demie, tandis que là (pour les sacrifices) vous lui donnez une durée de trois heures et demie? R. José répond que la comparaison entre la prière de mtnAa et le sacrifice du soir n'est pas complète : elle ne doit s'appliquer qu'au sacrifice de l'encens qui se fait après ; il s'appuie sur ce verset : Que mapriire s élève près de Un comme de F encens^, accepte Félévation de mes mains comme le sacrifice du soir (Psaume cxli, 9). Retranchez une heure pour la préparation du sacrifice; restent deux heures et demie.

R. José ben-Hanina faisait sa prière du matin et du soir, l'une dès que le soleil apparaissait, l'autre avant qu'il disparût complètement, afin d'être pénétré toute la journée de la crainte du ciel , d'après ce verset : Tout homme pieux doit {invoquer à F heure où Fort te trouve (Psaume xxxii, 6), c'est-à-dire: à l'heure où Dieu se révèle au monde par la lumière. L'oncle de R. Ada (frère de sa mère) gardait le talith de Rab le jour du grand jeûne; celui-ci lui dit: Lorsque le soleil sera à la hauteur des cimes des palmiers, tu me donneras mon talith pour que je récite la prière de neila (clôture du jeûne). Or, lorsque le soleil est à cette hauteur chez Rab (à Babel), il fait encore jour ici (en Palestine, car Babel est moins élevée que la Palestine): cela ressort, d'après R. Yochanan, de ce verset: Je dis à la profondeur: Sois desséchée (Isaïe, xliv, 97); par là on prouve que celui qui prie beaucoup est exaucé. (Dieu n'entend pas la prière des Israélites, parce qu'ils sont criminels; mais, s'ils ne le sont pas, plus ils prient, plus ils sont agréables à Dieu.) Cependant on a émis une opinion contraire, au nom de R. Lévi, R. Aba, fils de R. Papi, et R. Yéhoschoua de Sichnine au nom de Lévi, qui expliquait ce verset ainsi : tr Toute peine apporte son salaire, mais les paroles des lèvres causent un préjudice?» (Proverbes, XIV, 33 ) : il l'appliquait à Hnnna, qui, pour avoir trop prié, a abrégé les

' En divisant lo journée en deux parties ' Mischnâ , 5' partie, traité Tamid, ibid.

ég^ales, commençant h six heures du matin, ^ On voit la relation qn il y a entre

rheure de mincha serait à cinq heures moins prière et encens, un quart du soir( 1 1 ' heure depuis le matin).

jours de Samuel (son fiis); elle dit : Il restera là à tout jamais [olam] (I Samuel, II, 39). Mais, fut-il objecté, le mot olam, appliqué aux lévites, veut dire jusqu'à la cinquantième année, tandis que Samuel a vécu cinquante-deux ans? R. Yosé bar>R. Boun dit: Il faut déduire les deux années qu'elle Ta nourri (restent donc 5o) ^ Il n'y a point de contradiction: selon Lévi, le premier cas s'applique au particulier, le second à la communauté (celle-ci est récompensée tandis que le premier est puni). R. Chiya, au nom de R. Yochanan, et R. Simon , fils de Chalaphta , s'appuyaient sur ce verset : Comme elle priait beaucoup (I Samuel, i, is), pour prouver que celui qui prie beaucoup est exaucé.

Le Prophète appelle ainsi Babel , parce qu elle est l'endroit le plus bas de la terre. Selon R. Yochanan, ce nom de tzoula (profondeur ou abime) a été donné à Babel, parce que c'est l'endroit où les victimes du déluge furent englouties (Exode, XV, lo), conformément à ce verset: Cest à Babel que tombèrent les victimes d^Israël, là ou sont tombées ceUes de toute la terre (Jérémie, ii, Ag).

Il est écrit : Ils trouvèrent une plaine dans le pays de Schinar et «'y établirent (Genèse, ii, s). On Tappelle schinar, dit Resch-Lakisch , car c'est là que furent précipités {scheninarou) les morts du déluge; ou bien parce qu'ils mouraient là d'épilepsie (de naar, se tordre), privés de lumière et de bains (qui eussent été profitables aux malades); ou bien parce qu'ils sont dépouillés (même mot en hébreu) de bonnes œuvres (ni offrande ni dime); ou bien parce que ses princes meurent jeunes; ou bien encore parce qu'il (ce pays) a suscité un adversaire et un ennemi à Dieu, et c'est Nabuchodonosor l'impie. Rab bar-Yéhoudah disait : Si vous faites comme les rabbins, R. Yéhoudah n'y pourra pas consentir; mais, si vous faites comme R. Yéhoudah, vous agissez conformément à toutes les opinions. Sur quoi s'est-on appuyé pour établir la néila^ (prière de clôture du grand jeûne)? D'après R. Lévi, sur ce verset : Même si vous multipliez vos prières, je ne vous entends pas (Isaïe, i, 1 5), on le dit lentement pour n'arriver à la néUa qu'à la nuit.

On demanda : La néila nous dispense-t-elle de la prière du soir? R. Aba el R. Hiya, au nom de Rab, répondent afiirmativement. Mais, objecte R. Aba au dernier, à quel endroit (de Yamida^) disait-on la prière de séparation (habdalah : cette prière se dit dans la quatrième des dix-huit bénédictions dont se compose Yamida'; aux jours de fête on ne récite que les trois premières et les trois dernières, entre lesquelles on en intercale une spéciale à la solennité)? Et R. Yona objecte à R. Aba: Une amida^ de sept bénédictions peut-elle vous dispenser du devoir den réciter une de dix-huit? Mais (réplique R. Aba)

* Comment concilier ces deux opi- ' Pour les autres j)rièivs, nous avons

nions, que la prière est utile et qu'elle vu plus haut quelle en est rorigine supnuit? posée.

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