‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 46 sur 266 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

3o). La prière de raprès-midi nous vient d'Isaac : Isaac sortit prier (nw) dans les champs (Genèse, xxiv, 63); ce terme lasauach signifie prier; ainsi (Psaume eu, i) il est dit : Prière de Vc^JUgé qui est éperdu et qui répand sa plainte (r(\W) devant VEtemeL

Quant à la prière du soir, elle nous vient de Jacob : Il arriva {vay^ga) dans un endroit et y passa la nuit. Ce mot vaytfga signifie prier^ comme dans ce mot qu ils prient (yifgueou) donc le Dieu sahaoth (Jér. xxyii, 38) , et encore : ne me prie pas{y%h\ tifga bi) {iUnd^ vu, 17).

Les rabbins soutiennent que les prières ont ëté institiiëes parallèlement aux sacrifices quotidiens, celle du matin par rapport au sacrifice du matin : Tu feras un agneau le matin (Nombres , xxviii , &), et de même pour celle de Faprès* midi (ibid.).

Quant à la prière du soir, ils ne savaient à quoi la rattacher, et ils Tout prescrite sans indiquer de motif; c'est pourquoi nous lisons dans la Mischnâ : Celle du soir n'a pas d'heure fixe. Selon R. Tanchouma, elle a été instituée en souvenir de la combustion des morceaux et des entrailles du sacrifice du soir qui se faisait sur Tautel pendant la nuit.

R. Yehouda (qui soutient que la prière du matin ne peut se dire que jusqu'à dix heures) appuie son dire sur la thora, car R. Ismaël enseignait : Il est écrit : Lorsque le seieU s^ échauffait , elle fondait (Exode , xvi , 9 1 ), c'est-à-dire à la quatrième heure (dix heures); or, si l'on veut soutenir que ces mots indiquent la sixième heure, je répondrai que cette heure est indiquée par les mots suivants : Il était assis à T entrée de sa tente, le jour étant chaud [kechâme] (Genèse, xviii, 1) ; donc les termes trie soleil était chaud t» (wechame) doivent indiquer la quatrième heure. En outre, comme on explique que le terme le matin, qui se trouve à propos du sacrifice d'Abraham, signifie la quatrième heure, le même mot, reproduit dans le fait de la manne, doit avoir la même signification: A la quatrième heure (10 h.) le soleil est chaud., mais l'ombre est fraîche; mais à la sixième heure (midi) le soleil et l'ombre sont tous deux chauds. *

En effet, les mots trie jour étant chaud (kechôme)n signifient, d'après R. Tanchouma, l'heure à laquelle aucune créature n'a d'ombre.

R. José priait à la troisième heure (9 h.); R. Chiya bar-Vava faisait de même; R. Berachiya Hamounia récitait le schéma' d'abord, et les autres prières plus tard.

Mais, fut- il objecté, il a été décidé que celui qui récitait le schéma! après la troisième heure ne perdait pas le mérite de sa prière, qui lui était compté comme étude de la Loi? (A quoi bon alors séparer, comme faisait R. Berachiya, le schéma' du reste de la prière?) On répond que ceci n'a été dit qu'au cas où le schéma est récité à l'heure fixée.

On peut supposer que R. Yehouda (en fixant l'heure du schéma' à la qua-

tiième heure) s'appuie sur le fait suivant rëpëtë par R. Simon au nom de R. Yéhoschoua ben-Lëvi: Sous la domination grecque ^ les Juifd assises dans le temple donnaient chaque jour deux vases d'or qu'ils passaient par-dessus la muraille, et en retour ils recevaient deux agneaux (pour le sacrifice quotidien); une fois (au lieu d'agneaux), les Grecs envoyèrent deux chevreaux» mais le saint [béni soit-il] ouvrit leurs yeux, et ils trouvèrent deux agneaux dans l'étable (du temple). A propos de ce fait, R. Youda bar-Aba témoigna que le sacrifice du matin se faisait à la quatrième heure. R. Lévi ajoute que sous le même règne ils (les Juifs) passaient deux vases d'or pour prix de deux agneaux; une fois on leur envoya deux porcs (par dérision); mais, à peine arrivés à moitié de la hauteur, les porcs se cramponnèrent à la muraille au point qu'elle fut ébranlée et lancée à plus de quarante parasanges du pays d'Israël; c'est à partir de ce moment que, par suite des péchés, le sacrifice quotidien fut interrompu et le temple détruit ^.

Sur quel motif s'appuient les rabbins? C'est qu'il est dit : Deux pour chaque jour (Nombres, xxviii, 3) ; c'est-à-dire diviser le jour en deux. Quant à R. Yehouda, il explique ainsi le verset trdeux par jour ^ : Présentez deux défenseurs chaque jour; ou bien égorgez à titre de sacrifices quotidiens (et non de sacrifices extraordinaires); ou bien égorgez-les en face du jour. C'est dans ce sens que la mischnâ nous enseigne ^: Le sacrifice du matin était égorgé à l'angle nord-est de l'autel, près du deuxième anneau, et celui du soir à l'angle sud-est, près du deuxième anneau, et que celui du matin et celui du soir soient désignés d'avance.

R. Hiya, au nom de R. Yochanan, dit: Entre la prière mincha (de l'aprèsmidi) et celle de mouasaph (supplémentaire des fêtes), on donne la priorité à la première. On a voulu (dans les écoles) soutenir que cette règle ne s'appliquait que lorsqu'on n'a plus assez de temps pour dire les deux avant la nuit; mais R. Zera ainsi que R. Nathan bar-Toubi, au nom de R. Yochanan, affirment que cette règle subsiste même dans le cas contraire.

Mais, fut-il objecté, il a été dit qu'en récitant la prière de minha avant celle de moussaph on a accompli son devoir, mais qu'on ne doit pas le faire volontairement? Il s'agit alors, répondit-on, du cas où l'heure de mincha n'est pas encore arrivée. Ainsi R. Yéhoschoua ben-Lévi recommandait à ses élèves et

* Yavan; le Talmud qualifie ainsi la ' Voyez Babli Baba-Icama, p. 8q;

ruce des Séleucides, qui occupa , après la ce dernier fait, rapporté (liiTëremment,

mort d'Alexandre, le trône syrien ; le fait aurait eu lieu pendant la lutte d'Hyrcan

rapporté par le Talmud eut lieu sous le et d'Aristobule. De là aussi la défense

règne d'Antiochus Épiphane. (Voir Les d élever des porcs dans la Palestine. (Voir

derniers jours de Jérusalem ^ par M. F. de Histoire d'Hérode, par M. F. deSaatcy.)

Saulcy; V Histoire d'Hérode, p. 18.) . "^ 0' partie, traité Tamid, ch. iv.

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