‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 57 sur 266 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

menaces. N'est-il pas écrit au contraire ; // y aura de la misère pour toutes les créatures? Cest aux païens que s'applique cette malëdiction. Mais n'est-il pas dit aussi : Tu nous as méprisés (Liamentations, v, 92)? Oui, mais ces mots sont accompagnes de Tespoir du retour : fais-nous retourner, y est-il dit, parce que tu nous as méprisés (ibid.).

De même le prophète Élie ne s'est sépare d'Elisée qu'après l'avoir entretenu de sujets religieux : Ils marchaient, est-il dit, et pendant la route ils continuaient à parler (II Rois, ii, 11). De quoi s'occupaient-ils? R. Âchwa bar~R. Zeïra dit qu'ils s'entretenaient de la lecture du schéma ; c'est dans le même esprit d'exégèse que le verset dit : Tu en parleras (Deutéronome, vi, 7). R. Juda ben-Pazi dit qu'ils s'entretenaient de la création du monde, conformément à ce verset (Psaume xxxiii, 6) : Par la parole de Dieu les deux ont été créés, R. Judan, fils de R. Âïbo, dit qu'ils parlaient de sujets consolants pour Jérusalem, selon ce verset : Parlez au cœur de Jérusalem (Isaïe, xl, s). Les rabbins disent qu'ils trai-' taient du char céleste; on peut le conclure de ce verset : Et voici un char de feu et des chevaux de feu, etc. (II Rois, u, 1 1). R. Jérémie dit : On ne doit se mettre à prier qu'après avoir appris une règle de religion. R. Yossé dit que celui qui s'occupe des intérêts communaux a autant de mérite que celui qui s'occupe de la Loi. Aussi R. Houna enseigna ceci : Il est bon que les femmes, dès qu'elles voient une goutte de sang petite comme un grain de safran (signe d'impureté), restent pendant sept jours à se purifier. Puis ce rabbin se leva et se mit à prier.

Zeïra bar-R. Ilanina dit : Celui qui répand le sang des sacrifices commet sur eux un sacrilège. C'est là une des règles fixes. Bar-Kapara a enseigné : C'est une loi traditionnelle, transmise à Moïse par la révélation sur le Sinaï, qu'il y a onze jours entre une purification^ et l'autre {mulieris menstruatœ). R. Oschia a enseigné : On peut accumuler des produits de la terre et du blé avec les issues de paille, de façon qu'on soit dispensé d'en prélever la dime (si on les recueille mêlés de cette façon, avant de les avoir tamisés, on est dispensé d'ôter la dime pour la consommation). Abba Judan demanda à Rabbi : Combien de degrés y a-t-il dans les choses saintes? U lui répondit : Il y en a quatre. Et combien de

' Dès qu'une femme mariée voit du sang d'impureté (menstruae), elle est niddâ, c'est-à-dire, pendant sept jours il lui est interdit de se livrer au commerce conjugal. Après cette semaine commencent souvent les jours de la gonorrhe'e (en cas de flux grave), qui sont an nombre de onze; après quoi reviennent les sept jours de la niddâ, suivis de nouveau de ceux de la gonorrhée , et ainsi de suite. La consé-

quence de cet enseignement est celle-ci : si dans les onze jours il n'y a eu de perte qu'une ou deux fois, la femme est pure, après avoir pris le bain réglementaire; mais si elle a des pertes trois jours de suite, elle devra compter, après cet espace de temps, encore sept jours de pureté avant de pouvoir se livrer au commerce marital. Ainsi s'explique ce désaccord entre le nombre des jours.

degrés y a-t-ii pour les oblaiions? Trois. Puis il se mit à prier. R. Ezekia, R. Jacob bar-Acha et R. Yassa disent, au nom de R. Yochanan, qu'il ne faut jamais oublier le verset suivant : Uitemel Sebaoth est avec hoim, k Dieu de Jacob est notre soutien, Selah (Psaume xlvi, 1 9). R. Yossë bai^R. Aboun et R. Abouha disaient, au nom de R. Yocbanan et de ses compagnons, ce verset-là : 0 étemel Sebaoth, heureux T homme qui se fie en toi ( Ps. lxxxiv, 1 3 ). R. Ezekia disait , au nom de R. Abouha : «r Qu'il te plaise, Éternel notre Dieu et Dieu de nos ancêtres, de nous sauver des heures de rébellion, dures et mauvaises, qui s'ëchappent et arrivent furtivement sur la terre, yt

«r On ne doit pas se mettre à prier, etc. •»

R. Josué ben-Lakisch interprétait ainsi le verset (Psaume xxix, 9) : Prosternezr-vous devant FÉtemel dans les parvis du sanctuaire, avec le respect du sanctuaire'^. R. Yossë ben-Hanina demandait : Gonmient explique-t-on ce verset : Adorez pieu avec crainte et rijouissezrwms en tremblant (Psaume 11, 11)? (N'y a-t-il pas là une contradiction entre la crainte et la joie?) R. Acha répond : Gela signifie que lorsque le jour de la terreur viendra, vous vous réjouirez (car vous avez adoré Dieu avec crainte et vous n'aurez rien à craindre).

R. Josué ben-Lévi dit : Lorsqu'on se met à prier, on doit s'asseoir deux fois : une fois auparavant et une fois après ; auparavant on doit réciter le psaume cxlt , précédé du verset : Heureux ceux qui habitent ta maison (Psaume lxxxiv, 6), et une fois après pour dire ces mots : Certes, les justes rendent grâce à ton nom; les hommes droits habiteront devant toi (Psaume gxl, i/i). Les premiers hommes pieux se recueillaient une heure avant la prière, puis priaient une heure et se recueillaient de nouveau. Quand donc alors se livraient^ils aux études religieuses et à leurs travaux? R. Isaac bar-R. Éliézer répond : Comme c'étaient des gens pieux, la bénédiction de Dieu était sur leurs études et sur leurs travaux manuels. R. Houna dit : Celui qui prie derrière la synagogue mérite le nom d'impie, car il est dit (Psaume xii, 9) : Les impies marchent à F entour (on par derrière). R. Houna dit encore, conformément au même verset, que celui qui n'entre pas au temple dans ce bas monde n'aura pas le bonheur d'y entrer dans la vie future.

R.Yochanan dit que celui qui prie dans sa maison l'entoure et la fortifie, pour ainsi dire, d'un mur de fer. Cette opinion n'est-elle pas en contradiction avec une autre du même rabbin? N'a~t-il pas dit ailleurs, par l'oirgane de R. Aba ou de R. 'Hiya, que l'homme doit prier dans un endroit spécialement réservé

^ 11 y a ]à plus qu un jeu de mois : c'est entre celles du mot n*^in3 (au parvis) presque une confusion des lettres n et n, et du mot m*^n3 (avec crainte, respect).

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