CHAPITRE V
à h. prière? Et ici il dit de prier chez soi? Oui, quand on est seul; mais lorsqu'il existe une communauté, on doit se rendre à ia synagogue.
R. Pinchas dit, au nom de R. Oschia : Celui qui prie dans une synagogue offire^ ponr ainsi dire, une oblation pure. Qu'est-ce qui le prouve? Ce verset: Ceit aùm que les et^anU d^ Israël afportent F oblation en un vase pur dans la maison de TEtemel (Isaïe, lxvi, so). R. Abahou ou un autre en son nom interprète ainsi le verset d'Isaïe (lv, 6) : ïnooquez V Étemel lorsqu'on le trouve. Où le trouvetr-on? Dans les temples et dans les maisons d'ëtude; et : appelez-le pendant qu'il est proche y là oh il est proche. R. Isaac bar-R. Éliëzer ajoute encore qu'alors Dieu se tient près d'eux. Comment le sait-on? On le conclut de ce verset: UÉtemel se tient au milieu de rassemblée; il juge dans les réimions (Ps. lxxxii, s). R. Hisda dit' : Lorsqu'on entre dans une synagogue, on doit s'y avancer de l'espace de deux portes, car il est dit (Proverbes, viii, 3&) : Hesxreux Tlwmme qui WL obéit et veille chaque jour à mes portes; il est dit : à mes portes (au moins deux) , et non à ma porte; aux poteaux y est-il dit, au pluriel, et non au singulier. Si Ton agit ainsi, à quelle récompense peutK)n s'attendre? Â ce que promet le verset : Ceux qui me trouvent rencontrent la vie (ibid.).
R. Houna dit : Lorsqu'on se rend au temple, on doit accélérer sa marche, en vertu de ce verset (Osée, vi, 3) : Nous voulons savoir; courons pour conmdtre TÉtemel. En sortant, on doit aller doucement, selon ces mots (Job>, xiv, i6) : Maintenant tu comptes mes pas (au départ). R. Yochanan dit : C'est un fait certain que celui qui s'occupe de l'étude talmudique dans le temple ne l'oublie pas de sitdt. R. Yochanan d'Ânatoth ajoutait comme réponse : Il est non moins certain que si l'on étudie avec modération, on n'oublie pas si promptement, comme il est dit (Proverbes, xi, a) : La sagesse accompagne les hommes modestes. R. Yochanan établit de même qu'il est bon, pour ne pas oublier, d'apprendre Tex^èse dans les livres (et non par cœur); et R. Tanhoum dit que celui qui. repasse ce qu'il a appris ne l'oublie guère, d'après ces paroles : afin que tu n oublies pas les paroles que tes yeux ont vues (Deutéronome, iv, 9).
R. Yona dit, au nom de R. Tanhoum bar-R. Hiya : Lorsqu'on a eu un songe pénible, il faut dire : tr Qu'il te plaise. Éternel mon Dieu et Dieu de mes ancêtres, de disposer de tous les songes que j'ai eus, soit cette nuit, soit les autres nuits, soit que moi je les aie eus, soit que d'autres aient rêvé de moi. S'ils sont bons, qu'ils s'accomplissent pour la joie, le bonheur, la bénédiction et la vie. S'ils sont différents, modifie-les, de même que tu as changé les eau^ amères en douces^ et les eaux de Jéricho en eaux agréables, par l'entremise d'Elisée, ainsi que la malédiction du fils de Peor (Ralaam) en bénédiction. Change de même tous les mauvais rêves. Que les rêves des autres à mon égard
* Babil, même traité, fol. 8\ — * Exode, xv, 9 5.
tounient en bien, en bénédiction, en guërison, en vie, en bonheur, en joie et en paix, selon ce verset : Tu as changé mon deuil en rijcuissance; tu as délié tmonsac et tu nCas ceint de gaieté. Afin quon chante tes louanges sans interruption ^ Etemel mon Dieu y je veux sans cesse te rendre grâce (Psaume xxx, is). U Étemel ton Dieu n'a pas votdu écouter Balaam; et, en ta faveur, il a changé la malédiction en bénédiction, car Fbtemel ton Dieu faime (Deutéronome, xxni, 6). Alors la vierge se réjouira dans la danse, ainsi que les jeunes gens et les vieillards; je changerai leur deuil en joie , je les consolerai et je lés réjouirai dans leur affictùm ( Jërémie , xxxi , 1 3 ).
«rMème si le roi s'informe de la santé, etc. -n
R. Acha dit : Ce qui vient d'être dit s'applique aux rois d'Israël; mais aux rois étrangers il faut rendre le salut. On a enseigné que si Ton écrit le nom de rÉtemel, on ne doit pas s'interrompre pour donner une réponse, même à un roi ^; si l'on écrit deux ou trois noms différents de la Divinité, par exemple £Z, Elohim ou Jehova, on achève l'un d'eux et Ton répond ensuite au salut R. Yochanan était assis, pour lire le schéma', à la porte de la synagogue babylonienne de Sippori; il ne se leva pas devant un archonte (magistrat) qui passait. En voyant cela, on s'approcha du rabbi pour le frapper. Laissez-le, dit le juge, il s'occupe des lois de son créateur. R. Hanina et R. Josué ben-Lévi se rendirent un jour auprès du gouverneur de Gésarée; dès qu'il les vit, il se leva devant eux. Quoi, lui dirent ceux qui l'entouraient, tu te lèves devant ces Juifs? Je vois en eux, difril, des faces d'ange. R. Yona et R. Yossé se rendirent auprès du gouverneur de la ville d'Antioche, qui se leya à leur rencontre, dès qu'il les vit. Quoi, lui dit-on aussi, tu te lèves devant ces Juifs? J'ai vu, dit-il, la face de ces gens en mon cœur, et ils triomphaient. R. Abin, en sortant d'une audience du roi, lui tourna le dos. Les courtisans voulurent le tuer; mais, comme ils virent que deux bandes de feu l'escortaient^, ils le laissèrent aller, selon ce verset : Tous les peuples de la terre verront que le nom de TÉtemd est invoqué par toi, et Us te craindront (Deutér. xxviii, 9). R. Simon ben-Iochaï appliquait ce verset même aux esprits et aux démons. R. lanaî et R. Jonathan se promenaient dans une plaine. Quelqu'un les aperçut et les salua en leur disant : Salut à vous, mes maîtres (comme on s'adresse à de grands personnages). Ils répondirent (modestement) : Nous n'avons pas même l'apparence d'un étudiant pour que nous méritions un tel salut. — Resch Lakisch étudiait tant la Loi qu'il sortit par mégarde (un samedi) en dehors de la limite sabbatique. Il n'a pas su avoir égard au verset : £mvre-(ot totgours de son amour ( Proverbes , v, 1 9 ) , c'est-i-dire : Par suite de ton amour pour la torâ, tu te tromperas dans les choses étran-
' Tr,Sophrim, ch. v, S 6. — ' Allusion aux lanières latérales des phylactères.