‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 60 sur 266 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

d{l : C'est à titre immuable que j'en ai fait don à Abraham; je lui en ai fait cadeau, selon ce verset : Dieu te donnera la rosée des deux (Genèse, xxvii, 38) ^ R. Samuel bar-Nahmeni dit : Lorsque les Israélites accomplissent de mauvaises actions et qu'ils transgressent la Loi, les pluies sont arrêtées. En ce cas, on fait intervenir un vieillard, par exemple R. Yossé le. Galiiéen, qui intercède en leur faveur auprès de Dieu , et la pluie tombe. Toutefois, la rosée ne descend pas du ciel par le mérite d'une créature. Pourquoi? Parce qu il est écrit : // en est de la rosée de F Etemel comme des pluies menues sur la verdure ^ qu^on n^espère pas de rhomme et qu'on n'attend pas des enfants de la terre (Michée, v, 6),

R. Zeîra dit, au nom de R. Hanina : Si Ion est sur le point de réciter la prière

de la pluie (qui se dit en hiver) et qu'au lieu de cela Ion mentionne celle de

la rosée (qui se dit en été), on n'a pas besoin de recommencer; si, au con*

traire, dans la prière pour la rosée on nomme la pluie, il faut recommencer.

Mais n'a-t-on pas enseigné que, pour la prière de la rosée ou celle qui est

relative aux vents, les sages n'ont pas obligé les fidèles de faire la mention,

laquelle est seulement volontaire? C'est différent : celui qui se maudit lui-même

(en demandant de la pluie en été au lieu de rosée) ne ressemble pas à celui

qui ne prie ni ne maudit (aussi n'y a-t-il pas d'obligation en ce cas). On vient

de dire que si, au lieu de mentionner la pluie, on a rappelé la rosée*, on n'a

pas besoin de reconmiencer : pourquoi cela? N'a-t-on pas enseigné que si l'on

a omis de demander à Dieu la pluie (nV^C^) dans la bénédiction des saisons

(neuvième), ou de mentionner la pluie dans celle de la résurrection des morts

(deuxième), il faut reconmiencer? C'est vrai, et il faut reconmiencer au cas oii

l'on n'aurait rien mentionné du tout, ni rosée, ni pluie (mais cette dernière

mention suffit au besoin). R. Zeira, au nom de R. Houna, dit : Si l'on a omis

de demander la pluie dans la neuvième bénédiction , on le fait dans la seizième,

qui est une invocation générale; et, de même, si l'on a omis de faire mention de

la pluie dans la seconde bénédiction^ on peut la rappeler dans la seizième. En

effet, si la demande, faite d'ordinaire comme l'expression d'un désir, dans la

section des saisons, peut se dire dans l'invocation générale, il en est à plus

forte raison de même de la simple mention de tel attribut divin : tr qui fait répandre

la pluie. T> Mais n'a-t on pas enseigné que si l'on n'a pas demandé la pluie dans

ta neuvième bénédiction des saisons, ou si l'on n'a pas fait la mention des pluies

dans la deuxième bénédiction, il faut recommencer? (il parait donc qu'il ne

vsuffit pas de les rappeler à la fin?) R. Abdimé, frère de R. Yossé, répond : Si

l'on dit qu'il faut recommencer, c'est pour le cas où l'on n'en aurait pas parié

même dans la seizième bénédiction. A quel endroit faut-il reprendre? De même

*■ Or, ce verset est suivi des mots : // le donnera la bénédiction d* Abraham. C'est donc au patriarche qu'elle a été donnée.

que R. Simaii , au nom de R. Yochanan , dit, au sujet de la nëoménie : si après avoir oublie la mention de cette solennité, on s'est déjà reculé (comme signe de retraite finale), il faut reprendre au commencement, et, si Ton n'a pas fini, il suffit de recommencer à la section consacrée au culte (pour y intercaler le paragraphe de la néoménie, nommé K3M nby>); de même, pour notre sujet de la pluie, si Ton s'est déjà retiré, il faut recommencer tout; sinon, il suffit de reprendre à la seizième section (où peut s'intercaler la demande des pluies). A Ninire, on dut établir une fois un jour de jeûne spécial à la suite de Pâques (à cause du manque de la pluie, qui allait produire une famine). On alla consulter Rabbi, pour savoir à quel endroit (de Y^amida) il fallait intercaler cette invocation à Dieu, faite en été. Il leur répondit : Faites conmie vous voudrez, pourvu que vous ne changiez pas la formule de la prière. A quel endroit cependant fautil intercaler ce vœu? R. Jérémie était d'avis qu'il faut le dire dans la seizième bénédiction , ou invocation générale. R. Yossé leur dit que ee n'est pas Tavis de R. Zeira, au nom de R. Houna : Si l'on n'a pas fait, dit-il, la demande des pluies dans la bénédiction des saisons, ou si on ne les a pas mentionnées dans la seconde, on les mentionne dans la seizième bénédiclion. Et c'est à ce propos que Rabbi dit : Allez et priez, pourvu que vous ne changiez rien à la formule de la prière (c'est-à-dire : comme nous sommes en été, après Pâques, vous ne devez pas solliciter la pluie dans la bénédiction des saisons; or, comme il n'en faut pas parier dans cette bénédiction, il ne faut pas non plus, en cas d'oubli, les mentionner dans la seizième). Mais alors où faut-il en parier, si on ne peut l'y intercaler, selon cette interprétation de R. Yossé? Dans les six bénédictions supplémentaires qu'on ajoute, le jour déjeune, à la prière ^amiieia. Cette indication est suffisante pour ceux qui prient en assemblée publique, où l'on récite les six suppléments; mais comment fait le particulier qui ne dit pas ces additions? R. Hanina répond que R. Zeîra a dit, au nom de R. Houna : Le particulier exprime ses désirs dans l'invocalian générale, et celui de la pluie est un désir.

ïtEt la formule de séparation (nbian) se dit dans la quatrième section, n

R. Simon bar-Wava demanda à R. Yochanan : Comment se (ait-il que lorsqu'une coutume est établie, les sages viennent la contester? (c'estrà-dire: pourquoi intercaler dans la quatrième section ce qui fait l'objet d'une cérémonie spéciale, à la fin de l'office divin, avec un verre de vin?) C'est que,

répondit-il, la cérémonie essentielle, résidant dans la bénédiction du vin, avait été oubliée dans la prière 'amûia (il a donc fallu la rappeler); cela démontre que l'essentiel se fait avec le vin. R. Jacob bar-Idi, au nom de R. Isaac Rouba.

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