‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 59 sur 266 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

gères. B. Judan bar-B. Ismaël était tellement préoccupé de Tétude de la Loi qu il ne vit pas tomber son manteau, ni arriver un serpent. Maître, lui dirent ses disciples, tu perds ton manteau. — Ce serpent, leur rëpondit-il (en l'apercevant), ne le garde-t-il pas contre les voleurs?

(T Eût-on même un serpent enroulé autour du talon, on ne doit pas s'interrompre, t

R. Houna, au nom de R. Yossé, dit : On n'a enseigné cela qu'au sujet du serpent; mais si c'était un scorpion, on devrait s'interrompre. Pourquoi? Parce qu'il mord & plusieurs reprises (ce qui est bien plus grave). R. lia dit : On n a parlé que du cas où il serait déjà enroulé autour du talon ; mais si on le voit arriver, on peut l'éviter en se retirant, sans interrompre la prière. On a appris de même que si l'on est debout en train de réciter la prière dans la rue ou au marché, on doit se ranger pour laisser passer les fines ou les chariots, sans s^interrompre toutefois. On raconte, au sujet de B. Hanina ben-Dossa, qu'étant mordu un jour par un reptile venimeux pendant la prière, il ne s'interrompit pas. Lorsqu'on alla voir de quel reptile il s'agissait, on trouva ce ver étendu à Tëtat de cadavre (il ^tait mort de son audace d'avoir osé attaquer un honmie aussi fervent). €^est alors qu'on dit : Malheur à qui eût été mordu par le serpent multicolore; et malheur à ce serpent, qui a mordu R. Hanina ben-Dossa! Quelle est la gravité de ces morsures? Si un homme est mordu et qu*il se mette à temps dans l'eau, le serpent multicolore en meurt; au cas contraire, rhomme en meurt Maître, lui dirent ses disciples, n'as-tu rien senti pendant la morsure? Je vous jure, réponditnil, que je n'ai songé qu'au sujet de la prière. A ce propos, R. Isaac bar-R. Eliézer dit : Dieu a créé une sorte de source à la plante de ses pieds, conformément à ce verset : Il exécute ks désirs de ceux qui Je craignent; U exauce leurs vœux et il les sauve (même du danger dont ils ne se doutent pas) (Psaume cxtv, 19).

2. Dans la deuxième bénédiction (de Y'amida)^ consacrée à la résurrection des morts, on mentionne (en hiver) la force des pluies (maschib harouah) ; et dans la neuvième bénédiction, celle des années, on sollicite de Dieu la pluie. La formule de séparation [habdalahy entre le samedi et le jour de la semaine) se dit dans la quatrième, où l'on sollicite la faveur d'être intelligent. R. Akiba dit : Yhabdalah forme une quatrième bénédiction spéciale, et, selon Éliézer, on l'intercale dans l'action de grâce (dix-huitième actuelle).

De même que la rësurrecfion des morts doit amener une vie sans Gn^, de même Ton espère que la descente des pluies produit une vie sans fin (aussi on comprend ces deux sujets dans nne même prière). R. Hiya-bar Abba le prouve par ces versels (Osée, v, 2) : // nous fera revivre dans deux jours : au troisième jour il nous rétablira et nous viorons devant lui, AUonSy courons, pour acquérir la connaissance de Dieu, quon trouve bien au matin. Et il est encore ëcrit : ÉUe le Tischbite, des habitants de Galaad, dit à Achab : Vive Dieu, il ny aura pendant ces années ni de la rosée, ni des pluies, que selon ma parole (I Rois, xvii, 1)'^. R. Berachia raconte un entretien qui eut lieu entre R. Yassa et les rabbins : le premier dit qu'il a été exaucé tant pour la rosiée que pour la pluie; les autres disent qu'il na été exaucé que pour la pluie, et non pour la rosée. Cette dernière opinion se fonde sur ce verset : Va, et montre à Achab que f ai fait répandre la pluie, etc. (non la rosée, ibid. xyiii, 1). Mais, d'après celui qui dit qu'il a été exaucé pour les deux demandes, comment expliquer la mention de la rosée? Â-t-il été délié de son vœu à ce sujet? R. Tanhouma d'Edrei répond : On peut admettre qu'un vœu dont on a été dégagé en partie est délié en entier. Ou bien encore, on suppose qu'il parlait du fils de la fenune Sarphith' : // invoqua F Étemel , et il dit : Étemel mon Dieu, etc. {ibid. xvii, 91).

R. Juda ben-Pazi dit : On peut comparer cela à quelqu'un qui volerait la trousse d'un médecin : au moment où il sort, son fils se blesse. Il retourne près du médecin et lui dit : Soyez assez bon pour guérir mon fils. Je veux bien , lui répond celui-ci, mais rends-moi d'abord ma trousse, qui contient tous mes médicaments, puis je guérirai ton fils. De même le Très-Saint dit à Elie : Va, et dégage-toi du vœu concernant la rosée, car les morts ne vivent que de rosée, et je vais ressusciter le fils de la Sarphith. Et comment saitron que les morts ne vivent que de rosée? C'est qu'il est écrit : Les morts vivront; les cadavres se relèveront; éveSlez-vous et charOez, habitants de la poussière, car ta rosée est comme celle qui retombe sur F herbe, et la terre rqettera les trépassés (Isaïe, xxvi, 19). R. Tanhouma d'Edrei interprète ainsi la fin du verset : la terre rendra ses dépôts.

R.Jacob, du village Hanan, donnait cette raison^, au nom de Resch Lakisch : Au moment oii le patriarche Abraham accomplissait mes désirs, je lui ai juré de ne jamais priver mes enfants de rosée (en été). Qu'est-ce qui le prouve? Ce verset : A toi la rosée de ta jeunesse; et il est dit après : V Étemel a juré et il ne se repent jamais (Psaume ex, 3 et /i). R. Juda ben-Pazi ajoute que Dieu a

^ Même série, tr. TaaniA, ch. i, S 1. ^ Lorsqu'il était question de rosée, il

^ On voit donc là aussi renchatnement ne s'agissait que d'une métaphore repré-

dans les vei'sels entre la résurrection et les sentant la résurrection.

pluies ou la rosée. * Il expliquait ainsi la parole de Dieu.

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