‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 67 sur 266 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

lautre dit que si ce nest pas encore du pain, cela eu sera, ainsi quii est dit: n une parcelk de blé est semée dans la terre j au sommet des montagnes (Psaume Lxxii, 16. — Le grain de bië est donc consid(^ré déjà comme du pain).

R. Jérëmie prononça la formule f^qui produit le pain de la terres devant R. Zeïra; celui-ci le complimenta de Tavoir adoptée. Quel est le motif de R. Néhëmie pour admettre l'article (n) dans la formule? C'est pour ne pas confondre le son des mots, Tun se terminant, l'autre commençant par la même lettre (N^SID dVivd). Toutefois, cette objection pourrait se répétera la fin pour les mots p □n'? (elle est donc peu fondée). D'après R. Nahman on dira de même (pour le vin) : ^qui a créé le fruit de la vigne; 19 et, d'après les rabbins, on dira: rtil crée les fruits de la vigne. ^

R. Zerikan ou R. Zeïra fit une question : Si quelqu'un a pris un lupin pour lequel il a prononcé la bénédiction (avant de le manger) et qu'il le laisse tomber, doit-il redire la bénédiction? — Que demandes-tu là? fut-il répliqué; y a-t-il une différence entre ce cas et celui d'un cours d'eau dont on voudrait boire? (Puisque Teau, présente au moment de la bénédiction, s'est écoulée pendant cette récitation, et pourtant on ne la recommence pas; n'en serait-il pas de même pour notre cas?) Non, lui répondit-on : pour l'eau, on savait dès le principe à quoi s'en tenir; mais dans notre cas on ne prévoyait pas la chute. (Le problème n'a pas été résolu.)

* R. Hiya a enseigné qu'on ne prononce la bénédiction du pain qu'au moment de le rompre. R. Hiya bar-Wava dit : Cela prouve que, dans une société assise en rond, l'on dit la bénédiction pour les morceaux de pain rompus; mais celui qui n'en a pas eu de suite en main devra faire une bénédiction à part. R. Tanhoum bar-Judan dit qu'il faut ajouter alors ces mots : béni soit à jamais le nom de son règne ghrieux^ afin de n'avoir pas répété irrespectueusement le nom divin. Quelle quantité faut-il pour qu'il y ait lieu de dire les bénédictions? R. Hanina et R. Mena ne sont pas d'accord à ce sujet : selon l'un, c'est de la grandeur d'une olive qu'il en faut couper; selon l'autre, il suffit d'un morceau moindre. Celui qui dit qu'il faut la grandeur d'une olive se conforme à l'avis exprimé plus loin , où l'on dit : Tous les morceaux ^ avaient la grandeur de l'olive. Celui qui admet qu'il suffit d'en prendre moins est de l'avis de R. Ismaêl, qui dit : Y en eût-il si peu qu'on puisse l'assimiler à la farine, il faudrait cependant dire les bénédictions.

On a enseigné cette règle générale : Chaque fois que la consommation d'un mets serait suivie de la triple bénédiction de l'action de grâce, on la fait précéder de la formule : trqui produit le pain de la terre;?) au cas contraire, on ne dit pas non plus la formule antérieure. On a fait une objection à l'énoncé

' De roblation, Lévitiquc, IL 6.

114 TUAITÉ DES BERAKHOTH.

de cette règ^e générale : Si, dit-on, il y a moins de pain qu'une olive, on ne dit pas, k la suite, les trois bénédictions complètes; dira-t-on pourtant la formule antérieure? En effet, dit R. Jacob bar-Acha, cest pour les espèces supérieures de produits autres que le pain qu'on a formulé cette règle. R. Aba dit, au nom de Rab : Il est défendu aux convives de goûter à quoi que ce soit avant que la personne chargée de prononcer la bénédiction ait goûté. R. Josué ben-Lévi dit : Mais on peut boire avant elle. Le sujet de leur différend est relatif à certaines circonstances : Rab parle du cas où une miche de pain est distribuée entre tous (et qu'il faut le temps de faire le tour de l'assemblée); et si R. Josué dit qu'on boit de suite, c'est lorsque chacun a sa coupe en main.

Celui qui récite la bénédiction étend le premier la main pour prendre du pain, à moins qu'il ne veuille accorder l'honneur de la priorité à son maître, ou à son supérieur en science. Lorsque Rab coupait le pain pour ses convives, il y goûtait de la main gauche, pendant qu'il en distribuait de la main droite. R. Houna dit : Ce n'est pas une interruption entre la bénédiction et le goûter, de dire : rrVa et bénis, ^ mais c'est une interruption de dire : «rPassez-moi l'assaisonnement du bœuf, y) R. Houna dit aussi : Pour un mets fait de farine de blé rôti, ainsi que pour le raifort pulvérisé, on dit la formule : et tout a été créé par sa parole.^ R. Houna dit encore : Si quelqu'un, après avoir mis un mets à sa bouche, se souvient d'avoir oublié la récitation de la bénédiction préalable, il doit le rejeter, si c'est un liquide; si c'est de la nourriture, il la met d'un côté de la bouche et récite la formule. R. Isaac bar-Mare dit devant R. Yossé bar-R. Aboun, au nom de R. Yochanan : Même si c'est de la nourriture, on doit la rejeter, parce qu'il est écrit : Tes louanges remplissent ma battche, et ta majesté toute la journée (Psaume lxxi, 7). Si l'on mâche ^ des froments, on dit : Béni soit le créateur des espèces de grain. Si c'est rôti ou cuit et que les morceaux soient entiers, on dit la formule : «(qui produit le pain de la terre,» et l'on dit ensuite les trois bénédictions complètes du repas; si les morceaux ne sont plus entiers, on dit : ffRéni soit le créateur des diverses espèces de nourriture,^ et l'on récite ensuite un résumé des trois bénédictions du repas. Quelle grandeur doivent avoir les morceaux? R. Yossé, chez R. Aboun Cahana bar- Malkia, dit, au nom de Rab : environ la grandeur d'une olive. Celui qui mâche du riz dit la formule : trRéni soit le créateur des espèces de graines.?) S'il est rôti ou cuit, quoique les morceaux soient entiers, on dit : crBéni soit le créateur des espèces de nourriture,?» sans dire ensuite une autre bénédiction. Selon R. Jérémie on dit : «le créateur des produits de la terre. » Bar-Merina a récité

' DD13 broyer, croquer, d'où dérive le nom d'un mets arabe, cousscoussou , dont il s Agit sans doute ici.

Page 1