‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 69 sur 266 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

compris les pousses du palmier); ce sont: fiierbe amère (aloès), le melon, les malvaeées et Taubëpine.

2. Si, pour les fruits de l'arbre, on a dit : «r créateur des fruits de la terre, 7î cela suffit; mais non si, en mangeant des fruits de la terre, on dit : tr créateur des fruits de l'arbre, -n Pour toutes les sortes on peut dire : crtout a été créé par sa parole ^-n

R. Ezéchia dit, au nom de R. Jacob bar-Acha^, que c'est Topinion de R. Juda de considérer les arbres comme la tige (c*est-à-dire que farbre est au fruit ce que la paille est au grain de blé). R. Yossé réplique que c'est une opinion communément admise que les fruits des arbres peuvent être classés parmi ceux de la terre, mais Tinverse ne se peut pas. R. Houna dit qu'il faut faire une exception pour le vin et le pain; c'est l'expression de la Miscbnâ : hormis le vin, ditelle, pour lequel on dit la formule : tr créateur du fruit de la vigne, t) et hormis le pain , pour lequel on dit la formule : ^ qui produit le pain de la terre, v R. Yossé dit : Dès qu on change la formule adoptée par les sages, on n'a pas accompli son devoir. R. Juda dit : Si, pour un objet qui a changé de forme, on ne modifie pas la formule de bénédiction , on n a pas accompli son devoir. R. Méir dit qu'il suffit même de dire : ffBéni soit le créateur de cet objet qui est si beau ! 79 Et R. Jacob bar-Acha dit, au nom de Samuel , que cet avis sert de règle. Le fait suivant, survenu à Rab, en est une preuve. Un Persan se présente chez lui et lui dit : Quand je mange du pain , ne sachant pas quelle est la formule convenable de bénédiction, je dis : «rSoit béni le créateur de ce morceau de pain.T) Ai-je alors accompli mon devoir? Oui, répondit Rab.

R. Juda raconta^ au nom d'Aba bar bar-Hana, que lorsque Bar-Kapara et deux de ses élèves s'arrêtèrent pour passer la nuit dans une auberge, on leur servit des perdrix, de la verdure (une certaine salade) et des porreaux. Faut-il faire la bénédiction pour ces derniers? demanda l'un. Non, répondit le maître, elle dispenserait de la verdure, mais non des perdrix; et si l'on disait la bénédiction pour la verdure , on n'en serait pas dispensé pour les deux autres espèces. Alors l'autre disciple se leva à la hâte et fit la bénédiction pour la perdrix, par cette formule : f^ tout a été créé par sa parole, v Son camarade se moqua de sa méprise. Bar-Kapara dit à celui-ci : Je n'ai pas autant à me plaindre de lui que de toi : lui vient de faire acte de gourmandise; mais toi, pourquoi le railles -tu? Et il dit au rieur : C'est le lieu de dire : lorsqu'il n'y a pas de

* Le texte a seulement ^dhc;, premier * Voy. Talmud Babli , traité Berakhoth . mot de la formule. fol. 3g a.

* Même série , tr. Bikkonrm . ch. i , S 8.

sage, on n'a pas égard aux vieillards (c*esi-à-dire : vous n'avez pas eu égard à ma vieille expérience, et vous ne m'avez pas demandé conseil dans ce cas). On raconte qu'avant la fin de Tannée ils moururent (en punition de leur manque de respect). En somme, dit R. Yossé, ces deux hommes sont morts, et nous n avons rien appris d'eux. Quelle est actuellement la conclusion? Il paraît qu on prononce d'abord, pour les porreaux, la formule de bénédiction : tr fruits de la terre , y> car la formule : <r tout a été créé par sa parole y) n'est que secondaire ' et insuffisante.

3. Cette formule {bonio) est usitée pour tout ce qui ne pousse pas sur terre, ainsi que pour le vinaigre, les déchets de fruits et les sauterelles (pures). R. Juda dit : Toute espèce maudite (comme les trois précédents articles) ne nécessite pas de formule de bénédiction.

Si' du vin s'est aigri, on dit la formule : «tSoîs béni, juge de la vérités (formule de malheur) ; si l'on vient à en tirer usage, on dit : tr Tout a été créé par sa parole. n Si l'on voit des sauterelles, on dit : trSois béni, juge de la vérité. i> Si Ton vient à les manger, on dit : crTout a été créé par sa parole, v Si l'on voit tomber des fruits non mûrs, on dit : wSois béni, juge de la vérité.^ Si l'on vient à en manger, on dira la formule : wTout a été créé par sa parole, yt

à. Lorsqu'on a devant soi diverses espèces, et que parmi elles if y a Tune des espèces^ d'élite (de la Palestine), il faut, selon R. Juda, dire la bénédiction sur cette dernière espèce; selon les sages, on fait la bénédiction sur n'importe quelle espèce.

R. Josué ben-Lévi dit : Sur quel point se porte le sujet de la discussion entre R. Juda et les rabbins? Sur le cas où l'on avait l'intention de manger du pain avec ces fruits (celle du pain en dispense); mais, au cas où l'on ne se propose pas de manger du pain, tout le monde reconnaît qu'il faut donner la préférence à l'une des sept classes supérieures, s'il y en a une, pour prononcer sur elle la bénédiction. — R. Ra dit qu'il faut aussi prononcer la bénédiction à la fin (selon les sages, lorsque l'on dit la bénédiction sur Tune des espèces choisie, celle du repas ne suffit pas: il en faut une spéciale). Donc, dit R. Yossé , c'est l'opinion de R. Ra qui est en discussion (puisque, d'après lui, il faut une bénédiction postérieure), contrairement à l'avis de R. Josué ben-Lévi, selon

' Ce sont : le froment, l'orge, le vin, la figue, la grenade, Tolive et le miel (ou les dattes). (Voir Deutéronome, chap. viu, v. 8.)

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