‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 76 sur 266 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

donne la promesse que je serai en sécurité. On la lui apporta, et on le plaça entre le roi çt la reine , au premier rang d'honneur. Le roi lui dit alors : tr Pourquoi t'es-tu moqué>de moi en me disant qu'il fallait neuf cents sacrifices pour trois cents naziréeQS> tandis que la moitié eût suffi ? — Je ne me suis pas moqué de toi, répondit Simon; toi, tu as payé de ta bourse, et moi par mes connaissances (en examinant les prétendants), car il est écrit (Ecclésiaste, vu, 19) : Za sagesse offre de F ombrage et F argent autant. — Alors, pourquoi as-tu fui? — J'ai appris que mon maître était irrité contre moi , et j'ai voulu mettre en pratique ce conseil du prophète (Isaïe, xxvi, 90) : Cache-toi pour un moment jusqu^ à ce que la colère soU passée ; et il est dit encore ( Ecclésiaste , vu , 19)* : L'avantage de la sagesse y c^est qu'elle conserve la vie à cehi qui laposûde. — Pourquoi, dit le roi , t'es-tu assis entre moi et la reine? — C'est qu'il est écrit, répondit-il, dans le livre de Ben-Sirach (xi, 1) : Exalte-la (la Loi) et elle f élèvera (Proverbes, iv, 8), et ton siège sera parmi les princes. — Qu'on lui apporte un trône, dit le roi, pour qu'il prononce la bénédiction du repas. On l'apporta, et le rabbin dit : Bénissons Dieu pour le repas que vient de prendre J année et ses compagnons. — Tu es donc obstiné à me railler? dit le roi. — Non, répondit Simon; mais que dirai-je pour le repas auqurd je n'ai pas pris part? — Qu'on lui donne à manger. Le rabbin mangea' et intercala dans la formule les mots : ttpour le repas dont nous avons mangé.?)

B. Yochanan dit que cet avis de B. Simon ben-Schetach est contesté; B. Jerémie le conteste pour la première partie de ce fait, lorsque Schetach voulait bénir le repas sans y avoir pris part; B. Aba en conteste même la résolution prise à la fin de bénir, puisque Schetach n'avait pas pris de pain. Mais, si B. Jérémie ne partage pas cet avis (et s'il suffit d'après lui d'avoir mangé par exemple des l^pimes) , ne se contredit-il pas. lui-même en adressant la question posée plus haut, à savoir s'il est permis en ce cas de bénir le repas? On répond qu'en effet, pour le fait précité, il est évident que c'est un point résolu; il n'a posé cette question que d'après les rabbins, qui ne l'avaient pas résolue, mais c'est un fait acquis d'après B. Simon ben-Gamaliel, comme cela résulte de l'enseignement suivant : Si quelqu'un monte dans une salle à manger, qu'il s'attable avec les convives et mange près d'eux , il prie avec eux en commun, eût-il goûté moins de blé que l'équivalent d'une olive. Tel est l'avis des sages. B. Jacob bar-Acha dit, au nom de B. Yochanan : On ne peut jamais être adjoint pour la prière en commun si l'on a mangé moins de blé que l'équivalent d'une olive. Quant à l'enseignement selon lequel deux individus qui auraient mangé du pain peuvent s'en associer un troisième qui n'eût

' Apparemment sans prendre de pain, ce qui est à noter poiu* la conclusion h puisqu'on ne dit pas qu^il se lava les mains , tirer de ce fait.

mangé que de la verdure ^ pour dire la formule de prière en commun i cesl une opinion de R. Simon ben-Gamaiiel.

3. Quelle est la formule de préparation pour l'ensemble? A trois, on dit : cr Bénissons (celui grâce auquel nous avons pris le repas). i? A trois plus un, on dit : cr Bénissez, t? A dix : (r Bénissons Dieu. ?» A dix plus un, que l'on soit dix ou dix mille : cr Bénissez, etc. ^v A cent: « Bénissons TEternel notre Dieu, t) A cent plus un : crBénissez.li A mille : te Bénissons TEternel notre Dieu, Dieu d'Israël. ?» A mille plus un : «r Bénissez. t» A dix mille, on dit : «r Bénissons l'Eternel notre Dieu, Dieu d'Israël, Dieu Sebaôth, qui trône parmi les chérubins, pour la nourriture que nous avons prise, d A dix mille plus un : «r Bénissez, -n De la façon dont on prononce la formule, les assistants répondent: (c Eternel notre Dieu, Dieu d'Israël, Dieu Sebaôth, toi qui trônes sur les chérubins, sois loué, pour la nourriture que nous avons prise. •» R. Yossé le Galiléen dit : On bénit selon le nombre de l'assistance , car il est dit (Ps. Lxvm, 27) : (T Bénissez Dieu l'Etemel dans les assemblées, au sein d'Israël, d

Un jour, R. Zeira, R« Jacob bar-Acha, R. Hiya bar-Ba et R. Hanina, tous compagnons des rabbins, étaient assis à manger ensemble. R. Jacob bar-Acha prit la coupe pour prier et dit : ^ Bénissons, d au lieu de dire : « Bénissez.?» ■Pourquoi^ lui demanda R. Hiya bar-Ba, n'as-tu pas dit la formule : tr Bénissez?^ — N'a -t- on pas enseigné, répondit-il, que les termes importent peu? Qu'on dise «bénissons,?) ou «r bénissez, i) on n'y fait pas attention; il n'y a que les gens méticuleux qui y regardent d*aussi près^. R. Zeira jugea que c'était mal de la part de R. Jacob bar-Acha d'appeler R. Hiya bar-Ba un homme méticuleux. Samuel répliqua : On ne doit pas s'exclure de l'ensemble'. Mais, objecta -l-on, ne dit- on pas tr bénissez i» pour la bénédiction faite à la lecture de la Loi? Ne serait-ce pas également une exclusion? Non, répondit R. Aboun; puisque l'on y ajoute le terme «qui est béni,» cela ne constitue pas une exclusion. R. Aba bar-Zemina servait R. Zeira et lui versait à boire; celui-ci lui dit de prononcer la bénédiction. — Soit, dit-il, mais pense de suite que tu boiras

* Jusque-là, c'est l'avis de R. Akiba; * Parce que cest faire exception à In

à partir de cette expression, c'est R^ Yossë règle gëoërale.

le Galiléen qui parle ^ comme le montre ' En pariant à la a* personne, au lieu

la Mischnâ suivante. de la 1 ", on paraît ne pas y prendre part.

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