CHAPITRE VII. Vis
encore après, puisqu^on a enseigne que le servant prononce la bënëdiction pour chaque verre de vin, sinon pour chaque morceau de nourriture. R. Zeira répondit: De même que, si je faisais la bénédiction, je t'en dispenserais en portant ma pensée sur toi, de même, lorsque tu penses à moi en accomplissant le devoir à ma place , j*en suis quitte en répondant amen. R. Tanhoum bar- Jérémie dit qu'une baraïtha Ta ainsi enseigné : Ni celui qui récite une bénédiction en travaillant, dit-elle, ni celui qui écoute cette même personne, n'a rempli suffisamment son devoir (donc, il n'en est pas dispensé).
(T Lorsqu'il y a cent personnes, on dit, etc»
R. Yochanan dit que c'est Favis de R. Yossé le Galiléen; mais, selon les sages, il importe peu que l'on soit à dix ou à cent mille. Cette dernière opinion sert de règle, dit Rabba. D'où sait- on qu'une assemblée se compose au moins de dix individus? R. Ra et R. Yassa l'expliquent au nom de R. Yochanan : de ce qu'on emploie deux fois le même mot {tM:f) pour désigner l'assemblée ^ et qu'une fois il indique le nombre dix; ce terme le représente aussi ici. R. Simon dit que le mot mUieu (l^ri) est comparable à celui de ce verset (Genèse, xlii, 5) : Lesjilg d'Israël vinrent acheter au milieu des étrangers; chaque fois, ce mot représente dix. R. Yossé bar-R. Roun dit que la comparaison de ces termes pourrait suffire ;]mais, en outre, l'expression jî!^ d Israël^ y employée de part et d'autre, prouve qu'il s'agit toujours de dix. Â quoi les rabbins, qui n'admettent pas de formule supérieure à celle des dix, appliquent-ils le terme sur lequel se fonde R. Yossé le Galiléen , qui diilere d'avis , et selon lequel le terme dans les assemblées signifie qu'il faut une formule spéciale à chaque assemblée (selon le nombre de ceux qui la composent)? C'est que, dit R. Hanina, fils de R. Abahou, ce terme est écrit de façon à pouvoir signifier la communauté ^ au singulier (et ne peut s'appliquer à ce que dit R. Yossé).
k. R. Akiba dit : Que voyons-nous faire dans la Synagogue? Que Ton soit plus ou moins\nombreux, la formule est toujours : cr Bénissez Dieu^i? R. Ismaël dit : «r Louez Dieu le béni.iî
Lorsque R. Hiya bar-Asche se levait pour aller faire la lecture de la Loi, il disait : tRénissez Dieu,?) sans ajouter le terme «tqui est béni.?) On a voulu, en l'entendant, le faire taire (à cause de son irrégularité). Rab intervint et
* Nombres, XVI, 9 i,XVlII,io;méme ' En d'autres termes : il ne pense
série* MeghiUa, ch. iv, SA. pas, comme R. Yossé, qu'on modifie la
' Les fils de Jacob, abstraction faite tbrmule selon le nombre des convives pré-
de Benjamin et de Joseph, étaient dix, sents.
dit : Laissez-le faire, il se règle d'après Tavis (précité) de R. Akiba. R. Zeira se leva et lut pour le prêtre à la place du lévite (qui est au second rang), et il fit les deux bénédictions, antérieure et postérieure. On voulut également le faire taire. — Laissez-le, dit R. Hiya bar-Asche, car tel est Tusage chez eux.
Il est écrit : Ezra bénit V Etemel, Dieu le grand (Nébémie, viu, 6). Par quoi Texaltait-il? En disant le saint tétragramme (les quatre lettres qui se prononcent Jehova^ et qui sont si sacrées qu'on les remplace d'ordinaire par l'expression Adonat). R. Matna dit qu'il l'exaltait par la bénédiction ^ R. Simon demande, au nom de R. Josué ben*Lévi : Pourquoi les docteurs contemporains de la restauration du temple s^appellent-ils les hommes de la grande Synagogue? Parce qu'ils ont rétabli les grandeurs religieuses sur leur ancien pied. R. Pinehas dit que Moïse établit la formule suivante, qui se trouve dans la prière 'amida : «Dieu le grand, le fort, le redoutable. i» Jérémie ne disait pas ce dernier attribut. Il disait le fort ^ parce qu'il convient, selon lui, d'appeler ainsi celui qui assiste en silence à la ruine de sa maison. Pourquoi ne l'appelait-il pas redoutable f Parce que, disait-il, il n'y a de redoutable que le sanctuaire , comme il est dit : Dieu est redoutable par êon êoint parvis (Psaume lxviii, 36). Daniel disait : «rDieu le grand et le redoutable, t» mais il ne disait pas le fort; ses (ils sont enchaînés, où donc est sa puissance? Pourquoi al(H^ l'appelait-il redoutable? En souvenir des miracles faits pour lui dans la fournaise ardente. C'est lorsque les hommes de la grande Synagogue sont arrivés, qu'on a rétabli les splendeurs religieuses dans leur éclat primitif, et Ton a redit la formule : «Dieu le grand, le fort, le redoutable.^ Mais comment le mortel a-t-il la force et ose-t-il donner une limite aux attributs divins? Les prophètes, répondit R. Isaac ben-Éléazar, savent que l'Éternel est uu Dieu de vérité, et ils ne le flattent pas en le qualifiant ainsi.
5 (4). Trois personnes ayant mangé ensemble ne doivent pas se séparer (pour prier isolément) ; il en est de même pour quatre ou cinq. Six personnes, jusquà dix, peuvent se diviser en groupes d'au moins trois; à partir de dix on ne se séparera (en deux corps) qu'en étant au moins vingt ^.
On a enseigné que si, après le repas du samedi, on a oublié dans la bénédiction la mention de la solennité, il faut, selon Rab, recommencer; Samuel est d'un avis contraire. Simon bar-Ra dit, pu nom de R. Yochanan, qu'en cas
' Babli, tr. ïâma, fol. 6^^. noA-e Dieu (voir Mischnâ précédente, pour
^ A cause de la formule : Béniseong la distinction).