CHAPITRE VIII
s'agit là d'une table de marbre ou de pièces ajustées qui ne sont pas susceptibles de devenir impures.
(4.) cr Schammai dit qu*on s'essuie les mains à la serviette , etc. -n
Quel est le motif de Schammai? Il craint que Thumiditc de la serviette, qui a pu devenir impure parie contact du coussin (sur lequel on s'accoude), ne rende à leur tour les mains impures. Quel est le motif de Hiilel? C'est que, en principe, on suppose toujours que les liquides qui touchent la main sont purs; ou bien encore, il est admis que pour les choses profanes on n'est pas aussi susceptible au sujet du contact des mains, tandis qu'on l'est selon Schammai. Cela s'explique selon l'opinion de R. Simon ben-Éliézer, ou selon cdle de R. Éléazar bar-R. Zadok; l'un dit, au nom de R. Méir, que les mains peuvent être susceptibles seulement, pour le profane, d'avoir le premier degrë d'impnretë (transmissible par second degrë aux mets), tandis que pour les dblatiens (sacrées) , elles peuvent avoir le second degré (transmissible au troisième). Ailleurs on enseigne ^ que les mets profanes qui sent élevés à l'état de sainteté sont considérés comme profanes ; R. Éliézer bar-Zadok les considère à i'égd des oblations, au point que ces mets peuvent devenir impurs jusqu'au second degré et aller même d'un degré plus loin pour devenir impropres au service consacré (sans toutefois que le possesseur soit tenu de les anéantir). On a enseigné encore^ : Si quelqu'un s'enduit d'huile pure et qu'ensuite il devienne impur et qu'il aille prendre un bain de purification, il est pur, selon Schammai, quoique l'huile dégoutte encore de son corps; selon Hiilel, il est impur aussi longtemps qu'il en reste suffisamment sur lui pour en enduire un petit membre. Au cas où l'huile eût été impure dès le commencement, l'individu reste impur aussi longtemps qu'il en reste sur son corps de quoi frotter un petit membre, et, sdon Hiilel, aussi longtemps que la main appliquée sur son corps se trouverait humide; ou, selon R. Juda au nom de Hiilel, aussi longtemps que cette main rendue humide pourrait encore humecter autre chose. Ces diverses opinions de Hiilel ne se contredisent-elles pas? Car on vient de dire que l'individu est considéré comme impur s'il y a sur lui fle quoi l'humectera la main » et ici, dans notre Mischnâ, Hilld dit qu'on met la serviette sur le coussin, de crainte qu'il ne se communique aux mets quelque impureté par son humidité, bien qu'elle ne s'étende pas à la lai^ur d'une main. — Dans le fait précité,
' Mischnâ, VI' partie, tr. Taharôlh * Mischnâ, V partie, tr. Édmtyôth
(des puretés), ch. u; Tosephta, section i; (des témoignages), chap. iv, i 6. Babli, tr. HaulSn, fol 33 '.
l^A TRAITÉ DES BERAKHOTH.
fut-il répondu y Hillel met pour limite cette quantité, parce qu^elle est à Tëtat naturel, tandis qu'ici elle s'imbibe dans la serviette.
5. Schammaî dit (qu'il faut admettre^ Tordre suivant pour les prières) : lumière, repas, épices, et séparation de la fête; selon Hillel, Tordre est celui-ci : lumière, épices, repas, séparation. Selon Schammaî, on dit : crqui a créé la lumière du feu;^ selon Hillel : «créant les lumières du feu^i»
6. On ne prononce de bénédiction ni sur la lumière et les épices de Tidolâtre, ni sur celles qu'on br&le pour les morts, ni sur celles qui se trouvent devant les idoles. On ne prononce la bénédiction de la lumière que lorsque celle-ci répand ses rayons.
7. Si, après le repas, on oublie de dire la bénédiction, il faut, selon Schammaî, revenir à la même place pour la dire; selon Hillel, il suffit de la faire à Tendroit où Ton s'en souvient. «
Jusqu'à quel moment cela se peut*il ? Jusqu'à ce que la digestion soit faite.
8. Si du vin arrive sur table après le repas et qu'il n y en ait qu'une seule coupe, il faut, selon Schammaî, faire la bénédiction du vin d'abord, puis celle du repas; selon Hillel, c'est Tinverse. On répond Atnen si celui qui dit la bénédiction est Israélite, mais on ne le dit pour le Samaritain qu'après avoir entendu toute la prière *.
R. Juda dit que Schammaî et Hillel sont d'accord sur ce point qu'il faut dire la bénédiction du repas en premier lieu et celle de la cérémonie de séparation en second. Ils ne sont en désaccord qu'au sujet de l'ordre relatif de la lumière et des épices : selon Schanunaî, on bénit les épices avant la lumière, et, selon Hillel, c'est l'inverse. R. Ra et R. Juda disent, au nom de Rab, qu'il faut adopter comme règle la prééminence des épices sur la lumière. Schanunaî dit qu'on porte le verre de vin à la main droite et Thuile parfumée dans la gauche; on bénit d'abord le vin, puis l'huile; selon Hillel, on fait l'inverse. On répand un peu de cette huile sur la tête du servant, ou, si c'est un homme instruit,
^ Dans le cas oii Ton se trouve h table,, * Parce qu'il était è craindre que sa
à l'arrivée de la nuit, le samedi soir. prière ne s'adressât h une idole.
' Ou les couleurs de la lumière.