‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 84 sur 266 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

on en frotte un peu sur le mur, car il n'est pas convenable qu'un homme instruit sorte parfume (cest Tusage des débauches).

Comme Aba bar-Hana et R. Houna mangeaient ensemble, R. Zeira se leva et les servit, portant Thuile et le vin dans une même main. Que porte ton autre main, demanda bar-Hana (pour que tu tiennes ces deux objets dans une seule)? Cette réplique irrita son père : Tu ne te contentes pas, dit-il, d*étre assis à Taise pendant qu'un membre de la famille des sacerdotes te sert, quoique Samuel ait dit que c'est un sacrilëge d'user des services d'un sacerdotê (destiné à Dieu), mais encore tu tournes ses actes en dérision; j'ordonne donc qu'il prenne place et que tu te lèves pour le servir. D'où sait-on que c'est un sacrilège de se servir des cohanim? R. Acha répond, au nom de Samuel, parce qu'il est dit (Ezra, viii, 98) : Tu leur diras qu'ils sont cansacris à T Étemel y ainsi que les vases sacrés; or, comme ce serait un sacrilège de tirer parti de ces vases pour un but profane, il en est de même dés sacerdotes.

Selon Schammaï, on devait dire la formule : trqui a créé le fruit de la vigne ;i) et selon Hillel trqui crée (au présent) le fruit de la vigne; 9) pourquoi n'emploie-t-on pas la même formule que celle de la lumière dite le samedi soir ? Cest que le vin se renouvelle chaque année (il y a chaque fois une nouvelle création actuelle), mais le feu ne se renouvelle pas à chaque instant (il existe toujours en principe et l'on ne rappelle que la création), car le feu et le mélange des produits hétérogènes (d^nVs) ont été, sinon créés dès les six premiers jours de la création, du moins formés par l'esprit divin. On le voit, pour les produits hétérogènes ^ par ce verset : Les Jils de Sib'cn étaient Ayé et Éna; c'est cet Ena qui a trouvé les mulets dans le désert (Genèse, ixxvi, ùU). Que signifie ce mot D^D^^ (mulet)? R. Juda ben-Simon dit que cela indique des bétes sauvages; les rabbins disent que c'est le produit d'un cheval et d'un âne. En voici les signes distinctifs, selon R. Juda : si ses oreilles sont courtes, c'est le produit d'une jument et d'un âne; si elles sont longues, il est né d'une ânesse et d'un cheval. R. Mena recommandait aux gens de la maison du prince, s'ils achetaient des mulets, de les choisir ayant de courtes oreilles, conmie produits d'une jument et d'un âne. Que fiiisaient Sib'on et Ena? Ils disposaient à l'accouplement une ânesse, qu'ils joignaient à un cheval, ce qui produisait le mulet. Le Très-Saint leur dit : Vous avez mis au monde un objet nuisible, je vais en faire autant. Que fit-il? il a accouplé la femelle du serpent avec le lézard, ce qui donna naissance à la couleuvre. Or, on n'a jamais entendu dire qu'on ait survécu à la piqûre d'une couleuvre ou à la morsure d'un chien enragé, ou à la ruade d'un mulet, surtout s'il est blanc. Voilà qui détermine l'origine des mélanges hétérogènes; mais pourquoi dire

' BerescUA-Babbaf section 89. Babli, tr. Pesa'him,ê{o\. ai*.

que le feu n'a pas éié forme lors de la création de Tunivers? R. Lëvi répond, au nom de R. Nezira : La lumière, créée à Torigine, a servi trente-six heures consécutives, douze heures le vendredi, douze heures la nuit d'après et douze heures le samedi; grâce à elle, le premier homme a pu examiner la t^rre d'un bout à l'autre. Lorsque, la nuit du vendredi au samedi, la lumière ne cessa de briller, tout l'univers commença h entonner des chants d'allégresse, ainsi qu'il est écrit (Job, xxxvii, 3) : Sous Vétendue du cid^ on chante cehd ioiU la lumière étincelante vajusqu^aux cotons de la terre. Dès que la journée du samedi fut achevée, les ténèbres commencèrent k dominer. Adam eut peur et se ait : Voilà peutr-étre l'instant auquel va se réaliser la prédiction biblique, selon laquelle je marcherai sur la tête du serpent et où il me mordra le talon (Genèse , m , 1 5 ) , et il s'écria : Hélaa , U me mordra dan» les iénkhres (Psaume cxxxii , 1 1). En ce moment, dit R. Lévi, Dieu lui fit toucher deux briques qu'il heurta l'une contre l'autre, et la lumière en jaillit, selon ce que dit ce même verset : La mdtj la lumière me protégea y et il bénit Dieu en disant : «rSoit loué celui qui crée la lumière du feu.i) C'est pourquoi, dit Samuel, on fait encore aujourd'hui la bénédiction de la lumière le samedi soir, en souvenir de cette création. R. Houna dit, au nom de R. Abou ou de R. Yochanan, qu'on fait aussi cette bénédiction à l'issue du Kippour^ car la lumière a cessé de brûler toute la journée ^

(tOn ne fait pas la bénédiction pour la lumière ou les épices d'un idolâtre, v

R. Jacob enseigna devant R. Jérémie qu'on peut dire la bénédiction en ce cas. Quoi! se dit-on, il conteste l'avis de la Mischna? On répond qu'il s'agit du cas où quelqu'un brûle des épiées devant sa boutique à titre d'enseigne: on peut faire, à ce propos, la bénédiction. De même, si l'on voit de la lumière sur les genoux de quelqu'un, ou dans une lanterne, ou dans un phare, si l'on voit la flamme (vacillante) sans jouir de la lumière, ou si l'inverse a lieu (par suite d'une séparation), on ne peut en tout cas dire la bénédiction pour cela, jusqu'à ce que toutes les conditions soient remplies. On a dit cinq propositions relatives au charbon^, et cinq concernant la flamme : i° si l'on tire profit des charbons qui ont servi à brûler les sacrifices « on commet un sacril^; mais l'on n'en co/nmet pas à la vue de leur flamme, dont on ne doit pourtant pas jouir; s"* les charbons qui ont servi aux idoles sont interdits, mais on peut s'éclairer à la vue de leur flamme; 3° si l'on fait vœu de ne tirer aucune jouis-

' Car il est interdit d'allumer la lumière * Tossephte sur Beea , section k , et

en ce jour. , Babli, iind. fol. Sg*.

Page 1