CHAPITRE VIII
sance de son voisin, il est défendu de profiter de ses charbons, mais on peut s^ëclairer à sa flamme; &* il est interdit (aux jours de fâte) de transporter sur la voie publique un charbon, mais il n'est pas défendu d'en diriger la flamme au dehors;' 5® on fait la bénédiction le samedi soir sur la flamme, mais non sur des charbons ardents. R. Hiya bar-Ascha dit, au nom de Rab, qu on peut même dire la bénédiction à la vue des charbons s'ils sont en flammes. R. Tochanan de Kritsion dit, au nom de R. Nahoum bar-Simaï, qu'il s'agit de ceux qui brûlent après que l'air les a poussés hors du foyer ^ On a enseigné : Soit qu'un idolâtre ait allumé sa lumière à celle d'un Israélite, soit que l'inverse ait eu lieu, on peut dire la bénédiction du samedi soir^; en concluera-t-on que si un idolâtre a allumé chez un autre idolâtre, on puisse aussi, en ce cas, bénir cette lumière? Non, c'est interdit.
R. Abahou dit, au nom de R. Yochanan : Si l'on aperçoit une lumière dans une ruelle complètement habitée par des idolâtres et qu'il y demeure un seul Israélite, on peut bénir cette lumière, en faisant la supposition qu'elle provient de cet Israélite. Le même auteur dit qu'on ne prononce la formule de bénédiction ni sur les épices du vendredi soir à Tibériade, ni sur celles du samedi soir à Séphoris, ni sur celles qui restent dans cette ville depuis le jeudi soir, parce qu'on les a apprêtées dans un but diflérent (et non pour qu'elles servent de senteur, mais pour embaumer les vêtements), ni sur la lumière et les épices qui ont servi à honorer les morts. R. Ezekia et R. Jacob bar-Acha disent, au nom de R. Yossé bar-Hanina, que cette dernière règle ne s'applique qu'aux objets plac^ au-dessus du lit d'un mort; mais les objets placés devant lui peuvent servir à la bénédiction, car il prétend qu'on répand ces odeurs pour les vivants. On dit aussi qu'on ne bénit ni la lumière, ni les épices des idoles. N'estce pas une répétition de la défense de bénir les objets des idolâtres ? on peut répondre qu'il s'agit, dans ce second cas, d'idoles érigées par des Israélites'.
(f On ne bénit la lumière que lorsqu'on jouit de sa vue. -n
R. Zeira, fils de R. Abahou, interpréta ainsi ce verset (Genèse, i, 3) : Il est dit Dieu mi que la lumière était bonne, puis Dieu fit um eéparatùm^ entre la lumière elles tinèhes. R. Rerachia dit que, selon l'interprétation de. deux grands personnages, R. Yochanan etR. Simon ben-Lévi, il s'agit là d'une véritable distinction. R. Juda bar-R. Simon dit qu'il sépara (adopta) le ciel pour lui, et les rabbins disent qu'il le destina aux justes de la vie future. A .quoi cela ressemble-
' Dans ce cas on peut se servir de» ' Et qui, ensuite, s'en repentent,
charbons de l'idolâtre. ^ Allusion h la cérémonie de lo Hûb-
* A sa vue. Bobli ,fnénie traité , fol. S3 '. dalla,
lO.
\àS TRAITÉ DES BERAKHOTH.
t-il ? à un roi qui a deux aides de camp dont chacun voudrait faire le service du jour, et le roi fixe pour limite au premier le jour, au second la nuit. Aussi est-ii dit : Dieu appela la lumière jour, et les ténèbres nuit. C'est là, dit R. Yochanah, ce que Dieu a dit à Job (xxxviii, 19) : As-tu, depuis que tu es au mande, commandé au point du jour, et as-tu marqué à F aube du jour sa place f c'est-à-dire : Sais-tu quelle est Torigine de la lumière? les six jours de la création. Voici la raison, dit R. Tanhouma, de la formule ffil forme la lumière, crée les ténèbres et fait la paix.^ Dieu, en apparaissant, a fait la paix entre eux.
On ne fait la bénédiction, est-il dit, que si Ton jouit de la lumière. Rab • dit : Il faut qu'elle convienne (imir); et Samuel dit qu'elle arrive avec à-propos ^ Le premier fonde le sens qu'il adopte sur ce verset : Nous y consentirons (niK^) sous cette condition, etc. (Genèse , xxxiv, 1 5) ; le second, sur celui-ci : Pour savoir parler avec opportunité {ni:^V) à celui qui est abattu (Isaîe, l, &). De même, au sujet de la question d'agrandissement des villes , Rab dit qu'il faut lire |n3KD, et Samuel dit |n3:rD; selon le premier, cela signifie qu'on ajoute pour ainsi dire un membre à la ville; d'après le second, qu'on la féconde comme une femme enceinte^. De même encore, dans une Mischnâ d^Aboda Zara, selon Rab il s'agit dans cette expression du témoignage des étrangers', et selon Samuel, de leurs jours de fête (malheureux pour nous). Le second s'appuie sur ce verset : car il appr&che le jour de leur {fête ou) malheur (Deutéronome, xxxii^ 35); le premier sur le suivant : Les idoles témoignent qu^ elles ne- voient m ne conrnaissent rien; c^est pourquoi ils seront honteux (Isaïe, xliv, 9). Comment Samuel éxplique-t-il le verset sur lequel se fonde Rab? il signifie, selon lui, que ces idoles rendront honteux à l'avenir, c'est-à-dire au jour du jugement dernier, ceux qui les ont faites. On ne peut bénir la lumière, dit R. Juda au nom de Samuel, que lorsque les fenmies peuvent tisser à sa clarté; on doit pouvoir distinguer, selon R. Yochanan, entre le contenu du verre et celui de la marmite, ou, selon R. Hanina, entre une monnaie et l'autre. R. Oschia enseigne qu'on peut prononcer la bénédiction même dans une salle à manger ayant dix coudées de long sur dix de large et qu'on soit placé à grande distance de la lumière. R. Zeira s'en approchait. Pourquoi, lui demandèrent ses disciples, renchéris-tu sur les paroles de R. Oschia, qui autorise la bénédiction faite de loin.? R. Youstes bar-Schounam répond que cela dépend des deux manières d'interpréter cet avis, dont l'une se conforme à Schammaî et
* C'est un jeu de mots entre les termes ' Même jeu de mots; Taimud Babli^
iniK^ et ini:^V qui se lisent de même, traité *Eroubin, fol. 53*; titiité ^Abodâ
mais diffèrent de sens. Même série, traité Zara, fol. s *.
^EroMn, ch. v, S 1; traité *Aboda Zara, ' On entend par là les idolâtres, que le
fol. â. Taimud appelle par abrév. DVD'3^ ou D^U.