‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 90 sur 266 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

elle la formule de bénédiction. Est-ce possible? se demanda4-on. R. Zeira n'at-il pas dit, au nom de jR. Yossë bar-R. Hanina, et R. Ba, ou R. Hiya, au nom de R. Yochanan, quon ne doit pas attribuer de grâces aux païens? N'est-il pas dit : Tu ne faUieras pas^ à eux (Deutéronome, tu, 3)? Aussi ne IVt-il pas admirée pour sa beauté personnelle, mais il a dit : Que rÉtemel a fait de belles choses en cet univers! formule que le rabbin eût exprimée à la vue d'un beau chameau, d'un beau cheval, d'un bel âne. Mais encore, était-ce l'habitude de R. Gamaliel de regarder les femmes? Il faut croire que la rencontre a eu lieu dans un chemin tortueux et qu'à un détour il l'aura aperçue subitement, de sorte qu'il l'aura regardée involontairement. C'est ainsi que s'exprime le verset : Qui a placé la sagesse^ dans les reins (Job, xxxvui, 36)?

R. Lévi dit qu'en Arabie on nomme le bouc youbla; aussi l'emploie-t-on dans ce verset : Lorsque k car smmera iune manière continuejpar la corne du Yobel (Exode, xu, i3). En Afrique, on nomme la femme menstruée ^a&notMb; c'est le terme usité dans ce verset : Je suis siérUe et repoussk (Isafe, xux, si). A Rome, on appelle le coq seckœi^\ c'est pourquoi on se sert de cette expression dans ce verset : Qui a donné VinteUigence au coq (Job, xxxvin, 36)? Lorsqu'on voit des troupes, on dit : (rSoit loué celui qui est sage dans les mystères « (sans que nous les comprenions); car, de même que leurs visages ne se ressemblent pas, de même leurs idées ne se ressemblent pas. Lorsque Ben-Zoma voyait des troupes à Jérusalem, il disait : crSoit béni celui qui a créé tous ces hommes pour nous défendre. i> Ce même rabbin disait encore : Combien le premier homme a dû se donner de peines avant d'arriver à manger un morceau de paini II a dû labourer la terre, l'ensemencer, arracher les mauvaises herbes, creuser des ronds pour recevoir les pluies, moissonner le blé, l'amasser en gerbes, le battre, le tamiser, le trier, le moudre, le faire sécher, le pétrir en le trempant dans de l'eau, le cuire, puis seulement en manger; tandis que moi, d&s que je me lève le matin, je trouve tout cela prêt Vois que de peines Adam a dû se donner avant de pouvoir se vêtir I II a tondu de la laine, l'a blanchie, l'a étendue, l'a teinte, l'a fdée, l'a tissée, l'a lavée, a cousu ensemble les morceaux d'étoffes et a pu enfin s'en revêtir; tandis que moi, en me levant, je trouve tout cela prêt. Combien d'ouvriers se lèvent tôt et se couchent tard par suite de leurs travaux; tandis que moi je trouve, dès le matin, tout disposé. Voici encore ce que disait Ben-Zâma : Si un mauvais bête arrive chez, quelqu'un, il se dit : Je n'ai guère causé de dépense à ce maître de maison, ni pour manger, ni pour boire : j'ai mangé chez lui un morceau

' Cette défense d'éprouver de l'admira- ' C'est-è-dira, où on ne s'attend pas h

lion se base sur un jeu de mots entre la la trouver. racine |nn<, alliance, et fn, grâce. ' Babli, U*. Rosek-Haschana, fol. 36'.

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quelconque et fai bu un verre de vin; mais toute la peine qu^il s'est don* nëe n a ëtë produite qu'à cause de sa femme et de ses enfants. Au contraire, un bon hôte dit : (r Qu'il soit bëni ce ma(tre de maison, et que son nom soit rappelé en bonne part; que de vins il m'a présentes, que de mets il m'a offerts, que de peines il s'est données] Et tout cela, il ne l'a fait que pour moi,ii ainsi qu'il est dit (Job, xxxyi, 3&) : Saumens^tin de dïibrer iet wmrages^ que In hommes voient.

3. Pour les pluies utiles et pour les bonnes nouvelles, on dit : (rSoit loué le bon et le bienfaisant, -n Pour les mauvaises nouvelles, on dit : tr Soit loué le juge équitable, t)

Bar-Kapara dit que, pour les tremblements de terre, on fait r&onner le cor d'alarme. Samuel dit ^ que si une comète survenait dans le signe du Zodiaque dit rOrûm , le monde périrait (par ce choc). Mais , fut-il objecté à Samuel , nous l'avons vue passera cette époque? C'est impossible, répondit-il; elle aura passé un peu plus haut ou un peu plus bas que le signe, sans le traverser; car, dit Samuel, je suis autant au courant des voûtes câestes que des rues de Nehardea, ma ville natale; j'ignore seulement où est le siège de la comète. Mais est-ce que Samuel est monté au ciel pour la connaître si bien? Non, il en a seulement appris la description, selon ce verset (Job, xxxviii, 37) : /{ iniumère les deux par sa sagesse.

Élie (d'heureuse mémoire) demandait à R. Nohoraï : Pourquoi les tremblements de terre surviennent-ils en ce monde? A cause du péché, réponditr^i), que l'on conmiet parfois de ne pas prélever sur les produits de la terre les oblations et les dîmes ^. Or un verset dit : Les yeux de f Etemel sont sans cesse Jixés fur eUe en bien (Dentéronome, xi, la); et ailleurs il est dit : 72 contea^le la terrey et elle tremble; U touche les montagnes y et eïles Jument de terreur (Psaume Giv, 39).' Gomment ces deux versets peuvent-ils être d'accord? De la manière suivante : Lorsque Israël accomplit la volonté de Dieu et qu'il prélève les dimes qu'il doit aux prêtres, aux lévites et aux pauvres. Dieu jette un regard favorable sur la terre, et elle ne court aucun danger; mais, au cas contraire, le regard divin la fait trembler. Certes, mon fib, réponditnon, cette explication est très-raisonnable; mais en voici le sens réel : Lorsque Dieu regarde la terre et qu'il voit construire en paix des théâtres et des cirques, pendant que le sanctuaire est détruit, son irritation contre l'univers proivoque le désir de l'anéantir; c'est ce qu'indiquent ces mots : Il gémira sur la perte de son palais (Jérémie, XXV, 3o). R. Acha dit que ce malheur arrive sur terre en punition du com-

' Comp. même traité dans le Babli , fol. S8^ — ' Midrasch sur le psaume av.

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