Zircon
Les pierres précieuses dont ce minéral four-
nit la matière, sont le Jargon de Ceylan et, selon l'opinion commune, plusieurs de celles qu'on appelle Hyacinthes.
. Laforme primitive est celle d’un octaëèdre symétrique (fig. 24) danslequelles angles aux sommets des triangles isocèles qui en-composent la surface sont obtus. L’inclinaison de chaque face, telle que P, sur la face adjacente P”, prise dans l’autre pyramide, est de 834 38/. On observe des cristaux de cette forme parmi ceux qui se trouvent dans le ruisseau d’Expailli, près la ville du Puy en Velay. , :.-
La plus “api des variétés qui dérivent de cette forme, n’en diffère que par l’interposition d’un prisme entre les deux pyramides de l’octaèdre (fig.:25) : je la nomme Zärcon prismé. Les pans Z, Z du prisme font entre eux des an-
gles droits. L’incidence de chaque face terminale sur le pan adjacent est de 131° 49". On trouve cette variété à Ceylan, en cristaux dont les uns sont d’un rouge hyacinthe (x), et les autres, qui ont différentes teintes de gris, de jaunâtre, de verdâtre, appartiennent au Jargon de Ceylan.
Une autre variété est le Zircon dioctaèdre (fig. 26), où le prisme est devenu octogone par l'addition des quatre pans s, s, etc., inclinés de 135% sur les pans Z, /. On rencontre fréquemment cette variété parmi les cristaux bruns du ruisseau d’'Expailk.
Hf' 4. Corindon.
Cest, de toutes les espèces minérales, la plus féconde en pierres précieuses. On en compte onze qui dérivent de la première de ses sous espèces ou du Corindon hyalin ; savoir, le Saphir blanc, les pierres appelées Rubis, Saphir, Saphir indigo, Girasol, Topaze, Émeraude, Péridot, Améthyste, Aigue-marine, en ajoutant au nom de chacune l’épithète orientale, et enfin l’Æstérie.
(1) Voyez ce qui a été dit au sujet de ces cristaux, dans l’Introduction, page vx.
Ho TRAITÉ DES CARACTÈRES PHYSIQUES
Cette espècea pour formeprimitive unrhom:
boïde un peu aigu (fig. 27), dans lequel Pin+ clinaison de deux faces P, P, prises vers un même sommet, est de 86* 26’, et celle de l’une ou l’autre sur la face adjacente P', située vers le sommet opposé, est de 93% 34’. Divers morceaux de Corindon, pris parmi ceux qui ont des couleurs vives de rouge ou de bleu, donnent facilement cette forme à l’aide du clivage; mais il est rare de la rencontrer parmi les cristaux naturels. |
Une des variétés secondaires les plus simples parmi celles de la même espèce, est le Corindon prismatique (fig. 28), qui se présente sous la forme du prisme hexaëdre régulier dont tous les pans sont inclinés entre eux de 120°, Parmi les cristaux de cette variété qui se trouvent au Pégu, au Carnate et à Ceylan, on en observe dont la couleur offre, soit le rouge du Rubis, soit le bleu du Saphir, soit enfin le jaune de la Topaze. Il en résulte une nouvelle preuve que les pierres orientales ainsi nommées, et dont les artistes et les amateurs font trois espèces séparées, ne doivent en former qu'une seule aux yeux du minéralogiste, qui Les voit paître d’un même résultat de cristalli-
DES PIERRES PRÉCIEUSES. 4x
sation etse confondre sous le même aspect géométrique.
Une autre variété est celle que je nomme Corindon ternaire, dont la forme est celle d’un dodécaëdre bipyramidal (fig. 29). Les faces 7, r adjacentes sur une même pyramide, sont inclinées entre elles de 128% 14!, et chacune | d’elles fait un angle de 121° 34° avec son adjacente ’ sur l’autre pyramide. Cette variété se trouve au Pégu.
Dans les notions que j'ai données sur la théo. rie des formes cristallines, je me suis servi des deux variétés précédentes pour montrer la relation que toutes celles quiappartiennent à une même espèce ont avec un solide d’une figure constante qui est leur noyau commun. La variété qui suit, et que je nomme Corindon additif (fig. 30), offre un genre de résultat très familier à la cristallisation, dans lequel la même relation s'étend à la fois à plusieurs formes différentes qui se combinent de manière à n’en composer qu’une seule,
Cette variété, qui se trouve au Pégu et à Ceylan, participe de la forme du noyau par les faces P, de celle du prisme hexaëèdre régulier
(fig. 28) par les faces o, s (fig. 30), et de celle ù
du dodécaèdre bipyramidal (fig. 29) par les trapèzes r, r (fig. 30) disposés six à six comme en anneau autour des bases du prisme hexaëèdre. Telle est la symétrie qui règne dans cet assortiment, queles faces P sont tournées vers celles du noyau que l’on mettrait à découvert en, clivant le cristal , et que les faces r, ont les mêmes positions à l'égard de ce noyau que celles du dodécaèdre complet (fig. 29) relativement au noyau qu’on en retire par le clivage. La même considération s'applique au prisme hexaëdre régulier, en sorte que, pendant la formation du cristal, tout.a marché de concert dans les détails comme dans l’ensemble,
Telle est la principale source de la diversité | que la cristallisation a répandue dans,ses produits ; il en résulte des formes quelquefois très composées, dont plusieurs offrent la réunion de huit ou dix formes simples ou davantage(x), et sont faites pour déconcerter l’œil de celui qui n’a point le secours de la théorie pour débrouiller cette complication apparente; mais le minéralogiste-céomètre isole, pourainsi dire,
(1) Je n’ai décrit dans cet article que des formes choi-
$ies parmi les moins composées.
par la pensée, chacune des formes composantes, à peu près comme le musicien exercé distingue chacune des parties qui concourent à unemèême harmonie, comme si elle se faisait seule en-
tendre.