‹ Traité des caractères physiques des pierres précieuses, pour servir à leur détermination lorsqu'elles ont été tailléesChapitre 27 sur 58 · LE . . FRS · texte numérisé non relu

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où dans l’autre, il est aisé de voir qu’elle s’in-

clinerait vers le pôle de la Tourmaline fixe, dont elle s’approcherait parce qu’il agirait sur elle à une plus petite distance que l’autre pôle. Le mêmeeffet a lieu par rapport à une aiguille magnétique que l’on transporte à différentes

distances de l’équateur, en lapprochant d’un des pôles du globe. Elle se penche vers ce pôle par celle de ses extrémités qui le regarde. On a donné à ce mouvement le nom d’inclinaison (x). L’aiguille est sujette à un autre changement de direction qui supposé, dans les actions que le globe exerce sur elle, une variation dont la cause n’est pas bien connue. Elle consiste en ce que si l’on porte l'aiguille successivement à différens points du globe, il y en aura un grand nombre où elle s’écartera plus où moins,

vers l’orient ou vers l’occident, de la position

sous laquelle une de ses extrémités se tourne exactement vers lé nord et l’autre vers le midi.

(1) Une aiguille qui sort des mains de l’artiste, et qu’il met en équilibre sur son pivot, prend une position horizontale, si ses deux moitiés ont des poids égaux; mais, dès qu’il l’a aimantée , et qu’elle a pris la direction qui résulte de l’action que le globe exerce sur elle, on la voit s’incliner d’une manière très sensible vers le nord en supposant que l’expérience se fasse däns notre climat. On corrige l’effet de cette inclinaison, en rendant inégaux les poids des deux moitiés de l’aiguille , dans le rapport nécessaire pour que la force qui tire par en bas : une des extrémités de cette aiguille, soit compensée par excès de pesanteur de la partie opposée. |

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174 TRAITÉ DES CARACTÈRES PHYSIQUES Cette déviation porte le nom de déclinaison (1).

. Venons maintenant à la manière d’éprouver le caractère qui se tire du magnétisme pour la distinction de certaines pierres précieuses. J’ai dit que, dans celles où le fer faisait la fonction de principe colorant, ce métal était uni à l’oxigène. Or, l'effet de cette union est, en général, d’occasionner une diminution plus ou moins sensible dans la vertu magnétique que le fer est susceptible d'acquérir. D’une autre part, ce métal n’existe qu’en petite quantité dans les pierres précieuses, et la manière dont. il y est disséminé tend encore à diminuer Paction qu’exercerait sur lui un aimant auquel on présenterait une de ces pierres, en ce que la somme des distances auxquelles elle serapporterait serait beaucoup plus grande que si toutes les molécules ferrugineuses étaient resserrées DE ANNEE F4 FAP GERS, dE SET

(1) La déclinaison, ainsi que l’inclinaison, varient avec le temps, dans un même lieu. A Paris, la première est maintenant de 22 degrés + vers l'occident. Je n'étais pas conduit directement par mon sujet à ex- : poser ces notions, mais j’ai espéré qu’on me saurait gré de ne les avoir pas considérées comme lui étant étrangères.

‘ai un même cr situé près de la surface.

Aussi, n°y a-t-il qu’un petit nombre d’espèces de pierres précieuses, parmi celles que colore le fer, qui soient susceptibles de faire mouvoir une aiguille aimantée dont on les approche.

Tels sont sur-tout les Grenats, et encore y en a-t-il plusieurs dont l’action sur l'aiguille ne devient sensible qu’à l’aide d’un Hood parüculier que je décrirai plus bas. 4 SUposo ts maintenant qu’une de ces pierres, - du nombre de celles qui agissent sur l'aiguille, telle qu’on l’emploie communément, soït présentée successivement au pôle austral a et au pôle boréal b (fig. 63) d’une aiguille aïmantée

suspendue librement sur son pivot (1), le fer

(1) Cette aiguille doit être de bon acier, et fortement aimantée, Celle dont je me sers a la figure d’un losange étroit, et sa longueur est de 94 millimètres ;, environ 3 pouces 6 lignes ; elle est garnie d’une chape d’Agathe, et son pivot est terminé par une pointe très déliée. Pour aimanter une aiguille, on prend deux barreaux magnétiques R,S (fig. 64), que l’on dispose de manière que deux de leurs pôles, de nom différent, tels que ÀA,B, soient tournés l’un vers l’autre ; om place ensuite ces. mêmes extrémités vers le milieu de l'aiguille, de part et d’autre de la chape C; on incline les barreaux, en

que renferme la pierre étant dans son état ordinaire, nous aurons encoreicil’analogue d’une expérience électrique que j'ai décrite plus haut, savoir, celle où l’on approche successivementun doigt, ou tout autre corps conducteur non électrisé, des deux pôles d’une Tourmaline chauf- Ice, placée dans l'appareil qu’on voit fig. Gr. En appliquant à l’aiguille et au fer renferme dans la pierre ce qué j'ai dit de la Tourmaline et-du corps qu’on lui présente, on en conclura que l'aiguille doit être attirée dans Fun et lPautre cas.

Méthode du double magnétisme.

» » » » 5 Ir

Le résultat précédent suppose que 1 aiguille soit assez mobile pour céder à l'attraction du fer renfermé dans la pierre ; mais deux causes

sorte que chacun d’eux fasse un angle d’environ 15 ou 20 degrés avec l’aiguille , et on les tire en sens contraire Vun de l’autre, jusqu’à une petite distance des extrémités de l’aiguille, puis on recommence, en partant toujours du milieu. Après un certain nombre de frictions , l'aiguille se trouve aimantée autant qu’il est nécessaire pour le succès des expériences , de manière que chacun de ses pôles a ou b est dans l’état contraire à celui du pôle correspondant B ou A du barreau,

DES PIERRES PRÉCIEUSES, ha 77

diminuent sa mobilité; l’une est la résistance produite par le frottement qui a lieu au point de suspension, l’autre, dont l'influence est plus sensible, dépend de l’action que la force magnétique du globe exerce sur l'aiguille pour Ja maintenir dans sa direction, et qui se manifeste par le mouvement que fait cette aiguille pour reprendre sa premiére position toutes les fois qu’on l'en a écartée. On peut rendred’effet de la première cause presque nul, en suspendant l'aiguille sur un pivot terminé par une pointe trés déliée ; mais l'effet de l’autre cause subsistera encore ; et si la quantité de fer contenue dans le corps soumis à l’expérience est si petite ou tellement chargée d’oxigène que son action soit inférieure à la force qui mamüent l'aiguille dans sa position, celle-ci restera immobile. | En réfléchissant sur ces efleis, j'ai conçu l’idée de diminuer tellement la force qui s’oppose au mouvement de rotation de laiguille, qu’elle fût incapable de dérober celle-ci à Paction de quelques particules de fer qui, dans une expérience faite à l’ordinaire, seraient comme sielles n’existaient pas. Voici comment y y parviens. Soit zzr (fig. 65) l'aiguille suspen-

due sur son pivot, auquel cas elle tournera son : pôle austral a vers le nord et son pôle boréal b vers le sud. Je dispose à une certaine distance de l’aiguille, et au même niveau, d’un côté ou de l’autre, par exemple vers le midi, un barreau aimanté MR, dont la direction approche, autant qu'il est possible, d’être sur le prolongement de celle de l'aiguille, et dont les pôles A, B, soïent renversés à l'égard des siens (1). Je fais avancer ensuite doucement le barreau vers l'aiguille. À un certain terme, celle-ci s’écarte de sa direction naturelle et commence ‘à tourner autour de son centre, et, sans la force que le globe exerce sur cette aiguille pour la ramener à sa première position, il en serait d'elle comme de la Tourmaline placée dans lappareil (fig.61), et derrière laquelle on tient une autre lourmaline dont les pôles sontsitués

(1) Pour garantir l’aiguille des agitations de l’air, je la place avec son support au fond d’une cage de verre, de forme carrée , ouverte par le haut, dans laquelle j’introduis les corps que je veux soumettre à l’expérience, en les tenant attachés à l’extrémité d’un petit cylindre de cire. Si le corps est une pierre précieuse qui ait été montée, ce cylindre est remplacé par la tige de la monture.

en sens contraire des siens. La Tourmaline de l'appareil fait, comme je lai expliqué plus haut , une demi-révolution autour de son centre. Mais l'aiguille ne s’écartera de sa première direction que jusqu’au terme où la force qui agit pour l’y ramener se trouvera en équilibre avec celle que le barreau exerce sur elle pour la faire mouvoir en sens contraire. Supposons que cet équilibre ait lieu au moment où le pôle a de l’aiguille a décrit l’arc ae (fig. 65), en sorte que cette aiguille ait pris la direction e, et analysons les actions des forces qui déterminent l'équilibre dont il s’agit. Le pôle boréal N du globe, qu’il faut se représenter éloigné à une grande distance, attire le pôle austral a’ de de l'aiguille et repousse son pôle boréal D’; et comme ces deux forces conspirent pour faire rétrograder l'aiguille dans l'arc ea, nous prie vons, pour simplifier, les réduire par la pensée à une seule force qui agisse par attraction sur le pôle a’, en augmentant à proportion celle qui était censée d’abord n’agir que par son propre fluide pour attirer le même pôle. D’une autre part, le pôle austral S du globe exerce des actions analogues sur les deux pôles de Paiguille; il attire de son côté le pôle boréal 8/, et

repousse en sens contraire le pôle austral a’. Il est évident que.ces deux forces conspirent comme les premières, pour faire rétrograder l'aiguille dans larc ea, en sorte que si, pour simplifier encore davantage ,nous les ajoutons, par la pensée, à la force que nous supposons maintenant appliquée au pôle e de Paiguille, les choses se passeront comme si ce pôle n’était sollicité que par une seule force attractive qui füt l'équivalent de toutes les forces réelles à l’aide desquelles le globe agit sur l'aiguille.

À l'égard des actions du barreau sur lar- guille, on peut leur appliquer ce que j'ai dit de celles que la Tourmaline MN (fig. 62 )exerce sur l'autre Tourmaline 777 pour la faire tournerautour de son centre. L’attraction du pôle B du barreau.(fig. 65) sur le pôle a! de Paiguille et sa répulsion sur le pôle #!, s'accordent à produire dans le pôle a’ une tendance à décrire

arcez, Dune autre part, la répulsion du pôle À du barreau sur le pôle a’ de l'aiguille et son attraction sur le pôle #’, font naître dans le pôle a’ une tendance à se mouvoir en sens contraire dans arc ea. Mais les secondes forces, à rai- . son d’une plus grande obliquité et d’une plus

grande distance, agissent plus faiblement que

DES PIERRES PRÉCIEUSES. 18E les premières, en sorte que celles-ci l’emportent. |

Maintenant nous pouvons nous servir 101 dut même moyen de simplification que pour les actions du globe sur l'aiguille, en réduisant toutes les forces à l’aide desquelles le barreau agit sur la même aiguille à une seule force, que nous supposerons appliquée au pôle a”. Pour opérer cette réduction, il faudra augmenter l’action que le pôle B exerce directement sur le pôle.a!, à proportion de ce qu’elle gagne à être secondée par l’action du même pôle sur le pôle b’, et la diminuer à proportion de ce que Jui font perdre les actions contraires du pôle À du-barreau sur les deux pôles de l'aiguille.

D’après cette manière d'envisager les choses, V’aiguille n’est plus censée être sollicitée que par deux forces appliquées au pôle a’, et dont les actions, égales et contraires, l’une pour faire mouvoir l'extrémité de cette aiguille dans le sens de l’arc ea, et l’autre pour lui faire décrire l’arc ei, se détruisent mutuellement, en sorte que laiguille reste en équilibre.

Si l’on continue. de faire faire au barreau de petits mouvemens vers laiguille, de manière que le pôle B passe successivement en D, F,G,

elle s’écartera de plus en plus de sa direction primitive; en même temps l’action-du globe sur le pôle a’, pour ramener l'aiguille à cette direction, s’accroîtra, parce qu’elle S’EXErCera . toujours moins obliquement à mesure que latguille approchera davantage de la direction {x, perpendiculaire à la direction primitive NZ, qui est la plus favorable à l’action du globe, parce qu’alors l'aiguille se trouve entièrement tournée vers le pôle nord de ce globe, dans lequel réside la force qui agit pour la faire revenir à sa première position.

Chaque fois que l’on arrête le barreau , l’aiouille, de son côté, reste stationnaire, parce qu'autant la force du barreau se trouve augmentée far la diminution de distance, autant la force du globe, qui agit en sens contraire, s’est accrue elle-même, par une suite de ce qu’elle agissait moins obliquement.

- Mais, dès qu’une fois l'aiguille est parvenue à la direction /x, si l’on fait faire au barreau un nouveau mouvement vers elle, Pattraction qu’il exerce sur le pôle a! s’accroîtra encore, et laiguille étant forcée deprendreune position telle que st, inclinée en sens contraire à l’écard de sa première direction NZ, la force du globe di-

minuera en recommençant à agir obliquement, en sorte que l'équilibre ne pouvant plus s’établir, l'aiguille continuera de tourner, pendant que le barreau restera immobile, jusqu'a ce qu’elle se retrouve sur sa première direction NZ, avec cette différence, que sa position sera renversée à l'égard de celle qu’elle avait naturellement avant l'expérience.

Le moment le plus favorable pour présenter un corps qui renfermerait une petite quantité de fer à l’un dès pôles de Vaiguille, paraîtrait | être celui où sa position coïnciderait avec la ligne Zx, ainsi que le représente la fig. 66, qui a été tracée dans la supposition où le barreau. MR étant situé parallèlement à la direction primitive de aiguille et en même temps au : bord fo ou 2E de la table, la nouvelle direction l'x’ de l'aiguille serait parallèle à l’autrebord f#; car on conçoit que dans ce cas où la force que le globe exerce sur l'aiguille tend à diminuer, pour le peu que celle-ci poursuive son mouvement de rotation, une très petite force peut suffire pour la déranger dans lesens de ce mou vement. Mais comme il serait difficile d’arrêter le barreau précisément au terme où la plus légéreimpulsion qu’on lui donnerait ensuite vers

184 TRAITÉ DES CARACTÈRES PHYSIQUES l'aiguille déterminerait le retour de célle-ci à sa première direction, il suffira que la position de l’aiguille soit très voisine de ce terme, en restant un peu en-decà. On placera alors le corps destiné pour l’expérience vis-à-vis du pôle 7’, du côté du barreau. De cette manière, l'attraction du corps sur le pôle auquél on le présente conspire, avec la tendance déce corps, pour s’avancer vers le barreau en continuant son mouvement de rotation. Il nest arrivé quelquefois de saisir la position du barreau à laquelle répond la direction de l'aiguille sur la Ligne {x (fig. 65), et, à l'approche d’un corps qui renfermait une petite quantité de fer, laiguille partait et achevait d’elle-même son demitour. Je donne à ce genre d'expérience le nom dé méthode du double magnétisme.

. En opérant comme je viens de le dire, j’at obtenu des effets très marqués avec toutes les variétés de Grenat et avec les divers Péridots que j'ai essayés. Les Essonites ont donné le même résultat, mais d’une manière moins sensible. Parmi les autres pierres précieuses, dont la plupart sont aussi colorées par le fer, je n’en ai trouvé aucune qui aït produit du mouvement dans l’aiguille, soit parce que ce métal ÿ

“existait en trop petite quantité, soit parce qu'il s’y trouvait dans un état qui mettait obstacle à l’action du magnétisme. Maïs si toutes les pierres qui renferment du fer étaient susceps tibles d’agir sur l'aiguille, le caractère qui dérive de cette action cesserait d’être distinctif, au lieu qu'il devient d’une utilité réelle par les limites entre lesquelles se trouve resserrée lextension que donne le double magnétisme à cette propriété si remarquable qu'a l'aiguille” de faire servir le fer à se décéler lui-même.

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