Cyanite ou Sappare. Disthène. Méth
minér. D'un bleu céleste; transparente; donnant, sous certaines positions, des reflets nacrés, sur-tout lorsqu'elle est d’une forme arrondie. Pesant. spécif. 3,5; rayant le verre par ses parties aiguës; électricité par le frottement, vitrée dans certains morceaux, résineuse dans les autres (1). Dans son état na-
(x) C’est de cette double vertu électrique que j’ai tiré le nom de Disthène, dont le sens est, qui a deux forces.
DES PIÉRRES PRÉCIEUSES. 221.
turel, elle se présente sous la forme de lames allongées, dont les grandes faces ont un éclat nacré. Les faces étroites font avec elles un angle peu obtus, et souvent les bords situés à la jonction des unes et des autres sont remplacés par des biseaux. Le clivage est très facile et très net dans le sens des premières. Les artistes indiens taillent les Cyanites en cabochon et quelquefois à facettes, et ils les débitent comme des Saphirs d’une qualité inférieure. J’en ai rencontré plusieurs fois dans le commerce, oùelles passaient pour de véritables Saphirs orientaux, avec lesquels cette pierre, lorsqu'elle est dans sa beauté, a effectivement beaucoup derapport par sa couleur et par la vivacité de son éclat; mais elle en est très distinguée, en ce qu’elle à beaucoup moins de dureté et une pesanteur spécifique sensiblement plus petite. Elle en diffère encore par les reflets nacrés qui partent des faces intérieures situées dans le sens du clivage le plus net, et qui percent à travers la maüère cristalline (x).
(1) J'ai quelquefois détrompé des personnes qui avaient plusieurs de ces Cyanites, qu’elles prenaient: pour des Saphirs, en usant de la permission qu’elles
- m'accordainet, d’en couper une en deux avec un cou-
34. Jade oriental; Pierrenéphrétique. Jade néphrétique. Méth. minér. D'un vert olivâtre plus où moins foncé, quelquefois d’un blanc verdâtre; transparence semblable à celle de la cire; pesant. spécif. 3; rayant le verre; acquérant l’électricité vitrée à l’aide du frottement, lorsqu'il est isolé. La plupart des ouvrages dont il a fourni la matière n’ont qu’un poli imparfait; on croirait qu’ils ont été simplement unis et frottés d'huile. Cependant M: Belloni a fait travailler des morceaux de cette pierre qui ont reçu un poli très vif; mais ce poli n’est pas d’une égalité parfaite, et en examinant la surface de la pierre on y aperçoit comme de peütes taches d’une matière grasse.
Les Indiens excellent dans l’art de travailler le Jade; on est étonné de la légèreté et de la délicatesse des ouvrages qu’ils exécutent à jour avec une substance d’une aussi grande dureté, et qui ressemblent à ces découpures que l’on fait avec les matières les plus “opples et les moins capables de résistance.
teau. Le possesseur consentait volontiers à cette épreuve, parce qu’il pensait avec raison qu’un saphir ne s’y PiÉg terait pas,
Mais ce qui a sur-tout contribué à la célébrité du Jade, c’est l’idée des vertus médicinales qu’on lui prêtait , et dont la plus vantée était celle d’atténuer la pierre des reins lorsqu’on le portait attaché au cou ou à quelqu'autre partie du corps, ce qui lui avait fait donner les noms de Pierre néphrétique et de Pierre divine. De là sont venues toutes ces . amulettes de différentes formes, dont on conserve une partie dans les cabinets de curiosttés, où elles sont à leur véritable place.
35. Eumachelle (1) opaline. Variété du marbre lumachelle. Héth. minér. Fond d’un gris noirâtre parsemé de lignes blanchâtres, la plupart courbées en arc, dont quelques-unes sont circulaires ou ovales, et orné, par intervalles, de couleurs d’iris, dont l'éclat le dispute à la beauté, et qui sont principalement le vert pur et le rouge-aurore.
On donne le nom de Lumnachelleaux pierres
(r) Ce mot se prononce comme si lon avait écrit /u—. maquelle. Je place ici cette substance et les deux suivantes, comme appartenant à une division particulière, dans laquelle sont rangées les masses qui portent le nom de roches.
224 TRAITÉ DES CARACTÈRES PHYSIQUES composées en grande partie de fragmens de coquillesliés entreeux par un ciment de la nature du marbre. Dans la Lumachelle opaline, les lignes blanchâtresdont le fond est marquésontles coupes des fragmens dont les courbures se sont rencontrées sous l'instrument quia servi à tailder la pierre, et les espaces irisés proviennent de ceux qui sont restés imtacts, et se trouvent situés de manière à recevoir et à réfléchir une partie des rayons qui tombent sur le fond (1). Cette Lumachelle vient de Bleyberg, en Carinthie. On en fait des plaques d’ornement et des boîtes très estimées.