FUM1ÈRES
ces eaux à se répandre dans les conduits qui leur sont destinés (I) ; tantôt la machine à vapeur refoule directement les liquides dans les tuyaux. Ceux-ci sont de deux sortes : les tuyaux alimentaires et les tuyaux de décharge ou de distribution, dont la distribution générale est celle des tubes de drainage avec leurs collecteurs, ou, pour employer une image, a beaucoup de ressemblance avec l'arête principale d'un poisson. Les uns et les autres sont en fonte, et ne varient que par leur diamètre, de 0,u,'10 à 0m,05; les tuyaux en grès ont été employés, mais leur usage n'a pas été très-satisfaisant à cause de leur peu de résistance ; on les a remplacés par des tuyaux en tôle bituminée, qui se vissent les uns au bout des autres. Quelle que soit leur matière, ces tuyaux sont enfoncés dans le sol à 0U,,40 ou0m,50, afin d'être à l'abri de l'atteinte de la gelée ou du choc des instruments. On établit, de distance en distance, de 100 mètres en 1 00 mètres par exemple, des regards en maçonnerie (voy. fig. 557, p. 439), au milieu desquels une prise de liquide est pratiquée sur la conduite; ces prises sont des robinets sur lesquels on visse un boyau en toile, en cuir ou en gutta-percha, terminé par un orifice en forme de lance de pompe à incendie : on peut en ajouter plusieurs les uns au bout des autres. C'est à l'aide de ces boyaux qu'un ouvrier arrose le terrain, en faisant retomber autour de lui, sous forme de pluie , le liquide poussé par la force d'expansion qu'on lui a donnée.
— Nous terminerons ces indications par celle d'un système beaucoup plus modeste dans son établissement (2); il nous semble pouvoir être appliqué utilement dans quelques localités, où une dépression du sol sera voisine des bâtiments. Du fond de la citerne à purin part une ligne souterraine de tuyaux en ciment, décrits ci-dessus (fig. 555 et 556, p. 440), qui conduit les liquides sur le versant d'un coteau. Là se trouve un embranchement ; l'une des deux portions
(1) M. Moll, membre de la Société impériale et centrale d'agriculture, a expérimenté un système de ce genre à Vauj ours, près Livry (Seine-et-Oise).
(2) Chez M. le comte de Seraincourt, à Lonray, près Alençon (Orne).
FUMIÈRES.
Fia;. 594.
est garnie d'un robinet, l'autre d'un appareil particulier (fig. 594).
La première sert à jeter les urines dans une rigole établie à l'air libre sur le soi, où elles se mélangent avec les eaux provenant d'une source, et vont irriguer et fertiliser les terrains inférieurs. La seconde branche s'ajuste sur une colonne en fonte analogue à celles qui servent au remplissage des tonneaux d'arrosage de nos cités, et dont la figure cicontre montre la forme; une cavité pratiquée auprès permet d'amener sous son orifice un chariot portant un tonneau surmonté d'un entonnoir, et garni, par derrière, d'un robinet avec tube d'échappement et planchette contre laquelle le jet frappe et s'éparpille. On remplit ainsi ce récipient, et on le conduit sur des terres en culture, où se répand le liquide fertilisant qu'il contient.
— Voici encore une disposition (1) pour laquelle on a profité également du voisinage d'un vallon (fig. 595-^
Fig. 595.
« Le purin se rend de lui-même dans un réservoir établi sur la
(1) Établie chez M. Ract, à Sainte-Hélène-du-Lac, près Chambéry (Haute- Savoie). (Voyez article de M. Robinet : Annales de l'agriculture française, 1861, t. XVIII, p. 18G.)
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pente d'un coteau ; au pied de ce réservoir passe un chemin d'une pente modérée. Les tonneaux d'arrosage viennent se placer, sans la moindre difficulté, sous le robinet du réservoir et se remplissent ainsi sans le secours d'aucune pompe. »
Il nous semble qu'une disposition aussi simple peut être adoptée dans un grand nombre de cas; au lieu d'un réservoir en charpente, on pourrait construire une citerne en maçonnerie sur le bord du chemin, et un tuyau métallique adapté à un robinet conduirait le purin dans le tonneau.
— Tels sont les principaux modes pour l'arrosage par les engrais liquides usités jusqu'à ce jour.
Nous donnerons plus loin un exemple de filtre usité pour recevoir les eaux d'égout et les rendre plus aptes à l'irrigation des terres et des prairies.
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CONDITIONS GÉNÉRALES D'ÉTABLISSEMENT
Les latrines {privés, lieux d'aisances) sont destinées au dépôt et à la conservation momentanée des déjections de l'homme. Leur établissement doit être regardé comme indispensable dans toute exploitation rurale. Aux motifs de propreté et de décence se joignent ceux des avantges que l'on retire de l'utilisation des produits.
Les latrines se composent de deux parties : d'un cabinet d'aisances et d'un récipient ou fosse; le cabinet est fixe, clos et abrité ; le récipient peut être fixe ou mobile, ouvert ou fermé. Leurs dispositions varient considérablement ; une infinité de systèmes ont été proposés ou utilisés ; nous indiquerons seulement les modes de
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construction qui nous semblent les plus facilement applicables à la campagne.
Nous distinguerons à cet effet les latrines domestiques des latrines rustiques; les premières, comprises dans l'intérieur de la maison d'habitation ou lui attenantes, conviennent aux exploitations de moyenne et de grande importance ; les secondes, qui doivent être isolées, sont, en l'absence des premières, l'annexe obligée de tout petit domaine et même de toute habitation champêtre. La construction des latrines domestiques exige beaucoup plus de précautions que celle des autres latrines, que l'on peut éloigner plus ou moins des endroits où séjournent des hommes.
Les conditions d'établissement communes aux deux sortes de latrines sont : une ventilation énergique qui, s' exerçant dans les cabinets comme dans les récipients, les empêche de devenir un foyer d'infection; une fermeture suffisante pour protéger la personne qui s'y trouve ; l'emploi de matériaux qui permettent le nettoyage des cabinets ; enfin la facilité d'enlèvement des matières contenues dansles récipients, dont un cultivateur doit savoir apprécier l'emploi.
Exposition. — « Les lattrines ou privez seront percez du costé du septentrion, d'aultant que le vent d'icelle partie est propre pour dissiper les puanteurs. » L'expérience justifie cette antique indication donnée par Ponsard(l); on peut l'expliquer par l'effet des contractions et des dilatations provenant des modifications de température qui résultent, sous notre climat, des changements de vents.
Ce qu'il faut empêcher, c'est que les émanations des latrines soient amenées dans les endroits habités. Les vents d'ouest et du sud échauffent l'atmosphère, augmentent le volume des corps, principalement des corps gazeux, les rendent plus légers et favorisent leur propagation autour du foyer d'où ils se dégagent ; tandis que les vents d'est et du nord produisent l'effet contraire. Ce sont les vents d'ouest et du sud qui soufflent le plus fréquemment dans presque toute la France. Les latrines doivent donc être placées de
(1) Ponsard, Traité de l'élection et choix des lieux salubres. Paris, I G 1 7 , in-4.
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manière que ces vents n'en portent pas les émanations vers les habitations. Ainsi on établira les latrines au nord, c'est-à-dire que les ouvertures extérieures des cabinets placés dans les habitations seront tournées de ce côté, et que celles des latrines isolées seront aussi, de préférence, dirigées vers la partie septentrionale des endos des exploitations.
Convenance. — Il convient que les cabinets soient abrités d'abord contre la pluie (même contre la gelée, lorsqu'ils renferment des réservoirs d'eau), ensuite qu'ils soient protégés contre tout regard venant du dehors ; que la porte soit munie d'un verrou ou d'un crochet à l'intérieur ; que la lumière y ait assez d'accès pour qu'on puisse vaquer aux soins de propreté.
Olivier de Serres voulait « des privez pour les serviteurs et d'autres pour les servantes, avec leurs montées séparées pour l'honnesteté. » Cette distinction de locaux est nécessaire dans les exploitations où le personnel est nombreux : il sera même souvent bon d'établir des latrines spéciales pour les femmes proche de l'habitation et d'y placer des portes fermant à clef.
Emplacement. — Ce que nous avons dit relativement à l'exposition à donner aux latrines nous évitera de répéter pourquoi il faut les rejeter à la partie la plus •reculée et la plus septentrionale des bâtiments.
Les latrines domestiques destinées à la famille du maître seront rapprochées des pièces à son usage ; celles destinées aux servantes pourront être aux étages supérieurs et même dans les combles, pourvu que l'accès en soit facile et l'endroit pas trop éloigné de celui où elles travaillent.
Quand les latrines rustiques ne seront pas établies au-dessus des fumières ou des fosses à purin, on les rejettera jusqu'à la partie la plus reculée des enclos ; si cet enclos est considérable, comme dans les grandes exploitations, il sera quelquefois utile de remédier .à l'éloignement des latrines par l'établissement de pissotières ou de baquets à urine; sans cette précaution, certains angles des constructions deviennent bientôt des foyers d'infection.
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Les latrines seront aussi éloignées que possible des puits, des citernes, des laiteries, des cuisines, de tout local utilisé pour la préparation de substances facilement altérables.
Ventilation. — Des appareils ventilateurs sont nécessaires dans toutes les parties des lieux d'aisances, afin d'en assurer la salubrité.
Dans les cabinets, des tuyaux en poterie ou en métal s'ouvriront à la partie supérieure du plafond et se prolongeront jusqu'au dehors, comme des tuyaux de cheminée, et autant qu'il sera possible en ligne droite ; leur diamètre intérieur sera de 0™,20 au moins ; plus leur longueur sera grande, plus leur diamètre sera élargi, et plus généralement l'effet en est assuré. Le prolongement extérieur sera élevé de 1 à 2 mètres au-dessus du toit, suivant la disposition des constructions attenantes, afin que l'odeur ne se répande pas dans les bâtiments. S'il est impossible d'établir ces tuyaux d'aération, deux petites fenêtres, opposées l'une à l'autre, peuvent les suppléer, au moins en partie.
Pour les fosses, des appareils analogues sont encore plus indispensables que pour les cabinets. Dans toute fosse fixe on établira une véritable cheminée d'aération. Pour que son effet soit réel, l'orifice inférieur s'ouvrira dans la partie la plus élevée de la voûte de la fosse, et on aura soin de faire aboutir les tuyaux de descente à un niveau inférieur à celui du tube d'aération (un exemple est représenté dans les fig. 601 et 602, page 481 ci-après ; les flèches indiquent la direction du courant d'air qui doit s'établir alors). Une condition qui facilite le jeu de ces ventouses est que l'air qui y est renfermé soit plus léger que celui qui entre dans la fosse par les autres ouvertures : pour cela, il faut l'échauffer. Un des meilleurs moyens d'y parvenir est d'adosser le tuyau de ventilation à une cheminée où l'on fait fréquemment du feu. On obtient encore un résultat satisfaisant en terminant le tuyau à sa partie supérieure par un tube en métal qui, recevant les rayons du soleil et s'échauffant, rend plus léger l'air qu'il contient et établit un courant ascendant. On a recours quelquefois à une petite lampe qu'on introduit dans le tuyau d'aération par une porte pratiquée dans une de ses parois et
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qu'une plaque ferme bien hermétiquement. Enfin un petit appareil en métal, représenté dans la fig. 596, procure un résultat analogue par un effet tout mécanique : il consiste en une gueule de loup, ou entonnoir, tournant sur un tuyau vertical par l'action du vent sur un disque placé par derrière,
. , Fig. 596.
de manière que cet entonnoir reçoive toujours le vent : le courant d'air entrant par la grande ouverture sort par la petite, et entraîne avec lui l'air contenu dans le tuyau, d'après cette propriété qu'ont les liquides ou les gaz en mouvement d'entraîner les liquides ou les gaz qu'ils touchent.
Les caveaux ou réduits dans lesquels sont déposés des appareils mobiles seront ventilés de la même manière. Cependant, quand ces récipients sont des tonneaux fermés, on peut se contenter d'ouvrir, à la partie supérieure et dans des directions opposées, de petites fenêtres sans aucun châssis de fermeture. Il serait préférable de souder sur le tuyau de chute, près de son orifice inférieur, un tube de ventilation analogue à l'un de ceux que nous venons de décrire? V «* #
Les cabinets de latrines rustiques peuvent être ventilés par des intervalles ménagés dans la toiture en remplaçant quelques tuiles par des planches écartées et disposées comme des lames de persiennes ; leur recouvrement empêchera la pluie de pénétrer à l'intérieur.
Désinfection des cabinets. — Lorsque les cabinets sont infectés de mauvaise odeur, on jette sur la lunette et on arrose le sol avec une dissolution de chlorure de chaux (de Labarraque) obtenue en versant sur 50 grammes de ce sel 3 ou 4 litres d'eau.
On peut en même temps jeter dans la fosse 500 grammes de sulfate de zinc dissous dans 5 à 6 litres d'eau.
Au moment de la vidange des fosses, on empêche la propagation des mauvaises odeurs dans les appartements en mettant sous les portes une traînée de chlorure de chaux sec déposé sur un papier et en étendant derrière ces portes des linges trempés dans une solution aqueuse du même chlorure ; il suffit souvent de mettre dans une
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assiette placée auprès de la porte une petite quantité de chlorure humecté.
Dimensions des diverses parties. — \ " Cabinets. — La surface des cabinets d'aisances peut être fixée à 1 mètre carré environ , soit qu'elle forme un carré de \ mètre de côté, soit que la profondeur ait 1 m,50 et la largeur 0m,70. Si la porte ouvre à l'intérieur du cabinet, il faut que la profondeur soit au moins de 1n,,30. Une largeur de 1 mètre et une profondeur de 1m,50 forment un cabinet trèscommode.
Le siège est élevé à 0m,50; sa profondeur ne doit pas dépasser 0"',50 ; la lunette, dont le diamètre a 0m,25, est placée à 0m,10 du bord antérieur du siège.
2" Fosses fixes. — Les récipients peuvent être calculés sur une production annuelle de matière s'élevant à 3 hectolitres pour chaque habitant; mais il faut augmenter un peu cette quantité pour tenir compte des eaux de lavage des cuvettes.
La grandeur des fosses en maçonnerie est arbitraire parce qu'on les vide lorsqu'elles sont remplies. Cependant il serait avantageux de ne faire cette opération que pendant les temps froids, une fois par an; on peut, à cet effet, calculer la capacité à donner à la fosse à raison d'un demi-mètre cube par habitant.
La plus petite fosse fixe contiendra toujours au moins 4 mètres cubes, c'est-à-dire qu'elle aura 1 mètre en largeur, 2 mètres en longueur et 2 mètres en hauteur; ces dimensions sont nécessaires pour (ju'un homme puisse y descendre et y travailler : la longueur de 2 mètres sera occupée en dessus par l'emplacement du siège et par le trou de vidange bouché par sa dalle; ce trou aura 0m,60 X lmfiO en section horizontale. Ces dimensions de l'orifice d'extraction, ainsi que celle de 2 mètres pour la hauteur de la fosse, mesure qui peut toutefois être prise sous la clef de voûte, sont fixées par plusieurs règlements de police.
3° Fosses mobiles. — Les récipients mobiles ont différentes grandeurs. Les tinettes à anses, ouvertes et sans couvercle, que deux hommes enlèvent à la main, qui contiennent 60 à 75 litres, ont en
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hauteur environ 0m,50 à 0,n,60 ; le réduit qui les renferme peut être petit et bas, puisqu'il n'est pas nécessaire que les hommes y entrent, s'ils peuvent y faire glisser la tinette par une ouverture suffisante pour la laisser passer; il faut cependant qne le nettoyage de ce réduit soit facile.
Les tonneaux varient aussi dans leur grandeur; les plus usités contiennent soit 100 à 425 litres, soit 3 à 4 hectolitres. La hauteur des premiers est de 0m,80 à 0m,90, et le diamètre de 0m,60 ; la hauteur des seconds est d'environ 1 mètre, et leur diamètre de 0m,70 à 0m,75. Un intervalle de 0m,50 au-dessus de chacun de ces récipients est nécessaire pour le jeu du tuyau de raccordement. Dans le réduit qui renfermera les petits tonneaux, s'il est au niveau du sol extérieur, il n'est pas rigoureusement nécessaire que 1-es hommes puissent entrer, quoique cela soit préférable; la hauteur en sera donc réduite à /lm,30 et l'aire à 0"',90 ou 1 mètre en côté. Mais les hommes auront accès dans le réduit où l'on placera un grand tonneau; ses dimensions seront donc au moins de 1m,30 en côté et I '",80 en hauteur. Les portes de cesjréduits seront un peu plus larges que le diamètre des tonneaux qu'on y voudra introduire. ^
DISPOSITIONS DIVERSES
Latrines domestiques. — Les latrines renfermées dans les maisons d'habitation ou y attenantes exigent les plus grandes précautions dans leur établissement, afin que les émanations ne se répandent pas dans toute la maison. Leurs cabinets peuvent, il est vrai, être nettoyés plus fréquemment que ceux des latrines isolées ; mais l'entretien de la propreté sera facilité par une bonne disposition des diverses parties.
Cabinets. — Une pièce d'accès, un petit vestibule, s'interposera toujours entre un cabinet d'aisances et une pièce d'habitation : c'est l'un des meilleurs moyens d'arrêter la propagation des odeurs. Si le cabinet s'ouvre directement au dehors, cette précaution est inutile.
Le cabinet sera fermé par une porte bien jointe, s'ouvrant de pré-
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férence en dedans du cabinet, et garnie d'un verrou à l'intérieur. Une fenêtre y servira toujours pour l'éclairage et pour la ventilation ; elle sera garnie d'un châssis vitré qu'on laissera ouvert tant que le froid ne sera pas à redouter ; un châssis à lames de persiennes couvrira extérieurement le châssis vitré ; on pourra le remplacer par un grillage en toile métallique galvanisée ou en zinc. Les enduits du cabinet seront faits avec soin et même établis en chaux hydraulique autant que possible. Si une voûte en pierre ne recouvre pas la pièce, on la remplacera par un plafond. A la partie la plus élevée de ce plafond ou de la voûte, s'ouvrira l'orifice d'un tuyau de ventilation.
Le sol pourra être revêtu d'un parquet ou d'un bon carrelage, lorsque le cabinet sera réservé aux maîtres de l'exploitation. Dans tout autre cas, on établira un bon dallage dont les joints seront faits en ciment, et dont la pente sera dirigée vers un trou d'écoulement communiquant avec le tuyau de chute, soit en ligne droite , soit par un tube en S.
Le cabinet contiendra un réservoir d'eau fixe ou portatif. Avec ce dernier système, plus économique, les réparations sont moins à redouter, et l'apport de l'eau est plus facile. Si le cabinet est trop petit pour qu'on y place un meuble renfermant quelques ustensiles de toilette, et sur lequel on puisse déposer un flambeau, on fixera sur l'une des parois, pour ce dernier usage, une petite planche à 1m,40 au-dessus du sol.
Sièges. — Un siège de latrines exige l'entretien d'une très-grande propreté; aussi n'est-ce, le plus souvent, que dans un cabinet à l'usage de maîtres qu'il faut en établir un. Ce siège, dont nous avons indiqué les dimensions , consiste en une planche en chêne épaisse de 0m,03 au moins, bien polie, avec arêtes parfaitement arrondies ; sa place est dans l'un des angles, ou mieux dans toute la largeur du cabinet. Il s'appuie, par devant, sur une cloison verticale en bois, et, par derrière , sur des tasseaux : il est utile que ce siège soit facile à enlever pour le cas de réparations à faire à la cuvette ; on se contente de bien ajuster les bords le long des murs. Un tampon mo-
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bile , ou , mieux encore , un ais monté sur charnières vissées horizontalement recouvre le trou de la lunette.
Cuvettes. — Sous le siège, une cuvette en faïence ou en porcelaine grossière sera solidement lutée sur le tuyau de descente. La forme la plus simple est celle d'un cône renversé ouvert à sa partie inférieure, et qu'on bouche avec un tampon à anneau qu'un crochet sert à saisir. Nous préférons, pour des latrines placées dans des appartements, une cuvette avec fermeture dite hydraulique, que l'on meut à l'aide d'une béquille ou d'un anneau placé sur le siège, telle que celle qui est représentée dans la fig. 597. Quelques-uns de ces appareils contiennent en outre l'extrémité d'un tuyau communiquant avec un réservoir d'eau; le mécanisme qui fait jouer la soupape ouvre ou ferme en même temps le tuyau. Cette complication de mécanisme rend les réparations plus fréquentes, ce qu'il faut éviter à la campagne; en outre, dans le cas d'une fuite, si légère qu'elle soit, il peut arriver que toute l'eau du réservoir s'écoule dans la cuvette et remplisse la fosse. On préfère adapter au réservoir un robinet spécial, et même, lorsqu'il n'est pas placé trop haut, y puiser l'eau à l'aide d'un vase portatif.
Lunettes. — Quand on n'établit pas un siège dans un cabinet, principalement dans celui qui est destiné aux ouvriers, on installe, à l'extrémité du dallage, une lunette en pierre ou en fonte. C'est ordinairement un trou elliptique, ayant 0m,20 sur 0"',25 pour diamètres, placé à 0m,<l5 du mur, et de chaque côté duquel est une petite élévation pour placer les pieds. La fig. 598 montre une plaque en fonte de 0m,70 de côté, percée d'un trou au milieu, avec place pour les pieds, à côtés inclinés vers le trou, et dont toutes les parties sont rayées pour empêcher le glissement. On peut tailler de la même façon une dalle en pierre. La fig. 599 est le plan d'une lunette en pierre dure, graniteuse ou schisteuse, percée d'un trou allongé en avant, également avec place pour les pieds, et dont tout le
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pourtour est taillé en forme évasée, de manière à ce qu'on ne puisse s'y poser ailleurs qu'à l'endroit spécial, et que les liquides soient dirigés vers l'ouverture; la partie antérieure est plane et rayée comme dans le cas précédent.
On exhausse quelquefois -ces sortes de lunettes à 0m,10 ou à 0m,20 au-dessus du dallage; dans ce cas, un trou doit être percé par-dessous, de manière que les eaux qui tomberaient sur le pavage, en avant de la lunette, viennent rejoindre le tube de descente et soient reçues dans la fosse.
La fig. 600 est celle d'une lunette dont le modèle, en fonte ou en pierre, a figuré à la dernière Exposition universelle. Comme les lunettes précédentes, il est disposé uniquement pour qu'on monte dessus et qu'on s'accroupisse; il est formé de deux parties, sur chacune desquelles il n'existe qu'une étroite bande pour le placement des pieds; au milieu est l'ouverture allongée du tuyau de descente.
On fait, depuis quelque temps, des lunettes en fonte qui se composent d'une plaque, d'une cuvette et d'une fermeture hydraulique pour celle-ci : la plaque est mobile, et, s'abaissant sous le poids de l'homme qui monte dessus , fait basculer un levier qui ouvre la bonde. Cet appareil fonctionne assez bien ; il est recommandable, parce que le tuyau de conduite est bouché : ce qui n'a pas lieu avec les lunettes ci-dessus indiquées (dites à la turque) qujl est assez difficile de recouvrir d'un tampon, et que, d'ailleurs, les ouvriers oublient toujours de fermer.
Tuyaux de chute. — Pour conduire les matières depuis la lunette jusqu'à la fosse, on emploie des tuyaux de chute, soit en poterie, soit en fonte : les premiers doivent avoir au moins 0m,30 de diamètre, les seconds 0m,25. Ces derniers, plus solides que les premiers, sont seuls à recommander lorsqu'il faut traverser un ou plusieurs étages. On les scelle, avec des crampons en tôle, dans les angles des murs, ou on les noie quelquefois dans leur épaisseur. On doit les placer verticalement autant que possible, et ne pas les in-
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cliner à plus de 0m,25 par mètre, afin de prévenir les engorgements.
Lorsqu'un tuyau de chute est commun à plusieurs cabinets placés à côté les . uns des autres ou superposés, les branchements ou raccordements doivent être en métal.
Pour les fosses mobiles, l'extrémité inférieure du tuyau de chute est formée par un manchon en fonte ou en plomb de 0rn,30 à 0m,40 de longueur. Il plonge par en bas dans le tonneau et par en haut enveloppe le bout du tuyau de chute, sur lequel on le relève au moment de l'enlèvement du tonneau.
Fosses fixes. — Les fosses fixes sont des espèces de citernes placées dans le sol et parfaitement étanches. Nous avons indiqué les dimensions qu'il convient de leur donner (page 476). Leurs parois latérales ou horizontales seront construites en pierre meulière ou siliceuse, hourdée avec un mortier de chaux maigre et de sable de rivière lavé; elles pourront être jointoyées ou même enduites en bon ciment hydraulique. La forme des fosses doit être circulaire, elliptique ou rectangulaire, sans angles faisant saillie à l'intérieur; tous les coins seront arrondis, et le fond affectera la forme de cuvette concave; le dessus devra toujours être voûté en pierre, et contenir une ouverture pour l'extraction des matières; cette ouverture sera fermée par une dalle en pierre de 0m,08 d'épaisseur, ou en fonte, avec feuillure et recouvrement, avec anneau en fer ou trou au milieu pour qu'on puisse la lever plus facilement; ce trou ainsi que le pourtour seront lutés avec soin en plâtre ou en bonne argile.
Les fig. 601 et 602 représentent; à l'échelle de 0m,01 pour mètre, le plan et la coupe d'une petite fosse surmontée d'un cabinet avec tuyau
Fig. G01.
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d'évent. Le trou d'extraction sera placé dans l'endroit le plus commode pour la vidange. On est souvent obligé, à cet effet, de prolonger la fosse en dehors du bâtiment.
Quand on n'établit pas de tuyau d'évent sur une fosse, il faut percer, à l'extrémité opposée au trou d'extraction, une petite ouverture qu'on ferme par un tampon mobile avec anneau en fer. Au moment de la vidange, ce trou facilite l'aération de la fosse, aération qu'on ne peut opérer par les lunettes lorsque celles-ci sont revêtues de sièges et de bondes hydrauliques. Lorsqu'il y a un bon tuyau d'évent, il suffit ordinairement, pour ventiler la fosse, de soulever la pierre d'extraction.
On perce enfin, à travers les reins de la voûte, un petit trou dans lequel on insère une tringle en fer terminée par un épatement qui l'arrête au niveau du dallage. Cette tringle en fer sert d'indicateur pour mesurer la hauteur des matières contenues dans le récipient.
Vidange et désinfection des matières. — Lorsque les fosses fixes sont garnies d'un ventilateur, il est rare que des gaz dangereux s'en exhalent au moment où on lève la pierre mobile pour opérer la vidange. Dans tous les cas, il sera bon de prendre quelques précautions contre les exhalaisons qui peuvent se produire, et qui sont quelquefois assez délétères pour causer la mort, si on avait l'impruprudence de les respirer.
On accélérera d'abord la ventilation par tous les moyens disponibles, en chauffant le tuyau et en bouchant toutes les ouvertures (lunettes, etc.), à l'exception de celle dont l'embouchure sera la plus éloignée du tube de ventilation, afin de produire un courant aussi énergique que possible ; puis on lèvera la pierre et on procédera à la désinfection des matières contenues dans la fosse. A cet effet, on y jette et on y mélange, à l'aide d'une perche, une dissolution de sulfate de zinc ou de sulfate de fer. 1 kilog. de sulfate de zinc, dissous dans 20 litres d'eau, peut suffire pour une fosse de 8 mètres cubes : il faut une quantité double de sulfate de fer. Ce dernier, plus économique, a l'inconvénient de colorer en jaune les
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corps sur lesquels il tombe, et le produit désinfecté tache en noir les points atteints où se fait un dépôt de sulfure de fer.
Après avoir laissé reposer le mélange quelques heures, une nuit, par exemple, on extraira les vidanges, d'abord avec une pompe à purin portative, puis avec des seaux, des écopes, des dragues de curage; à l'aide de baquets, on les transportera au loin dans un fossé préparé à l'avance, où on les recouvrira de terre. On pourra faire absorber les parties les plus liquides par des paillis, des terres sèches, de la tourbe pulvérisée, du tan, etc.
On peut encore employer pour la ventilation de la fosse un fourneau d'appel, qu'on pose sur l'ouverture de la fosse.
Le procédé dû à Guyton-Morveau (voir page 88) pourrait encore être utilisé pour la désinfection de la fosse.
Fosses mobiles. — La fosse mobile est un récipient qu'on enlève avec les matières qu'il contient. La seule application qui peut en être faite aux latrines domestiques consiste en un tonneau fermé dont la grandeur varie (p. 476). Ce tonneau, établi en bon bois de chêne épais de 0m,04, sera cerclé en fer et percé, dans l'un de ses fonds, d'un trou dont le diamètre est de 0m,40 environ. C'est dans ce trou que vient aboutir l'extrémité mobile du tuyau de chute. Au moment de la vidange, on bouche ce trou par un tampon en bois, qu'on lute avec de la terre grasse, et qu'on maintient par une bande de fer engagée dans deux pitons fixés de chaque côté du trou. On le serre à l'aide d'une clavette : deux pattes en fer empêchent le basculage du tampon. La fig. 603 montre ce mode de fermeture.
Pour empêcher la pourriture du tonneau, on le pose sur deux petits parpaings en pierre placés de champ, ou sur deux petits chantiers en bois. On peut aussi le monter sur roues.
On a proposé, pour assurer la conservation des tonneaux, de les enduire à l'intérieur avec un mélange de goudron et de litharge qu'on y projette à l'état bouillant ; à l'extérieur on peint les bois et les ferrements par une première couche à l'huile bouillante, et par
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deux autres de couleur foncée. Un peu d'eau sera toujours laissée dans ces tonneaux, afin qu'ils ne se disjoignent pas.
Le tonneau est renfermé dans un réduit qui doit être établi au niveau du sol extérieur. S'il n'en était pas ainsi, l'extraction du tonneau pourrait être assez difficile et exiger l'emploi de palans, de poulies, etc., ou d'un plan incliné.
Comme il peut arriver que le tonneau soit rempli plus tôt qu'on ne s'y attendait, et qu'alors les matières fécales débordent, le sol du cabinet doit être dallé de manière à former une cuvette au milieu ; cette cuvette bien étanche sera surmontée par deux barres en fer qui supporteront le tonneau ; les règlements de police exigent cette disposition dans beaucoup de localités. Au moyen de poudre désinfectante, ou, à la campagne, au moyen de terre bien sèche et pulvérulente qu'on mêle aux matières épanchées, on les enlève facilement.
Les dessins ci-contre représentent en coupe verticale (fig, 604) et en plan (605) un système de latrines domestiques avec fosses mobiles. Afin que la hauteur d'un étage de 3m,20 puisse contenir le cabinet et le récipient, le réduit au tonneau est enfoncé de 0m,60 au-dessous du sol extérieur : c'est un petit obstacle pour le basculement du tonneau et sa conduite au dehors ; il est préférable que le niveau du réduit soit supérieur au sol environnant. Le cabinet et le réduit sont ventilés par des tubes d'aération dont les flèches marquent l'ouverture (fig. 604).
Les lignes ponctuées dans le plan du cabinet (fig. 605) indiquent la forme de la cuvette, surmontée de deux barres de fer, qui se trouve dans le réduit inférieur.
Vidange. — Le système des fosses mobiles facilite l'enlèvement des matières, qu'il permet
Fig. G05.
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d'opérer sans odeur et sans malpropreté. Il suffit de soulever la portion mobile du tuyau de chute, de boucher le tonneau, de l'attirer au dehors du réduit, de le charger sur un chariot à l'aide d'un plan incliné, et de le conduire au loin, où on le vide dans un fossé préparé à cet effet , pour le ramener ensuite à sa place.
On peut, préalablement, introduire dans le tonneau un peu du liquide désinfectant que nous avons indiqué.
Latrines rustiques. — Les latrines rustiques ne diffèrent des latrines domestiques que par l'économie qu'on doit apporter dans leur construction ; leur éloignement des endroits d'habitation permet de négliger quelques-unes des précautions d'aération nécessaires pour empêcher la propagation des mauvaises odeurs.
Cabinets. — Les cabinets peuvent être construits avec des matériaux de très-petite valeur. Des poteaux en bois dont l'intervalle est rempli en terre battue ou en voliges minces, des murs peu épais hourdés en terre, forment ordinairement les parois ; une porte en bois léger y est adaptée. Le dallage est la seule partie qui demande à être solidement établie, avec les précautions que nous avons indiquées ; il sera terminé par une lunette en pierre ou en fonte, telle que celles représentées dans les fig. 598, 599 et 600 (p. 479 et 480). Il n'y aura point de siège. La ventilation s'y opérera par les côtés, dont la partie supérieure sera laissée libre.
Les dispositions de cabinets à l'usage des serviteurs, que nous avons décrites pour les latrines attenantes à l'habitation, s'appliquent aux latrines rustiques.
Guérites. — Le cabinet est souvent remplacé par une guérite portative en bois blanc, ayant 0"',70 à 0m,75 de côté, dont la porte ouvre en dehors. Sur chacun des deux côtés entre lesquels se trouve la porte, on attache horizontalement une barre en bois de \ mètre environ de longueur, qui dépasse, par conséquent, la guérite de 0m,15 environ de chaque côté. C'est par ces prolongements que deux hommes soulèvent la guérite, soit directement avec les mains, soit à l'aide de deux perches dont ils forment une sorte de brancard, pour la transporter lorsqu'il en est besoin.
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Fosses fixes. — La fosse fixe la plus simple consiste dans un trou dont les parois sont revêtues en maçonnerie. Quel que soit le mode de construction, il faut s'attacher à rendre cette fosse étanche : on y parvient souvent à l'aide d'une couche d'argile battue dont on l'entoure. On surmonte la fosse par un plancher en madriers en chêne, sur lesquels on place une" guérite. On ôte guérite et madriers, quand la fosse est à peu près pleine ; on peut mélanger de suite aux matières fécales de la terre sèche, des pailles, etc., et enlever le tout comme l'on transporterait du fumier de basse-cour. Il conviendrait de désinfecter préalablement.
Un mode de construction analogue à ceux que nous avons décrits pour les latrines domestiques est bien préférable : fosse étanche avec voûte percée d'un trou d'extraction, et surmontée par un cabinet en maçonnerie.
Il en est de même d'un cabinet établi au-dessus d'une fosse à purin, au milieu d'une fumière ; nous en avons donné un exemple dans les planches 122, fig. 577, 578, 579 et 580, et pl. 123,fig. 581, 582, 583 et 584 (p. 460 et 461).
Pour faciliter l'extraction des matières contenues dans les fosses fixes et leur mélange avec des substances qui en permettent l'application immédiate comme engrais, la construction pourrait être établie, ainsi que l'indiquent les deux figures ci-après (1) : la fig. 606 en coupe verticale , et la fig. 607 en plan.
(1) Le savant M. d'Arcet a indiqué ce système dont nous proposons une simplification : son projet consistait en une fosso analogue à celle-ci audessus de laquelle s'élevait une tourelle; le bas était destiné à un cabinet de latrine voûté, et surmonté par un pigeonnier ; des tuyaux de ventilation en métal prenant l'air dans la fosse et le portant au-dessus du toit du colombier passaient derrière les nids des couveuses dont la chaleur devait accélérer la rapidité du courant d'air : comme ces latrines, annexes d'une maison de plaisance, n'étaient utilisées que pendant une partie de l'année , lors de la belle saison, on comptait obtenir ainsi la conversion de la matière stercorale en engrais pulvérulent, les parties liquides étant absorbées par les pailles, les cendres ou les terres qu'on jetait dans la cavité qui accompagne la fosse. Cette cavité était couverte par un toit mobile en bois léger ou en toile goudronnée.
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Fig. 607.
Au-dessous d'un cabinet installé à la manière ordinaire (fig. 608), est une fosse en maçonnerie qui s'ouvre, non à la partie supérieure, mais sur le côté et dans une cavité placée derrière le cabinet; une porte verticale en bois ferme cette ouverture ; elle est maintenue par une pièce de bois horizontale appuyée sur un tasseau attaché à la porte, et serrée par un coin contre la marche de l'escalier qui est établi dans l'encaissement postérieur à la fosse.
Le sol de la fosse est incliné de manière à ce que les urines se dirigent vers la porte, et passent par-dessous pour aller se mélanger avec des cendres, des balayures, des terres sèches, que l'on jette dans la cavité. Pour retenir dans la fosse proprement dite les matières solides, le dessous de la porte sera garni avec de la paille ou du foin qui formeront une espèce de filtre.
On pourrait creuser, à côté et en dehors de cette porte, une pe-
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tite cuvette dans laquelle aboutirait l'extrémité d'une pompe à purin, pour enlever les parties liquides surabondantes.
La fig. 608 représente le cabinet d'aisances qui s'applique à ces latrines rustiques; il y est vu de face; l'échelle de réduction est de 0"',01 pour mètre. Cette forme de cabinet établi soit en bois, comme dans le dessin, soit en maçonnerie légère, est celle qui convient le mieux aux exploitations rurales.
Le mode de vidange de cette fosse est plus facile que celui qui s'opère par un trou d'extraction au niveau du sol ; on pourrait aussi, par sa construction, obtenir à la campagne une séparation suffisante entre les matières solides et les parties liquides des déjections humaines. On sait que cette séparation est l'un des problèmes dont la solution a été l'objet de beaucoup de recherches, et est encore très-importante pour l'utilisation des produits des latrines dans les cités populeuses.
Fosse à l'air libre. — Nous croyons devoir compléter ce que nous venons de dire des fosses fixes en indiquant un système de fosse à l'air libre qui pourra être appliqué à la campagne dans une situation où l'on n'aura point à en redouter les émanations. Elle est imitée du système dont l'emploi pour les armées a été conseillé par M. d'Arcet. La fig. 609 en montre une coupe transversale. Elle consiste en une cavité creusée ■ '■'^JfBÊÊBÊÈ dans la terre, et qui peut, sur l'un de ses côtés, avoir la forme d'un fossé allongé. On pratique un plan incliné et recouvert d'une couche d'argile battue ; on y enfonce un système de charpente composé
Fig. 609.
de quatre montants et de deux traverses horizontales qui forment
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siège et dossier : le tout est surmonté par une guérite. On jette de temps en temps, dans la cavité, de la terre pour recouvrir les excréments, et, quand elle est remplie, la vidange n'est plus qu'un déblai qui donne un excellent engrais immédiatement utilisable. On en obtiendrait une plus grande quantité, si on rendait étanches les parois de la fosse par une maçonnerie ou par un revêtement en planches derrière lesquelles serait une couche de glaise battue.
Fosses mobiles. — Les fosses mobiles sont applicables aux latrines rustiques comme aux latrines domestiques. Les tonneaux dont nous avons parlé conviennent parfaitement et facilitent les transports ; mais on peut les remplacer, à la campagne, par des tinettes ou cuves en bois ouvertes à la partie supérieure, et dont la hauteur, moindre que celle des tonneaux, n'exige pas autant d'emplacement. Les cuves ou baquets sont établis, de même que les tonneaux, en bois de chêne, goudronnés intérieurement et extérieurement, cerclés en fer, et présentant un talus sur la hauteur, afin qu'on puisse mieux serrer les cercles qui les entourent et qui portent le même évasement. On utilise encore un petit tonneau, dont le fond supérieur est enlevé. Il faut adapter aux uns ou aux autres deux poignées en fer pour qu'on les saisisse plus facilement. On peut monter sur roues ces appareils.
C'est probablement par ce dernier moyen qu'on arriverait à favoriser l'établissement de fosses mobiles dans les campagnes, car on évite ainsi que les hommes aient à toucher aux récipients qui contiennent les matières fécales, et on vainc la répugnance qu'ils éprouvent toujours pour ce travail.
Nous avons vu dans une usine assez importante un appareil formé d'un tuyau aboutissant à une sorte de caisse cubique, doublée intérieurement en plomb et montée sur quatre petites roues en fer portées elles-mêmes sur deux essieux de même métal. Pour la vidange il suffisait de tirer cette caisse à l'aide d'un crochet à fumier hors du cabinet bien fermé où elle était contenue ; on la conduisait ensuite sur des tas de terres sèches ou de paillis sur les-
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quels on la renversait à l'aide du même crochet, et on la remettait en place par le même moyen.
Ailleurs, nous avons vu servir au même usage une autre sorte de caisse, se rapprochant de la forme ordinaire des petites tinettes ; elle était montée sur un cadre en fer porté sur deux roues ; à l'avant était fixé un petit timon avec poignée, analogue à celui qu'on attache à certains chariots à bras, à des petites voitures pour enfants. Un seul homme pouvait manœuvrer ce«petit système de fosse mobile et le conduire, comme nous l'avons dit pour le précédent, à l'endroit où il le renversait pour le vider, et il le remettait ensuite à sa place. Il vaudrait mieux que le cadre fût monté sur trois roues, dont la première, tournant sur un axe vertical, formerait une sorte d'avant-train ; le timon devra pouvoir se relever le long de la caisse afin de ne pas occuper de place dans le cabinet.
Ces deux modes de transport s'appliquent aux tinettes et récipients ouverts. Quant aux tonneaux fermés, comme celui qui est représenté dans la fig. 603 (page 483), il y a encdre deux moyens de les rendre mobiles. Le premier est de les monter à l'avance sur quatre roues placées sous le fond inférieur, quand le plancher du cabinet où il est renfermé se trouve au niveau du sol extérieur. Le second moyen s'applique quand ce cabinet est un peu inférieur ou supérieur au terrain environnant ; on se sert alors d'un cadre monté sur quatre roues en fer, sur lequel on renverse le tonneau après en avoir fermé la bonde, et on l'attire ensuite au dehors; ce cadre pourrait être fixé au tonneau, mais alors il serait peut-être un peu moins solide et plus exposé à des accidents de rupture lors du renversement du tonneau. A défaut de ce chariot en fer, on pourra se servir d'un traîneau en bois, même d'une très-forte et courte échelle, d'un poulain formé de deux fortes pièces de bois réunies par des traverses, comme celui dont on se sert pour monter les fardeaux sur les voitures : le tonneau couché à bras d'homme sur l'un de ces instruments, après qu'on aura soigneusement fermé le tampon, sera ensuite traîné par un cheval à l'aide d'une corde ou d'une chaîne qu'on y accrochera et conduit à l'endroit où on doit le
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vider. Là on pourra le faire basculer et le jeter à côté du traîneau avant d'ouvrir le tampon qui le ferme.
Ce moyen de transport est le plus simple et le plus facile; mais il est presque inutile de dire que, s'il y a une grande distance à parcourir pour arriver à l'endroit où on devra vider le tonneau, il faudra le charger sur une voiture ordinaire ou un haquet pareil à ceux qui servent pour le transport des fûts dans les pays de vignobles ; des chariots analogues sont employés spécialement pour le transport des vidanges dans le nord de la France (1).
— Les figures ci-contre représentent en coupe verticale (fig. 610) et en plan (fig. 611), à l'échelle de 0m,01, un cabinet d'aisances avec baquet mobile pour récipient. Le sol du cabinet est dallé, et terminé par une dalle en pierre ou en fonte analogue à celles représentées dans les fig. 598 et 599. Le baquet est placé dans un petit encaissement, dont une maçonnerie revêt les parois. Si la dalle est en fonte, on peut la relever le long d'un des côtés du cabinet, pour enlever la tinette en la saisissant par les poignées en fer. Si la dalle est en pierre, la cavité doit être prolongée en dehors du cabinet, de manière à ce qu'on saisisse la tinette avec un crochet et qu'on la fasse glisser jusqu'à ce qu'on puisse l'enlever. Il est inutile de dire que ces baquets sont toujours de dimensions assez petites pour que deux hommes les portent facilement à l'aide de deux traverses passées dans les poignées. Leur capacité variera entre 50 et 75 litres.
— On dispose encore quelquefois la tinette sous un siège en bois ou en pierre élevé à.0m,50 au-dessus du pavage sur lequel la tinette repose. On retire la tinette, soit par devant le siège, soit par derrière celui-ci ou par le côté, et extérieurement au cabinet. Dans ce
Fig. 610.
(1) Voyez Agriculture de la Flandre française et économie rurale, -par J. Gordier, ingénieur des ponts et chaussées. 1 vol. in-8 avec atlas.
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dernier cas, le siège peut être appuyé par devant sur une petite cloison qui sépare le baquet du cabinet. Avec l'une ou l'autre de ces dispositions qui rendent plus facile l'enlèvement de la tinette, il est moins aisé de tenir le cabinet aussi propre que lorsque la lunette est au niveau du pavage, comme dans l'exemple précédent.
Baquets à urine. — Comme complément aux fosses mobiles, des baquets à urine sont quelquefois nécessaires dans une exploitation. Un petit tonneau (0m, 40 à 0m, 50 de diamètre, \ mètre en hauteur) placé debout, et dont on échancre la partie supérieure, est coupé horizontalement par un plancher en forme d'entonnoir, que l'on recouvre d'une feuille de plomb ou de zinc; un trou au milieu de ce plancher laisse passer l'urine dans la partie inférieure qui forme le réservoir. Un robinet ou un bouchon en bois permet de vider ce réservoir quand on le désire (coupe, fig. 612).
Dans le haut on perce deux trous se correspondant, afin de pouvoir y introduire un bâton qui sert au transport du baquet jusqu'à l'endroit où on veut le vider. On peut encore monter ce tonneau sur roues.
— « Après avoir réuni tout ce qui m'a paru propre à nous éclairer sur ce sujet, je ne puis pas me dissimuler l'énorme disproportion qui existe encore entre ce que nous connaissons et ce qui nous reste à connaître. » Ces paroles de Hallé (1) nous justifieront de renvoyer aux auteurs spéciaux (2) les personnes qui désireront, sur la con-
(1) Recherches sur la nalure et les effets du méphilisme des fosses d'aisances; par Hallé, professeur à la faculté de médecine de Paris, 1785, in-8" de 184 pages (p. 133).
(2) Les commodités portatives ou moyens de supprimer les fosses d'aisances, par P. Giraud, architecte. Paris, 1786, 72 pages et 2 planches.
Observations sur les fosses d'aisances, par Cadet, Laborie et Parmentier. Paris, 1778, in-8.
Inconvénients des fosses d'aisances, possibilité de les supprimer, avec une réponse à M. Giraud; par Goulet. Yverdon et Paris, 1787, in-8°, 92 pages.
Rapport sur les fosses mobiles inodores fait à la Société d'agriculture par Dubois, Huzard, et Héricart de Thury, rapporteur, suivi d'autres rapports sur le même sujet et sur la fabrication de la poudrctte et de l'urate. Paris, Mrae Huzard, 1819, 198 et 18 pages et 4 planches.
Mémoire sur la construction des latrines publiques et sur l'assainissement
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struction des latrines, des détails plus complets ou d'autres projets que ceux que nous leur avons présentés.
des lalrines et des fosses d'aisances, adressé à M. Delavau, préfet de police, par les membres du conseil de salubrité : Bérard, président ; Parent, secrétaire; Leroux, Deyeux, Huzard, Dupuytren, Petit, Marc, Girard, Pelletier, Huzard fils, Juge, et d'Arcet, rapporteur. Paris, 1822, in-8", 22 pages et 2 planches.
— Instruction du conseil de salubrité sur la construction des lalrines publiques et sur V assainissement des lalrines et des fosses d'aisances (rédigée par dArcet). Paris, 1825, in-f", 20 pages et 4 planches.
Rapport au conseil de salubrité sur les améliorations à introduire dans les voiries, les modes de vidange et les fosses d'aisances de la ville de Paris; par une commission composée de MM. Labarraque, Chevalier, et Parent-Duchatelet, rapporteur. Paris, 1835, in-4", 50 pages et 3 planches.
Collection de mémoires relatifs à l'assainissement des ateliers, des édifices publics et des habilalions particulières; par dArcet. Paris, 1843, in-4°, 292 pages et 27 planches.
Société d'encouragement pour l'industrie nationale. — Rapport fait par M. Chevallier sur le concours ouvert pour la désinfection des matières fécales et des urines dans les fosses mêmes, et pour des appareils propres à opérer la séparation des solides et des liquides. — Extrait du travail entrepris par M. Vincent sur tout ce qui a été écrit sur les fosses, sur la désinfection et l'utilisation des matières fécales. Paris, Mme Bouchard-Huzard, 1848, in-4°, 76 pages et 4 planches.
Note sur la vidange en général; par César Boutron. Paris, 1849, in-4°.
L'Engrais humain. — Histoire des applications de ce produit à l'agriculture, aux arts industriels, avec description des plus anciens procédés de vidange et des nouvelles réformes dans l'intérêt de l'hygiène ; par Maxime Paulet. Paris, 2e édit., in-8°, s. d. (vers 1849), xix et 416 pages.
Application des vidanges à la culture. Rapport présenté à M. le préfet de la Seine par MM. Moll et Mille. Paris, 1857, in-8, 28 pages et 1 planche.
De l'emploi des urines et des eaux vannes en agriculture; par Chevallier père et fils, et H. Bonnemain. 1858, in-8°, 16 pages.
Les vidanges engrais de Paris ; par Maxime Paulet. Paris, 1858, in-8.
Rapport à S. Exc. le ministre de l'intérieur sur la construction et l'assainissement des latrines et des fosses d'aisances, par le docteur Grassi. 1858, grand in-8°, 40 pages et 2 planches.
Essai sur la possibilité de recueillir les matières fécales, les eaux vannes, les urines de Paris, avec utilité pour la salubrité et avantage pour la ville et l'agriculture, par A. Chevallier. Paris, 1860, in-8, 36 pages.
Désinfection des villes; engrais complet dit engrais atmosphérique, par F. Okorski. Paris, M""0 Bouchard-Huzard, 1865, in-8, 24 pages et 2 tableaux.
— En outre : Travaux de Barruel, Cadet de Vaux, Chevallier, Chevreul, Dupuytren, Durclé, Hallé, Herpin (de Metz), Laborie, Mangon, Mille, Moll, Parmentier, Pâtissier, Paulet, Payen, Ramazzini, Rozier, de Sussex, Thénard, etc.
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