‹ Traité des constructions rurales et de leur disposition (volume 2)Chapitre 26 sur 38 · F U M 1ÈRE S · texte numérisé non relu

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sition de quatre aires à fumier établies d'une manière analogue à celles de Grignon et qui est très-bonne.

Dans les fermes de l'institut de Hohenheim, Schwerz a disposé ses fumiers (1 ) sur deux aires pavées, légèrement inclinées l'une vers l'autre et séparées par une fosse dans laquelle se rassemble le jus du fumier et qui occupe toute la longueur d'un des côtés ; mais comme une certaine quantité de liquide n'en découle pas moins des trois autres côtés des lits, ils sont encore garnis d'une rigole qui conduit ce liquide dans la fosse. Chacune des aires est carrée et a environ 8 mètres de côté. La fosse, égale en longueur, large de I mètre et creuse de 2 mètres, peut donc contenir 16 mètres cubes. Ses parois sont revêtues en maçonnerie ou en madriers soutenus par des poteaux en chêne et derrière lesquels est une couche de terre grasse bien battue. La fosse est couverte par des madriers, en forme de gril assez serré ; on peut ainsi disposer un tas de fumier sur la fosse même, et ce fumier s'oppose, en été, à l'évaporation du liquide, et, en hiver, à sa congélation. A l'un des bouts de la fosse est une pompe à purin et à l'autre un cabinet de latrines. La lig. 571 montre le plan, et la fig. 572 la coupe transversale de cette fumière.

La meilleure disposition qu'on puisse donner à une aire à fumier

1) Préceptes d'agriculture pratique, t. I, p. 221 (voir note, p. 358).

ige 456.

pl. 121.

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(et peut-être à tout emplacement destiné aux fumiers) est celle-ci : un carré ou un rectangle à angles arrondis aura sa surface formée de quatre pentes dirigées vers le centre, où on creuse une fosse à purin, celle-ci étant garnie d'une pompe élévatoire. L'aire est pavée et entourée d'une sorte de bourrelet en terre et en pierrailles, afin d'éloigner les eaux de pluie. On complétera cette disposition trèsrecommandable par l'établissement d'un cabinet de latrines sur la fosse à purin , mais il faudra avoir soin de laisser un accès facile à ce cabinet.

Fig. 573.

La fig. 573 représente la coupe transversale, à l'échelle de 0m,005 par mètre, d'une aire à fumier établie de cette manière et dont l'emplacement serait un carré d'environ 20 mètres de côté ou un rectangle ayant cette longueur pour une de ses dimensions.

Une aire à fumier récemment établie à Grignon a été formée par la réunion de trois petites aires analogues à celles que nous avons décrites et représentées dans les fig. 569 et 570 (p. 454). Cette aire nouvelle forme maintenant un rectangle de 20 mètres sur 25 mètres. Sa disposition a eu pour but l'établissement d'un vaste tas de fumier continu, qu'on put élever jusqu'à 5 et 6 mètres de hauteur; on monte sur ce tas, comme sur une rampe circulaire, et les animaux peuvent atteindre sans difficulté la partie la plus élevée où ils amènent le fumier nouveau.

La pl. 121 représente une aire à fumier, établie d'une manière analogue à celle de Grignon, mais n'ayant que 18 mètres sur 20 mètres pour ses dimensions. La fig. 574 en est une vue d'élévation, la fig. 575 le plan, et la fig. 576 une coupe transversale suivant la ligne A B, plus grande dimension du plan. Ainsi que l'indiquent ces

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figures et les flèches qui sont tracées sur le plan , l'aire est constituée par quatre parties dirigées du centre à l'extérieur ; les angles sont arrondis. Une rigole pavée entoure cet emplacement, et elle est bordée d'une espèce de bourrelet qui empêche les eaux extérieures d'y pénétrer : une pente y est ménagée pour conduire le purin s'écoulant du fumier dans deux petits canaux souterrains qui, passant sous le terrain , débouchent dans une citerne établie au centre de l'aire; l'orifice extérieur de chaque canal s'ouvre à 0m,15 au-dessus de la rigole, et est garni d'une grille mobile, afin d'éviter les causes d'engorgement du canal.

Au milieu de la fosse à purin s'élève une pompe portant une plate-forme, tournant sur elle-même et permettant, à l'aide d'un tuyau, d'arroser toutes les parties du fumier.

Nous croyons cette disposition excellente comme plan général, mais présentant quelques inconvénients , d'abord parce que la construction doit être assez onéreuse, et parce qu'il nous semble difficile de nettoyer les canaux souterrains, indépendamment de ce qu'ils présentent un asile aux animaux rongeurs, toujours si dangereux dans une exploitation et recherchant volontiers le voisinage des fumiers où ils trouvent à se nicher chaudement. Avec la même disposition comme plan, nous préférerions beaucoup une aire à pentes dirigées vers le centre, comme celle que nous avons représentée en coupe dans la fig. 573 ci-dessus, ou encore comme celle que Schwerz a indiquée et qui est dessinée dans les fig. 571 et 572.

Plates-formes à fumier. — Par une exagération des idées sur lesquelles on s'est appuyé pour rejeter les fosses comme fumières, on a quelquefois construit des plates-formes élevées au-dessus du sol ; ces plates-formes ne diffèrent, du reste, des aires ci-dessus décrites que par leur exhaussement, qu'on obtient par de petits murs de soutènement hauts de 0m,30 à 0m,50, établis au pourtour et dont l'intervalle est rempli en terre argileuse sur laquelle repose le fumier. Ces plates-formes sont généralement très-incommodes parce qu'elles gênent la circulation des véhicules; elles ne doivent point être recommandées.

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Claire-voie pour fumier. — Schwerz indique une disposition particulière qu'il dit appliquée en Suisse. « Tout le lit du fumier, ou au moins la plus grande partie, forme une fosse plus longue que large. Dans le sens de la longueur sont placées les unes contre les autres des poutrelles, de manière à former une espèce de gril sur lequel on pose le fumier ; le liquide qui suinte tombe directement dans la fosse à travers le gril en bois.' L'un des bouts de la fosse reste découvert, et on y place une pompe qui sert à ramener le liquide sur le fumier ou à remplir les tonneaux lorsqu'on veut l'appliquer directement aux terres cultivées. » Cette disposition n'est applicable qu'aux petites exploitations ; le gril empêche que l'on passe avec un chariot sur le fumier même et ne permet pas, d'ailleurs, de donner une certaine étendue à la fumière. Elle ne peut être utilisée, ainsi que l'indique M. de Lasteyrie, que pour des portions d'aires ou de fosses à fumier.

Enceintes à fumier. — Afin d'abriter les tas contre les rayons du soleil, on entoure quelquefois les aires par de petits murs hauts de 1 mètre à 1m,25, épais de 0m,40 environ et construits en matériaux hydrauliques ; la partie supérieure est en pierre taillée en biseau dont la pente est dirigée du côté extérieur, afin que les eaux pluviales tombant sur le mur s'écoulent au dehors. On réserve despassages transversaux pour les voitures. Ces enceintes reçoivent, du reste, toutes les dispositions que nous venons d'indiquer pour les aires à fumier: des rigoles pour l'écoulement des pûrins sont tracées dans l'intérieur de l'enceinte ; d'autres, placées en dehors, éloignent du fumier les eaux adventices.

— Dans les basses-cours, dans les enclos à volaille, de même que dans la cour des maisons de manouvriers, une petite enceinte de ce genre est assez utile; on y dépose les balayures, les cendres, les portions de litières provenant des oiseaux , des lapins , sans craindre qu'elles soient éparpillées par les volailles. Une surface de 1 à 2 mètres carrés suffit généralement ; on l'entoure d'un mur et on y réserve une petite porte large de 0,n,60, par laquelle on peut enlever plus facilement l'amas quand l'enceinte est

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remplie ; on adapte à cette porte un ais à coulisses verticales.

Fosses à fumiers. — Le mode de conservation le plus général pour les fumiers est leur dépôt dans une fosse où ils puissent se faire. Si cette fosse n'est point trop profonde, si elle est protégée contre l'invasion des eaux qui coulent à la surface du sol, si elle est munie de pentes et de rigoles qui facilitent l'écoulement des parties liquides dans un réservoir placé à un niveau inférieur, la fosse à fumier satisfera bien à sa destination.

On dispose ces fosses de plusieurs manières : tantôt ce sont des cavités profondes de I mètre à lm,50, à parois droites, sur les côtés desquelles on ménage des pentes pour l'accès des voitures ; tantôt ce sont un ou plusieurs plans inclinés dont une des extrémités affleure le sol environnant tandis que le côté opposé est enfoncé de 1 mètre à lm,50 : les unes et les autres peuvent être garnies de murs audessus du sol qui les abritent et encadrent leur emplacement.

— Les fosses droites sont des cavités pratiquées dans le sol et que terminent des aires établies ainsi que nous l'avons dit ci-dessus: une faible inclinaison suffit pour conduire les parties liquides vers les fosses à purin ; leurs parois verticales sont formées par une maçonnerie hydraulique, ou par un mur en moellons hourdés avec de l'argile, ou encore par un revêtement en planches ou en maçonnerie légère derrière lequel aurait été tassée une couche d'argile ; leur sol est pavé ainsi que nous l'avons dit (p. 437), mais il n'est pas nécessaire qu'il puisse supporter le poids des voitures; ce n'est que dans les pentes ménagées pour leur accès qu'un pavage solide sera indispensable. Les parois en maçonnerie doivent être prolongées à quelques décimètres au-dessus du sol , afin de prévenir des accidents ; celles en planches peuvent être continuées à l'aide de claies mobiles que l'on enlève quand l'excavation est remplie ; ces barrières ou ces garde-corps sont interrompus vis-à-vis des pentes d'accès, que I on peut cependant encore fermer par des barrières mobiles pour plus de sûreté.

Les petites fosses droites qui n'ont pas plus de 4 à 5 mètres de long sont remplies ou vidées par les côtés, sans qu'il soit nécessaire d'y

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Fig. 580.

Constructions rurales — Fumière?.

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pratiquer des pentes pour l'introduction des voitures : on approche seulement celles-ci du bord ; des ouvertures sont ménagées dans le garde-corps , s'il en existe, pour faciliter l'extraction et l'introduction de l'engrais.

Quand les fosses sont plus grandes, on établira des pentes pour chariots ; elles ne doivent pas être éloignées à plus de 4 mètres les unes des autres, afin que chacune d'elles desserve une largeur de 2 mètres, au delà de laquelle la main-d'œuvre de chargement serait trop grande.

— Quand les fosses droites ont une grande surface, on ne peut parvenir à les vider qu'en y ménageant des pentes pour l'accès des voitures, servant aussi à y conduire les fumiers avec des brouettes ou des civières. Dans la pl. 122 est représentée une fosse (1) de 16 mètres de long sur 12 mètres de large. La fig. 577 en montre l'élévation ou la vue extérieure ; sa profondeur n'est que de 1 mètre au-dessous du terrain environnant, mais elle est entourée de petits murs élevés aussi à 1 mètre pour servir de garde-corps lorsque la fosse est vide et pour abriter les côtés de l'engrais lorsque la fosse

(1) M. Boussingault, membre de l'Institut, a décrit une fosse analogue et qu'il a fait établir à Boussingault'shoff (Bas-Rhin).

Sa disposition a inspiré l'exemple que nous venons d'indiquer. La fosse h fumier de M. Boussingault a pour dimension, dans œuvre, llmX7ra; elle n'estcomposée que de deux parties de 2 mètres chacune, séparées par un seul passage pavé de 3 mètres et de 1 1 mètres de long. La pente de cette chaussée est, pour lapartie où descendent les voitures vides, de 10 degrés, tandis que celle destinée à la sortie des voitures chargées n'est plus que de 5 degrés. M. Boussingault a fait creuser dans chacune des places à fumier une purinière ayant 2mX2m et lra,50 de profondeur; ces deux cavités communiquent ensemble par un passage de 3m X 0m,10 et 1 mètre de hauteur pratiqué sous le passage des voitures. Nous croyons qu'il eût obtenu un peu d'économie de construction en n'établissant qu'une seule cavité dont la capacité eût été doublée, ainsi que nous l'avons fait pour la fosse représentée dans la pl. 122. Toute la maçonnerie de la fosse de M. Boussingault a été enveloppée dans un revêtement en argile bien battue et corroyée ayant 0m,50 d'épaisseur.

Le savant auteur a vérifié que la capacité de ses deux fosses purinières était suffisante pour recevoir l'eau des pluies pouvant tomber sur la fosse à engrais pendant les quatre mois d'hiver, où l'on ne transporte guère les fumiers. Voyez : La fosse à fumier; leçon professée au Conservatoire des arts et métiers, par Boussingault. Paris, 1858, in-8°, 1 pl.

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s'emplit : on peutdoncy élever des tas de fumier à 3 mètres ou 3U1, 50 de hauteur, à partir du fond de la cavité. La fosse, ainsi que le montrent le plan fig. 578 et la coupe transversale suivant xy (fig. 579), est divisée dans le sens de sa largeur par deux passages pour voitures b b, séparant la fosse en trois compartiments a a a, dont les deux latéraux ont chacun 2m,50 de large et celui du milieu est double et a, par conséquent, 5 mètres; la distance de 2'", 50 est celle que nous venons de dire ne pouvoir être dépassée sans inconvénient pour le chargement des voitures, elle nécessite déjà l'emploi de deux chargeurs pour les portions du fumier les plus éloignées du chariot à remplir. Ces passages sont solidement pavés, tandis que la fosse est garnie d'un revêtement moins résistant, bétonnage ou cailloutis surmontant une couche d'argile tassée. Ils sont coupés en deux pentes en sens contraires et dont l'inclinaison est différente : l'une, celle du côté de e, servant à l'entrée des voitures qui viennent recevoir leur chargement, descend assez rapidement, tandis que l'autre s, pour la sortie des mêmes charrettes, alors remplies, est beaucoup plus douce, le degré d'inclinaison delà montée étant moitié de celui de la descente.

Ces passages peuvent, au besoin, recevoir le dépôt momentané d'une certaine quantité d'engrais du côté e; dans ce cas, on introduit les voitures d'enlèvement par la sortie s, en les conduisant à reculons. ,

Les parties basses a a a ont une pente très-légère destinée à conduire les liquides suintant des fumiers dans une purinière /"établie en avant et au milieu de la fosse ; ils y pénètrent par quelques ouvertures pratiquées dans la paroi pour la partie du milieu et par deux conduits ce qui peuvent être en forte poterie, et sont pratiqués sous les deux passages bb. Cette purinière, établie comme nous l'avons indiqué, est surmontée d'un grillage en madriers légèrement espacés sur lesquels on peut amonceler du fumier pour s'opposer à l'évaporation. Un cabinet de latrines l et une pompe p sont établis sur la purinière, ainsi que le montrent les dessins, et principalement la fig. 580, qui est une coupe transversale et médiane, parallèle à la direction des deux passages bb.

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ïl. m.

Constructions rurales. —

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'.maires.

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— Il est presque toujours préférable de disposer l'un des côtés de la fosse en pente, comme celle qui est représentée dans pl. 1 23 en élévation par la fig. 581 , en plan par la fig. 582 , et en deux coupes transversales et perpendiculaires l'une à l'autre par les fig. 583 et 584. Cette fosse à fumier se compose de deux plans inclinés à la fois dans deux directions et s'enfonçant à environ 1 mètre de profondeur dans le sol ; à l'intersection de ces deux plans un ruisseau reçoit les liquides et les conduit dans la citerne à purin établie à la partie la plus basse et sous la fosse même (elle pourrait être en dehors, comme celle représentée dans la planche suivante). La citerne à purin b est voûtée et percée de plusieurs ouvertures : l'une vis-à-vis la rigole qu'indique dans le plan une ligne double ponctuée (fig. 582), une seconde pour la pompe à purin c, une autre o pour le nettoyage ou trou d'homme, et une quatrième pour le passage du tuyau des latrines établies au-dessus dans une guérite a; les différents dessins e.n montrent l'élévation et la disposition.

La fosse à fumier est pavée ou bétonnée ainsi qu'il a été dit (page 437) ; ses parois verticales sont formées en maçonnerie hydraulique, et se prolongent sur trois côtés de manière à former un garde-corps haut de 1 mètre. Celui-ci est interrompu vis-à-vis les latrines; suivant la proximité des logements d'animaux, on pourrait laisser sur chacune des deux autres faces une semblable interruption, afin de diminuer la distance de transport du fumier nouvellement produit ; mais il est préférable qu'il n'y ait point d'ouverture devant une cavité qui pourrait causer des accidents. Du reste, toutes les fois que le transport du fumier nouveau s'accomplira à l'aide d'une civière à une ou deux roues, ce qui est bien préférable au traînage à l'aide d'un crochet, quelques mètres de chemin à parcourir pour arriver au côté ouvert de la fosse n'augmentent pas beaucoup la durée du curage des étables.

— Au lieu d'incliner l'un des côtés de la fosse à fumier, lorsque l'emplacement permet l'accès des voitures dans deux directions , on préfère souvent établir deux pentes en sens opposés l'un à l'autre. Telle est la construction représentée dans la pl. 124, en élévation

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par la fig. 585, en plan par la fig. 586, et en deux coupes l'une longitudinale par la fig. 587 et l'autre transversale par la fig. 588 ( I). Le fond de cette fosse se compose de deux plans a et a' légèrement inclinés l'un vers l'autre; à leur intersection une rigole se dirige vers la citerne à purin ; aux extrémités opposées à cette rigole sont des plans dont l'inclinaison est beaucoup plus grande, mais qui ne doit pas dépasser 0ra,10 par mètre (2) : cette limite de pente, qui serait beaucoup trop forte pour un cbemin ordinaire, peut être atteinte, parce qu'elle n'occasionne qu'une traction peu prolongée, un coup de collier, pour la sortie des voitures chargées de fumier.

Les deux autres côtés de la fosse sont revêtus par une maçonnerie jusqu'au niveau du sol; au-dessus est établie une petite banquette en pierres de taille, élevée seulement de 0"',40 et surmontée par des bornes qui indiquent suffisamment la cavité dangereuse pour les animaux et les voitures. Au bas de la paroi la plus rapprochée de la citerne à purin , on a placé un rang de grosses pierres surmontées par un madrier, afin de faciliter l'égouttement du fumier et l'écoulement des parties liquides dans la rigole conductrice. Pour rendre plus facile le nettoyage de la fosse que les pierres gêneraient un peu , on pourrait remplacer celles-ci par une sorte de conduit formé par deux madriers joints à angle droit, dont l'un, reposant sur le sol, serait dentelé pour laisser passer les liquides, et l'autre, placé audessus à plat, s'appuierait contre le mur de la fosse; sa largeur serait de 0m,20. Ce conduit serait formé de plusieurs pièces afin de suivre la déclivité du sol , et reposerait sur une pente bien nivelée et en briques. Quand on vide le fumier, ce conduit pourra être renversé, afin qu'on balaye le sol sur lequel il repose.

(1) Le modèle d'une fosse à fumier ainsi disposée a figuré à l'exposition agricole de 1855, où il avait été envoyé par M. le marquis d'Havrincourt, qui l'avait fait établir dans son domaine d'Havrincourt (Pas-de-Calais). (Dans la Ve édition de notre travail nous en avions, par erreur, attribué la construction à M. d'Herlincourt, auquel étaient dus d'autres objets exposés.)

(2) La pente indiquée aux extrémités dans la coupe fig. 587 est beaucoup trop rapide ; la largeur de notre cadre n'a pas permis de lui donner l'extension nécessaire : il sera facile d'y suppléer par ce que nous disons de l'inclinaison maximum.

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Au lieu d'être sous la fosse à fumier, comme dans le cas précédent, la citerne à purin est placée à côté et à quelque distance, de manière à ce que l'une de ses parois serve de fondation à l'écurie voisine dont la fumière est séparée par un chemin pavé de 4 mètres de largeur. Cette citerne, indiquée au plan (fig. 586) par des lignes ponctuées, reçoit le jus du fumier par la rigole souterraine b s'ouvrant en c ; elle est percée de deux trous d d recouverts de dalles , à côté de l'un desquels est une pompe e pour l'extraction des liquides qu'un tuyau peut conduire sur les tas d'engrais ou introduire dans un tonneau placé dans une voiture qu'il est très-facile d'amener auprès de la pompe.

Cette fosse, comme la précédente, comme toutes les fosses bien établies, est entourée de ruisseaux qui reçoivent et éloignent les eaux provenant des environs.

Abris pour fumiers. — L'Anglais Arthur Young a , l'un des premiers , conseillé de couvrir, par un toit en chaume ou en planches , l'emplacement que l'on destine au fumier, « parce que, dit-il , le soleil est encore plus nuisible à l'engrais que la neige et les pluies qui le délavent. » Cette opinion est assez généralement adoptée aujourd'hui; aussi couvre-t-on les tas de fumier laissés à l'air libre avec de la terre, de la marne, de la tourbe, des pailles, des bruyères, etc., lorsqu'ils ont atteint la hauteur qu'on veut leur donner. On plante aussi les côtés de la fumière, et principalement ceux exposés au sud, en essences d'arbres tels que l'orme, le mûrier, dont le feuillage puisse intercepter les rayons du soleil. Quant à la pluie qui tombe directement sur les fumiers, la quantité en est généralement assez petite pour qu'elle ne soit pas à redouter, toutes les fois qu'un trou à purin existe au-dessous de la fumière ; elle empêche même souvent qu'on arrose les fumiers pour y entretenir l'humidité nécessaire à leur décomposition.

Si les hangars à fumiers n'étaient pas une cause d'augmentation dans les frais de manutention, à cause des obstacles qu'ils présentent à la circulation des voitures, il est probable que l'on en établirait souvent dans nos exploitations rurales ; car les frais de con-

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struction de ces hangars seraient plus que compensés par l'abri temporaire qu'ils offriraient aux animaux et aux instruments de culture ou de transport, charrettes, tombereaux, etc.

Les hangars à fumiers sont, le plus souvent, des constructions légères composées de poteaux supportant une toiture en planches ; entre les poteaux sont établies des aires analogues à celles que nous avons décrites et entourées de rigoles conduisant les urines dans une fosse à purin. Telle est la construction représentée dans la pl. 125, à laquellecependant ont été ajoutés des perfectionnements que nous devons indiquer. La fig. 589 en montre l'élévation ; la fig. 590 en est le plan. Les fig. 591 , 592 et 593 montrent trois coupes : la fig. 591 celle suivant la ligne x ?/, la fig. 592 une autre suivant la ligne s t, la fig. 593 une autre suivant la ligne u v du plan (1). Deux hangars, dont se compose cette construction , abritent quatre emplacements a a' a" a'" pour le fumier (2); au-dessous sont établies des fosses à purin , communiquant entre elles pas un couloir au-dessus duquel est une ouverture ou trou d'homme b b' fermé par une dalle mobile; les citernes de chacun des hangars sont réunies entre elles par un petit canal indiqué au plan par la lettre c et qu'on aperçoit dans la fig. 591 . L'espace d d' , servant de passage entre les deux parties de chaque hangai, surmonte une cave pour des engrais pulvérulents, à laquelle on accède par une ouverture e e'. Au milieu de ce passage est établi un petit chemin de fer f f f", où circule un chariot pour le transport des fumiers depuis l'étable ; les urines provenant de ces bâtiments sont amenées dans les fosses à purin par une conduite souterraine dont l'extrémité est indiquée au plan par la lettre g (fig. 590). Enfin une pompe introduite dans chacune des fosses permet de verser l'urine dans un tonneau mis sur le chariot, ou encore d'arroser

(1) Ce hangar à fumier dépend du domaine de Ghistelle, près Ostende, appartenant à M. Bortier, vice-président de la Société d'agriculture de Belgique.

(2) En visitant ce domaine depuis que notre dessin a été gravé, nous avons vu que les toitures des deux hangars avaient été réunies etqu'on avait obtenu un troisième emplacement f pour le fumier.

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les fumiers avec ce purin qui , après en avoir saturé toutes les couches , retourne dans les réservoirs par des issues pratiquées dans les voûtes.

On a encore couvert par des toitures des cavités ou des demifosses analogues à celles que nous avons décrites, tantôt en laissant leur accès libre de tous côtés, tantôt en les entourant soit d'une muraille à hauteur d'appui, soit de barrières, avec des ouvertures pour l'accès des voitures. On peut alors y enfermer momentanément de jeunes animaux, dont on a prétendu que le piétinement n'était pas inutile à la bonne confection de l'engrais. M. le baron Peers a construit (1) une assez bonne fosse rectangulaire, creuse de lm,50, à fond en forme de cuvette, à parois verticales et élevées en maçonnerie jusqu'à une hauteur de 0m,50 au-dessus du sol, surmontée d'un hangar dont les côtés sont fermés par des claires-voies ; il y a ménagé des portes placées en face les unes des autres et suffisamment larges pour l'introduction des chariots qui circulent sur le fumier même; nous croyons qu'il eût été nécessaire de réserver des pentes douces vis-à-vis de ces portes.

— Schwerz a préconisé le séjour des fumiers dans les étables comme facilitant leur préparation ; il voulait que les étables fussent assez larges pour qu'on rejetât derrière les animaux les litières mélangées avec leurs excréments. Quoiqu'il dise que cette accumulation n'est point dangereuse pour la santé du bétail, néanmoins pour faire disparaître les vapeurs humides qui en proviennent, il recommande la hauteur des étables, des ouvertures bien disposées et des cheminées à vapeur qui ne sont autre chose que les ventouses d'aération que nous avons conseillé d'établir dans tous les logements d'animaux domestiques. Quelle que soit l'autorité de Schwer/, nous croyons, avec M. Girardin (2), que ce système peut com-

(1) Les fumiers couverts ou méthode pour traiter les engrais cle ferme, par le baron E. Peers. Bruxelles, 1858, in-12, 75 pages, avec une planche.

(2) Des fumiers considérés comme engrais, par Girardin, correspondant de l'InsUtut. 7e édition, 1864, in-18, 295 pages, figures.

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promettre la santé des animaux; d'ailleurs il n'est pas économique, puisqu'il faut agrandir la surface couverte de l'étable : il serait alors préférable de conduire de suite les -fumiers dans un local fermé, attenant aux étables si l'on veut, mais distinct, de manière à ce que les animaux ne restent pas sur le fumier.

Les avantages des boxes pour les bêtes à l'engrais (voir étables, page 146), dans lesquelles le fumier s'entasse sous leurs pieds, ne peuvent venir à l'appui des idées de Schwerz, parce que les animaux n'y sont probablement pas dans les conditions normales qui contribuent le mieux à leur bonne santé.

Caves à fumiers. — Dans quelques localités où l'on ne dispose que d'emplacements très- restreints, on entasse les fumiers, au fur et à mesure de leur production, dans des caves réservées dans les soubassements des édifices; des soupiraux servent à leur introduction : l'extraction en est plus difficile et ne peut avoir lieu qu'à l'aide de plans inclinés pratiqués aux extrémités des bâtiments. Les parois des caves doivent être enduites en ciment avec le plus grand soin ; sans cette précaution, les murailles seraient promptement envahies par le salpêtre et tomberaient en ruines. Des ventilateurs sont nécessaires pour empêcher l'accumulation de gaz désagréables et même dangereux. La partie supérieure doit être voûtée, si on veut assurer sa durée.

Aussi tous ces inconvénients réunis rendent-ils peu recommandable l'emploi des caves à fumiers. Dans le cas où des bâtiments seraient placés sur la pente d'un coteau et où l'une de leurs faces descendrait à un niveau inférieur de 2 à 3 mètres à celui du côté où l'on accède à l'écurie ou à l'étable, alors seulement il pourra quelquefois être économique de placer le fumier dans des soubassements de constructions.

Nous avons parlé (page 442) des caves pour le dépôt d'engrais liquides ; il nous reste à indiquer quelques constructions destinées à l'utilisation de ces engrais suivant diverses méthodes vantées depuis quelque temps.

Appareils pour engrais liquides. — Ces appareils ont pour but de

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réunir les bons effets de la fumure à ceux de l'arrosage ( I) ; leurs éléments constitutifs sont un réservoir d'eau dans lequel on amène des urines ou des matières fécales, un agitateur pour les mélanger à cette eau, et des canaux ou des tuyaux pour conduire sur les terres en culture les liquides fertilisateurs ainsi obtenus.

Dansl'antiquité, on connaissait les bons*effets des engrais liquides, et on dirigeait les urines provenant des étables dans des étangs dont les eaux devaient être employées en irrigations. En Suisse, par exemple, où les reliefs du terrain facilitent ces sortes de dispositions, elles ont été adoptées depuis longues années (2). M. Fellemberg les perfectionna sur sa terre de Hofwyl (3) ; il y organisa un système de rigoles ouvertes et de coulisses couvertes en bois, destinées à la fois au dessèchement et à l'irrigation : pour ce dernier usage, il suffisait de les pouvoir fermer à volonté pour faire refluer le liquide « L'eau contenue dans des réservoirs souterrains, dit-il, peut être employée à deux genres d'arrosements, savoir: celui de la surface qui agit sur les plantes de haut en bas, et l'arrosement souterrain qui agit de bas en haut lorsque la sécheresse le rend utile. »

— M. Batailler, ingénieur, a établi un système d'irrigation avec des eaux contenant des matières fertilisantes. Son appareil se compose d'une citerne en maçonnerie dans laquelle tourne un agitateur vertical, mis en mouvement par l'impulsion du vent ou par tout autre moteur (4). Cette citerne est percée, à la partie supérieure,

(1) Nous croyons que les résultats qui ont été tant vantés sont dus au moins autant à l'effet de l'eau qu'à celui de l'engrais, sans toutefois nier la part très-réelle de celui-ci.

Qu'il nous soit permis, à ce propos, de rapporter une appréciation que l'on trouve répétée dans beaucoup de traités d'agriculture, et qui est basée sur des calculs d'équivalents chimiques. On a dit que les déjections d'un homme, pendant une année, pouvaient fertiliser 20 ares de terrain ou 2,000 mètres carrés ce qui donnerait environ 5 mètres carrés 1/2 pour les déjections d'un seul jour. Cette quantité nous parait très-exagérée.

Quant à la valeur de l'engrais liquide, voir la note page 440.

(2) Voir Mémoires de la Société d'agriculture de la Seine. 1808 (p. 222).

(3) Vues relatives à l'agriculture de la Suisse. Genève, 1808. In-8°. — Landwirtfchaftliche blaller von Hofwyl. Aarau, 1813-1817, 2 parties in-12.

(4) Note sur une irrigation exécutée au domaine du Portail , près Montargis (Loiret); par M. A. P. E. Batailler. Paris, 1850. In-4°, fig.

FUMIÈRES.

d'un trou par lequel on y introduit des matières fécales ; ce trou, comme toutes les ouvertures de la cuve, est fermé par une cloche formant soupape hydraulique, qui s'oppose à tout dégagement d'odeur. A côté de la citerne, un canal en maçonnerie amène les eaux d'une fontaine : un robinet permet d'introduire dans l'appareil la quantité d'eau nécessaire.* Quand le mélange est opéré par l'agitateur, on le laisse écouler par un siphon ou par un tube de communication dans la rigole d'irrigation où ce liquide s'ajoute à celui provenant de la source, et va se répandre dans les pièces de terre par des canaux à l'air libre. Un tube de décharge, ouvert dans le fond de la citerne, permet d'en faire sortir les matières solides qui y seraient restées, et de les conduire dans un bassin dont le niveau est un peu inférieur, où on les mélange avec de la terre pour en former une autre sorte d'engrais. M. Batailler dit que cette portion de matières privées de tous les sels solubles dans l'eau est inodore, et que l'action de l'air la sèche promptement.

On voit que ce système exige une inclinaison particulière du terrain; mais, malgré cette condition, son principe est susceptible d'un grand nombre d'applications très-importantes.

— Les systèmes anglais (Chadwick ou Kennedy) ne diffèrent des principes de celui que nous venons d'indiquer que parce que l'écoulement des eaux chargées de parties fertilisantes s'opère par des tubes souterrains, et parce que, dans le cas où il n'y a pas une pente suffisante pour leur conduite, on y remédie par l'effort d'une machine à vapeur. Ains-, dans les domaines où on a essayé ces procédés, toutes les urines des étables se rendent dans de vastes citernes où on les laisse fermenter; à un niveau inférieur, une cuve spéciale pour les mélanges, dans laquelle on peut amener de l'eau, est munie d'un agitateur mécanique ou d'un tube pour insuffler de l'air ou de l'eau, qui produit le même effet ; à côté est établie une machine à vapeur, dont l'emploi diffère suivant les exploitations. Tantôt elle fait monter les liquides dans un réservoir élevé sur une construction quelconque, comme ceux qui servent à remplir les locomotives de nos chemins de fer, d'où l'action de la pesanteur force

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